21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 11:52
(Edition différente sur la couverture de celle reprise ici chez le même éditeur)

(Edition différente sur la couverture de celle reprise ici chez le même éditeur)

Créanciers (ou les mauvais comptes) d'August Strindberg

(Circé / théâtre - 95 pages)

Traduction de Jean-Claude Amyl et Marc-Vincent Howlett

Préface de Marc-Vincent Howlett

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August Strindberg (1849-1912) n'eut d'autre horizon que celui de la souffrance. D'avoir trop aimé les femmes, il a fini par en avoir la haine le menant par ses excès y compris littéraires aux portes de la folie.

Lorsque dans l'été 1888, Strindberg écrit "Créanciers" en une quinzaine de jours, juste après avoir terminé "Mademoiselle Julie", il est persuadé d'avoir écrit "une nouvelle tragédie naturaliste meilleure que Mademoiselle Julie".

Il s'agit de la vengeance d'un homme (Gustave) clamant haut et fort qu'il a été vampirisé par son ex-femme (Tekla), convainquant alors son ami (Adolphe), le nouveau mari, qu'il va subir le même sort que lui, sans avouer à Adolphe que c'est lui l'ex-mari.

Gustave est un homme du passé qui n'en finit pas de périr dans un présent mortifère  ;  Adolphe est soumis à un présent vacillant ; Tekla est présente pour le futur. Les deux hommes sont dans l'échec, seuls et impuissants ; elle, est une femme entourée, désirée...

(Présentation inspirée de la préface à ce livre par Marc-VIncent Howlett)

 

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Trois personnages : Tekla, Adolphe (son mari peintre) et Gustave (son premier mari, professeur de lycée)

Un décor : un salon dans une station balnéaire

Ni acte, ni scènes pour ce drame à trois.

Un début avec Adolphe et Gustave; puis Gustave se cache dans la pièce d'à côté pendant que Tékla et Adolphe se parlent et enfin Adolphe sort de la pièce tandis que Gustave feint d'arriver et découvre Tekla (Adlphe est à son tour dans la pièce d'à-côté et entend ledialogue qui va lui faire découvrir les liens passés entre Gustave et Tékla

 

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Peu de mouvements donc mais des propos sans concessions entre ces trois personnages qui ne seront réunis qu'à la dernière page de la pièce. Trois duos pour dire le mal de vivre d'hommes "trahis" par une femme qui a pris toute leur substance en aimant un autre quand le temps de l'amour est passé. Vous aurez compris que ce texte est très misogyne et qu'il risque de "choquer" les femmes sensibles...

Adolphe a épousé Tekla alors que le fils de son premier mariage n'est plus avec elle car il ressemblait trop à son mari, un mari qu'elle qualifiait d'ailleurs d'idiot. Il dit ausi l'avoir connue pendant le voyage de son premier mari... Pour Gustave entendre tout cela ne peut que l'inciter à se montrer aigri. Il peut alors répondre à Adolphe qui ne sait pas qui est le premier mari, qu'il sera lui aussi pris dans les filets de cette femme. Il dit la connaitre et l'avoir vue avec des jeunes gens sur un bateau cet après-midi. Il incite Adolphe à se rebeller, ce qu'il fait quand il retrouve son épouse.

Très vite elle comprend qu'il est sous l'emprise d'un homme qui l'a conduit à parler ainsi. Il latraite même de coquette. Mais quand Gustave vient à son tour auprès d'elle et qu'Adolphe s'est retiré, Tekla se sent capable de recommencer une aventure amoureuse avec Gustave. Elle séduit, aime être séduite... Adolphe ne peut que comprendre derrière la porte combien les sentiments peuvent être volatiles...Chacun est un "crancier" qui vient frapper à la porte...

 

L'atmosphère est tendue, lourde, tout au long de ces dialogues, presque des monologues, tellement chacun est dans "son monde" et qu'il convient d'aller vers celui de l'autre.

 

Une lecture "terrible" mais qui permet de cerner l'univers douloureux de l'auteur.

Denis

 

Lecture faite notamment dans le cadre du cycle proposé par Ankya "En 2014, je lis du théâtre.

 

Pour mémoire, c'est ma 21e lecture "chronologique" du théâtre mondial.

Prochaine lecture, pour le cycle du 20e siècle : "Ondine" de Jean Giraudoux (1939)

 

Créanciers d'August Strindberg (Circé / Théâtre)

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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 21:26
Les feuilles mortes de Thomas H. Cook (Gallimard -Série noire)

Les feuilles mortes de Thomas H. Cook

(Gallimard - Série noire - 280 pages - Août 2008)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par L.

Titre original : Red Leaves - 2005 

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Eric Moore tient une boutique de photographie à Wesley, USA. Il est marié avec Meredith et a un fils, Keith, plutôt taciturne et enfermé dans son monde d'adolescent de 15 ans, très introverti. Un soir, les voisins téléphonent demandant si Keith peut venir garder leur fillette de 8 ans, Amy car ils doivent sortir et la baby-sitter n'est pas disponible. Keith a déjà gardé Amy donc il accepte sans difficulté. Il téléphone à son père pour lui dire qu'il ne rentrera pas directement mais sera à la maison avant minuit. Et de fait, il rentre vers minuit. Eric ne dit rien mais a cru voir des phares et une voiture s'éloigner ensuite. Quant à Eric il dit être rentré à pied.

 

Le lendemain matin, Vince Giordano téléphone pour dire qu'Amy a disparu et il vient de s'en apercevoir. Il veut absolument savoir ce qui s'est passé le soir précédent et Eric promet d'interroger Keith et de le rappeler. Keith n'a rien de spécial à dire. Il lui a racontéune histoire vers 20h30 puis elle s'est endormie. Rien de plus. Il dit être resté sans sortir, se faisant livrer une pizza.

 

Keith demeure le suspect principal aux yeux des policiers, y compris pour les Giordano. Eric finit par s'interroger sur la sincérité des propose de Keith car il reste persuadé qu'il a menti sur les conditions de son retour au domicile, si bien qu'il peut avoir menti et au fil des jours, il devient aussi suspect aux yeux de son père puis de sa mère.Il pourrait fort bien être pédophile.

 

Comme Keith est parti chez les Giordano avec Warren, le frère d'Eric, il devient suspect à son tour, car il aurait pu être complice pour un enlèvement dans sa voiture.

 

L'enquête piétine, car malgré des soupçons grandissants sur Keith dont des photos de fillettes nues dans son PC, aucune preuve ne peut le "confondre". Le pyjama d'Amy a été retrouvé mais rien de plus...

 

Tous ces tourments compliquent la vie quotidienne d'Eric et le rendent dubitatif. Il a tendance à faire des conclusions attives et surtout se retourne vers son passé familial : Jenny, sa soeur, est morte très jeune d'une tumeur ; sa mère est morte, peut-être par suicide ; son père a fait faillite entraînant la ruine familiale tant au niveau financier qu'au niveau psychologique. Et Warren, vieux célibataire, ivrogne, peut-être pédophile !!! Et sa femme qui pourrait avoir une liaison...  Tout cela tourne dans sa tête et il veut savoir au point de tourmenter son père et son frère avec ses questions incessantes. Il veut connaitre la vérité, au risque de tout détruire autour de lui. Cet enlèvement l'a rendu "fou" !!! ...

 

Un très bon thriller vu du point de vue d'Eric avec des rebondissements et une fin surprenante, empreinte de violence. Mais j'en ai déjà trop dit... Il faut se laisser conduire par ce roman prenant, écrit sans fioritures. On est dans le "minimalisme" des actions autour de ces personnages dont on ne sait jamais si la vérité sortira ou si chacun restera dans son vécu et sa vision de sa propre vie.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Livre lu notamment dans le cadre du "challenge Le mois américain"

Les feuilles mortes de Thomas H. Cook (Gallimard -Série noire)

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 17:21
Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges de Michel Tremblay (Actes-Sud)

Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges de Michel Tremblay (Actes-Sud - Thésaurus - Chroniques du Plateau-Mont-royal) ----------------------------

Deuxième tome des "Chroniques du Plateau-Mont-royal, "Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges" est placé sous "l'autorité" de la 4e symphonie de Johannes Brahms.

En effet, après les dédicaces et une phrase de John Irving "Imagining somethng is better than remembering something"(The World According to Garp), Michel Tremblay nous dit "En écoutant la 4e symphonie de Johannes Brahms..."

Et la première partie est sous-titrée très logiquement :

- "Premier mouvement Allegro non Troppo" : on est donc bien sous l'emprise de cet opus 98 de Brahms. On peut lire dans un article de Classicae que cette dernière symphonie du compositeur est "élégiaque" et qu'on y trouve "un climat poétique de résignation, de méditation solaire, de grave mélancolie (mélancolie soulignée par le choix de la tonalité de mi mineur)".

Un autre texte trouvé sur Internet parle du premier mouvement en disant qu"'il affiche, comme un noble portique d'entrée, le sérieux et la grandeur du genre qu'il introduit".

 

Ce n'est pas très facile de comparer un texte littéraire avec une oeuvre musicale. On pourra dire ici que le thème exposé dans cette chronique concerne l'école des Saints-Anges où l'on va vivre en 4 mouvements et en quatre jours des moments importants de cette école privée dirigée par des Soeurs. Et de fait, la notion de thèmes musicaux, d'exposition et de reprise de ces thèmes se retrouve bien dans le rythme de ce livre où par séquences de 2 à 4 pages serrées, sans respiration !!! on vit comment chacun des personnages principaux vit les événements que l'auteur nous raconte. Une polyphonie symphonique, oui.

 

Belle métaphore musicale produite par Michel Tremblay pour un livre passionnant, écrit à la perfection.

 

Résumé du livre :

- 1er mouvement : Simone retrouve le duo Pierrette et Thérèse en ce lundi 1er juin 1941, (juste un mois après le 1er mai décrit dans le premier tome des Chroniques) pour reformer leur trio tant envié à l'école des Saints-Anges "Thérèse pis Pierrette". Elle n'a plus son bec-de-lièvre et son absence était due à son opération. Seulement, Soeur Benoite des Saints-Anges, la directrice, convoque Simone dès son arrivée et lui annonce qu'elle doit payer ce qu'elle doit à l'école car se proclamer pauvre et subir cette intervention montre que sa mère a de l'argent. Thérèse est convoquée un peu plus tard pour s'être battue avec Lucienne. Soeur Sainte-Catherine se rend à son tour chez la directrice et lui dit qu'elle est bonne gestionnaire mais mauvaise psychologue, ce qui lui vaut son "renvoi" de l'école pour insolence. Soeur Benoite des Saints-Anges écrit une lettre à la Mère Supérieure. Entretemps, Simone est rentrée chez elle, "traumatisée". Soeur Sainte-Catherine intercepte la lettre et la porte elle-même à la Mère qui l'écoute sachant qu'elle est excellente institutrice et a sa place. Et pour l'heure, elle est "protégée" car c'est elle qui organise la Fête-Dieu qui aura lieu le jeudi 4 et qui permet chaque année de présenter le "magnifique reposoir"...

 

- 2e mouvement (Andante moderato) : Mardi 2 juin. Entre en scène, Gérard, le jeune homme de 20 ans que Thérèse, 11 ans, avait embrassé sur la bouche dans le parc le 1er mai. Il ne s'est jamais remis de ce moment magique. Depuis, il dort peu, finit par perdre son emploi, souvent absent sans justification. Il guette Thérèse à la récréation et quand elle sort le soir. Il espère pouvoir enfin lui parler mais en même temps il a peur de ne pas maîtriser son "désir" et de faire des bêtises irréversibles avec la jeune fille. Il réussit à se faire embaucher pour sortir du hangar toutes les reliques nécessaires à la procession et à la fête dans la cour de l'école. Il peut enfin parler à Thérèse mais décide de s'enfuir à jamais et plutôt que de se suicider, il s'enrôle pour aller combattre en Europe...

 

- 3e mouvement (Allegro giocoso) : Mercredi 3 juin. Soeur Pied-Botte (surnom de Soeur Saint-Georges) a menti à la Directrice en lui faisant croire que c'est elle qui est allée portée la lettre hors Monseigneur Bernier dit la vérité et se montre désagréable au demeurant avec Soeur Benoite des Saints-Anges, qui décidément est malmenée ces jours-ci. Les 3 héroïnes de la soirée de jeudi sont désignées et il s'agit du trio "Thérèse pis Pierrette". Les préparatifs continuent...

 

- 4e et dernier mouvement (Allegro energico e passionato) : Jeudi 4 juin. C'est enfin le soir de la Fête-Dieu. Pierrette est inquiète pour ses dents qui marquent son visage et qui risquent de la faire remarquer, Thérèse la plus jolie des 3 doit être vue de dos et elle espère se mettre de biais. Quant à Simone, elle est angoissée car elle doit être suspendue à un fil au-dessus de l'école, figurant un ange...

 

Bien d'autres personnages reviennent, essentiellement ceux du premier tome des chroniques tels le petit Marcel, qui ne zozotte plus mais qui parle au chat Duplessis ; la grosse femme est à l'hôpital à présent en attente de son accouchement ... des Soeurs de l'école et des élèves... 

 

Un livre d'une grande richesse écrit avec beaucoup de pertinance, le joual restant de mise pour ces habitants qui ne savent pas parler autrement, même à l'école... Les institutrices essayent pourtant de les corriger...

 

Une nouvelle "lecture - plaisir" en attendant la suite... avec la 3e chronique "La duchesse et le roturier" ...

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Pour rappel, le premier article de l'an dernier :

http://bonheurdelire.over-blog.com/article-la-grosse-femme-d-a-cote-est-enceinte-de-michel-tremblay-actes-sud-120090828.html

 

Lecture faite dans le cadre du challenge "Québec en septembre" animé par Karine et Laurence.

Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges de Michel Tremblay (Actes-Sud)

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 19:36

Dans le cadre de mon partenariat de lecture avec Carnets Nord, je lirai en octobre "Terminus Allemagne" d'Ursula Krechel.

L'éditeur nous informe que ce livre sorti en librairie le 4 septembre dernier est sélectionné dans la première liste du prix Medicis Etranger 2014

http://prixmedicis.wordpress.com/

http://www.carnetsnord.fr/presse/communiques/terminus-allemagne/

Promis, je vous en reparle en octobre prochain.

Bonne lecture,

Denis

Terminus Allemagne d'Ursula Krechel (Carnets Nord)

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 22:27
Sur la grand-route d'Anton Tchékhov (Bouquins - Laffont)

Sur la grand-route d'Anton Tchékhov

(Théâtre - Robert Laffont - collection Bouquins)

Traduit du russe par Denis Roche et Anne Coldefy-Faucard -----------------------------

Sous-titrée "Etude dramatique en un acte"

 

Tchékhov écrit à Léïkine le 4 novembre 1884 :"J'écris une petite bêtise pour la scène, quelque chose de tout à fait raté". Phrase emplie de modestie et de prudence, écrite au rédacteur des "Eclats" pour s'excuser de ne pas publier ce texte dans son journal.

"Sur la grand-route" est une transposition pour la scène du récit "En automne". On y retrouve le cabaret de Tikhone, lieu de l'action. Thcekhov traite avec beaucoup plus de détails la clientèle du cabaret. Un nouveau personnage, le vagabond et voleur Merek apporte un supplément de tension dramatique.

La pièce, présentée à la censure en 1885 n'en reçoit pas l'agrément, sans doute parce qu'il était question dans la pièce d'un barine ivrogne, ce qui ternissait la "représentation" officielle du barine. La pièce fut publiée en 1914 pour le 10e anniversaire de la mort de Tchekhov et la première eut lieu alors mais la critique y trouve beaucoup de défauts. (Texte inspiré par la présentation du texte par Jean Bonamour)

 

Quand on a lu, comme moi, tout le théâtre de Tchékhov : "Les trois soeurs", "La cerisaie", "Platonov", "La mouette" ou "L'oncle Vania" il n'y a plus que ces courtes pièces à lire telles celle-ci. Des "expérimentations" d'ailleurs.

 

Tchékhov plante magistralement le décor : "Le cabaret de Tikhone. A droite, comptoir et bouteilles. Au fond, la porte d'entrée. Au-dessus de la porte, à l'extérieur, pend une lanterne rouge, graisseuse. Le plancher et les bancs, qui entourent les murs, sont occupés par des pèlerins et des passants. Beaucoup d'entre eux, faute de place, dorment assis. Nuit profonde. Au lever du rideau on entend le tonnerre, et on voit par lesinterstices de la porte le reflet des éclairs".

 

Vous aurez compris que dès la didascalie d'introduction, on entre de plein pied dans un texte "littéraire". Tchekhov n'écrit pas ces scénettes à l'emporte-pièce. Il s'applique à décrire ses personnes, à leur donner une consistance en quelques mots, à nous offrir un texte fort avec ces personnages étranges et marginaux.

 

Six personnages au départ parmi tous ces inconnus venus se réfugier dans et autour du cabaret et au fil des 4 scènes, un nouveau personnage arrive de l'extérieur : Mérik, le vagabond voleur, homme sans gêne qui prend la place du rêveur qu'est Fédia, accordéoniste à ses heures ; Kouzma, moujik qui a travaillé pour le barine Bortsov et qu'il retrouve ici en ivrogne, tandis qu'il fut un homme si puissant, ruiné par une femme et à la dernière scène un cocher.

 

Bortsov veut boire mais Tikhone lui refuse un nouveau verre car il sait qu'il ne sera pas payé. Chacun est en route vers un destin bien souvent mal défini. Savva fait un "tour du monde" avec pour objectif Jérusalem. Merik est en quête d'argent ou d'objets à voler et Fédia joue de l'accordéon pour donner un peu de joie à ces gens-là.

 

On se prend au jeu et on se croirait au milieu de ces "paumés" en quête d'un avenir incertain qui pourrait aussi bien mener au suicide, l'alcool en étant une forme pour Bortsov.

 

Trente pages réjouissantes pour se rappeler que la littérature russe a offert des auteurs et des livres de grande qualité.

Denis

 

Livre lu notamment dans le cadre de mes lectures autour du théâtre et à travers le challenge d' Ankya "En 2014, je lis du théâtre".

Sur la grand-route d'Anton Tchékhov (Bouquins - Laffont)

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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 21:46
Long week-end de Joyce Maynard (Philippe Rey)

Long week-end de Joyce Maynard

(Philippe Rey - janvier 2010 - 285 pages)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain

Titre original : Labor Day - 2009

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Quand on a lu "L'Attrape Coeur" (1951) de J.D. Salinger (1919-2010 ), on a envie d'en savoir plus sur Joyce Maynard (née en 1953) qui a eu une aventure d'un an en 1972 avec l'auteur. Un auteur anti-médiatique qui n'a pas accordé d'entretiens, n'a pas publié pendant 40 ans... Et cette jeune étudiante de 19 ans vient voir ce monsieur, son aîné de 34 ans. Je lirai plus tard son livre "Et devant moi, le monde" qui raconte son éblouissement devant l'écrivain. Je voulais donc découvrir Joyce Maynard, comparée à Françoise Sagan !!! pour avoir publié très jeune et s'être montrée de grand talent.

Ce livre, donc !! Un chef d'oeuvre, non !! Un très bon roman avec du suspens, oui.

Henry vient d'avoir 13 ans et il vit seul avec Adele, sa mère depuis que son père les a quittés pour vivre avec une nouvelle femme avec qui il a eu une fille. Ils sortent peu, sauf pour aller faire des courses au supermarché ou pour aller à la banque. A chaque fois, c'est Henry seul qui s'y rend, sa mère l'attendant dans la voiture. En ce jour de canicule et de veille du long week-end de Labor Day de 1987, ils vont tous les deux au supermarché pour acheter quelques affaires en prévision de la rentrée scolaire qui suivra le Labor Day. Un homme, Franck, aborde Henry qui voit que l'homme est blessé à la tête et à une jambe. Il dit être passé par accident à travers une fenêtre et demande du secours au jeune adolescent, lui disant qu'il aurait besoin d'aller chez lui pour se soigner. Henry en parle à sa mère qui accepte de l'emmener à leur domicile, ce qui est très étonnant car ils ne reçoivent personne, ne voient personne...

 

La 4e de couverture nous dit alors : "Pendant quatre jours, le trio va vivre un surprenant huis-clos, chacun se dévoilant un peu plus au fil des heures..."

 

C'est donc bien un huis-clos qui débute alors, pas si clos car ils vont sortir, Henry va voir son père, rencontrer une jeune anorexique, Eleanor qui va lui apprendre beaucoup sur lui et ce que vit sa mère avec cet homme. Evelyn va venir les voir pour leur demander de s'occuper de son fils Barry, fortement handicapé. Alors, qui est Franck, et pourquoi s'être blessé? On l'apprend très vite mais le lecteur doit découvrir toute cette "folle aventure" par lui-même... Alors, restons muet sur la suite... La fin ne m'a pas trop plu.

 

Le livre aurait pu s'arrêter 30 pages plus tôt et laisser ainsi au lecteur le droit d'imager la suite de cette histoire... C'est ce qui m'a déçu dans ce livre et pourquoi je n'en fais pas un "grand livre". Sinon, la narration est bien menée, faite de courtes phrases et de courts paragraphes. Pas de réthorique même si chacun cherche à comprendre qui il est, ce qu'il devrait être ou devenir...

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Livre lu notamment dans le cadre du "blogoclub" de Lisa et Sylire qui proposait de lire pour aujourd'hui un livre de Joyce Maynard.

http://www.sylire.com/article-et-devant-moi-le-monde-joyce-maynard-124469269.html

http://www.sylire.com/article-et-devant-moi-le-monde-joyce-maynard-124469269.html

Et lu également pour le challenge "Mois américain"

Long week-end de Joyce Maynard (Philippe Rey)

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 21:14
Les Poilus : lettres et témoignages par Jean-Pierre Guéno

Les poilus : lettres et témoignages des Français dans la Grande Guerre par Jean-Pierre Guéno (Librio - Document - 190 pages - Septembre 2013)

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J'ai complété mes lectures thématiques sur la Grande Guerre par ce livre publié initialement aux Arènes et repris ici dans une édition très économique dans le cadre de la Mission Centenaire 1914-1918.

 

Tous les thèmes majeurs de cette guerre sont présentés ici par Jean-Pierre Guénot pour les restituer dans leur contexte, avec beaucoup de clarté et de pertinence. Tout les univers sont "convoqués" dans celivre pour témoigner. Aussi bien les écrivains, tels Charles Péguy, Alain-Fournier, Jean Giono, Guillaume Apollinaire... que les anonymes, les journalistes, les militaires de carrière...

 

On fait le tour de la guerre en 180 pages et on l'observe sous tous les angles, sans concessions. Aucune langue de bois ici. La sexualité, l'alcoolisme, le mal être, la grève, l'exécution pour désobéissance, la captivité et l'ennui, les blessures et les morts autour de soi, la censure... tout y est pour avoir un grand panorama de cette période "hors du temps".

 

Sans oublier qu'il y avait deux mondes qui ne se comprenaient pas : d'un côté les soldats du front, embarqués dans ces tueries inconsidérées et de l'autre, tous les autres, les non combattants, les embusqués qui voyaient la guerre de très loin, au point que les poilus ont souvent eu des réticences à quitter le front pour voir leur famille. Parler des combats, des horreurs des tranchées, c'était presque "injurieux" pour ces gens qui continuaient à aller au restaurant, à aller travailler... comme (ou presque) s'il n'y avait pas de guerre...Les témoignages sont souvent poignants et il a fallu du courage pour affronter la censure et dire entre les lignes ce que l'on vivait.

Trois euros bien investis pour vivre au coeur du monde des "poilus" et ressentir les folies de cette guerre.

Merci à mon fils Aurélien de m'avoir offert ce livre à Noël car il est très intéressant.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Livre lu notamment dans le cadre du groupe que j'anime sur facebook "Histoire-littérature autour de la Grande Guerre".

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 18:06
Les Fiancés de Loches de Georges Feydeau (Avant-scène)

Les Fiancés de Loches de Georges Feydeau

(L'Avant-Scène théâtre - avril 2009)

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Le vaudeville, théâtre du quiproquo par excellence, a très longtemps souffert de préjugés. Eugène Labiche (1815-1888) et Georges Feydeau (1862-1921), son cadet, en ont été les chantres au XIXe siècle.

Labiche avait écrit "sa" loi dramatique : "Une pièce est une bête à mille pattes qui doit toujours être en route. Si elle ralentit , le public baille ; si elle s'arrête, il siffle".

"Les fiancés de Loches" est une oeuvre de jeunesse, peu représentée depuis sa création en 1888. Cette pièce laisse entrevoir derrière la comédielégère à rebondissement l'étendue effrayante du vide qui entoure les certitudes de ces personnages finissant à l'asile psychiatrique. Elle a été écrite en collaboration avec M. Desvallières et s'inspire de la pièce de Labiche

L'acte III est sans doute une critique des méthodes de Charcot. D'ailleurs les frères Choquart sont l'anagramme de Charcot.

 

L'avant-Scène reprend la représentation de la pièceau théâtre des Amandiers en 2009, dans la mise en scène de Jean-Louis Martinelli. C'est la première fois que le metteur en scène travaille sur un texte de Feydeau. Ce qui l'a intéressé ici c'est le "théâtre de l'oralité" par contraste avec le "théâtre littéraire" très écrit qu'il a surtout fait jouer.

 

Oui, on a bien là du théâtre de l'oralité et du mouvement. Les personnages n'arrêtent pas de parler, d'interrompre une conversation, de courir de çi, de là, comme on le voit dans le théâtre dit de"boulevard", tel qu'on peut levoir de temps à autre à la télévision. Pas de phrases longues, jamais de tirades ou de monologues consistants. Des mots dits en aparté par exemple. Et puis, comme on est dans du théâtre de mouvement, beaucoup de didascalies.

 

Trois actes en trois lieux différents. Tout commence dans un bureau de placement où travaille Séraphin. Sa spécialisation : le placement de domestiques. Le voisin du dessus Plucheux vient le voir et lui annonce que l'agence pour laquelle il travaille a fermé brusquement. Il a donc mis une affiche pour que ses clients aillent voir Seraphin. Sa spécialité était celle d'une agence matrimoniale. Surviennent les Gevaudan, l'ainé appelé Gevaudan, le frère cadet Alfred et leur soeur Laure, tous droits venus de Loches pour "conquérir" Paris et surtout y trouver l'âme soeur. On comprend tout de suite le quiproquo qui débute et qui tiendra la pièce jusqu'au dénouement dans les dernières phrases. Un autre personnage arrive alors, le Docteur Saint-Galmier qui recherche des domestiques et ces trois provinciaux feraient bien son affaire. Lui est poursuivi par Michette qui vient de le reconnaitre, tandis qu'il s'était présenté à elle comme colonel. Il lui avait promis le mariage et elle y tient, alors qu'il est sur le point d'épouser Leonie. Deuxième intrigue "perturbatrice" qui va, là aussi, tenir toute la pièce.

 

On retrouve tous ces personnages à l'acte II dans le salon du docteur, dans leurs fonctions mal définies puisque les trois domestiques se croient destinerà épouser, pour Laure, le docteur, et pour les deux frères Rachel la soeur du Docteur et Leonie, la fiancée du Docteur. Et Michette, elle, se sent trahie, prête à casser le futur mariage de Saint-Galmier. Les scènes cocasses s'enchainent autour des mots mal interprétés remis par chacun dans son propre contexte. Et soudain, on apprend que les Choquart se sont enfuis d'un hôpital psychiatrique et Saint Galmier directeur du Louvre hydrothérapique croit avoir avec les Gevaudan qu'il trouve dérangés (et pour cause), ceux qu'il doit interner.

 

Acte III dans l'hôpital psychiatrique où tout va finir par se dénouer...

 

On est quelque peu dans un théâtre de l'absurde se disant qu'à la place de ces gens on aurait vite compris les erreurs de jugement. Mais là, chacun s'enfonce dans son rôle et pendant toute la pièce personne n'est en mesure de parler avec les autres. C'est aussi du théâtre de l'incompréhension. C'est là que l'on trouve quelque intérêt au vaudeville car sinon on rit un peu mais on se lasse vite, surtout à la lecture. Plus que jamais c'est du théâtre qui se regarde, il est quasiment illisible sans les effets de scène.

 

Denis

 

Lecture faite dans le cadre de "2014, je lis du théâtre" à suivre sur la page facebook d'Ankya.

Les Fiancés de Loches de Georges Feydeau (Avant-scène)

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 22:06

J'ai reçu aujourd'hui cette information de Michèle Juret concernant son livre sur Etienne Drioton.

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L'un des grands égyptologues du XXe siècle (il fut le professeur de Christiane Desroches Noblecourt) sort de l'ombre avec la première biographie. E. Drioton fut Directeur Général du Service des antiquités d'Egypte, au Caire (1936-1952)

"Etienne DRIOTON, l'EGYPTE, une passion"
Auteure Michèle Juret
Préface Olivier Perdu
Editeur Gérard Louis
224 pages, illustrations n&b, prix 22 € TTC ISBN 978-2-35763-057-4
pour plus d'informations vous pouvez consulter le site

https://sites.google
.com/site/biographiedetiennedrioton/

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Je vous invite à cliquer sur le lien google pour en savoir plus sur ce livre qui semble très intéressant et qui ravira les passionnés de l'histoire égyptienne, dont nous faisons partie.

Bonne lecture,

Denis

Etienne Drioton :l'Egypte une passion de Michèle Juret

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 22:01
Gaspard de René Benjamin (Archipoche)

Gaspard de René Benjamin (Archipoche - 280 pages - janvier 2014)

Préface de Pauline Bochant - Postface d'Etienne Benjamin

Première édition 1915 - Prix Goncourt 1915  

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La Grande Guerre a été l'occasion pour les écrivains partis au "feu' de raconter "leur guerre", souvent avec des titres explicites, comme "La boue" (Maurice Genevoix), "Le feu" d'Henri Barbusse, "La peur" de Gabriel Chevallier ou "La main coupée" de Blaise Cendrars... Des romans graves pour dire "l'indicible"...

Et puis, dès les premiers mois de la guerre, un auteur a publié "Gaspard", l'histoire de cette sorte de "titi" parisien, marchant d'escargot, qu'a été ce "fanfaron" engagé comme tant d'autres pour aller au feu, vivre dans la boue, avoir peur sans le montrer et se blessant avec une jambe coupée pour finir... Un mixte de tous ces hommes qui ont vécu ces horreurs...

L'auteur est né en 1885 et est parti dès les premiers jours d'août 1914 sur le front où il est très vite blessé. Les notes qu'il a prises vont lui servir  de trame pour son roman. Il a cotoyé ce "Gaspard", dont il fait le héros de son livre.

Il a déjà publié un roman, un essai et une comédie et est également journaliste. Il a eu le goût de la lecture grâce à son grand-père et son père et sa mère est pianiste, si bien que la culture fait partie de son quotidien. Ami de Lucien Descaves de l'académie Goncourt, il ne doute pas que le livre, inspiré de faits réels issus de ses carnets, aura le Prix Goncourt en novembre 1915. Il dépeint un "poilu gouailleur" avec ses mots d'argot, celui des tranchées et de Paris, montrant le réalisme profond du roman. Après ce succès conséquent, René Benjamin, à partir de 1916, il fait de nombreuses conférences autour de la littérature. Il va écrire encore quelques romans sur la Grande Guerre, des pamphlets et une biographie de Balzac.

C'est l'occasion du centenaire de cette guerre qui a valu de republier ce texte oublié, malgré son prix déjà auréolé de "gloire" (pour rappel le premier lauréat fut John-Antoine Nau en 1903).

 

C'est évident qu'au début on est surpris par ce Gaspard (qui aurait pu être joué au cinéma par Fernandel) jovial, toujours porté à rire et à la plaisanterie pas toujours finaude. Mais, tout de même ce parisien venu en province, à Alençon, pour participer au recrutement des futurs "poilus", amuse, divertit et ferait presque oublier la mobilisation générale. Et puis, on est en août 14, et tout le monde croit, comme Gaspard que la Guerre sera terminée dans quelques semaines, après avoir repoussé les "alboches" (sic) hors de France. On prend le train dans la bonne humeur et le voyage parait bien long. Et "enfin", c'est le front. Ou plutôt pour les réservistes qu'ils sont c'est être un peu en retrait du front. Un début de guerre sans "guerre". Ils finissent par aller sur le front, marcher dans la boue et voir ses amis mourir. Gaspard voit ainsi mourir Burette, son ami journaliste. Bientôt, il est blessé à la fesse, est transféré vers l'arrière et c'est le départ en train vers Saumur où il va vivre pendant deux mois dans un lieu "paradisiaque", sauf que les blessés gémissent, meurent pour certains et la joie pourrait disparaitre mais fidèle à lui-même, Gaspard reprend goût à la vie plus que jamais. Trois femmes vont marquer sa convalescence, infirmières improvisées : Mme Anne, Mme Aranud et Melle Viette. Retour à Alençon où il est déclaré inapte. Il s'ennuie et obtient une permission ce qui lui permet de retrouver son bébé et son amie, Marie. Illui dit qu'il veut se marier pour "légitimer" son fils.

Après ce nouveau moment de grâce, il veut retourner sur le front et une nouvelle fois il est blessé mais cette fois plus gravement...

Une vie de soldat comme tant d'autres pour ce soldat Gaspard, au demeurant très sympathique, car il a toujours le coeur sur la vie pour aider les autres, voire les accompagner dans leur fin de vie.

J'avoue avoir été surpris au début par ce personnage, "bouffon" mais il y a de très belles pages sur l'amitié, la solidarité. Il nous donne une belle leçon de vie dans un temps tellement tragique...

 

Quand il est blessé voici comment il voit la situation (p.126) : "Il bougonna. Il aurait fallu lui citer un nom de grande bataille historique, pour qu'il fût satisfait. Gercourt... ce n'était pas célèbre ! Avoir été blessé à Gercourt, ça ne serait même pas à dire - quoiqu'il l'eût échappé belle : il en avait tant vu tomber et rester sans mouvement ! Il n'y avait que les boches qu'il n'avait pas vus".

 

Et quand il arrive à l'hôpital (p. 147) : "Un soldat blessé, qui arrive à l'hôpital, pénètre dans un monde nouveau. Il vient de se battre et de souffrir parmi les hommes de son pays. Soudain, il repose entre les mains des femmes. Autre face de la vie. On le commandait ; on lui demande ce qu'il veut. On ne lui parle plus de la mort ; on lui promet qu'il va guérir".

 

Enfin, sur le front (p. 226) : "Un jour de brume d'hiver est en soi si mortel, que lorsque la nuit tombe, l'homme à peine s'en effraie. Gaspard mit sur sa tête sa couverture mouillée ; et Mousse, qui tremblait de froid, se serra contre lui. - La tranchée, toute la nuit, remue autant que le jour. Les hommes ronflent, mais ils grelottent et se cherchent l'un l'autre".

 

Et pour entendre la "voix" de Gaspard (p. 62) : "- Huit lieues ! oh, y a du bon... On est rserve, faut pas s'en faire... Les copains, eh, les copains, on va toujours se taper la cerise avec une bonne soupe mitonnée".

 

Lisez ce livre, rien que pour des phrases comme celles que j'ai tirées du roman et vous direz sans doute comme Claude Duneton : "Indispensable à la connaissance intime de la Première Guerre Mondiale".

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Livre lu notamment dans le cadre de mes lectures "Histoire-littérature autour de la Grande Guerre" (groupe créé sur Facebook pour partager nos lectures)

 

 

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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