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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 20:47
Citation d'André Gide "Avoir raison !"

"Il y a ceux qui raisonnent et il y a ceux qui laissent les autres avoir raison. (Mon coeur, si ma raison lui donne tort de battre, c'est à lui que je donne raison.) Il y a ceux qui se passent de vivre et ceux qui se passent d'avoir raison. C'est au défaut de la logique que je prends conscience de moi".

 

André Gide (1869-1951), Les Nouvelles Nourritures (1935)

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Ce roman est la suite des "Nourritures terrestres" (1897)

 

Les Nouvelles Nourritures se présente à la fois comme un récit en continuité et en rupture avec Les Nourritures terrestres. Tandis que l'ouvrage précédent a l'allure d'un ample carnet de voyage où romanesque et poésie se mêlent au gré des senteurs de l'Orient sans autre fil conducteur que les fluctuations sensorielles du narrateur, ce nouveau récit prend une dimension nouvelle : la dimension morale. Même si l'écriture d'André Gide reste tout aussi vague, naviguant entre fiction romanesque, chronique et poésie vagabonde, Les Nouvelles Nourritures se veulent beaucoup plus courtes que le précédent volume et sont construites sur un mode toujours évasif quoique d'apparence plus structurée. L'auteur y fait aussi sentir qu'il a assez mûri et assimilé pour se permettre de conseiller le lecteur. Ce ne sont plus là de simples exhortations au voyage et au plaisir comme dans Les Nourritures terrestres, mais des conseils réfléchis que l'épreuve et l'expérience lui suggèrent. C'est pourquoi le récit est ponctué d'aphorismes et prend parfois un ton dénonciateur, à l'égard notamment des ascètes dont la pénitence ne semble pas s'accorder avec l'assimilation qu'André Gide fait des Évangiles.

Parmi les plus fameux proverbes, celui qui conclut le livre semble prévenir le lecteur de tout égarement : « Ne sacrifiez pas aux idoles. » Il rappelle ainsi la célèbre maxime du premier livre (« Nathanaël, à présent, jette mon livre ») et peut, par analogie, faire comprendre l'évolution de la pensée de l'auteur du premier ouvrage au deuxième. Quoique moins véhémente et sauvage dans le ton, la volonté de liberté est toujours présente et en quête du meilleur chemin pour éprouver la vie. (Source Wikipedia) 

Citation d'André Gide "Avoir raison !"

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 20:07

Je vous retranscris le communiqué de presse qui annonce le premier salon du livre de QUimper. A noter dans les agendas des amateurs !

                                                   

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Salon du livre de Quimper

Première édition les 16 et 17 mai 2015

 

 

A Quimper, les 16 et 17 mai (week-end de l’ascension), le livre prend ses quartiers au Prieuré de Locmaria. L’auteur Nathalie de Broc, associée à Patrick Birrien-Cochard, organise le premier SALON du LIVRE de QUIMPER. Dans un cadre exceptionnel, cet événement littéraire annonce la présence de soixante auteurs de renom. Il affiche un programme complet de rencontres et de tables rondes, insistant sur la qualité des échanges entre auteurs et lecteurs passionnés.

 

 

Le Tome I d’un événement littéraire très attendu à Quimper

 

Jusqu’à présent, aucun salon du livre n’avait vu le jour dans la ville de Quimper, malgré une forte demande. Pour y parer, l’auteur Nathalie de Broc et Patrick Birrien-Cochard en ont pris l’initiative et les rênes. Respectivement présidente de l’association « Parc en Bretagne » créé pour l’occasion, et directeur opérationnel, ils organisent le premier salon du livre de Quimper les 16 et 17 mai 2015, avec l’intention de le renouveler tous les ans, à la même date (week-end de l’Ascension).

 

Tapis rouge : les invités

 

Le salon aura lieu dans un cadre d’exception, le Prieuré de Locmaria situé dans le centre de Quimper, au bord de l’Odet. Il sera assorti le 16 mai au soir d’un concert dans l’église de Locmaria attenante au prieuré où se produiront  trois chanteurs lyriques de renommée internationale. Ce concert sera présenté par Olivier Bellamy de Radio Classique et parrainé par SAR la princesse Sophie de Roumanie.

En partenariat avec des libraires, le salon annonce la présence de 60 auteurs de renom dont, à titre d’exemple : Jérôme Attal, Hervé Bellec, Daniel Cario, Michel De Decker, Irène Frain, Alexandre Jardin, Serge Joncourt, Douglas Kennedy, Frédéric Mitterrand, Mona Ozouf, Frédéric Pommier, Yann Queffelec, Gonzague Saint Bris, Maud Tabachnik, Jean Teulé, Frédérique Volot, etc.

 

La convivialité en toile de fond

 

Désirant placer ce salon sous le signe de la qualité et de la convivialité, les organisateurs mettent tout en œuvre pour recevoir les auteurs dans des conditions optimales de confort. Leur acheminement depuis Paris se fera à bord d’un avion spécialement affrété le vendredi 15 mai. Pour offrir une ambiance détendue dans un esprit d’ouverture, l’entrée du salon est fixée à 5€ seulement (gratuite – 18 ans).

Retrouvez toute l’actualité du Salon du Livre de Quimper sur la page Facebook du Salon du Livre de Quimper

 

Contact presse régionale et nationale : Emilie-Gabrielle Giraudet / Mob. 06 18 29 77 58 / emilie@esperluette-rp.com  

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 18:58
Lire la poésie : de A à Z... (12/50) - F comme Fouchet

Un poète : Max-Pol Fouchet (1913-1980)

 

Un recueil : Demeure le secret (1961)

 

Un poème : Le moment d'égrener (poème sans titre)

 

Le moment d'égrener

La rosée de l'aube

Les cristaux du jour

Les envols de courlis

 

A la lèvre du vase

La goutte en suspens

Attend de tenir

Un reflet une image

 

Le miroir des perles

Les grains du désert

Avant la cassure

Refléter le monde

 

Dans la paume la main

Les doigts les yeux

Une larme une perle

Une goutte un monde

 

Le moment d'grner

Les étoiles du ciel

Les grappes du soir

Les ultimes raisons

 

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Né en 1913, comme son ami Albert Camus, Max-Pol Fouchet en voudra à son ami d'avoir épousé Simone Hié, sa fiancée. Il a été comme Camus l'élève du philosophe Jean Grenier.

Edmond Charlot publie ses premiers textes en Algérie.

Il rallie le général De Gaulle pendant la guerre puis voyage beaucoup.

 

En juillet  1958, il va se faire connaitre en créant et animant "Lectures pour Tous" aux côtés de Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet, et Nicole Vedrès, pour faire découvrir en direct chaque semaine de nouveaux livres aux téléspectateurs.

Il va publier de nombreux livres de poésie, d'art, de voyages dont ce recueil en 1961 "Demeure le secret", écrit souvent dans la solitude de la nuit à Vezelay notamment.

Repos du "guerrier" pour écrire des textes profonds, inspirés.

9 parties avec des poèmes plus ou moins longs, souvent sans titres.

 

A découvrir et auteur à ne pas oublier...

Denis

 

 

 

Livre réédité par la très belle collection "Un endroit où aller" - Actes Sud

Livre réédité par la très belle collection "Un endroit où aller" - Actes Sud

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 18:55
Jacob, Jacob de Valérie Zenatti (Editions de l'Olivier)

Jacob, Jacob de Valérie Zenatti

(Editions de l'Olivier - août 2014 - 166 pages)

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4e roman de Valérie Zenatti publié aux Editions de l'Olivier e pour cette auteure née à Nice en 1970, par ailleurs traductrice de Aharon Appelfield, l'immense auteur israélien.

L'écriture est magnifique, disons-le d'entrée, alternant des phrases longues et des phrases plus courtes, toujours avec un ton juste.

Jacob, 19 ans, prend son dernier repas en famille avant de partir pour l'armée et sans doute pour la guerre en 1944.

Nous sommes à Constantine en Algérie et Jacob Melki est le grand-oncle de l'auteur. L'auteure prend appui sur une photo et sur quelques souvenirs familiaux pour écrire ce roman.

Jacob est juif comme les siens et il a eu quelques déboires à l'école à cause des lois de Vichy applicables ici aussi. Et quand on l'appelle pour aller défendre la France, il se rappelle que la France s'intéresse aux juifs quand nécessaire. Toutefois, il ne rechigne pas et après être passé par le Hoggar il se retrouvre à Alger pour embarquer pour la Provence où il doit participer au débarquement d'août 1944. Sa mère, Rachel, ne supporte pas vraiment cette séparation alors que Jacob est son fils préféré et elle craint pour sa vie. Alors, elle décide d'aller à sa rencontre avant qu'il ne quitte la terre algérienne. Malheureusement, elle arrive toujours trop tard. 

Jacob ne se sent pas très à l'aise dans ce monde militaire : (page 44) "... Il voudrait se souvenir d'un poème, il en a appris tant par coeur, mais depuis qu'ils sont dans le Hoggar, soldats de l'armée française, la mémoire des poèmes s'est enrayée, il bute contre les mots qui fourmillent dans une sarabande anarchique, il se souvient pourtant de ceux qui les ont écrits, Hugo, Rimbaud, Baudelaire, il voit même leurs visages, mais seulement leurs visages, comme si ce qu'ils avaient écrit pouvait être anéanti par le soleil du Hoggar, les ordres du sergent-chef, les nuits glaciales. (...) les vers ici, ne trouvent pas leur place, ils jurent avec les uniformes, sont réduits au silence par les armes et le nouveau langage aux phrases brèves et criées qui est le leur".

Jacob a heureusement de fidèles amis mais la guerre va faire ses ravages entre le temps du débarquement et celui de l'arrivée en automne en Alsace où les combats continuent à faire rage. Il va connaitre l'amour le temps d'une nuit à Lyon et la mort autour de lui. Pendant ce temps, sa famille continue à vivre à Constantine dans l'attente de nouvelles. Ils écoutent la radio espérant que Jacob sera cité pour l'honneur et la fierté de la famille... Le roman se termine avec la guerre d'Algérie et le départ pour la France où les survivants de la famille n'ont plus aucun espoir dans ce pays dévasté où la haine prévaut...

 

Un très grand et beau roman sur fond historique restitué avec pudeur, en hommage à une famille déracinée loin de ses origines en Israël...

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Lecture 4/6 dans le cadre du challenge 1% rentrée littéraire chez Hérisson

Jacob, Jacob de Valérie Zenatti (Editions de l'Olivier)

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22 mars 2015 7 22 /03 /mars /2015 09:00
Citation de Charles Baudelaire sur le voyage de l'âme

"J'ai eu aujourd'hui, en rêve, trois domiciles où j'ai trouvé un égal plaisir. Pourquoi contraindre mon corps à changer de place, puisque mon âme voyage si lestement? Et à quoi bon exécuter des projets, puisque le projet est en lui-même une jouissance suffisante?"

 

Charles Baudelaire (1821-1867), Le Spleen de Paris (Petits poèmes en prose)

 

 

Le recueil des Petits poèmes en prose a été publié à titre posthume en 1869 par Théodore de Banville et Charles Asselineau.et se compose de 50 textes.

Je vous renvoie à Wikipédia pour en savoir plus pour ce recueil.

Citation de Charles Baudelaire sur le voyage de l'âme

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 18:09
Lire la poésie : de A à Z...(11/50) - F comme Fargue

Un auteur : Léon - Paul Fargue (1876-1947)

Un recueil : Pour la musique (1914)

Un poème :

 

                Au fil de l'heure pâle

 

Un jour, au crépuscule, on passe, après la pluie,

Le long des murs d'un parc où songent de beaux arbres...

On les suit longtemps. L'heure passe

Que les mains de la nuit faufilent aux vieux murs...

 

Mais qu'est-ce qui vous trouble au fil de l'heure pâle

Qui s'ourle aux mains noires des grilles ?

Ce soir, le calme après la pluie a quelque chose

Qui fait songer à de l'exil et à la nuit...

On entend le bruit nombreux

Des feuilles partout

Comme un feu qui prend...

Des branches clignent. Le silence

Epie

Et il passe des odeurs si pénétrantes

Qu'on oublie qu'il y en ait d'autres

Et qu'elles semblent l'odeur même de la vie...

 

Plus tard, un peu de soleil dore

Une feuille, et deux, et puis tout !

Alors, l'oiseau nouveau qui ose le premier

Après la pluie

Chante !

Et comme une âcre fleur sort d'une lampe éteinte

Il monte de mon cœur l'offrande d'un vieux rêve...

 

Un rayon rôde encore à la crête du mur,

Glisse une main calme et nous conduit vers l'ombre...

Est-ce la pluie ? Est-ce la nuit ?

Au loin, des pas vieux et noirs

S'en vont

Le long des murs du parc où les vieux arbres songent...

 

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L'image que j'ai depuis longtemps de Léon-Paul Fargue est celle du "piéton de Paris" (1939) et on oublie souvent qu'il a été avant tout poète. Le sort a voulu que le marcheur infatigable qu'il fut ait été hémiplégique en 1943 ! L'essentiel de son oeuvre était publiée.

Sa poésie a flirté avec le symbolisme ayant été l'ami de Mallarmé et de Paul Valéry entre autres.

En 1914, il rassemble des chansons un peu influencées par Jammes. Lui qui adore la musique moderne, Chabrier et Ravel, les propose à Gaston Gallimard sous le titre Pour la musique.

Denis

 

Lire la poésie : de A à Z...(11/50) - F comme Fargue
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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 11:00
Lumières normandes - les hauts lieux de l'impressionnisme

Lumières normandes - Les hauts-lieux de l'Impressionnisme 

par Jacques-Sylvain Klein

(Editions Point de Vues - juin 2013 -

384 pages richement illustrées - 35 €)

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Magnifique livre pour les passionnés de l'Impressionnisme et de surcroît de la Normandie. Rien n'échappe à l'auteur Jacques-Sylvain Klein qui a été le commissaire général du 1er festival Normandie Impressionniste.

Ainsi, l'on parcourt toutes les régions de la Normandie : Dieppe et sa région ; Etretat, Fécamp et la Côte d'Albâtre ; Le Havre et Sainte-Adresse ; Honfleur et la Côte de Grâce ; Trouville, Deauville et la Côte Fleurie ; Caen et la Côte de Nacre ; le Cotentin ; La Normandie profonde ; Rouen et les boucles de la Seine ; Giverny et le Vexin Normand.

C'est un véritable voyage dans le monde des Impressionnistes. Ils sont tous là, car venus en Normandie ou y étant nés : Boudin, Manet, Monet, Pissarro, Signac et Seurat, Renoir, Gauguin, Degas ou Géricault... Impressionnistes, néo-impressionnistes ou précurseurs également, convoqués pour offrir un vaste panorama très richement illustré.

Un livre important pour donner une vision quasi exhaustive de cette "Lumière normande" chère aux impressionnistes. Car l'auteur sait aussi aller chercher des peintres peu connus, oubliés comme Anquetin, Loiseau, Guillemet... l'école de Rouen...

La Normandie sort grandie dans ce livre, quand on voit combien ses paysages ont pu ouvrir des horizons picturaux de premier ordre. Sans le "motif", il n'y aurait pas eu d'impressionnisme. Et la lumière, la mer, la nature entre autres ont donné des modèles dignes de favoriser l'éclosion de cet art de l'impression qui se dégage en regardant ces lieux.

Les peintres anglais ont été parmi les premiers à être inspirés par ces lieux.

Plus tard, ce seront les peintres américains qui seront fascinés par Giverny et la Normandie. Un livre que je recommande vivement... car très intelligemment construit, documenté et parfaitement illustré pour le plaisir de l'oeil et des sens.

 

Bonne lecture,

Denis

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 09:02
Citation de Joseph Conrad : un homme qui rêve...

"Un homme, du seul fait qu'il est né, tombe dans un rêve comme on tombe à la mer".

 

Joseph Conrad (1857-1924), Lord Jim

 

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"Lord Jim" est un des livres majeurs de Joseph Conrad publié en 1900 :

 

Un jeune officier de marine, le lieutenant Jim, embarque comme second à bord d'un vieux cargo «bon pour la ferraille», le Patna, pour convoyer un groupe de pèlerins vers La Mecque. Dans le brouillard, le Patna heurte une épave. En inspectant la coque, Jim découvre un début de voie d'eau. Pris par la peur, Le capitaine et Jim abandonnent le navire et ses passagers. Mais le Patna ne coule pas... L'attitude de Jim a déclenché un scandale et il est radié à vie. Rongé par le remords, lui qui ne rêvait que de gloire et d'honneur, erre dans les ports, acceptant les travaux les plus humiliants. Une seconde chance lui est cependant offerte par le négociant Stein qui lui confie une mission en Malaisie...

Citation de Joseph Conrad : un homme qui rêve...

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 18:00
Lire la poésie : de A à Z... (10/50) - E comme Esteban

Un poète : Claude Esteban (1935-2006)

Un recueil :Le jour à peine écrit (1967-1992) publié en 2006, l'année de la mort de l'auteur.

Un poème :

 

Le jour à peine écrit 

 

Mot à mot, j'ai

nommé le jour.

 

Tracé des routes sur l'espace.

 

Paroles d'eau, paroles

d'air.

 

Rien

n'a manqué à mon travail. J'arrive

au terme.

 

Pas à pas, j'ai gravi

le jour.

 

Pour voir le jour qui me distance.

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Le sable,

non.

 

Le souvenir du sable

dans un souffle.

 

Tous les grains amassés.

Sans lieu, sans

devenir.

 

Un consonne aura porté

le vent

jusqu'aux limites.

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Corps contre corps.

 

Je m'accoutume

à toi.

 

Je dors. Je

me réveille dans tes gouffres.

 

Soif

contre soif.

 

Tout le sel

a durci. Je crie. Je creuse

encore.

 

J'entrouve sous le sol

tes lèvres.

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Et ce poème se continue sur une vingtaine de pages. Petites phrases mises ainsi sur 2, 3 lignes.

Et ici un recueil étalé sur 25 ans, repris sous forme de fragments pour constituer une sorte d'anthologie. Mais en fait, c'est plutôt un rassemblement de textes pour montrer une trajectoire d'écriture à partir de 4 livres majeurs : Terres, travaux du coeur ; Le Nom et la Demeure ; Elégie de la mort violente ; Quelqu'un commence à parler dans une chambre.

 

En 4e de couverture on peut lire : "Qui songerait, même au soir de la plus vive attente, à reconnaître dans ses mots un sillage de ce qui fût? A peine écrit, le jour appelle un autre jour et nous distance. Sur les pouvoirs de la parole, trop de soupçons, depuis longtemps, ont pesé. Il faut vivre avec eux. Mais le matin est là, l'heure nouvelle est urgente. A tous ces riens de l'air, à ces présences sans profil, il faut un corps qui les accueille, un nom aussi, par-delà tous les signes effacés" (Claude Esteban)

Poète trop méconnu, Claude Esteban a également été traducteur de Octavio Paz, Jorge-Luis Borges ou Garcia Lorca. Il a ainsi été partagé entre deux langues :le français et l'espagnol de par ses origines. Il a aussi écrit sur l'art et la poésie.

Un poète trop peu connu et qui mérite vraiment d'être lu entre prose et poésie dépouillées de tout artifice. Claude Esteban va à l'essentiel, sans détours.

 

Denis

 

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 22:11
Amours de Léonor de Récondo (Sabine Wespieser Editeur)

Amours de Léonor de Récondo

(Sabine Wespieser Editeur - 276 pages - janvier 2015)

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Le 4e roman de Léonor de Récondo, violoniste baroque et écrivaine, "Amours", se passe sur les bords du Cher en 1908 et 1909 dans un univers bourgeois où Anselme, le maître des lieux est un notaire très occupé par son métier. Sa jeune épouse, Victoire, s'est mariée avec lui contre son gré, sa mère ayant répondu pour elle à une annonce passée dans "Le chasseur français".

Ainsi, les Champfleuri ont pu embrasser la fortune des "de Boisvaillant". Le couple a bien sûr des employés : un couple au service des Boisvaillant depuis de longues années, Huguette et Pierre. Pierre a été ami avec le père d'Anselme car ils ont combattu ensemble pendant la courte mais assassine guerre de 1870. Pierre en est revenu invalide, sourd et muet, le père d'Anselme y a laissé sa vie. Et puis il y a la jeune et belle Céleste âgée de 17 ans.

Elle fait une entrée bouleversante dans le roman "Anselme jette Céleste sur le matelas, chaque fois le même geste que la balance sur le ventre, la tête plongée dans l'oreiller, la tignasse àportée de main" .

Violée, violentée par Anselme qui satisfait alors ses instincts sexuels refoulés, Victoire le repoussant régulièrement.

Et comme dans les drames à la Maupassant, Céleste tombe enceinte du Maïtre. Elle doit cacher absolument sa grossesse d'autant qu'encore très innocente elle a mis longtemps à se rendre compte de son état.

VIctoire va la surprendre en train d'essayer un de ses corsets, nue devant elle, essayant de comprimer son ventre. La vérité est tout de suite éclatante mais Victoire est surtout troublée par ce corps de femme plus charpenté que son frêle et maigre corps. Victoire n'a jamais voulu se regarder nue devant un miroir. Et là, avec ce corps devant elle, elle comprend qu'un corps de femme peut être beau, émouvant et porteur de plaisir...

Il est difficile d'en dire plus, au risque de trop en dévoiler pour le lecteur qui veut découvrir le texte et l'histoire qui se déroule devant nous.

Léonor de Récondo est musicienne et justement la musique joue un rôle important dans ce roman. Victoire aime jouer du piano, en amateur, trop peu douée pour jouer autre chose que du Mozart. Beethoven n'est pas pour elle lui a-t-on dit, mais quand l'histoire avance avec la naissance du jeune Adrien, Victoire comprend qu'elle se doit de jouer la "sonate au clair de lune". Alors, à longueur de jour, elle "martèle" la sonate sur le clavier. Et sa rage de vie et d'amour s'exprime aussi et surtout avec cette oeuvre.

Beethoven a écrit cette sonate pour une jeune fille de 17 ans ! l'âge de Céleste ! Oserons-nous dire que Beethoven comprend que sa surdité arrive quand il compose cette oeuvre et qu'en écho Pierre est sourd ! La sonate a été considérée comme une musique funèbre, préfiguration du drame qui se précise au fil des pages, avec un "final" très fort (presto agitato).

On n'est pas dans la "petite musique de nuit" de Mozart mais dans le claquement des notes de Beethoven d'où se tisse le drame de ce roman.

Léonor de Réconda a choisi la linéarité de l'intrigue. Certes, il y a quelques retours en arrière mais de chapitre en chapitre l'intrigue progresse en pleine continuité. L'écriture est limpide, presque trop simple, sans artifices particuliers. Mais le lecteur est enveloppé dans ces mots et cette intrigue et l'esprit ne peut pas sortir de ce presque huis-clos bourgeois. Le lecteur est accroché à cette histoire et oublie le monde contemporain. Ici, on rêve d'amour loin du modernisme et pourtant les deux femmes veulent s'émanciper et elles vont tout faire pour que le corset de la vie bourgeoise éclate. Car ce livre est aussi et surtout un roman de l'émancipation, de l'audace au-delà des apparences qu'il faut toujours tenter de sauvegarder. L'évasion est dans les corps, dans l'espoir d'une vie libre...

Un magnifique roman comme on en lit trop peu souvent. Un immense coup de coeur littéraire.

Merci à Denis dit le "hibou" de m'avoir prêté ce livre car il restera comme un des plus beaux livres que j'aurai lu ces derniers mois.

 

Son avis sur le livre, c'est ici.

 

Bonne lecture,

Denis

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