26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 18:27
Vendetta de Roger Jon (R.J.) Ellory - Sonantine Editions

Vendetta de Roger Jon (R.J.) Ellory - Sonatine Editions - 2009

Traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau

Titre original: A Quiet Vendetta - Londres - 2005

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N'oublions pas que l'auteur est anglais même si ses livres se passent en Amérique.

L'éditeur annonce en 4e de couverture qu'il s'agit d'un "thriller au suspense exceptionnel, doublé d'une impressionnante histoire de la mafia des années 1950 à nos jours". Tout commence par un meurtre sordide lorsqu'une voiture est retrouvée le long d'un trottoir et que le coffre contient un corps dépecé, le coeur arraché et replacé dans la cage thoracique. Et puis, encore plus inquiétant pour la police, l'enlèvement de la fille du gouverneur de la Nouvelle Orléans, Catherine Ducane.

Le meurtrier ne tarde pas à se manifester. Il donne un premier message "Toujours". John Verlaine, policier, pense aussitôt à Feraud, dit Papa Toujours, un des vieux mafieux puissants de la ville. Mais, l'exigeance suivante de l'homme est de faire venir de New York Ray Hartmann, un ancien alcoolique, fonctionnaire affecté à une unité de lutte contre le crime organisé.

Alors, va commencer une longue semaine d'entretiens entre les deux hommes : Ernesto Perez remonte à sa jeunesse à La Havane où son père violent s'intéressait fortement aux débuts de Fidel Castro. Ernesto a compris qu'il pourrait s'en sortir dans ce monde en devenant à son tour violent. Il commet un premier meurtre très jeune, en tuant un escroc qui vendait des encyclopédies "sous le manteau" à de jeunes gens crédules.

 

Chaque jour, Ernesto continue à expliquer dans le détail sa vie qui va devenir celle de "tueur à gage" pour la mafia américaine : cette des cubains, des italiens ou irlandais installés aux USA... Perez tuera sans état d'âme, commandité par des "parrains". Il s'est lié d'amitié avec un homme tel que Don Calligaris auprès de qui il va rester fidèle pendant plus de 30 ans.

 

Schaeffer et Woodroffe ont pris le relais de John Verlaine et analysent chaque "révélation" de Perez, enregistré tout au long de ces jours, transmettant les informations clés au siège du FBI, pour avoir des recoupements possibles entre les faits racontés et la réalité des meurtres commis et jamais élucidés au fil de ces 50 années de narration.

 

Perez et Hartmann ont des relations plutôt courtoises. Mais Hartmann comprend qu'il ne pourra jamais rentrer à New York dans les délais pour espérer retrouver une vie saine avec sa femme Carol et sa fille Jess, au terme d'une rencontre programmée dans un parc. Perez n'est pas pressé de révéler où se cache Catherine. Il dit qu'elle pourrait fort bien être morte, mais tout autant en vie... La tension monte au sein du FBI, car le gouverneur commence à s'énerver de ce temps perdu à écouter un vieil homme, assassin, raconter tout ce lourd passé... d'autant que Perez montre bien que Ducane et Féraud ne sont pas des "enfants de coeur", baignés eux aussi dans ce monde de la mafia et de la vendetta. Il a d'ailleurs eu affaire à eux il y a longtemps dans cette ville... Tension augmentée par un attentat commis contre les locaux du FBI où ont lieu les entretiens...

 

650 pages de suspens pour tenir en haleine le lecteur qui s'immerge complètement dans ce "huis clos". Le roman fait alterner les longs moments de récits (environ 40 pages par entretien) et les temps de pause occupés à revivre le film des révélations de Perez et les recoupements. Ce sont aussi là les moments où Hartmann pense aux siens et à cette rencontre déterminante pour lui (environ 15 pages).

 

Comme je ne suis pas un lecteur "compulsif" qui veut absolument terminer le livre au risque de passer des nuits blanches, j'ai réussi à contenir les émotions de la lecture sur deux semaines, alors qu'un lecteur de thriller 'normal" aurait voulu le lire en quelques jours pour connaitre le dénouement tant attendu. Et comme l'auteur sait mener une intrigue et nous surprendre, il est clair que la fin est surprenante.

 

J'ai beaucoup aimé le style de R.J. Ellory qui sait mettre dans la bouche d'un tueur sans scrupule de "l'humanité" dans sa manière de raconter sa vie autour de ces meurtres, car Perez va se marier, avoir des enfants et entendre avoir une vie de famille comme un être normal et il a su s'instruire notamment à partir de "son encyclopédie" arrachée à l'escroc...

 

Un très grand livre assurément par un auteur de grande envergure que je relirai avec grand plaisir malgré les thèmes très rudes de ses livres. Mais la littérature est présente avec la richesse de la langue et de la structure narrative qui enchante le lecteur "exigeant" qui attend plus qu'une intrigue, une "atmosphère" rondement menée...

 

Merci à Léa du blog Léa touch Book qui a organisé ce mois Ellory, et elle me pardonnera d'avoir mis du temps à lire ce gros volume qui aurait dû être terminé pour le 15 octobre dernier, mais lire ce livre aura été une grande aventure de lecteur que je n'oublierai pas de sitôt...

 

Denis

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 20:50

Le 24 octobre 2008 a débuté l'aventure bonheurdelire.over-blog.com.

6 ans après et à l'aube de sa 7e année, on peut relever 5 statistiques :

- 4 329 782 pages vues,

- 2 314 381 visites,

-      22 271 commentaires,

*       4 436 articles publiés,

-          123 abonnés.

 

L'aventure du blog s'est faite à 2 : Fabienne et moi. Et puis, la nouvelle présentation d'over-blog a éloigné Fabienne. Faisons un voeu pour cette 7e année : le retour de Fabienne  pour recréer la "magie" du blog qui voulait ne pas être seulement une succession de comptes-rendus de lectures, mais aussi un blog de citations, de photos et d'images.

 

Avouons aussi que quelques échauffourés avec des auteurs ont fait que les photos Internet ont quasiment disparu du blog. Laissons le droit aux auteurs de veiller au bon grain de leur propriété artistique... Toutefois, il faut voir sur Facebook et ailleurs combien ces photos tournent de page en page. Alors préférons souvent le silence... ce que n'entend pas faire par les mots bonheurdelire par respect notamment pour les fidèles lecteurs, lectrices qui font que chaque jour environ 1 000 personnes viennent lire environ 2 articles à chaque visite.

 

Merci à tous et à toutes et à bientôt pour continuer l'aventure...

 

Denis (et Fabienne par la pensée)

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 19:42
La petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon (Actes Sud)

La petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon

(Actes Sud - janvier 2014 - 320 pages)

Prix Closerie des Lilas 2014 et d'autres prix...

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Aux Jeux Olympiques de Montreal en 1976, une jeune gymnaste roumaine de 14 ans fait sensation. Elle fait "exploser" les ordinateurs et sa note s'affiche 1.00 alors qu'elle a concouru à la perfection. Et de fait, elle a obtenu la note parfaite 10.0. Seulement, personne n'avait jamais eu cette note avant Nadia Comăneci et donc les informaticiens s'étaient limités à 1 chiffre avant la virgule.

 

Début du roman de Lola Lafon : "Quel âge a-t-elle, demande la juge principale, incrédule, à l'entraîneur. Ce chiffre, quatorze, lui donne un frisson. Ce que la petite a effectué à l'instant dézingue le déroulement des chiffres, des mots et des images. Il ne s'agit plus de ce que l'on comprend. On ne saurait noter ce qui vient d'advenir. Elle jette la pesanteur par-dessus son épaule, son corps frêle se fait de la place dans l'atmosphère pour s'y lover".

 

Un homme, un roumain de la minorité hongroise, Béla Károlyi a fait de Nadia une jeune fille hors du commun. Il ne lui a rien épargné pour en faire la fierté d'un pays "émergeant !", la Roumanie de Nicolae Ceausescu. Une Roumanie qui peut enfin plus que rivaliser avec la suprématie de la gymnastique d'URSS, puisqu'enfin, elle est en mesure de la dépasser. Nadia devient une vedette internationale.

La romancière écrit ce livre comme le ferait une biographe, allant à la recherche de documents, de videos, imaginant même qu'elle a été en contact avec la gymnaste pour revenir sur les événements qui ont marqué sa carrière.

Une carrière fulgurante qui a duré le temps de deux olympiades. Et d'ailleurs, les J.O. de 1980 se sont tenus en URSS, en pleine crise politique, cette qui a suivi l'invasion de l'Afghanistan et la volonté pour les occidentaux de boycotter ces Jeux. La Roumanie y va tout de même et pour les gymnaste c'est l'occasion de défier les russes sur leur propre terrain. Nadia est déjà sur le déclin mais elle obtient tout de même deux médailles d'or. Et elle met un terme à sa carrière en 1981, à 20 ans.

Le roman suit donc au plus près les moments importants de sa vie. On la voit à l'entrainement et dans sa vie dans un pays en pleine mutation. Et alors qu'elle n'a jamais contesté la politique de Ceausescu, quelques jours avant la chute du régime, elle s'enfuit, passant par la Hongrie et demandant l'asile politique à l'Ambassade des USA à Vienne.

Lola Lafon a vécu sa jeunesse en Roumanie communiste, ce qui donne à son roman un ton "intimiste", nous montrant "de l'intérieur" l'esprit de ce pays, bien que née en 1975, elle était trop jeune pour avoir vu Nadia gymnaste.

Un excellent roman, très bien construit, qui nous tient en haleine. La politique y est très présente car une athlète telle que Nadia était une image de la réussite d'un pays tel que la Roumanie. Cependant, on sent que la gymnaste entend gérer sa vie car elle a du caractère cette "petite communiste qui ne souriait jamais..."

 

Bonne lecture,

Denis

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 22:14
Biblique des derniers gestesde Patrick Chamoiseau (Folio)

Biblique des derniers gestes de Patrick Chamoiseau

(Folio - 865 pages - octobre 2003)

Première édition : Gallimard 2002

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Voici un livre UNIQUE : vous n'en trouverez pas deux comme celui-ci. J'ose dire qu'au-delà des 865 pages (oui j'ai bien dit 865 pages) il s'agit d'un véritable monument littéraire. Et pour moi un IMMENSE COUP DE COEUR, qui m' accompagné pendant 87 jours, à raison de 10 pages par jour.

 

Balthazar Bodule-Jules n'a pas d'âge, tellement il semble avoir vécu depuis la nuit des temps. Toutefois, sa vie s'oriente surtout au 20e siècle, en Martinique où il est né et a vécu toute sa jeunesse, avant de parcourir le monde, partout où il y a eu des combats contre le colonialisme : Afrique noire et du nord, Asie, Amérique latine. Il a espéré rencontrer Ché Guevara en Bolovie mais l'a râté de peu. Il aurait rencontré et soigné Ho Chi Minh lors de ses luttes contre les colonisateurs... Une vie intense dont il a décidé lui-même de l'issue, ici, en Martinique, pays qu'il a tant aimé, déçu seulement que ce pays n'ait pas voulu se battre pour son indépendance.

 

Incipit du roman : "Le grand indépendantiste, Balthazar Bodule-Jules, annonça qu'il mourrait dans trente-trois jours, six heures, vingt-six minutes, vingt-cinq secondes, victime non pas de son grand âge mais des rigueurs de son échec."

 

Echec d'une si longue vie ! Plutôt lassitude sans doute. Epris de poésie, admirateur inconditionnel d'Aimé Césaire, Saint-John Perse ou Edouard Glissant, le "trio poétique" des Antilles, il a vécu pleinement échappant aux maladies, aux occasions de mort au combat sur tous les continents. Et pourtant, une diablesse, l'Yvonnette Cleoste a toujours tenté de venir à bout de sa longue vie, y compris pendant sa longue agonie de 33 jours, 6 heures etc...

 

Heureusement d'autres femmes l'ont aidé à se faire lui-même et à apprendre à survivre dans toutes les conditions de la vie. Au début, bien sûr, il y eut ses parents et sa mère essentiellement. Mais devenu orphelin, il a eu le bonheur de rentrer la belle et énigmatique Man l'Oubliée qui lui a réellement tout appris de la vie. Elle ne pouvait vivre telle une "ondine" qu'auprès de l'eau et dans la nature. Elle lui a donné nombre de leçons pour savoir se servir de la nature pour se soigner, manger : survivre en un mot.

 

Quand elle a disparu plus ou moins de sa vie, il a pu s'installer chez Nicol Timoleon sur demande de Man l'Oubliée, afin qu'il puisse cette fois apprendre ce qu'est la vie politique et le militantisme anti-colonialiste.Très vite, il comprend que cet ancien instituteur est en fait une femme. Et de son vrai prénom Deborah vit avec sa soeur et une belle jeune fille Anaïs-Alicia dont Balthazar tombe immédiatement amoureux. Deborah va lui apprendre la politique et Anaïs, la poésie. Ce seront ses "deux nouvelles armes" pour affronter la vie héroïque qui l'attend et qui fait aujourd'hui son aura, au point que la police le respecte. Les jeunes ont essayé de s'emparer de ses biens, essayant même de le tuer. Mais comme ce sont des drogués, il décide alors de les guérir de ce mal redoutable...

 

Rien n'est vrai malgré les efforts de l'auteur pour nous faire croire que Balthazar a existé, qu'il a accordé des interviews et écrit des articles dans les journaux, comme aurait été écrite une biographie. L'auteur dit s'inspirer d'un texte écrit sur Balthazar, dont il cite très souvent des extraits : "Notre morceau de fer", cantilènes d'Isomène Calypso, conteur à voix pas claire de la commune de Saint-Joseph.

 

Et le livre de l'agonie que déploie ici sur plus de 800 pages Patrick Chamoiseau s'écrit en plusieurs chapitres dont les titres sont éloquants sur l'incertitude sur tout ce qui s'est dit, écrit sur l'homme, y compris ses propres propos :  1- Incertitudes d'un commencement au coeur ému du pays enterré / 2- Incertitudes sur les trente-douze amours de son enfance sorcière / 3- Incertitudes sur les et-caetera amours de son âge de mâle bougre / 4- Incertitudes sur les restants d'amours de son âge en vieux-corps.

 

Vous pourrez constater que les seuls titres des parties du livre ont une connotation poétique. Ce livre est une merveille littéraire, à mi chemin entre le conte, la biographie, la digression poétique. Rien n'est "naturel", on est très souvent dans le "surnaturel" mais quel bonheur de se laisser emporter par le récit de l'auteur. Certains événements reviennent comme des litanies tout au long du récit. Tels ces moments près de Ho Chi Minh ou près d'une bolivienne quand il cherchait à rejoindre le Che. Il est impossible de résumer en quelques lignes toutes ces pages, tous ces événements.

 

Pour vivre une extraordinaire aventure imaginaire, il faut ABSOLUMENT lire ce "pavé littéraire".

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 20:55
Antigone de Jean Anouilh (La petite vermillon)

Antigone de Jean Anouilh (La petite vermillon - 123 pages)

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Antigone est la fille d'Oedipe et de Jocaste. Elle eut une vie douloureuse et une mort atroce, mais ne se départit jamais d'un dévouement et d'une grandeur d'âme sans pareils dans la mythologie. Ce fut elle qui servit de guide à Oedipe quand il dut mendier, les yeux crevés, chassé de Thèbes. Quand Antigone revient à thèbes, ses frères se sont entretués. Elle veut une sépulture pour Polynice alors que Créon a interdit que "le traite" ait droit aux honneurs post-mortem. Elle verse sur le corps quelques poignées de terre, mais surprise par un garde du corps de Créon, elle est condamnée à mort et enterrée vive. Mais elle préfère se pendre.

Jean Anouilh (1910-1987) s'inspire de la pièce de Sophocle et dit (repris sur la 4e de couverture) : "L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par coeur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonnace de la tragédie que nous étions alors en train de vivre".

 

La pièce est constituée d'un prologue qui permet de présenter les personnages et le moment où l'action va débuter. Les deux frères d'Antigone se sont entretués. Hémon doit épouser Antigone et Créon a ordonné qu'aucune funéraille de Polynice, le "vaurien" soit tolérée. Les personnages s'effacent et le drame peut commencer, au petit matin.

 

Un seul acte sans découpage par scène pour cette journée de tous les dangers pour Antigone. La pièce est alors fidèle à la légende. Antigone est allée pendant la nuit recouvrir le corps de son frère avec de la terre, à l'insu des gardes de Créon. De retour à la maison, sa soeur Ismène arrive et dit à Antigone qu'elle ne doit pas enterrer son frère, mais elle lui avoue avoir déjà fait le nécessaire. Antigone ne veut pas être "raisonnable" et elle sait qu'elle risque gros. D'ailleurs, elle est très vite dénoncée par les gardes. Lesquels gardes sont fébriles car ils craignent la mort pour avoir laisser Antigone approcher de son frère. D'ailleurs, c'est assez troublant de voir combien leur rôle est important dans la pièce de Anouilh. L'auteur en fait des personnages "principaux".

 

Créon, dès qu'il est informé, tente d'étouffer l'affaire et s'adresse à Antigone, lui rappelant qu'elle doit épouser Hémon, son fils, et qu'il veut qu'elle vive. Mais elle s'entête puis fait ses adieux à son fiancé. Elle ne veut pas être conventionnelle et se montre plus que jamais rebelle, préférant la mort que toute compromission...

Il faut se rappelerque la pièce a été créée le 4 février 1944, au Théâtre de l'Atelier, en pleine période d'occupation. On peut penser que le courage d'Antigone et son pouvoir de dire non ne pouvait que montrer une grandeur d'âme comme les résistants ont su en avoir...

 

Les allemands se sont identifiés à Créon qui avait été le héros tragique de Sophocle, tandis qu'Anouilh met plutôt l'accent sur Antigone...

 

J'avoue n'avoir pas été conquis par cette pièce. Comme pour Giraudoux, je préfère retourner à l'oeuvre antique plus "authentique". Le langage du 20e siècle ne me parait pas approprié à ces "transpositions" !!!

 

Denis

 

Livre lu notamment dans le cadre de "En 2014, je lis du théâtre".

 

 

 

Antigone de Jean Anouilh (La petite vermillon)

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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 21:05
Cap-au-Renard de Louise Portal (BQ)

Cap-au-Renard de Louise Portal

(BQ - Bilbiothèque québécoise - 195 pages)

Première édition :2002 et 2007 pour l'édition de poche

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Cap-au-Renard est situé en Haute-Gaspérie à environ 750 kms de Montreal. Dans le livre, c'est un endroit au bout du monde, un lieu où l'on se perd au climat rude.

Je viens de lire que ce livre est le premier d'une trilogie de Louise Portal en ces lieux que l'auteure connait bien pour y habiter une partie de l'année.

Louise Portal est comédienne, chanteuse et écrivaine, fille de Michel Portal, lui-même écrivain. J'avoue ne pas la connaitre ne sachant pas si son "succès" dépasse les frontières du Québec.

 

J'avoue d'entrée de jeu avoir apprécié ce livre pour certains passages très bien écrits mais j'ai trouvé le livre inégal dans son ensemble.

 

Le personnage principal du roman est une maison, située près d'une chapelle à Cap-au-Renard : (page13-14) "Vingt-deux maisons, un comptoir postal, une scierie désaffectée, et une petite chapelle qui s'élève, tel un lys minuscule dans la grisaille de la vie. (...) Une porte vient de claquer au vent. La maison grise aux bardeaux à moitié arrachés fait entendre son gémissement matinal. Bâtie en haut du Cap, elle protège la chapelle des grands vents de mer depuis presque cent ans".

 

Vous aurez compris que dans ce roman, il ne faut pas espérer de joie de vivre car tout finit au tragique. Ainsi, des habitants présentés par l'auteure : un couple Jocelyn et Murielle et une fille, Mélodie. Car dès la quinzième page l'auteure nous dit : "Le bonheur devait être de courte durée. En quelques années, le fleuve devint sombre, l'hiver trop long, et la bouteille fatale. Jocelyn perdit le goût de vivre et partit à la dérive dans le noir d'une première nuit...".

 

Murielle va très vite avoir envie de vivre sa vie, elle qui travaille dans un bar de nuit et elle quitte brutalement le domicile conjugal sans prévenir, sans laisser une lettre, abandonnant Mélodie à un père alcoolique. Le pire, c'est que la nuit il vient dans le lit de sa fille... Mélodie en souffre mais ne dit rien. Elle devient femme et à 14 ans, elle croit trouver le bonheur avec Michel, venu restaurer la chapelle.Seulement, ces lieux "diaboliques" sont insupportables et Michel se suicide. Mélodie va le suivre peu après dans une mort voulue par désespoir. Jocelyn part à son tour et la maison se détériore jusqu'à ce qu'un couple avec un bébé vienne y passer une nuit, quelques années plus tard.

 

Etienne et Elvire sont autorisés à rester ici et il vont en faire un lieu de vie qui pourrait enfin sembler celui du bonheur. Marie-Capucine y grandit dans la chambre de Mélodie qui semble lui ressembler tant et tant. Un double, presque. Au début, Mélodie a continué à y vivre au-delà de la mort (un des moments "factices" du roman !!!) dans cette maison essayant de contrarier le bonheur ambiant. Et puis, Marie-Capucine étant devenue adulte et amoureuse de Léo venu comme Michel pour restaurer la chapelle, Jocelyn revient. Il se présente sous un autre nom et essaie de séduire le couple pour rester ici aussi longtemps qu'il le pourra.

Plus tard, ce sera Murielle qui reviendra. Jocelyn voudra séduite Marie-Capucine, comme Murielle séduira Léo... Une chaîne sans fin semble s'installer dans cette maison que personne ne veut quitter au final.

 

Voilà pour l'essentiel du roman sans avoir tout voulu dévoiler bien sûr car il y a du "suspens" dans ces relations tellement difficiles entre les uns et les autres.

Dommage, pour moi, la "mayonnaise" n'a pas vraiment pris et je suis resté sur ma faim.

 

Denis

 

Livre lu dans le cadre de "Québec en septembre" organisé par Karine et Laurence.

Cap-au-Renard de Louise Portal (BQ)

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 22:03
Ondine de Jean Giraudoux (Livre de Poche)

Ondine de Jean Giraudoux (Le Livre de Poche - 160 pages)

Préface, commentaires et notes de Colette Weil

Pièce en trois actes (1939)

d'après le conte de Frédéric de La Motte-Fouqué

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Ondine est d'abord un retour et un adieu, compte tenu du contexte politique de 1939, aux sources germaniques de l'inspiration de Jean Giraudoux (1882-1944). Il rend, avec cette pièce, hommage à son prédécesseur romantique, "Le Percifal des écrivains" : Frédéric de La Motte-Fouqué. Toutefois, il se démarque aussitôt du conte de 1811 : "J'ai gardé de la nouvelle son titre, son sujet et la ligne générale. Pour le reste, tout est modifié. Les personnages ne sont plus les mêmes, leurs noms sont changés, l'action même est différente. J'ai écrit si vous voulez, une divagation sur le sujet d'Ondine, qui est une pure féérie sans attaches avec la vie réelle " (Paris Soir - 4 mai 1939).

Et c'est donc bien une féérie : Ondine marche sur l'eau par exemple. Cependant, Ondine est avant tout un conte tragique d'amour et de mort.     

(Présentation succincte inspirée des notes de Colette Weil)

C'est Louis Jouvet (1887-1951) qui a créé la pièce le 4 mai 1939 au théâtre de l'Athénée.  Il y joue le rôle du Chevalier Hans tandis que Madeleine Ozeray (1908-1989), actrice belge mariée à Louis Jouvet, interprète le rôle d'Ondine. 

Cette pièce est devenue l'oeuvre fétiche de Charlotte Delbo pendant sa déportation à Auschwitz, elle qui fut avant guerre l'assistante de Louis Jouvet et qui connut ainsi Ondine.                

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Trois actes, trois lieux et aucune unité de temps, c'est dire que Ondine n'est pas une pièce "classique" en ce début du vingtième siècle où l'on aime revisiter les mythes anciens, ce que fit d'ailleurs Jean Giraudoux avec Electre, Amphitryon ou Siegfried...

Les ondines, dont le nom dérive du mot « onde », sont des génies des eaux dans la mythologie germanique (où elles sont également désignées sous le terme de « nixe ») ou alsacienne. (Wikipedia)

 

On est donc encore dans la légende, le mythe avec Ondine.

L'acte I se passe dans la cabane de pécheurs d'Auguste et Eugénie. On les voit inquiets parce que leur fille de 15 ans n'est pas rentrée alors que l'orage gronde. Et au lieu de la voir arriver, c'est un Chevalier errant qui se présente à eux. Ils lui offrent l'hospitalité et Eugénie lui prépare une truite. Survient alros Ondine, survoltée et dès qu'elle voit le Chevalier, Hans, elle lui dit qu'il est beau et qu'elle veut l'épouser. Il accepte bien qu'il vient de dire à ses parents "adoptifs" (ils lui disent l'avoir recueillie après la disparition de leur fille) qu'il doit épouser Bertha, fille adoptive du Roi. Ondine vit sur l'eau et dans le lac, en grande liberté. Elle est belle mais plus "fée" que femme.

 

L'acte II se passe dans la salle d'honneur du palais du Roi. Le Chambellan prépare la fête qui va permettre au Roi de connaitre l'épouse du Chevallier. Ondine se présente tandis que Bertha est présente de par son rang. Hans a rétrogradé dans le niveau de rang de la Cour de par son mariage avec une femme non noble. Tout de suite, Ondine, qui veut dire la vérité et rien que cela, se révèle impertinante ce qui blesse Hans car il sait que cette fois il va être complètement discrédité. La personnalité d'Ondine plait à la Reine qui lui parle en privé car elle veut qu'elle laisse Hans épouser Bertha. Elle pourra toutefois habiter avec eux, ce qu'elle accepte. Seulement, elle a autorisé le Roi des Ondins à tuer Hans s'il est infidèle à Ondine.

 

Le dernier acte se situe au chateau d'Hans, le matin de son mariage avec Bertha. Pour sauver Hans, Ondine, de retour après six mois d'absence, devant les juges venus au château dans l'espoir de la trouver et de la juger, avoue l'avoir trompé avec Bertram, un autre Chevalier de la Cour. Des témoins viennent dire au Juge qu'Ondine a toujours été bonne pour eux. La sentance tombe : la décapitation... Mais Hans devra-t-il mourir pour avoir de son côté trompé Ondine avec Bertha !!!

 

Il faut se laisser porter par la beauté et l'immortalité d'Ondine, sans chercher à y trouver de la rationnalité. Le texte est très bien écrit mais j'avoue ne pas avoir été vraiment conquis par la pièce, de facture trop classique sans doute, malgré l' histoire féérique et extra-ordinaire. Il est certain que le théâtre des années cinquante l'a révolutionné et Giraudoux semble être un auteur du passé. Les puristes ne seront pas d'accord avec moi, c'est certain.

 

Bonne lecture,

Denis

 

Lecture qui se rattache au challenge d'Ankya

Ondine de Jean Giraudoux (Livre de Poche)

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 19:15
La criminologie par Maurice Cusson (Hachette - Les fondamentaux)

La criminologie par Maurice Cusson

(Hachette Supérieur -

"Les fondamentaux - sciences humaines" - 160 pages -

Première édition 1998 et rééditions successives mises à jour)

 

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La 4e de couverture donne la définition de la criminologie : "Science qui étudie les caractéristiques et les causes du phénomène criminel". Elle permet de construire un savoir rigoureux sur le crime et sur tout ce qui s'y rapporte.

 

Et de plus, pour"classer" la criminologie, elle entre dans la grande catégorie des "sciences humaines". Pas de crime sans humain. Pourquoi et comment passe-t-on à l'acte !!

 

Attention, ne nous y trompons pas, lacriminologie étudie le "crime" dans tous ses états. C'est dire que le voleur à la tire, l'agresseur violent, le violeur ou le tueur (en série ou non) sont tous des "acteurs" du crime, des "délinquants".

 

La criminologie analyse tout ce qui est puni par la loi mais sous l'oeil de la sociologie. Des enquêtes régulières auprès des acteurs du cime : délinquants, magistrats, journalistes, victimes et "opinion publique" permettent d'aider à connaitre l'échelle de gravité des crimes dans un contexte donné. 

 

L'auteur, Maurice Cusson, criminologue canadien montre bien que ce n'est pas une science exacte, en témoigne la notion de droit, de loi au fil des siècles et des environnements culturels. Il est certain que le Moyen Age ou l'ancien régime placé sous l'autorité "divine" du roi n'a rien à voir avec les lois modernes plus "objectives", encore que les lois sont aussi le reflet du temps dans lequel elles sont applicables, si bien qu'elle ssatisfont certains et en indisposent d'autres.

 

Et puis, surtout, il faut faire de la "prévention", éduquer la population depuis son plus jeune âge à ne pas transgresser les lois. Les adolescents sont les plus vulnérables et il est certain que ceux qui n'ont pas pu ou su s'intégrer dans leur famille, à l'école ou plus tard dans le monde du travail, sont des délinquants en puissance.

 

Trois mots définissent le milieu et l'environnement du délinquant : les codélinquants (rapport de complicité avec quelques délinquants), le réseau (rapports directs et indirects entre délinquants sur un territoire donné) et le gang (groupe relativement durable). Ces types d'associations sont très fluctuants et la "loi du milieu" compte pour beaucoup car le délinquant est souvent confronté à la loi publique et à celle du groupe auquel ils appartiennent.

La protection des biens a fait de grandes avancées pour réduire les crimes. Mais ce qui rend difficile le travail "statistique" vient de ce que seuls environ 50% des délits et crimes sont déclarés à la police. Le risque de récidive est important dans les jours ou semaines qui suivent l'acte délictuel.

 

Vous aurez compris que ce livre est une excellente introduction à l'étude sur le crime dans un contexte d'analyse sociologique pour aider à le prévenir et à l'éradiquer autant que faire se peut.

 

Bonne lecture et bonne réflexion autour de ce thème qui ne peut qu'intéresser les amateurs de littérature et de littérature policière (thriller, roman noir, polar...)

 

Denis

 

L'auteur étant canadien, cette lecture peut se rattacher au challenge "Québec en septembre" organisé par Laurence et Karine.

 

 

La criminologie par Maurice Cusson (Hachette - Les fondamentaux)

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 17:36
Redburn ou sa première croisière d'Herman Melville (Gallimard)

Redburn ou sa première croisière d'Herman Melville

(Gallimard - Du monde entier - 390 pages - édition de 1976)

traduit de l'anglais (USA) par Armel Guerne

Préface de Pierre Mac Orlan (1951)

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N'oublions pas le long sous-titre qui résume l'objet du roman : "Confessions et souvenirs d'un fils de famille engagé comme mousse dans la marine marchande américaine".

 

Et cette édition reprend la préface de Pierre Mac Orlan qui rappelle l'intérêt de Melville pour la mer et Redburn tient beaucoup de sa propre expérience.

Le conseil de Mac Orlan à la fin de sa préface devrait donner envie à chacun de lire cet auteur américain : "Herman Melville est un homme extraordinaire, armé jusqu'aux dents par ses expériences avant d'entrer dans les étranges paysages de sa fantaisie toujours généreuse. On ne saurait trop conseiller à ceux qui veulent le suivre dans ces paysages incomparables de faire attention. Dans les Edens d'Herman Merville, il ne faut pas nécessairement prendre les fleurs pour des fleurs, les fruits pour des fruits ; mail il faut demander au concierge du livre la clé pour visiter à l'intérieur. Et ce serviteur n'est pas tout à fait de ce monde".

 

Redburn raconte "sa première croisière" dans ce roman. Alors, tout de suite, en suivant les conseils de Mac Orlan, il faut "un décodage" pour comprendre le sens de cette histoire.

Dans l'esprit de beaucoup, la croisière est une aventure heureuse à bord d'un navire. Et bien là, il valait mieux ne pas prendre son billet pour monter à bord du "Highlander" mené d'une main de fer par le Capitaine Riga.

Redburn, bien jeune et bien naïf, a vu une annonce dans un journal. Peu après il arrive à New York et par l'entremise d'un ami de son frère, il se fait engager comme mousse à bord du navir, direction Liverpool.

Mais en ces années (le voyage de Melville qui a inspiré ce roman est de 1839), la navigation est rude et longue. Et les rêves de Redburn sont vite remis à plus tard, car personne ne se fait de cadeaux à bord du navire ettrès vite il devient un des bouc-émissaires à bord. Il n'est pas de ce monde, c'est évident et ses allures, sa façon d'être et de parler n'a rien à voir avec ces hommes rustres, brutaux, mal polis qui sont ses "compagnons" de voyage. Il est mousse, donc au bas de l'échelle, et personne ne le respecte en tant qu'être. Il est corvéable à merci et n'a pas droit au chapitre.

 

Page 50 : "Et ce sont là les hommes, pensais-je par devers moi, avec qui il me faut vivre ; les hommes avec qui je vais partager tout le temps la nourriture et le sommeil ! En outre, je commençais à me rendre compte qu'ils ne se montraient pas très aimables avec moi."

 

Le Highlander transporte des marchandises mais a également à bord des passagers. Redburn explique dans le détail cette traverse faisant de très beaux portraits des marins et des passagers et racontant par le menu le travail et la vie à bord.

 

La traversée est longue mais Liverpool finit par se montrer au loin au terme d'une trentaine de jours!!! Et là encore, c'est une déception pour Redburn :

Page 162 :" Bien sûr, je ne m'imaginais tout de même pas que chaque immeuble de Liverpool serait la tour penchée de Pise ou la cathédrale de Strasbourg, non! mais je dois avouer, malgré tout, que ces affreux édifices furent pour moi une triste et très amère déception".

 

Beaucoup d'humour chez Redburn qui continue à aller de déception en déception ! Et quand il va aller se promener dans Liverpool avec son vieux "guide touristique" qui l'avait tant fait rêver, il ne retrouve rien des descriptions des lieux. Tout est devenu laid et la longue escale va être aussi une longue période de désillusions. Heureusement, il va rencontrer Harry Bolton, un ancien riche londonien déchu. Il croit trouver en son ami un allié de son "rang" qui va l'aider à mieux supporter ce séjour. Mais, là aussi, il va être déçu, notamment quand Harry l'emmène à Londres.

Au lieu de visiter la capitale et s'extasier devant ses monuments mythiques, il va rester juste une nuit dans une chambre et repartir le matin avec un Harry survolté, encore plus ruiné qu'avant d'arriver à Londres. Il décide alors de s'engager à bord du Highlander pour aller à la conquête de l'Amérique. Ce sera là la seule bonne nouvelle que son ami lui aura annoncé.

 

Et arrive le temps du retour vers New York, et cette fois contre "vents et tempêtes" ce qui rend le voyage périlleux, long et laborieux.

Harry apprend à son tour ce qu'est la vie difficile d'un mousse à bord.

Page 315 : "Oh ! comme ils t'ont fait la chasse, Harry, mon beau zèbre ! nos barbares de l'océan, nos insensibles, nos grossiers matelots ! Comme ils t'ont pourchassé du beaupré au grand mât, et traqué dans toutes tes retraites !"

Et puis, dans ce sens Liverpool - New York, ily a de nombreux émigrants, entassés pour les plus pauvres dans les cales. Et la nourriture va manquer du fait des retards occasionnés par le "gros temps". Malades, atteints par les fièvres, beaucoup meurent et sont jeter à la mer.

 

New York sera le port de la séparation des deux amis et la fin de cette "croisière" de l'enfer devrions-nous dire!!

 

Je n'ai pas peur de dire que ce livre est un CHEF D'OEUVRE absolu. Les descriptions, les portraits, les événements... tout est génial dans ce livre où le tragique cotoie l'humour car Redburn a une âme de naïf éclairé qui veut croire qu'il y aura du mieux à un moment ou à un autre.

 

A lire sans hésitation, comme quoi la littérature américaine a de grands auteurs depuis très longtemps !!!

 

Pour rappel, Herman Melville est né en 1819 près de Manhattan et mort en 1891 à New York, oublié de presque tous et redécouvert au 20e siècle notamment avec "Moby Dick" mais n'oublions pas ces autres oeuvres dont ce magnifique "Redburn".

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Livre lu notamment dans le cadre du "challenge de littérture américaine"  dont on peut suivre le "fil" sur facebook.

Les billets des blogs sont à déposer ici :

http://plaisirsacultiver.wordpress.com/2014/09/02/billet-recapitulatif-du-mois-americain-2014/

Redburn ou sa première croisière d'Herman Melville (Gallimard)

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 11:52
(Edition différente sur la couverture de celle reprise ici chez le même éditeur)

(Edition différente sur la couverture de celle reprise ici chez le même éditeur)

Créanciers (ou les mauvais comptes) d'August Strindberg

(Circé / théâtre - 95 pages)

Traduction de Jean-Claude Amyl et Marc-Vincent Howlett

Préface de Marc-Vincent Howlett

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August Strindberg (1849-1912) n'eut d'autre horizon que celui de la souffrance. D'avoir trop aimé les femmes, il a fini par en avoir la haine le menant par ses excès y compris littéraires aux portes de la folie.

Lorsque dans l'été 1888, Strindberg écrit "Créanciers" en une quinzaine de jours, juste après avoir terminé "Mademoiselle Julie", il est persuadé d'avoir écrit "une nouvelle tragédie naturaliste meilleure que Mademoiselle Julie".

Il s'agit de la vengeance d'un homme (Gustave) clamant haut et fort qu'il a été vampirisé par son ex-femme (Tekla), convainquant alors son ami (Adolphe), le nouveau mari, qu'il va subir le même sort que lui, sans avouer à Adolphe que c'est lui l'ex-mari.

Gustave est un homme du passé qui n'en finit pas de périr dans un présent mortifère  ;  Adolphe est soumis à un présent vacillant ; Tekla est présente pour le futur. Les deux hommes sont dans l'échec, seuls et impuissants ; elle, est une femme entourée, désirée...

(Présentation inspirée de la préface à ce livre par Marc-VIncent Howlett)

 

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Trois personnages : Tekla, Adolphe (son mari peintre) et Gustave (son premier mari, professeur de lycée)

Un décor : un salon dans une station balnéaire

Ni acte, ni scènes pour ce drame à trois.

Un début avec Adolphe et Gustave; puis Gustave se cache dans la pièce d'à côté pendant que Tékla et Adolphe se parlent et enfin Adolphe sort de la pièce tandis que Gustave feint d'arriver et découvre Tekla (Adlphe est à son tour dans la pièce d'à-côté et entend ledialogue qui va lui faire découvrir les liens passés entre Gustave et Tékla

 

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Peu de mouvements donc mais des propos sans concessions entre ces trois personnages qui ne seront réunis qu'à la dernière page de la pièce. Trois duos pour dire le mal de vivre d'hommes "trahis" par une femme qui a pris toute leur substance en aimant un autre quand le temps de l'amour est passé. Vous aurez compris que ce texte est très misogyne et qu'il risque de "choquer" les femmes sensibles...

Adolphe a épousé Tekla alors que le fils de son premier mariage n'est plus avec elle car il ressemblait trop à son mari, un mari qu'elle qualifiait d'ailleurs d'idiot. Il dit ausi l'avoir connue pendant le voyage de son premier mari... Pour Gustave entendre tout cela ne peut que l'inciter à se montrer aigri. Il peut alors répondre à Adolphe qui ne sait pas qui est le premier mari, qu'il sera lui aussi pris dans les filets de cette femme. Il dit la connaitre et l'avoir vue avec des jeunes gens sur un bateau cet après-midi. Il incite Adolphe à se rebeller, ce qu'il fait quand il retrouve son épouse.

Très vite elle comprend qu'il est sous l'emprise d'un homme qui l'a conduit à parler ainsi. Il latraite même de coquette. Mais quand Gustave vient à son tour auprès d'elle et qu'Adolphe s'est retiré, Tekla se sent capable de recommencer une aventure amoureuse avec Gustave. Elle séduit, aime être séduite... Adolphe ne peut que comprendre derrière la porte combien les sentiments peuvent être volatiles...Chacun est un "crancier" qui vient frapper à la porte...

 

L'atmosphère est tendue, lourde, tout au long de ces dialogues, presque des monologues, tellement chacun est dans "son monde" et qu'il convient d'aller vers celui de l'autre.

 

Une lecture "terrible" mais qui permet de cerner l'univers douloureux de l'auteur.

Denis

 

Lecture faite notamment dans le cadre du cycle proposé par Ankya "En 2014, je lis du théâtre.

 

Pour mémoire, c'est ma 21e lecture "chronologique" du théâtre mondial.

Prochaine lecture, pour le cycle du 20e siècle : "Ondine" de Jean Giraudoux (1939)

 

Créanciers d'August Strindberg (Circé / Théâtre)

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