Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saussier
(XYZ Editeur - Canada - 179 pages - 2011)
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Une photographe en quête de Boychuk, un vieillard qu'elle espère rencontrer au fin fonds des bois, tombe sur le vieux Charlie et son chien. Il l'héberge pour la nuit et lui dit que celui qu'elle cherche est mort. Il était un des derniers survivants du Grand Feu de 1913 et qu'elle espérait photographier.
Tom vient les rejoindre et ils vont sur la tombe de Boychuk puis la photographe repart après avoir pris quelques photos qu'elle promet de ramener.
Bruno est plus jeune que ses trois compagnons et quand il arrive il apprend lui aussi la mort de Ted Boychuk. Il cherchait un terrain pour cultiver de la marijuana et Ted avait accepté moyennant l'obtention de matériel pour sa peinture. Et de fait quand ils sont allés dans ses cabanes ils ont découvert nombre de tableaux plus sombres les uns que les autres.
Steve tient en gérance l'hôtel souvent désert du coin. Et Bruno arrive avec sa vieille tante Gertrude qui a passé plus de 60 ans dans un asile. Elle est venue voir sa belle-soeur et n'a plus voulu retourner à l'asile de Toronto si bien qu'il l'a amenée ici. Il lui faut de faux papiers. C'est le job de Steve.
Ted Boychuck a survécu jeune adolescent au terrible Grand Feu de 1916 à Matheson. Sa famille a péri et lui a erré pendant des mois et des années marquant ceux qui l'ont croisé et en ont fait la légende du jeune "aveugle" victime d'une cécité temporaire due à l'incendie.
La photographe a eu vent de cette légende et une vieille rescapée lui a dit qu'il pleuvait des oiseaux carbonisés. Ces regards de vieux, ces légendes l'ont ainsi conduite jusque chez cet homme hélas mort juste avant son arrivée.
Il faut construire une maison pour Gertrude qui se fait appeler maintenant Marie-Desneige. Et la photographe revient quand la maison devient habitable et tout de suite elles deviennent amies. Mais la première nuit est difficile pour cette femme venue de l'asile et toujours habituée à être entourée trouve asile chez Charlie.
On ne parle plus de la mort ici à présent. Charlie et Marie-Desneige deviennent très intimes et elle lui raconte quelques horreurs de sa vie à l'asile.
Les tableaux de Ted sont à regrouper en séries et Marie-Desneige reconnaît les jumelles Polson. On pourrait penser que Ted a été amoureux de l'une d'elles.
La photographe va au musée de Matheson où elle retrouve les traces des jumelles entre autres...
Etrange roman que ce livre "Il pleuvait des oiseaux". Le titre est déjà une intrigue à lui seul. On se croirait dans un conte et puis le tragique des vies cotoie le bonheur de la solitude et de l'éloignement du monde.
Livre optimiste par l'amour qui peut survenir à tout moment et surtout quand on ne l'attend pas. Malgré tous les efforts pour être heureux seul ou à plusieurs, il y a toujous un moment où les difficultés, le malheur reviennent.
Ce roman fait ainsi alterner des temps de "ravissement" et des moments de doute, de tristesse. On croirait aussi que l'art peut sauver une vie et pourtant l'oeuvre de Ted qui domine une grande partie du roman est sombre et veut dire l'horreur par les couleurs sombres et l'espoir qui point entre les couleurs. L'espoir de retrouver les êtres chers en pleine tragédie.
Je ne suis pas sûr d'avoir aimé ce livre et pourtant au-delà de sa lecture au premier degré que l'on peut en faire, il faut aller entre les lignes, entre le sens et les sens, pour y trouver une profondeur qui fait dire que ce livre est à lire comme un conte philosophique qui lui donne son ton et sa force.
Bonne lecture "troublée", "troublante",
Denis
Lecture faite dans le cadre de Québec en novembre organisé comme chaque année par Laurence et Karine