21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 21:51
Acqua-Toffana de Patricia Melo (Actes Sud)

Acqua-Toffana de Patricia Melo

(Actes Sud - Lettres latino-américaines - 175 pages - Mars 2003)

Traduit du portugais (Brésil) par Sofia Laznik-Galves

Publication originale - 1994

-----------------------------------

Voici un bien étrange roman qui pourrait être plutôt un polar qu'un roman de littérature "générale", ce qui n'est pas surprenant quand on sait que l'auteure écrit aussi et surtout de la liitérature policière.

Acqua-Toffana est le premier roman de l'auteure brésilienne, née en 1962, dont l'oeuvre s'inspire de la violence au Brésil telle qu'elle peut la ressentir. A aujourd'hui, 7 de ses oeuvres sont publiées en France, essentiellement chez Actes-Sud.

 

Alors, oui, un étonnant roman, composé de deux parties. Deux voix : une femme d'abord, puis un homme. Deux psychopathes, deux schizophrènes sans doute. Et "au milieu", un poison l'acqua-toffana, qui vient de la Renaissance : L'acqua-toffana – aussi surnommée la « manne de saint Nicolas » car elle servait spécialement aux épouses désireuses de se débarrasser d'un mari gênant – tirait son nom de celui d'une certaine Giulia Toffana, empoisonneuse originaire de Palerme, qui vint à Rome vers 1651 pour y exercer son art criminel. On estime qu'en quelques années le nombre de ses victimes dépassa six cents. (Encyclopédie Larousse).

Un poison qui pourrait être un moyen de tuer. Mais voila, Rubao, le mari de la femme qui vient le dénoncer au commissariat est sensé tuer des femmes séduites par d'autres moyens. Notamment, il dit travailler sur la recherche en matière de poison... Cette femme parle au commissaire de police qui s'intéresse sans plus aux explications qu'elle lui donne. Elle a beau donner des exemples, des informations... et le policier lui répond inlassablement qu'il lui faut des faits, rien que des faits. Elle répond qu'il les viole, donc la police n'a qu'à expertiser son sperme pour vérifier qu'il est bien le violeur... Et son mari est-il réellement un "serial-killer" !!! N'est-elle pas malade, cette jeune femme de 22ans, folle de sexe et de cinéma. Elle sort peu et regarde inlassablement des films à la TV... Coupable, non coupable !!! pour un homme qui aurait tué sa mère et son amant alors qu'il avait 8 ans. Certains passages sont répétitifs, comme des paroles remâchées à l'infini.

Dès le début du roman, la psychologie de cette femme nous interpelle : "Un morceau de verre vole en éclats dans la salle de bains. / Je me réveille. Quelqu'un est entré chez moi. Mais non. Ce bruit, c'était dans mon rêve. Ca se passait à Rio, je faisais du footing dans le quartier du Leblon, j'ai renversé une poussette, le nouveau-né est tombé sur l'asphalte, sa mère, vlan, m'a envoyé une gifle. Pas le moindre bruit de verre que se brise. Un homme est entré chez moi, je ne l'ai pas rêvé, ce bruit. Je m'approche de la porte, je colle mon oreille contre la cloison en bois. Rien. Pas un son. Ce bruit, il est en moi. Non. C'était peut-être à l'étage du dessus..."

 

Le second personnage semble tout autant perturbé psychologiquement. Et pourtant, c'est un homme rangé, d'habitudes... Et puis, sa vie bascule un matin.

Début de la seconde partie (page 89) : "Je suis un homme ponctuel. Depuis vingt-cinq ans que je travaille à la mairie je ne suis jamais arrivé en retard, pas une seule fois. L'ascenseur était là. Je suis entré en vitesse, et cette prote idiote, si paresseuse pour se refermer, a gâché ma matinée. J'ai appuyé sur le bouton du rez-de-chaussée, au moment où j'allais sortir j'ai senti une main se poser sur mon coude. J'ai horreur de ça. Je déteste qu'on me touche, toutes ces mains sales. C'était la femme du septième étage. Je ne me souviens jamais de son nom."

 

Et sa vie bascule réellement ce matin-là. Il tombe amoureux de la "grosse femme", sans doute vierge à son avis, Celia. Il l'invite à venir chez lui et alors il se dit qu'il faut qu'il la tue. Car il sent ces pulsions sourdre en lui. Après étude, la noyade dans une baignoire est la meilleure méthode car la moins douloureuse. Pas question de lui faire mal en la tuant. Il pourrait envisager un viol mais sans certitude. On le voit tout au long de cette partie du roman imaginer ses scènes de crime. Ce pourrait même être lui qui serait tué par Celia... Très beau texte avec des moments lyriques et des redites qui montrent bien les tourments des deux protagonistes. On est fasciné et en même temps, on ne sait plus ce qui est réel et ce qui est imaginaire. C'est toute la force de ce roman qui ne peut pas nous laisser indifférents face à ce texte.

A lire, vraiment...

 

Denis

 

Livre lu notamment dans le cadre du groupe de lecture autour de la littérature brésilienne sur facebook

 

 

Partager cet article

Published by DENIS - dans LITTERATURE
commenter cet article
20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 19:32
Ceux de Verdun : les Ecrivains et la Grande Guerre (GF)

Ceux de Verdun : Les Grands Ecrivains et la Grande Guerre

(GF Flammarion - Mars 2001 - 121 pages)

Présentation et dossier par Patrice Kleff

----------------------------------

Ce petit livre est un ouvrage "pédagogique", essentiellement destiné à l'usage des jeunes étudiants qui permet d'aborder les grands thèmes de la Grande Guerre au travers d'extraits de livres d'auteurs qui ont vécu cette guerre :

- La vie quotidienne du soldat : avec des extraits de Dorgeles, Remarque, Cendrars et Céline

- Le feu : Dorgeles, Barbusse, Remarque et Céline

- L'arrière : Remarque, Barbusse et Dorgelès

- Réflexions sur la guerre : R. Martin du Gard, Remarque, Romains et Barbusse.

Ainsi, les thèmes essentiels qui sont ceux de la vie des soldats dans cette "sale" guerre où le quotidien était d'aller au feu, de survivre : la boue, la peur, les rapports de force entre soldats, la mort donnée et celle qui touche les proches... sont racontés ici, avec des éclairages et photos, sous le regard des écrivains qui ont eu le souci de témoigner et de réfléchir sur cette guerre.

Dès l'introduction, ce livre rappelle que les écrivains depuis les débuts de la littérature et dès Homère a eu ce besoin de raconter la guerre, un des moteurs de l'humanité, qu'on le veuille ou non.

Martin du Gard et Remarque, pacifistes, ont dénoncé cet élan de la bourgeoisie à favoriser la guerre, les pauvres voyant cette guerre comme une ruine...

"- Ils attaquent ! / Gilbert et moi avons bondi ensemble, assourdis. Nos mains aveugles cherchent le fusil et arrachent la toile de tente qui bouche l'entrée. / - Ils sont dans le chemin creux ! / Le cimetière hurle de grenades, flambe, crépite. C'est comme une folie de flammes et de fracas qui brusquement éclate dans la nuit. Tout tire. On ne sait rien, on n'a pas d'ordres : ils attaquent, ils sont des le chemin, c'est tout... / Un homme passe en courant devant notre trou et s'abat, comme s'il avait buté. D'autres ombres passent, courent, avancent, se replient..." (Roland Dorgelès, "Les Croix de Bois" - Albin Michel - 1919).

A méditer pour toute guerre. On ose encore croire à un monde en paix !!!!

Et un livre à faire lire à tous les jeunes qui vont étudier cette guerre dans leur cursus scolaire.

Denis

 

(Article qui se rattache au groupe facebook "Histoire - Littérature autour de la Grande Guerre")

Partager cet article

Published by DENIS - dans HISTOIRE
commenter cet article
4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 21:38
Tocaia Grande de Jorge Amado (Stock)

Tocaia Grande : La face cachée de Jorge Amado

(Stock - Nouveau Cabinet Cosmopolite - 513 pages - novembre 1992) Traduit du portugais (Brésil) par Jean Orecchioni

Titre original : Tocaia Grande : a face obscura (1984)

---------------------

Jorge Amado (1912 - 2001) est sans conteste un des plus grands auteurs brésiliens du XXe siècle, né à Itabuna (Etat de Bahia) et mort à Salvator (Etat de Bahia). C'est dire combien cette région du Brésil aura marqué sa vie et plus encore son oeuvre.

Dans ce long roman (comme souvent chez lui) de 513 pages "serrées", se passe justement dans la région d'Itabuna. On comprend bien que l'on est alors au début de XXe siècle, 20 ans après l'abolition de l'esclavage au Brésil (1888). Et l'auteur nous propose de raconter l'épopée des fondateurs de Tocaia, devenue ensuite Irisopolis, et au tout début, on apprend que Irisopolis fête les 70 ans de son fondation sur les "débris" de la ville libre de Tocaia Grande.

Cette ville doit tout au capitaine Natario da Fonseca, vaillant métis, héros de ces temps où les colonels tenaient les terres de la région. Les querelles étaient monnaie courante et le capitaine eut l'idée de s'attaquer au colonel rival de Boaventura en le faisant passer par la "grande embuscade", un coin perdu d'où il pouvait superviser l'avance de l'ennemi et le prendre au piège. La victoire est éclatante et le lieu devient "Tocaia Grande" (la grande embuscade). Le roman marque les grandes étapes du développement de ce "site" qui sera gîte d'étape pour les mûletiers en transit. Fadul, le turc, très "commerçant", y installe un entrepôt car il sent que ce sera l'occasion d'y faire de très bonnes affaires. Les prostituées viennent également s'y installer, ainsi que le forgeron noir Castor.

 

Et de mois en mois, Tocaia Grande acquiert de la notoriété devenant alors hameau, puis village, bourgade et enfin bourg. Natario a une grande notoriété ce qui conforte l'idée que ce lieu est porteur d'avenir. Il va d'ailleurs y construire la plus belle maison du lieu. Il faut dire que beaucoup y vivent dans des cabanes plus que dans des maisons. Ici, on aime la fête et un accordéoniste y anime des soirées très arrosées et voluptueuses car les prostituées sont plutôt actives comme les hommes bien "charpentés" et friands de moments de volupté. Les filles y sont précoces dès l'adolescence.

 

La solidarité est de mise aussi. Car la vie n'y est pas toujours rose ici. Des "bandits" passent par ici, provocateurs, le Turc va y perdre son magasin, mais tous vont l'aider à reconstruire son bâtiment tellement important pour le commerce. Une prostituée se fait accoucheuse. Les maçons, charpentiers aident les autres à s'installer et à construire leur "chez eux". :Deux grands événements douloureux vont ternir Tocaia Grande et la rendre vulnérable : une inondation importante qui va ruiner les cultures et le village. Ensuite une fièvre proche de la peste qui va tuer plusieurs habitants. Et puis Tocaia Grande, la ville de la liberté, finit par être très mal vue...

 

Le roman prend le ton de la "fable picaresque", répétant les moments clés, la place des personnages dans le cadre du roman... Répétitions qui enrichissent le texte sans être grandiloquentes. L'auteur maîtrise son "sujet" et entend nous faire adhérer. Et il y réussit fort bien car il sait nous captiver et son empathie pour ses nombreux personnages, des marginaux, est communicative. J'ai passé plusieurs jours de plaisir de lecture dans ce Brésil en formation qui sera "terni" par les métropoles comme le futur Irisopolis...

 

Page 397 : "D'autres fièvres avaient un nom : la tierce, la palustre, l'aphteuse qui attaque hommes et bêtes, la fièvre jaune, la  bulbonique, toutes plus dangereuses les unes que les autres. Mais il y avait des traitements et des remèdes pour toutes (...). Pas de remède au contraire pour la fièvre sans nom, la fièvre tout court, sans qualificatif, sans diagnostic, sans ordonnance : le patient entre les mains de Dieu, l'mplacable Dieu de la peste".

 

Page 48 : "Un petit palais aussi, la baraque de Jacintha, si on la comparait à la cahute de paille qui servait d'abri à Bernarda : une demi-douzaine de palmes mal assemblées, quatre bouts de bois plantés en terre. A l'intérieue, un grabat, une marmite en terre sur trois pierres, rien d'autre". Style précis mais aussi imagé, poétique bien souvent et "grivois" pour les choses du sexe...

 

Bref, un très grand coup de coeur et un bonheur pour moi de retrouver Jorge Amado après un très long moment (20 ans environ) sans l'avoir lu.

 

L'occasion de la coupe du monde de football au Brésil m'a donné envie de lire ce livre pour aller vers ce pays par d'autres biais passionnants.

 

Bonne lecture,

Denis

Livre lu aussi dans le cadre du groupe sur facebook "Littérature Brésilienne"

Partager cet article

Published by DENIS - dans LITTERATURE
commenter cet article
29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 21:32
La promesse de Lola de Cecilia Samartin (L'Archipel)

La promesse de Lola de Cecilia Samartin

(L'Archipel - Juin 2014 - 384 pages)

Traduit de l'anglais (américain) par Maryline Beury

-----------------------------

J'ai reçu ce livre par Sibylle qui travaille avec les éditions L'Archipel, et je reconnais que je n'aurais jamais lu ce livre sans cette occasion, car mes lecteurs fidèles savent que je ne suis pas très fan de livres plutôt destinés aux "lectrices" !!! En bonus, il y a les recettes de Lola !!!

Alors, oui, j'aurais dû être déçu par ce livre et j'avoue avoir apprécié ce livre écrit avec simplicité pour une histoire qui est loin d'être "fleur bleue" car même si l'on nous dit que l'objectif de Lola est de réconcilier sa famille, il faut avouer qu'il va y avoir des événements plutôt graves qui vont "casser" l'ambiance familiale.

On va surtout suivre Sebastian, né avec une malformation cardiaque, et sa grand-mère, "abuela" Lola. Sebastian a lutté pour vivre dans le même temps où sa grand-mère a laiss s'enfumer sa maison ne maîtrisant plus sa cuisine. Et on les retrouve 10 ans plus tard... Sebastian est alors "persécuté" par ses camarades de classe, surtout Keith. Le seul plaisir de l'enfant est de se rendre chez Lola à la sortie de l'école.

Et un soir, il retrouve sa grand-mère à terre, inerte. Il la croit morte et elle part en urgence à l'hôpital où elle entre dans un coma qui semble irréversible. Mais, elle se réveille et reprend vie pour le plaisir de sa famille, réunie à cette occasion. Elle rentre chez elle et comme toujours, on lui interdit de cuisiner. Tous les jours ses repas lui sont apportés. Seulement, le "choc" de son hospitalisation l'a changée. Elle se décolore les cheveux en rouge et se remet à la cuisine, laissant son "bungalow" dans un désordre "absolu". Sebastian accepte ces changements mais sa mère Gloria, fille de Lola, ne comprend pas cette métamorphose. Lola n'en tient pas compte et est heureuse de partager sa culture à travers ses plats tels le Mofongo ou le cochinillo asado.

Pendant ce temps, à l'école, Sebastian continue à être humilié et à la maison il assiste avec sa grande soeur Jennifer à la séparation de ses parents Gloria et Dean. Le père s'intéresse à Miss Ashworth, la belle institutrice de son fils, et par maladresse il lui a laissé sa carte de visite l'invitant à boire un café avec elle. La carte a été interceptée par Sebastian qui ne voulait pas voir ses parents se déchirer. Malheureusement, Gloria a découvert la carte invitant alors Dean à quitter le domicile conjugal.

Lola apprend tout cela et inlassablement, elle continue à cuisiner invitant ses enfants et petits-enfants à se réunir autour de ses plats, ce qui n'est pas simple car les conflits familiaux persistent.

Il y aura une tragédie, un jour... qui va bouleverser la famille, c'est dire, que ce livre est surprenant. L'auteure veut nous apporter du "baume au coeur", mais en même temps elle ne fait pas de "cadeaux" à ses personnages, les malmenant, cassant le confort que l'on pourrait espérer de cette histoire.

C'est ce côté-là qui a été pour moi le révélateur, me montrant qu'un livre n'est pas à voir qu'à travers des "stéréotypes", car un auteur peut efficacement brouiller les pistes du "conformisme" littéraire.

A lire donc, pour être surpris, avec des rebondissements aussi et surtout. Et encore merci pour ce partenariat avec l'Archipel.

Bonne lecture,

Denis

Partager cet article

Published by DENIS - dans LITTERATURE
commenter cet article
27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 21:28
La mère coupable de Beaumarchais (Pochothèque)

L'autre Tartuffe ou la mère coupable

de Augustin Caron de Beaumarchais

(Livre de Poche - Pochothèque)

Introduction et commentaires de Jean-Pierre de Beaumarchais

------------------------

Une première version a été écrite en 1785 mais la version définitive de 1790 voit son texte s'imprégner des mots de la Révolution notamment avec l'abandon des titres de noblesse.

L'auteur a décrit sa pièce comme "une intrigue de comédie, fondue dans le pathétique d'un drame". Sa pièce fut représentée en 1792 puis il fallut attendre 1797 et le retour d'exil de l'auteur pour que l'édition dite "définitive" soit jouée enfin par la Comédie Française qui n'avait pas eu droit de représenter la pièce en 1791.

 

La pièce débute quand Suzanne et Figaro discutent pour dire qu'ils ne comprennent pas pourquoi leurs maîtres ont migré à Paris quittant l'Espagne pour un pays en pleine révolution. Sans doute à cause de cet irlandais, Bégearss, un intrigant. Alors, pour avoir son oreille, ils feignent de se disputer tout le temps. Et de fait, l'homme veut épouser Florestine, la flle adoptive du comte et de la comtesse Almaviva, espérant au passage s'emparer par héritage de leur fortune.

Le Comte va explorer avec Bégearss un écrin qui appartient à la Comtesse et là, il apprend que Leon n'est pas son fils. La pression monte alors dans la famille, surtout quand Bégearss dit à la Comtesse que leur fille adoptive est en fait la fille naturelle du Comte. Pendant que ces querelles prennent de l'ampleur, Figaro et Suzanne vont tout faire pour que Bégearss ne puisse pas épouser Florestine, tandis que c'est la place de Léon d'épouser la jeune femme qui se dit être sa soeur alors qu'ils n'ont pas de lien du sang...

On retrouve dans cette pièce l'esprit des oeuvres de Goldoni. Arlequin est devenu Figaro et les valets sont toujours là pour éclairer leurs maîtres sur les manoeuvres des intrigants pour dérober leurs biens.

 

Il convient de rappeler ici que "La Mère Coupable" est la fin de la trilogie de Figaro, après "Le barbier de Séville" et "Le mariage de Figaro", sans oublier que le titre de cette pièce est "L'autre Tartuffe ou la mère coupable". Tartuffe, c'est l'imposteur, en référence à Molière et ici on trouve trois imposteurs : la comtesse, le comte et Bégéarss. Les "purs" sont les domestiques et les deux jeunes : Léon et Florestine.

 

Une pièce qui n'est pas sa meilleure mais qui a le mérite de s'imprégner de "l'air du temps", celui de la Révolution, qui vient  "troubler" les familles aristocratiques. Fin d'une époque qui va conduire ensuite au romantisme et à ses "drames", occasionnant une nouvelle rupture dans le monde du théâtre.

Bonne lecture,

 

Denis

Livre lu dans le cadre du challenge d'Ankya "2014, je lis du théâtre"

Livre lu dans le cadre du challenge d'Ankya "2014, je lis du théâtre"

Partager cet article

Published by DENIS - dans LITTERATURE
commenter cet article
17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 21:53
Home de Toni Morrison (Christian Bourgois)

Home de Toni Morrison (Christian Bourgois - 152 pages - Août 2012)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Christine Laferrrière

Edition originale USA : 2012 - Titre "Home"

---------------------------------------------

Toni Morrison,née en 1931, prix Nobel de Littérature en 1993, a publié 10 romans. C'est dire que son oeuvre est "rare". Elle se défend d'être écrivain féministe même si ses personnages principaux sont des femmes martyrisées. On retrouve dans "Home" ce thème et d'autres aussi qu'elle a développés tout au long de son oeuvre : la condition des noirs, la violence...

Ce livre est très court et je ne cacherai pas que j'ai été un peu déçu par la fin, un peu comme si l'auteure s'était "lassée" de son histoire, l'abandonnant à son lecteur... Ceci étant, son style est magnifique, sa construction narrative est passionnante. Ainsi, elle présente chaque protagoniste dans une "courte biographie" pour rappeler les moments principaux de leur vie et leur rapport avec Franck Money qui reste le personnage principal.

Il est rentré de la guerre de Corée, dans les années 50, psychologiquement meurtri, avec en lui une violence pas souvent maîtrisée. On le voit au début du roman dans un "hôpital - asile", d'où il va s'échapper une nuit. La chance va lui sourire pour rejoindre son "home" en Georgie, là où il a vécu avec sa soeur Cee, son père et sa grand-mère démoniaque Lenore, car il trouve en chemin des gens pour l'aider. Et pourtant, il a un mal être en lui de voir dans quelles conditions vivent les noirs de ces années de lutte pour être enfin reconnus.

Lily l'avait abandonnée car elle ne supportait plus de vivre avec Frank, le premier homme qu'elle ait aimé sans doute avec trop de ferveur par rapport à ce qu'il pouvait lui apporter en retour. Frank veut surtout à présent sauver sa soeur Cee, faible, qui s'est laissée maltraiter par un médecin blanc qui a fait de la noire qu'elle est un cobaye pour ses recherches sur l'eugénisme...

Un "road movie" en quelque sorte où les destinées se mêlent dans les souvenirs et en italique entre deux chapitres des pages écrites par Frank et qui servent de lien entre ces chapitres dédiés aux personnages qui ont accompagné la vie de Frank. C'est là qu'est la magie de l'auteure. Ces tranches de vie sont fascinantes.

 

Même si "Home" peut décevoir, la langue de Toni Morrison est là, toujours présente et le lecteur que je suis a envie de reprendre toute son oeuvre dans l'ordre pour revivre son univers, celui qui l'habite depuis ses débuts littéraires avec : The Bluest Eye (Holt, Rinehart & Winston) 1970 . L'œil le plus bleu, 1994. Un livre qui m'a alors fait découvrir l'auteure.

 

Je remercie Christelle qui m'a envoyé ce livre pour lecture car je le répète, malgré ma très légère déception avec "Home", l'univers de l'auteure est revenu en moi et j'entends bien revenir à son oeuvre très vite...

 

Bonne lecture,

Denis

Partager cet article

Published by DENIS - dans LITTERATURE
commenter cet article
10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 22:06
Little Bird de Craig Johnson (Gallmeister - Totem)

Little Bird de Craig Johnson

(Gallmeister - collection Totem - 422 pages - 2011)

Première édition en France 2009

Titre original : The cold Dish - 2005

Traduit de l'anglais (USA) par Sophie Aslanides

------------------------

C'est toujours étonnant qu'un titre étranger soit traduit en un autre titre dans ladite langue. On croit avoir un titre non traduit et puis on se rend compte que ce titre n'a rien à voir avec l'original. C'est un petit bemol sans conséquences pour un roman qui a permis de nous faire connaitre un personnage qui va être récurrent dans tous les livres suivants de l'auteur : Walt Longmire.

Vous allez me sentir grincheux mais je me pose la question insoluble !!! : pourquoi la littérature "policière" a besoin d'un héros qui revient de livre en livre (les exemples sont innombrables entre Hercule Poirot, Maigret, Wallander...) alors que Flaubert ne nous a pas "abreuvé" de livres où Charles Bovary reviendrait inlassablement, Stendhal avec Julien Sorel... Certes Albert Cohen a reconduit certains de ses personnages de livre en livre mais on est loin d'être dans des "séries" (comme les "saisons" pour les séries TV) ?

 

Alors, il faut tout de même que je dise que je me suis attaché à Walt Longmire, ce sherif élu (oui élu, je dis bien) dans un comté imaginaire du très réel Wyoming. Le roman débute comme il se termine avec des oies qu'observe avec beaucoup d'attention notre brave homme, solitaire, envieux d'une retraite bien méritée.

 

Seulement, son concepteur, Craig Johnson en a décidé autrement dès la première ligne du roman : "- Bob Barnes dit qu'ils ont trouvé un corps sur les terres du Bureau d'Aménagement du Territoire... Ligne une. // Elle avait peut-être frappé à la porte, mais je n'avais pas entendu parce que j'observais les oies. J'observe beaucoup les oies en automne, quand les jours raccourcissent et que la glace ciselle les contours rocheux de Clear Creek".

Et le livre se referme sur les oies : (page 422) "J'entendais encore les oies voler lorsqu'il ouvrit deux canettes de thé glacé et qu'il m'en tendit une".

Le roman se passe sur quelques jours avec donc un cadavre sur les bras dès le début du livre. Un ancien violeur qui plus est. Cody avait fait partie du quatuor qui avait violé il y a deux ans Melissa Little Bird, une jeune indienne ingénue. Le père ne s'en est jamais remis. Il est donc désigné comme un des meurtriers potentiels. Walt prend son temps pour étudier les paramètres qui devraient conduire au coupable. En premier, il y a l'arme du crime car il faut être bon tireur pour tuer de loin avec tant de précision. Tout va se compliquer mais renforcer les "soupçons" quand un deuxième violeur est abattu...

 

Comme toujours avec les romans policiers, il ne faut pas trop en dire pour que le lecteur n'ait pas d'indices avant de lire lui-même l'histoire. Et bien sûr, la fin est improbable.

 

On a donc bien tous les ingrédients, les "standards" (comme pour le jazz) du genre mais le traitement fait par l'auteur est très intéressant. Il sait nous dire qu'il faudra être patient, qu'il n'y aura pas du suspens à toutes les pages car Walt Longmire n'est pas un sherif comme les autres. Il a besoin des autres pour faire avancer son enquête et en premier son ami indien Henry Standing Bear car il connait très bien l'histoire de Melissa et de sa famille puisqu'il a des liens du sang avec eux et puis il est très fort en balistique. Tout est vu à travers Walt puisque le récit est un "je" qui permet d'aller au plus profond des pensées, des hésitations, des retours en arrière de la mémoire. Mais ne vous y trompez pas, Walt Longmire est un sherif avant tout et il sait être violent quand il en éprouve le besoin. S'il n'avait pas la notoriété qui est la sienne, il aurait sans doute eu des déconvenues à cause de ces soudaines violences. J'avoue que sa violence m'a incommodé mais bon, l'intention n'était pas de m'identifier au héros... La nature est omniprésente dans ce roman surtout que l'on est dans la saison du blizzard, du climat rude tel qu'il se vit dans le Wyoming qui ne simplifie pas la situation quand on cherche des traces pour retrouver un meutrier...

 

J'ai très envie de continuer à cotoyer ce drôle de bonhomme, veuf, père d'une fille fantôme, avocate et en quête d'amour même si sa vie ne favorise pas des rencontres durables, en témoigne l'échec de sa tentative avec Vonnie... Un style parfait pour un livre très réussi à qui sait accepter qu'un roman de ce "genre" soit avant tout de la littérature où l'on s'attarde sur la psychologie des personnages, sur leurs faits et gestes, au rythme du temps.

 

Bonne lecture,

 

Denis

Partager cet article

Published by DENIS - dans LITTERATURE
commenter cet article
9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 17:47
1914 : une guerre par accident de Georges Ayache (Pygmalion)

1914 : une guerre par accident de Georges Ayache

(Pygmalion - janvier 2012 - 350 pages)

----------------------------

La première phrase de la 4e de couverture résume bien le sujet :

"Ce livre fait froid dans le dos !"

 

L'auteur, ancien diplomate, historien et universitaire est spécialiste des relations internationales. Et son livre est bel et bien centré sur la diplomatie et pour cette période, c'est le signe de l'échec.

Une diplomatie "molle", pleine de bonne volonté mais impuissante à arrêter une guerre, qui aurait pu être évitée.

 

L'attentat de Sarajevo contre l'archiduc François-Ferdinand, en ce dimanche du 28 juin 1914, a jeté un froid sur cet été qui s'annoçait pourtant radieux. Il était venu avec son épouse Sophie dans cette ville serbe pour y rencontrer les dignitaires du pays et y fêter ses 14 ans de mariage. Princip et ses amis "révolutionnaires" ont compris que c'était le jour idéal pour "frapper" et se débarrasser de cet héritier du trône austro-hongrois qui entendait bien absorber la Serbie dans le giron de son empire. Un premier attentat râte mais l'archiduc repart en voiture par le même trajet et cette fois la cible n'est pas râtée. La nouvelle se répand très vite en Europe, ne semblant affecter personne, en premier le vieil empereur austro-hongrois.

 

Seulement, ce sont alors 37 jours de crise européenne sui vont s'ensuivre. L'auteur suit jour après jour les réactions des pays inflents : France, Angleterre et Russie (Triple entente pas toujours très cordiale) ; Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie (Triple alliance !!! pas très unie). Toujours est-il que l'Autriche-Hongrie envoie un ultimatum aux serbes après qu'elle n'aura pas eu droit d'aller enquêter sur le terrain, courant juillet.

La France, engluée dans l'affaire Caillaux qui secoue la politique nationale, se sent en état de "neutralité". L'Angleterre, de son côté, réaffirme à la Russie du Tsar Nicolas II en état de survie, qu'elle restera fidèle à ses engagements. Les allemands restent prudents pour défendre leur principal allié. On se regarde en chien de faillance. Les diplomates ont bien du mal à comprendre les enjeux des uns et des autres.

 

Et puis, la Russie ordonne la mobilisation générale fin juillet et quand le tsar veut l'arrêter, il est trop tard. Le Luxembourg est envahi par les allemands. Ils hésitent encore à entrer en Belgique, comme si personne ne voulait déclarer la guerre aux autres pour ne pas être celui par qui le mal sera arrivé.

La France vient de subir un nouveau choc alors que le procès lui s'est bien terminé pour les Caillaux : c'est l'assassinat de Jean Jaurès le 31 juillet.

La spirale infernale est lancée et "presque par hasard", la guerre démarre sur plusieurs fronts : la Belgique, la Russie...

 

L'auteur montre avec pertinence ces indécisions qui ont fait la singularité de ce début de "grande guerre" qui devait durer au pire jusqu'à Noël. Et il fait un parallèle avec le début de la 2e guerre mondiale : Churchill, Asquith, Grey, Poincaré, Clémenceau, le Kaiser, l'empereur ou le tsar n'étaient pas des conquérants comme Hitler. Il n'y avait pas de tels hommes à la tête des pays européens et des réunions de concertation entre les différents pays auraient pu être suffisantes pour éviter les futurs massacres presque "subis".

 

Effarent !!! A l'image du traité de paix de Versailles de 1919 qui a permis aux "extrêmistes" de s'imposer par la suite.

N'oublions pas cela dans notre XXIe siècle où nos dirigeants font à nouveau la part belle aux extrêmistes !!! par leur attitude "passive".

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

(Ce livre s'inscrit dans mon parcours "histoire et littérature autour de la Grande Guerre, que l'on peut suivre sur ma page facebook)

https://www.facebook.com/groups/220863991406739/

Partager cet article

Published by DENIS - dans HISTOIRE
commenter cet article
1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 18:15
La Serva amorosa de Carlo Goldoni (Avant-Scène théâtre)

La Serva amorosa de Carlo Goldoni

(Avant-scène théâtre - octobre 2009 - 112 pages)

Adaptation de Michael Stampe et Christophe Lidon

---------------------

Ce numéro de l'Avant-scène reprenait le texte et les photos du spectacle pcréé le 17 septembre 2009 au théâtre Hébertot avec comme acteurs principaux : Clémentine Célarié (Coraline) - Robert Hirsch (Ottavio) - Claire Nadeau (Béatrice) - Denis Berner (Arlequin)...

 

Créée en 1752 à Venise, la "Serva amorosa" est une pièce marquée par une confiance en l'homme, proche en cela de la philosophie des Lumières. Elle nous livre une vision particulièrement humaniste de l'honnêteté et des valeurs. Elle parvient à faire triompher la justice grâce à toutes sortes de stratagèmes, de déguisements, de subterfuges.

 

Carlo Goldoni (1707-1793) a été avocat pour plaire à son père mais au bout d'un an il rejoint une troupe théâtrale et écrit alors de nombreux textes tant pour Venise que, plus tard, pour Paris. Il a permis d'ouvrir la voix au théâtre italien moderne et a écrit plus de 200 textes. Goldoni va reprendre la "comedia dell'arte en la dépouillant de son language stéréotypé. Il veut transposer la vie au théâtre.

 

Trois actes divisés en scènes plus ou moins courtes pour rétablir les droits d'un fils "répudié" à cause d'une belle-mère qui veut que son fils devienne héritier.

 

Pantalon vient plaider la cause de Florindo, le fils d'Ottavio qu'il a fait mettre dehors sur demande de Béatrice, la nouvelle épouse d'Ottavio. Une maîtresse femme qui domine son vieux mari. Béatrice refuse toute compromission et met dehors Pantalon. C'est son fils Lelio qui doit hériter.

 

Coraline, la servante d'Ottavio, est partie vivre avec Florindo et elle entend bien l'aider à reconquérir ses droits et à le marier avec Rosaura, la fille de Pantalon. Car dans les comédies, il faut bien sûr qu'il y ait des mariages à arranger, des biens à acquérir... Tout cela est bien mené par Goldoni et il faut avouer que l'on prend un grand plaisir à lire ce texte bien construit, au style fluide et limpide.

 

Arlequin est présent aussi. Ici son rôle est "amoindri" et c'est une femme, Coraline qui "prend le pouvoir" de la révolte contre une femme qui veut usurper des droits car elle s'est mariée avec un vieillard uniquement pour le "voler". Et le pauvre Ottavio qui veut la paix se laisse mener par Béatrice, d'autant qu'elle sait l'amadouer, lui dire tout l'amour qu'elle a pour lui.

 

Comme je le disais plus haut, les déguisements ont leur importance car c'est ainsi que Coraline aura la possibilité d'avoir du pouvoir, car une servante est peu écoutée...

 

On imagine, bien sûr, que tout finira bien pour Ottavio et Florindo. Totuefois, on se laisse prendre au jeu et un vrai plaisir de lecture s'installe. C'était une première lecture de cet auteur et j'avoue que je serai bien heureux de lire d'autres textes de lui.

Bonne lecture,

Denis

Livre lu dans le cadre du challenge d'Ankya "2014, je lis du théâtre". Un premier semestre qui va s'achever avec une pièce de Beaumarché. De très riches heures de lecture entre "origines" et XVIIIe siècle. Le second semestre sera consacré aux XIXe, XXe et XXie siècle.

Livre lu dans le cadre du challenge d'Ankya "2014, je lis du théâtre". Un premier semestre qui va s'achever avec une pièce de Beaumarché. De très riches heures de lecture entre "origines" et XVIIIe siècle. Le second semestre sera consacré aux XIXe, XXe et XXie siècle.

Partager cet article

Published by DENIS - dans LITTERATURE
commenter cet article
28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 07:00
Madame Proust d'Evelyne Bloch-Dano (Livre de Poche)

Madame Proust d'Evelyne Bloch-Dano

(Le Livre de Poche - 380 pages)

2004 et 2006 pour l'édition de poche

-----------------------------

J'ai acheté ce livre l'an dernier à Cabourg dans le cadre du salon du livre "proustien". D'ailleurs, le livre a obtenu le "prix du Cercle Littéraire proustien de Cabourg-Balbec". L'auteure avait écrit une "Madame Zola" et elle a récidivé avec "Madame Proust". Mais tout le même sait que Proust ne s'est pas marié et Madame Proust est donc Jeanne Proust, née Weil... la mère (ou plutôt la "maman" de Marcel), celle que l'on retrouve tout au long de l'oeuvre du fils et de sa vaste correspondance avec elle.

Jeanne est juive, née en 1849. Sa famille vient d'Alsace et d'Allemagne mais elle a fait de Paris un lieu de "conquête", car il y a eu des "entrepreneurs" dans la famille à l'image de Nathan Weil, le grand-père de Marcel.

 

Adrien Proust, lui, n'est as juif. Il a 15 ans de plus que Jeanne et elle est encore jeune femme quand ils se rencontrent en 1870. Lui est déjà un médecin reconnu pour ses travaux sur le choléra, sur l'hygiène. Marier une juive à un non-juif ne gêne pas les Weil car M. Proust est un homme mur, sérieux qui plait à la famille. Le mariage est arrangé entre les deux familles. Là encore, il y a des écarts significatifs entre les deux cultures : Les Weil sont "bourgeois", installés dans les beaux quartiers de Paris, avec résidence secondaire à Auteuil, tandis que les Proust sont des "campagnards", habitant à Illiers (Combray dans l'oeuvre de Marcel), suffisant loin de Paris pour l'époque pour ne pas y venir, même à l'occasion du mariage du fils.

 

Ainsi, Jeanne a de la culture. Elle aime lire, jouer du panier, les mondanités, aussi. Le milieu bourgeois impose d'avoir des domestiques, de sortir ou recevoir l'après-midi, aller au théâtre le soir et lire, lire... Pendant ce temps, Adrien travaille, voyage pour son métier... Jeanne accouche de deux fils : Marcel en 1871 et Robert en 1874. Le mariage a eu lieu juste avant Sedan et la déroute française qui a conduit à la Commune et à l'insécurité pour les bourgeois, si bien que Marcel est né dans un contexte ténébreux. On a cru qu'il ne vivrait pas, mais il survit et la vie reprend un cours normal. Jeanne s'attache à ce que ses deux fils s'entendent bien car elle veut une famille nie, épanouie.

 

L'auteure nous donne les "petits ragauds" qui ont tourné autour des Proust : un docteur très honorable qui savait sacrifier "à la bagatelle", Jeanne fermant les yeux sur ses incartades. Certaines mauvaises langues ont même pensé que les problèmes gynécologiques qui ont conduit Jeanne à aller "aux bains" pour sa santé dans le Bearn, par exemple, auraient pu être dus à la syphilis contractée auprès d'Adrien (lui, l'homme de l'hygiène !!!). Le petit Marcel pratiquait l'onanisme devenue "maladie" aux yeux de son père... C'est dire qu'Evelyne Bloch-Dano va réellement dans l'intimité familiale, ne cachant rien de ce qui peut "faire mal", car on imagine mal les Proust avec des "déviances".

 

Bref, l'auteure réaffirme que la "famille Proust est honorable" et qu'elle a compté dans la vie bourgeoise du Paris de la Seconde moitié du XIXe siècle, forgeant la culture de Marcel, tellement attaché à sa mère. L'intérêt du livre vient aussi de la perception que l'on peut avoir de l'oeuvre du fils au regard de la vie familiale, ce qui montre une nouvelle fois, que l'enfance et la vie quotidienne façonnent un écrivain et influent sur son écriture "romanesque".

 

J'ai trouvé beaucoup d'intérêt à lire ce livre au moment où j'arrive à la fin de mon "année Proust" qui m'a permis de lire l'intégralité de "A la recherche du temps perdu" en un an à raison de 10 pages par jour dans le format Pléiade. Il éclaire certains thèmes du roman très autobiographique, comme on le savait déjà.

 

Et je remercie Malika du blog "Les trois petits bouquins..." d'avoir eu l'idée d'une lecture commune. Son avis est plus mitigé.

 

Un livre à lire pour aller dans les marges de la vie de Marcel, au coeur de l'intime, car on sait combien ensuite la mort de sa mère l'a marqué. Travail rigoureux aussi, digne d'un historien des "moeurs" et elle donne ses sources tout au long du livre. Du sérieux pour une famille pas si sérieuse que cela... Méfiez-vous de "l'eau qui dort"...

 

Bonne lecture,

 

Denis

Partager cet article

Published by DENIS - dans LITTERATURE
commenter cet article

Présentation

  • : BONHEUR DE LIRE
  •                       BONHEUR DE LIRE
  • : BLOC D'UN COUPLE PASSIONNE DE DE LIVRES, ART , HISTOIRE, LITTERATURE ET COLLECTIONNEURS DE MARQUE-PAGES.
  • Contact

     

            Envie d'évasion ???

                  Un conseil ,

évadez-vous à travers les livres !!!

 

               

  

  

   

 

 

Recherche

Texte Libre

*** Phrases diverses ***

 damouredo.com Carré

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog