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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 21:57
Maître Puntila et son valet Matti de Bertold Brecht (L'Arche)

Maître Puntila et son valet Matti  - pièce populaire

de Bertold Brecht (L'Arche - 97 pages)

Texte français de Michel Cadot

Titre original : Herr Puntila und sein Knecht Matti (1950)

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La pièce de Brecht a été écrite en 1940 d'après les récits et un porjet de pièce de Hella Wuolijok, écrivain finlandais qui avait donné l'hospitalité à Brecht et sa famille durant l'été 1940.

Le texte français a été publié en 1956, revu et remanié en 1976 et c'est dans cette version qu'il a été publié aux éditions L'Arche où est parue l'édition complète de son théâtre.

 

12 tableaux de longueur inégale constituent l'architecture de la pièce.

Puntila est dans une auberge avec un juge ivre et endormi. Survient Matti qui s'annonce comme son chauffeur depuis cinq semaines et s'indigne d'être bloqué dans la voiture depuis deux jours à attendre son maïtre. Riche propriétaire notamment d'une forêt, il ne veut pas parler argent avec Matti.Et il rentre dans son domaine de Puntila avec le juge. Les trois hommes sont accueillis par Eva, la fille du maître. Elle dit alors qu'elle va se fiancer avec "L'attaché" et son père s'en félicite.

Le grand pêché de Puntila est l'alcool. Et un matin, à peine dégrisé, il annonce à trois femmes différentes qu'il va se fiancer avec elle, si bien que le jour des fiançailles d'Eva, les trois femmes invitées débarquent ensemble. Elles ont bien compris que Puntila leur a fait croire un mariage futur sans fondement au point qu'elles lui disent avoir créé une "association des fiancées de Puntila".

Lors d'un marché de recrutement de salariés, Puntila a "corrigé" un homme, montrant ainsi la violence qu'il a en lui.

Eva n'est plus trop disposée à épouser l'Attaché d'ambassade et Matti simule avec elle une scène d'amour pour troubler son maître. D'ailleurs, les fiançailles se passent mal et Puntila expulse le fiancé et tous les invités de "marque" au risque d'y perdre beaucoup pour ses affaires.

Comme il a compris qu'il boit trop, Puntila se décide au lendemain des fiançailles râtées de ne plus boire. Seulement, il boit un dernier verre qui entraîne un deuxième verre ... et il entre en colère puis en délire au point de détruire sa bibliothèque pour en faire un "mont" !!!

 

Vous aurez compris que cette "pièce populaire" est plutôt étrange, sans vraie intrigue, avec cette juxtaposition de tableau. Il reste que Bertold Brecht est un grand auteur et que son style est alerte, limpide et charme le lecteur.

Une pièce à lire pour tous les amateurs de Bertold Brecht. J'avoue pour ma part que ma pièce préférée reste "Mère courage", son chef d'oeuvre.

Bonne lecture,

Denis

 

Un de mes dernières lectures au titre de "2014, je lis du théâtre".

Maître Puntila et son valet Matti de Bertold Brecht (L'Arche)

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 12:43
Peintures et tableaux de Patrick Devaud

Fait très rare et qui mérite d'être signalé, l'artiste normand Patrick Devaud m'a contacté pour que je n'hésite pas à mettre une de ses oeuvres sur le blog.

Je ne peux résister dans ce contexte à vous faire partager son amour de la nature et des chats, entre autres.

Le mieux est d'aller découvrir sans tarder son site Internet :

www.devaud-patrick-artiste.odexpo.com

Et il a également publié un livre d'art.

Bonne et belle découverte,

Denis

 

 

Peintures et tableaux de Patrick Devaud

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 22:19
Quand les lumières s'éteignent d'Erika Mann (Grasset)

Quand les lumières s'éteignent d'Erika Mann

(Grasset - 365 pages - 2011)

Traduit de l'allemand et préfacé par Danielle Risterucci-Roudnicky

Postface d'Irmela von der Lühe

Titres originaux : The Lights Go Down (1940)

et Wenn die Lichter Ausgehen (2005)

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Erika Mann (1905 - 1969) est la fille de Thomas Mann et la soeur de Klaus Mann.Sa vie d'adulte va se partager entre les voyages, notamment avec Klaus et l'écriture.

La satire politique du nazisme va contribuer à son succès au début des années 30 grâce à son cabaret théâtral "le moulin à poivre" qu'elle ne pourra pas exporter aux USA car elle y fait un fiasco alors que l'Europe l'a applaudie avant qu'elle ne parte en exil là-bas.

Elle se lance alors dans des conférences où elle part du particulier pour aller vers le général ce qui rend vivants ces moments de parole face au public. Et ce sont des témoignages "percutants" sur le nazisme qui sévit en Allemagne. Pendant la guerre, elle va aussi faire des émissions de radio à la BBC

Erika Mann s'inspire du genre littéraire américain "The small Town Literature" pour composer "Quand les lumières s'éteignent". Sinclair Lewis et Thornton Wilder ont utilis ce mode littéraire.

Ainsi, elle plante le décor d'une ville allemande du Sud et rentre dans les maisons ou lieux publics pour y établir son récit : 10 lieux de "Notre ville". Elle met en lumière la destruction, par la dictature puis la guerre, de ce monde quotidien des "allemands moyens". L'aberration de l'idéologie raciste et l'absurdité d'une politique de l'espace vital conduisent à des excès tellement fous que les allemands finissent par s'opposer à certaines décisions malgré les risques majeurs encourus.

 

Malgré cette tenaille nazie, des personnages osent refuser certains ordres comme ce chef des S.A. qui prévient les juifs qu'un pogrom est prévu en novembre 1938, permettant à la majorité d'entre eux de s'enfuir avant l'assaut. Lui, bien sûr, ne sera pas épargné car très vite on a compris qu'il était complice de cette désertion...

Un paysan a donné à manger de l'orge à ses volailles et il se retrouve en prison car il a désobéi aux nazis qui ont prohibé cet aliment pour ces animaux... Un professeur de droit arrive avec des sous-entendus à faire comprendre à ses étudiants que le droit et les lois sont soumis aux exigeances du nazisme. Où est la liberté de la justice ? Et les études sont raccourcies au détriment de la qualité...

Un médecin s'offusque que l'hygiène soit de plus en plus "bannie" des pratiques médicales...

Dix histoires donc avec certains personnages qui passent d'un texte à l'autre "discrètement" montrant une certaine continuité narrative, car on n'est pas dans de la "nouvelle".

Et puis, tout est vrai dans ces textes, notamment les textes nazis qui servent de base aux critiques des uns ou des autres. Eirka Mann, exilée à l'époque (fin des années 30) a recueilli des témoignages précis qu'elle intègre dans le corps de ses textes.

Page 121 : "Herr Alfred Huber, l'industriel, était un citoyen typique de notre ville. Les autres étaient comme lui : déprimés et désorientés, "victimes des circonstances extérieures".C'est ledestin, pensaient-ils, notre destin, le destin de l'Allemagne (...). Mais comme aucune réponse ne venait, ils continuaient - pour l'instant - d'obéir".

Toutefois, une "résistance passive" s'organise pour traîner des pieds face aux décisions, notamment celles qui consistent à "obliger" les allemands à travailler pour les usines d'armement ou à construire la ligne Siegfried, à l'exemple de Franz Deiglmeyer, le S.A. :

(page 154) Franz Deiglmeyer exécutait ses tâches avec assiduité, fidélité et conscience.Il tentait d'adoucir les peines qu'il était obligé d'appliquer. (...) Il accordait avec générosité les autorisations de visite aux familles. Il permettait aussi aux prisonniers d'emporter des provisions et des vêtements".

Le chirurgien Scherbach dit page 249 : "Je n'ai pas l'intention de gêner le gouvernement et, de son côté, le gouvernement ne va pas me gêner. Un certain temps s'écoula avant que le professeur ne s'avoue en secret qu'en Allemagne, la vie dans sa totalité était pourrie depuis que l'état 'totalitaire" était idolâtré".

 

Ce livre permet de mieux comprendre combien le nazisme a pesé sur les allemands pris entre l'obligation d'idolâtrer le parti afin de continuer à vivre presque normalement et l'envie de s'en émanciper au risque presque toujours inéluctable d'être réprimandé, emprisonné, voire tué...

 

Vous avez sans doute compris que j'ai beaucoup apprécié ce livre très bien présenté par la traductrice pour le texte et par une universitaire, biographe de l'auteure, Irmela von der Lühe, pour la  présentation d'Erika Mann et de son oeuvre.

 

Un livre qui plait tant aux littéraires pour le style qu'aux passionnés d'Histoire pour le contexte de ce texte.

Je le recommande vivement.

 

Bonne lecture,

Denis

 

Pour rappel, dans le cadre de ces quelques livres lus autour de la famille Mann, j'ai présenté récemment le très intéressant livre de Klaus Mann : Ludwig.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 06:00
La promesse de l'aube de Romain Gary (Folio)

La promesse de l'aube de Romain Gary (Folio - 392 pages)

Première publication 1960 - édition définitive 1980

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Roman dit "autobiographique" de Romain Gary (1914-1980), publié au milieu de sa carrière littéraire, une carrière dessinée par sa mère dès son plus jeune âge. Car voilà, Romain a été "managé" par sa mère, une juive russe qui l'a élevé seul. Elle a toujours vu très grand pour lui. Il était impossible qu'il ne devienne pas célèbre.

Né à Vilnius (Wilno dans le roman, de par son nom quand la ville était polonaise), il a passé son enfance ici poussé inlassablement à briller par sa mère. Il s'est essayé dans tous les arts principaux : musique, peinture, danse, chant... Mais pas de talent hélas. Alors, plus tard, à Nice, il faudra trouver encore et toujours un art... Pourquoi pas le tennis et comme la mère n'a peur de rien pour promouvoir son fils, elle le fait jouer sous l'oeil du roi de Suède... Mais toujours pas de talent... Alors, pourquoi pas la littérature en désespoir de cause. Pour la mère, ce sera le Prix Nobel assuré pais attention à la syphilis qui a atteint tant d'écrivains...

Vous aurez compris que l'auteur est en "fusion" avec sa mère, sous domination tout de même et que l'humour est présent tout au long du livre pour "sauver" l'auteur de ses déceptions.

Page 160 ; "...Instinctivement,sans influence littéraire apparente, je découvris l'humour, cette façon habile et entièrement satisfaisante de désamorcer le réel au moment même oùil va vous tomber dessus. L'humour a été pour moi, tout le long du chemin, un fraternel compagnonnage ; je lui dois mes seuls instants véritables de triomphe sur l'adversité".

 

L'auteur va prendre son véritable "envol" avec la deuxième guerre mondiale en devenant justement aviateur. A l'image de Guynemer pour la mère naturellement... La séparation va être alors de longue durée :la guerre entière en fait. Il a laissé sa mère gravement malade à Nice mais pendant ces années terribles 1940-1944, ils vont s'écrire. On saura à la fin du livre pourquoi sa mère ne s'enthousiasme pas lorsqu'il lui parle de ses exploits aux côtés de la "France Libre" qu'il a ralliée dès l'armistice. Le Général de Gaulle lui a remis la Croix de la Libération et là encore sa mère ne s'emballe pas...

 

Autobiographie pas très fidèle mais mise au "pinacle" par les exigeances de la mère, adorée par l'auteur, au point qu'il a toujours ses mots d'encouragement en tête tout le temps, y compris quand il aime des femmes, car sa mère lui a dit qu'il ne devait jamais rester sans femme dans sa vie, elle n'étant pas éternelle notamment...

On rit souvent dans ce livre car Romain est quelque peu un "Bouvard et Pecuchet", seulement, j'ai trouvé par moment que c'était un peu "lourd" ces "vantardises" de la mère ou du fils?

C'est bien écrit, c'est plaisant à lire mais le manque d'humilité finit par lasser.

Denis

 

Livre lu dans le cadre du blogoclub animé par Sylire et Liza.

 

La promesse de l'aube de Romain Gary (Folio)

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 18:11
Ludwig de Klaus Mann (Alinéa)

Ludwig : Nouvelle sur la mort du roi Louis II de Bavière

de Klaus Mann

(Alinéa - 105 pages - mai 1987)

Traduit de l'allemand par Pierre-François Kaempf

Titre original : Vergittertes Fenester

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Les cinéphiles apprécieront le fait que ce texte a inspiré Luchino Visconti pour son chef d'oeuvre : Ludwig (Le crépuscule des Dieux). Klaus Mann publie ce texte en 1937, peu avant de quitter l'Allemagne nazie.

 

J'ai une grande fascination pour la famille Mann immortalisée par Thomas Mann, prix Nobel de Littérature. Et cet automne, j'ai décidé de lire quelques livres de cette famille. Et j'ai commencé avec ce court texte de très belle facture : Ludwig. Je vous renvoie également vers mon article de 2008 sur son autobiographie, absolument GENIALE : "Le tournant"

 

Dans ce texte, Klaus Mann évoque les derniers moments de la vie de ce "roi fou", Ludwig II, roi de Bavière (1845-1886).

 

Juin 1886, chateau de Berg : Ludwig, déclaré paranoïaque par le Docteur Von Gudden, est interné ici. Le roi n'est pas étonné de voir que les fenêtres de sa chambre sont grillagées et qu'on veut le faire mourir ici, peut-être par empoisonnement, demande t-il à Von Gudden, car il sait que son oncle veut prendre sa place. Pas si fou que cela Ludwig que l'on découvre ici très lucide sur ce qui lui arrive.

Une fois seul dans sa chambre, Ludwig repense à Richard Wagner (1813-1883), mort à Venise et qui l'a "trahi" en pleine gloire. Et pourtant, c'était grâce à Ludwig que le musicien a pu mettre en oeuvre sa "monumentale" oeuvre.

Ludwig implore Dieu : comment sortir d'ici et retrouver le cours de sa vie ! Une vie de passionné d'art, construisant des chateaux dignes de Louis XIV. Personne ne l'a alors traité de fou et aujourd'hui, on lui en veut à mort. Il demande alors à un infirmier de lui permettre de se promener dans le chateau, là même où il a rencontré Wagner pour la première fois, il y a 22 ans.Il revoit aussi en esprit sa cousine Sophie qu'il a failli épouser.

Et puis, Ludwig demande cette fois au Dr Von Duggen de l'accompagner dans le parc et au bord du lac où il a également de bons souvenirs, ce qui se fait sans difficulté, lui montrant ainsi qu'il n'est pas vraiment "prisonnier" ici.

Seulement, le soir, Ludwig demande une nouvelle fois à aller au bord du lac, mais cette fois, seul avec le Docteur. Et c'est alors que Ludwig se jette dans l'eau et entraîne dans sa mort Von Duggen... Elisabeth d'Autriche, sa cousine, va alors venir voir le corps de Ludwig.

 

Ces dernières heures de la vie de Ludwig sont magistralement retracées par Klaus Mann, décidément un très grand auteur, digne de son père et de sa famille écrivaine. Ce texte est sans doute épuisé dans cette version de l'édition Alinéa (diffusée à l'époque par Payot), mais vous le trouverez en édition Phebus.

 

A lire absolument, je ne le dirai jamais assez...

A bientôt pour d'autres livres de la famille Mann...

 

Bonne lecture,

Denis

Ludwig de Klaus Mann (Alinéa)

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 21:58
HENRI IV DE LUIGI PIRANDELLO (Folio Théâtre)

Henri IV de Luigi Pirandello (Folio - théâtre- 160 pages)

Traduit de l'italien par Michel Arnaud

Edition présentée et annotée par Robert Abirached

Titre original "Enrico IV"

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Luigi Pirandello commence à écrire Henri IV alors que sa plus célèbre pièce "Six personnages en quête d'auteur" est encore représentée en 1921. Et tout se passe comme si un courant circulait d'une pièce à l'autre. Et la question qui se pose tout au long de la pièce est : l'homme qui se prend pour Henri IV est-il fou ou joue t-il à la folie? Est-il responsable ou sème t-il à tous vents des mots sans conséquences ?

Pour Henri IV, sortir de la folie, c'est retrouver une vie où il faut reprendre le flot des préoccupations et obligations du quotidien...

 

Qui est donc ce Henri IV? Un "fou" qui se fait passer pour Henri IV. Mais quel Henri IV? C'est la question que pose Berthold au début de la pièce. Harald lui répond :

"Henri IV d'Allemagne, mon cher ! Dynastie des Saliens !"

Ordulphe : "Le grand et tragique empereur !"

 

En effet, le personnage "fou" se fait passer depuis sa chute de cheval, 20 ans plus tôt pour l'empereur Henri IV né en 1050. Proclamé empereur à 6 ans, le vrai Henri IV eut des déboires avec le pape Grégoire VII et fut excommunié faisant élire par la suite un antipape. Après 3 excommunications, il mourut, destitué par ses fils à Liège en 1106.

 

La femme du "fou" a décidé de venir le voir mais il faut en passer par la théâtralisation de la rencontre. Elle se déguise en duchesse Adélaïde et le docteur qui l'accompagne va prendre l'habit de "l'abbé de Cluny". Des hallebarbiers vont les introduire auprès de l'empereur Henri IV et les mettre en scène dans le ton du XIe siècle. Henri IV joue le jeu, reconnait sa femme et comprend que le docteur est venu pour mesurer l'ampleur de sa folie.

Après cette "mascarade", Henri IV dit clairement à son homme de confiance qu'il feint la folie depuis 20 ans. Seulement, revenir dans le monde d'aujourd'hui lui est impossible. Il dit qu'en plus sa femme est venue avec son amant, ce qui est une insulte à sa personne. Il est "piégé", s'étant enfermé dans une image qui lui permettait de "sortir du monde" pour ne plus pouvoir revenir en arrière. De plus, il est convaincu que son accident a été provoqué pour le faire sortir de la vie de sa femme...

 

Une tragédie traitée sur le ton de l'absurde, l'incommunicabilité entre les êtres. Tout est théâtre, thème cher à l'auteur.

Trois actes avec beaucoup de "didascalies" pour guider lecteur et acteur dans cette tragédie.

Un texte très bien écrit qui nous entraine dans cette "folie théâtrale" par un auteur exprimenté dans l'art de la "tromperie", Pirandello (1867-1936) prenant également quelques libertés avec l'Histoire. Un auteur que j'aime retrouver régulièrement dans mes lecture et qui a marqufé le théâtre du 20e siècle, influençant notamment Sartre, Genet, Salacrou ou Ionesco...

A lire pour le plaisir de découvertes littéraires.

 

Bonne lecture,

 

Denis

Lecture dans le cadre de cette année "2014- je lis du théâtre !"

Lecture dans le cadre de cette année "2014- je lis du théâtre !"

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 21:15
Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez (Points)

Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez (Points - 438pages)

Traduit de l'espagnol (Colombie) par Claude et Carmen Durand

Titre original : Cien años de soledad (1967)

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Un absolu chef d'oeuvre que ce roman de Gabriel Garcia Marquez. Les amoureux de la littérature ont lu ce livre et je suppose qu'ils ont eu le même bonheur de lecture que moi. A mon habitude, j'ai mis un mois pour savourer ce livre épique, foisonnant, saga familiale onirique...

Résumer ce livre est difficile tellement il est dense, traversant plusieurs générations d'une famille installée par hasard à Macondo, en Colombie. Pas de chapitre, mais des tranches de vie sur une vingtaine de pages et on avance ainsi dans ce roman.

Tout commence ainsi : "Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendia devait serappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace. Macondo était alors un village d'une vingtaine de maisons en glaise et en roseaux, construites au bord d'une rivière dont les eaux diaphanes roulaient sur un lit de pierres polies, blanches, énormes comme des oeufs préhistoriques".

 

On est alors lancés dans cette fabuleuse histoire d'une famille fondatrice du village de Macondo : José Arcadio Buendia et sa femme Ursula Iguarán, par ailleurs sa cousine. Ils vont avoir trois enfants : Aureliano (le futur colonel cité au tout début du roman), José Arcadia et Amaranta. Ces prénoms vontse perpétrer de gnération en génération.

Les premières visites sont celles de gitans et notamment Melquiades va être très important car José Arcadio va suivre toutes ses découvertes et inventions pour les mettre en application au village.

Le village va se développer au fil du temps, même si tout semble intemporel ici, tant on vit vieux et dans la répétition des us et coutumes au fil des générations.

Des nord-américains vont s'intéresser un temps à Macondo, y implantant le train et l'industrie bananière. Seulement, la vie est difficile ici. Il y aura notamment la peste de l'insomnie. Mais, Aureliano va être l'initiateur des révolutions colombiennes. Il va passer sa vie, à défaut d'aimer, à combattrele gouvernement, manquant plusieurs fois d'être tué ou exécuté mais réussissant à chaque fois à déjouer les pièges qu'on lui tend.

José Arcadio Buendia va s'enchaîner à un marronnier dans les dernières années de sa vie, marquant le début des grandes solitudes vécues par la famille Buendia. Ursula, elle, va tenir dans la dignité la maison tout au long de ses plus de 140 ans de vie. La solitude, l'incommunicabilité sont les maîtres-mots de cette famille qui va petit à petit se décomposer, Une longue période de pluies incessantes de près de 5 ans va définitivement tuer le village, depuis longtemps déserté par les nord-américains. Restent quelques vieux et quelques prostituées.

Le dernier Aureliano va se montrer érudit, cherchant à comprendre son histoire et celle de sa famille dans les livres.

Le surnaturel s'inscrit aussi dans le récit : lévitation, insectes dévastateurs en grand nombre telles les fourmis, résurrection...  Mais ces événements s'inscrivent dans cette épopée familiale et semblent faire partie du "paysage" de Macondo.

Il faut lire cet extrait d'un entretien que donna l'auteur à Manuel Pereira : "Tout ce que j'ai écrit à une base réelle, car sinon c'est de la fantaisie, et la fantaisie c'est Walt Disney. Cela ne m'intéresse absolument pas. Si l'on me dit que j'ai un gramme de fantaisie, j'ai honte. Je n'ai de fantaisie dans aucun de mes livres". (Novembre 1981 - Le Magazine Littéraire)

 

Je vous renvoie à Wikipedia qui donne un article très fourni sur "Cent ans de solitude" pour approfondir la connaissance de ce roman.

 

Un livre devenu un classique de la littérature mondiale à LIRE ABSOLUMENT

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 18:00
Insomnie mon amie de Philippe Romon (Carnets Nord)

Insomnie mon amie de Philippe Romon

(Carnets Nord - 256 pages - Novembre 2014)

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Voici un essai qui aurait pu avoir pour titre, pour paraphraser Woody Allen: "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'insomnie..."

Philippe Romon, rédacteur en chef à "Psychologies Magazine", avoue dans ce livre être insomniaque depuis de longues années. Il a écrit ce livre au moment où il a reçu le "Nightwave Sleep Assistant" venu tout droit des U.S.A. Alors, cet instrument qui émet une lumière bleue, sera-t-il le miracle qui permettra enfin à l'auteur de dormir paisiblement et durablement la nuit... Vous le saurez en lisant ce livre. Heureusement, je ne suis pas insomniaque mais j'avoue avoir beaucoup appris sur le sommeil, l'endormissement, les troubles du sommeil.

L'auteur alterne son vécu au fil du temps, celui du journal qu'il rédige et tout ce qui concerne le sommeil, essentiellement sous le regard de la science.

Il refuse les somnifères et en fait l'historique. Il rappelle alors que Philip Roth et Willam Styron ont été victimes du "triazolam" qui "rendait fou".

Il parle aussi de l'horloge biologique qui permet d'expliquer les rythmes du sommeil. Elle a été découverte au XVIIIe siècle mlais n'a été étudiée que 2 siècles plus tard.

La connaissance du sommeil paradoxal a permis de de démontrer que le sommeil n'est pas linéaire car il se décompose en trois états : la veille, le sommeil profond et le sommeil paradoxial. Ce cycle se reproduit 4 à 5 fois par nuit pour ceux qui ont la chance de dormir au minimum 6-7 heures par nuit.

Les placebos fonctionnent très bien aussi comme pour les autres pathologies. Pour l'auteur, le comble de l'insomnie c'est d'avoir une amie qui est aussi souvent insomniaque. Elle, a des soucis avec sa mère malade, ce qui la tourmente beaucoup et d'ailleurs l'éloigne de l'auteur, ceci provoque chez lui des angoisses qui contribuent à ses insomnies... Cercle infernal assurément qui contribue à faire de l'insomnie une "maladie" qui pourrait être incurable.

Mais Philippe Romon entend traiter ce thème, certes par "l'érudition" autour de toutes les thérapies possibles, y compris le choix du matelas pour tenter de dormir, mais aussi par l'humour. Et pas de chance, dans son immeuble parisien vivent des noctambules qui font du bruit régulièrement.

Mais comment donc sortir de tout cela, ou en tout cas comment s'accomoder des insomnies. La réponse est dans le titre de cet essai : plutôt que d'en faire une ennemie, faisons-en une AMIE...

 

Merci à Fleur de Carnets Nord pour l'envoi de ce livre qui aide à réfléchir sur le sujet et il sera très éclairant pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce thème.

Sortie de ce livre en librairie ce jour, jeudi 6 novembre 2014.

 

Bonne lecture,

 

Denis

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 18:27
Vendetta de Roger Jon (R.J.) Ellory - Sonantine Editions

Vendetta de Roger Jon (R.J.) Ellory - Sonatine Editions - 2009

Traduit de l'anglais par Fabrice Pointeau

Titre original: A Quiet Vendetta - Londres - 2005

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N'oublions pas que l'auteur est anglais même si ses livres se passent en Amérique.

L'éditeur annonce en 4e de couverture qu'il s'agit d'un "thriller au suspense exceptionnel, doublé d'une impressionnante histoire de la mafia des années 1950 à nos jours". Tout commence par un meurtre sordide lorsqu'une voiture est retrouvée le long d'un trottoir et que le coffre contient un corps dépecé, le coeur arraché et replacé dans la cage thoracique. Et puis, encore plus inquiétant pour la police, l'enlèvement de la fille du gouverneur de la Nouvelle Orléans, Catherine Ducane.

Le meurtrier ne tarde pas à se manifester. Il donne un premier message "Toujours". John Verlaine, policier, pense aussitôt à Feraud, dit Papa Toujours, un des vieux mafieux puissants de la ville. Mais, l'exigeance suivante de l'homme est de faire venir de New York Ray Hartmann, un ancien alcoolique, fonctionnaire affecté à une unité de lutte contre le crime organisé.

Alors, va commencer une longue semaine d'entretiens entre les deux hommes : Ernesto Perez remonte à sa jeunesse à La Havane où son père violent s'intéressait fortement aux débuts de Fidel Castro. Ernesto a compris qu'il pourrait s'en sortir dans ce monde en devenant à son tour violent. Il commet un premier meurtre très jeune, en tuant un escroc qui vendait des encyclopédies "sous le manteau" à de jeunes gens crédules.

 

Chaque jour, Ernesto continue à expliquer dans le détail sa vie qui va devenir celle de "tueur à gage" pour la mafia américaine : cette des cubains, des italiens ou irlandais installés aux USA... Perez tuera sans état d'âme, commandité par des "parrains". Il s'est lié d'amitié avec un homme tel que Don Calligaris auprès de qui il va rester fidèle pendant plus de 30 ans.

 

Schaeffer et Woodroffe ont pris le relais de John Verlaine et analysent chaque "révélation" de Perez, enregistré tout au long de ces jours, transmettant les informations clés au siège du FBI, pour avoir des recoupements possibles entre les faits racontés et la réalité des meurtres commis et jamais élucidés au fil de ces 50 années de narration.

 

Perez et Hartmann ont des relations plutôt courtoises. Mais Hartmann comprend qu'il ne pourra jamais rentrer à New York dans les délais pour espérer retrouver une vie saine avec sa femme Carol et sa fille Jess, au terme d'une rencontre programmée dans un parc. Perez n'est pas pressé de révéler où se cache Catherine. Il dit qu'elle pourrait fort bien être morte, mais tout autant en vie... La tension monte au sein du FBI, car le gouverneur commence à s'énerver de ce temps perdu à écouter un vieil homme, assassin, raconter tout ce lourd passé... d'autant que Perez montre bien que Ducane et Féraud ne sont pas des "enfants de coeur", baignés eux aussi dans ce monde de la mafia et de la vendetta. Il a d'ailleurs eu affaire à eux il y a longtemps dans cette ville... Tension augmentée par un attentat commis contre les locaux du FBI où ont lieu les entretiens...

 

650 pages de suspens pour tenir en haleine le lecteur qui s'immerge complètement dans ce "huis clos". Le roman fait alterner les longs moments de récits (environ 40 pages par entretien) et les temps de pause occupés à revivre le film des révélations de Perez et les recoupements. Ce sont aussi là les moments où Hartmann pense aux siens et à cette rencontre déterminante pour lui (environ 15 pages).

 

Comme je ne suis pas un lecteur "compulsif" qui veut absolument terminer le livre au risque de passer des nuits blanches, j'ai réussi à contenir les émotions de la lecture sur deux semaines, alors qu'un lecteur de thriller 'normal" aurait voulu le lire en quelques jours pour connaitre le dénouement tant attendu. Et comme l'auteur sait mener une intrigue et nous surprendre, il est clair que la fin est surprenante.

 

J'ai beaucoup aimé le style de R.J. Ellory qui sait mettre dans la bouche d'un tueur sans scrupule de "l'humanité" dans sa manière de raconter sa vie autour de ces meurtres, car Perez va se marier, avoir des enfants et entendre avoir une vie de famille comme un être normal et il a su s'instruire notamment à partir de "son encyclopédie" arrachée à l'escroc...

 

Un très grand livre assurément par un auteur de grande envergure que je relirai avec grand plaisir malgré les thèmes très rudes de ses livres. Mais la littérature est présente avec la richesse de la langue et de la structure narrative qui enchante le lecteur "exigeant" qui attend plus qu'une intrigue, une "atmosphère" rondement menée...

 

Merci à Léa du blog Léa touch Book qui a organisé ce mois Ellory, et elle me pardonnera d'avoir mis du temps à lire ce gros volume qui aurait dû être terminé pour le 15 octobre dernier, mais lire ce livre aura été une grande aventure de lecteur que je n'oublierai pas de sitôt...

 

Denis

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 20:50

Le 24 octobre 2008 a débuté l'aventure bonheurdelire.over-blog.com.

6 ans après et à l'aube de sa 7e année, on peut relever 5 statistiques :

- 4 329 782 pages vues,

- 2 314 381 visites,

-      22 271 commentaires,

*       4 436 articles publiés,

-          123 abonnés.

 

L'aventure du blog s'est faite à 2 : Fabienne et moi. Et puis, la nouvelle présentation d'over-blog a éloigné Fabienne. Faisons un voeu pour cette 7e année : le retour de Fabienne  pour recréer la "magie" du blog qui voulait ne pas être seulement une succession de comptes-rendus de lectures, mais aussi un blog de citations, de photos et d'images.

 

Avouons aussi que quelques échauffourés avec des auteurs ont fait que les photos Internet ont quasiment disparu du blog. Laissons le droit aux auteurs de veiller au bon grain de leur propriété artistique... Toutefois, il faut voir sur Facebook et ailleurs combien ces photos tournent de page en page. Alors préférons souvent le silence... ce que n'entend pas faire par les mots bonheurdelire par respect notamment pour les fidèles lecteurs, lectrices qui font que chaque jour environ 1 000 personnes viennent lire environ 2 articles à chaque visite.

 

Merci à tous et à toutes et à bientôt pour continuer l'aventure...

 

Denis (et Fabienne par la pensée)

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Published by DENIS ET FABIENNE - dans SALONS - ANNONCES DIVERSES
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