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13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 17:30
Lire la poésie : de A à Z... (31/50) - P comme Prévert

Un poète : Jacques Prévert (1900-1977)

Un recueil : Paroles (1946)

Un poème :

 

Le désespoir est assis sur un banc

 

Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costume gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l'écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyais pas
Comme si on ne l'entendais pas
Il faut passer presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l'écoutez
Il vous fait signe et rien ni personne
Ne peut vous empêcher d'aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez attrocement
Et l'homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s'envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.

 

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Paroles comporte 95 textes non ponctués de forme et de longueur très variées. Les textes les plus longs sont placés principalement au début du recueil (Tentative de description d'un dîner de têtes à Paris-France (11 p) – Souvenirs de famille (13p ), Évènements (9 p). Le plus long, La crosse en l'air (35 pages) est au milieu de l'œuvre et on retrouve un texte assez long, rajouté plus tard, en fermeture du recueil (Lanterne magique de Picasso – 7 pages). Les autres textes vont d'une seule ligne (Les paris stupides) à quelques pages en passant par des poèmes très courts (Alicante 5 vers – Le grand homme, 4 vers – L'amiral, 5 vers avec 15 mots au total), des textes d'une petite page (Le cancre, 17 vers - Le miroir brisé, 16 vers - La fête continue, 18 vers) ou des textes de deux pages ( Page d'écriture - Barbara - Complainte de Vincent ...).

La forme est également très variée avec des textes en prose (Souvenirs de famille – certains passage du Dîner de têtes), des saynètes dialoguées en vers libres (L'orgue de barbarieLa chasse à l'enfant - L'accent grave ...) et un emploi plus traditionnel du vers libre avec parfois l'utilisation partielle de rimes irrégulières (Pour toi mon amourComplainte de Vincent - Barbara). La présence de l'oralité revendiquée conduit aussi à l'utilisation de la reprise sinon du refrain (BarbaraChasse à l'enfantJe suis comme je suis ...) qui font de ces textes des chansons qui seront d'ailleurs, ainsi que d'autres poèmes du recueil, mises en musique par Joseph Kosma. (Source du texte : Paroles - wikipedia)

 

Assurément ce premier recueil publié de Jacques Prévert a eu un grand retentissement et a inscrit durablement le poète dans le paysage littéraire français.

 

Bonne lecture

Denis

Lire la poésie : de A à Z... (31/50) - P comme Prévert
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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 17:19
Lire la poésie : de A à Z... (30/50) - O comme Ovide

Un poète : Ovide ( - 43 av JC / 17 ou 18 ap JC)

Un recueil : Les métamorphes (1 ap JC)

Un poème : début du Chant I

 

Invocation (I, 1-4)

 

Inspiré par mon génie, je vais chanter les êtres et les corps qui ont été revêtus de formes nouvelles, et qui ont subi des changements divers. Dieux, auteurs de ces métamorphoses, favorisez mes chants lorsqu'ils retraceront sans interruption la suite de tant de merveilles depuis les premiers âges du monde jusqu'à nos jours.

 

 

Origine du monde (I, 5-20)

 

Avant la formation de la mer, de la terre, et du ciel qui les environne, la nature dans l'univers n'offrait qu'un seul aspect; on l'appela chaos, masse grossière, informe, qui n'avait que de la pesanteur, sans action et sans vie, mélange confus d'éléments qui se combattaient entre eux. Aucun soleil ne prêtait encore sa lumière au monde; la lune ne faisait point briller son croissant argenté; la terre n'était pas suspendue, balancée par son poids, au milieu des airs; l'océan, sans rivages, n'embrassait pas les vastes flancs du globe. L'air, la terre, et les eaux étaient confondus : la terre sans solidité, l'onde non fluide, l'air privé de lumière. Les éléments étaient ennemis; aucun d'eux n'avait sa forme actuelle. Dans le même corps le froid combattait le chaud, le sec attaquait l'humide; les corps durs et ceux qui étaient sans résistance, les corps les plus pesants et les corps les plus légers se heurtaient, sans cesse opposés et contraires.

 

 

Séparation des éléments (I, 21-75)

 

Un dieu, ou la nature plus puissante, termina tous ces combats, sépara le ciel de la terre, la terre des eaux, l'air le plus pur de l'air le plus grossier. Le chaos étant ainsi débrouillé, les éléments occupèrent le rang qui leur fut assigné, et reçurent les lois qui devaient maintenir entre eux une éternelle paix. Le feu, qui n'a point de pesanteur, brilla dans le ciel, et occupa la région la plus élevée. Au-dessous, mais près de lui, vint se placer l'air par sa légèreté. La terre, entraînant les éléments épais et solides, fut fixée plus bas par son propre poids. La dernière place appartint à l'onde, qui, s'étendant mollement autour de la terre, l'embrassa de toutes parts.

Après que ce dieu, quel qu'il fût, eut ainsi débrouillé et divisé la matière, il arrondit la terre pour qu'elle fût égale dans toutes ses parties. Il ordonna qu'elle fût entourée par la mer, et la mer fut soumise à l'empire des vents, sans pouvoir franchir ses rivages. Ensuite il forma les fontaines, les vastes étangs, et les lacs, et les fleuves, qui, renfermés dans leurs rives tortueuses, et dispersés sur la surface de la terre, se perdent dans son sein, ou se jettent dans l'océan; et alors, coulant plus librement dans son enceinte immense et profonde, ils n'ont à presser d'autres bords que les siens. Ce dieu dit, et les plaines s'étendirent, les vallons s'abaissèrent, les montagnes élevèrent leurs sommets, et les forêts se couvrirent de verdure.

Ainsi que le ciel est coupé par cinq zones, deux à droite, deux à gauche, et une au milieu, qui est plus ardente que les autres, ainsi la terre fut divisée en cinq régions qui correspondent à celles du ciel qui l'environne. La zone du milieu, brûlée par le soleil, est inhabitable; celles qui sont vers les deux pôles se couvrent de neiges et de glaces éternelles : les deux autres, placées entre les zones polaires et la zone du milieu, ont un climat tempéré par le mélange du chaud et du froid. Étendu sur les zones, l'air, plus léger que la terre et que l'onde, est plus pesant que le feu.

C'est dans la région de l'air que l'auteur du monde ordonna aux vapeurs et aux nuages de s'assembler, au tonnerre de gronder pour effrayer les mortels, aux vents d'exciter la foudre, la grêle et les frimas; mais il ne leur abandonna pas le libre empire des airs. Le monde, qui résiste à peine à leur impétuosité, quoiqu'ils ne puissent franchir les limites qui leur ont été assignées, serait bientôt bouleversé, tant est grande la division qui règne entre eux, S'il leur était permis de se répandre à leur gré sur la terre !

Eurus fut relégué vers les lieux où naît l'aurore, dans la Perse, dans l’Arabie, et sur les montagnes qui reçoivent les premiers rayons du jour. Zéphyr eut en partage les lieux où se lève l'étoile du soir, où le soleil éteint ses derniers feux. L'horrible Borée envahit la Scythie et les climats glacés du septentrion. Les régions du midi furent le domaine de l'Auster pluvieux, au front couvert de nuages éternels; et par-delà le séjour des vents fut placé l'éther, élément fluide et léger, dépouillé de l'air grossier qui nous environne.

À peine tous ces corps étaient-ils séparés, assujettis à des lois immuables, les astres, longtemps obscurcis dans la masse informe du chaos, commencèrent à briller dans les cieux. Les étoiles et les dieux y fixèrent leur séjour, afin qu'aucune région ne fût sans habitants. Les poissons peuplèrent l'onde; les quadrupèdes, la terre; les oiseaux, les plaines de l'air.

(Traduit du latin par G.T. Villenave, Paris, 1806)

 

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Long poème épique en 15 chants tel qu'il débute ci-dessus pour raconter la naissance et l'histoire du monde gréco-romain jusqu'à l'époque de l'empereur Auguste.

C'est une des grandes oeuvres poétiques du monde latin

Je vous renvoie à la présentation de l'oeuvre dans wikipedia

Un des grands recueils poétiques de l'histoire littéraire mondiale à découvrir ou redécouvrir.

Bonne lecture

Denis

 

Lire la poésie : de A à Z... (30/50) - O comme Ovide
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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 17:46
Lire la poésie : de A à Z... (29/50) N comme Nerval

Un poète : Gérard de Nerval (1808-1855)

Un recueil : Les chimères (1954)

Un poème :

 

                   El Desdichado

 

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J'ai rêvé dans la Grotte où nage la Sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

 

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On ne présente plus ce poème que beaucoup d'entre nous ont appris à l'école.

Encore un poète maudit, dépressif, Gérard de Nerval a raconté sa "folie" dans "Aurélia" (1855).

Il a aussi montré la force du rêve, des "chimères" qui influenceront plus tard des auteurs aussi divers que Proust, Artaud, Aragon, Breton ou Eliot.

Il s'est pendu à une grille dans une rue proche du CHâtelet.

Une trajectoire difficile pour un génie littéraire, qui a brillé en traduisant le "Faust" de Goethe, en écrivant des poèmes "symbolistes" et en publiant des nouvelles telles "Les filles du feu", des essais comme son "Voyage en Orient". Un écrivain éclectique qui mérite d'être lu et relu.

Les chimères est un très court recueil de 8 textes.

Je vous renvoie à un excellent article sur les Chimères et plus particulièrement sur ce poème :

 

http://www.etudes-litteraires.com/nerval-desdichado.php

 

Bonne lecture,

Denis

 

 

Lire la poésie : de A à Z... (29/50) N comme Nerval
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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 17:00
Lire la poésie : de A à Z... (28/50) N comme NERUDA

Un poète : Pablo Neruda (Chili - 1904-1973)

Un recueil : Chant général (Canto general) - 1950

Un poème :

 

                     Les ennemis

Ils sont venus ici avec leur fusils pleins de balles,
ils ont ordonné la dure extermination,
ils ont trouvé ici un peuple qui chantait,
un peuple rassemblé par le devoir et par l'amour,
et la fille gracile est tombée avec son drapeau,
et le garçon souriant a roulé blessé auprès d'elle,
et la stupeur du peuple a vu les morts s'abattre
avec furie, avec douleur.

Alors, à l'endroit même où sont tombés,
les assassinés,
les drapeaux, se baissant, se sont baignés de sang
pour à nouveau se dresser face aux assassins.

Au nom de ces morts, de nos morts,
je demande le châtiment.
Pour ceux qui ont éclaboussé de sang notre patrie,
je demande le châtiment.

Pour le bourreau qui a ordonné la tuerie,
je demande le châtiment.

Pour le traître qui s'est élevé sur le crime,
je demande le châtiment.

Pour celui qui lança l'ordre de l'agonie,
je demande le châtiment.

Pour les défenseurs de ce crime,
je demande le châtiment.

Je ne veux pas serrer leur main
ruisselante de sang.
Je demande le châtiment.
Je n'en veux pour Ambassadeur
bien à l'abri dans leurs maisons.

Je veux les voir jugés, ici,
sur cette place, à cet endroit.

Je veux pour eux le châtiment.

 

                                                            ----------------------------

El Canto General (titre original) est un hymne à l'Amérique latine et aux nations opprimées, en général.

« Entrepris par le poète au mois de mai 1938, le lendemain de la mort de son père, Le Chant général fut achevé plus de dix ans plus tard. Il se termine par ces mots :

"Ainsi finit ce livre, je laisse ici mon Chant général écrit dans la persécution, en chantant sous les ailes clandestines de ma patrie. Aujourd’hui 5 février, en cette année1949, au Chili, à Godomarde Chena, quelques mois avant la quarante-cinquième année de mon âge."

(Extrait de l'article paru sur le site Internet Bibliomonde)

                                                         -------------------------------------

Assurément Pablo Neruda est un des plus grands poètes du 20e siècle qu'il faut lire et relire. Son engagement politique a été la force de sa poésie toujours d'actualité.

Neruda a été consul en Asie puis en Espagne au moment de la Guerre d'Espagne. Il a soutenu les républicains. Il rentre au Chili en 1952 et sa force poétique le conduit à obtenir en 1971 le Prix Nobel de Littérature.

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 17:25
Lire la poésie : de A à Z...(27/50) N comme Nys-Mazure

Un poète : Colette Nys-Mazure (née en 1939 - Belgique)

Un recueil : L'Eau à la bouche - Poésie, ma saison (Desclée de Brouwer -                                  collection "Littérature ouverte" - 2011)

Un poème :  

 

                           Radieuse

 

C'est une fille de haute liesse, à prendre la vie en proue, hisser les heures à vive allure, une femme libre de son essor. Elle rit vrai à la face du jour et son haleine a la fraîcheur des pointes d'herbe quand frémit l'aube. On tenterait de la retenir. La marge d'une étreinte, d'une page partagée, d'un morceau de pain rompu. Elle déjà plus loin que le tournant de l'été. On cherche son propre chemlin dans le sillage fulgurant.

 

(Colette Nys-Mazure, "Singulières et plurielles" copyright Desclée de Brouwer, 2002)

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Ce recueil est une anthologie poétique et voici comment la poétesse présente son recueil :

"Qu'est-ce qu'un poème dans la marche du monde? Peut-on encore écrire des poèmes après les horreurs des camps d'extermination et les génocides? Interrogations légitimes. Chaque homme qui naît recommence l'histoire, et la poésie, comme toute forme d'art, accompagne, éclaire, soutient son existence tout en creusant le mystère de l'être au monde. / La poésie est ma langue maternelle...

Et Colette Nys-Mazure présente une trentaine de poèmes d'auteurs très divers de Dany Laferrière à René Char ou Philippe Jaccottet sans oublier des poètes peu connus comme AndréSchmitz ou Georges Haltas, ainsi que le sien "La radieuse".

Un beau recueil à découvrir...

 

Et n'hésitez pas à aller sur le site de Colette Nys-Mazure

www.colettenysmazure.be

 

Bonne lecture,

Denis

(Petite relâche semaine prochaine pour cause de vacances)

Lire la poésie : de A à Z...(27/50) N comme Nys-Mazure
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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 17:22
Lire la poésie : de A à Z... (26/50) M comme Mallarmé

Un poète : Stéphane Mallarmé (1842-1898)

Un recueil : Vers et proses (1893)

Un poème :

 

                          L'Azur

 

De l’éternel azur la sereine ironie
Accable, belle indolemment comme les fleurs,
Le poëte impuissant qui maudit son génie
À travers un désert stérile de Douleurs.

Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde
Avec l’intensité d’un remords atterrant,
Mon âme vide. Où fuir? Et quelle nuit hagarde
Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant?

Brouillards, montez! Versez vos cendres monotones
Avec de longs haillons de brume dans les cieux
Qui noiera le marais livide des automnes
Et bâtissez un grand plafond silencieux!

Et toi, sors des étangs léthéens et ramasse
En t’en venant la vase et les pâles roseaux,
Cher Ennui, pour boucher d’une main jamais lasse
Les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux.

Encor! que sans répit les tristes cheminées
Fument, et que de suie une errante prison
Éteigne dans l’horreur de ses noires traînées
Le soleil se mourant jaunâtre à l’horizon!

- Le Ciel est mort. - Vers toi, j’accours! donne, ô matière,
L’oubli de l’Idéal cruel et du Péché
À ce martyr qui vient partager la litière
Où le bétail heureux des hommes est couché,

Car j’y veux, puisque enfin ma cervelle, vidée
Comme le pot de fard gisant au pied d’un mur,
N’a plus l’art d’attifer la sanglotante idée,
Lugubrement bâiller vers un trépas obscur…

En vain! l’Azur triomphe, et je l’entends qui chante
Dans les cloches. Mon âme, il se fait voix pour plus
Nous faire peur avec sa victoire méchante,
Et du métal vivant sort en bleus angelus!

Il roule par la brume, ancien et traverse
Ta native agonie ainsi qu’un glaive sûr;
Où fuir dans la révolte inutile et perverse?
Je suis hanté. L’Azur! l’Azur! l’Azur! l’Azur!

 

Stéphane Mallarmé, Vers et Prose, 1893

 

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Stéphame Mallarmé a été professeur d'anglais et a écrit ses poèmes pendant ses moments de temps libre. Il est perfectionniste et retravaille inlassablement ses textes. Il est d'abord influencé par Charles Baudelaire puis va se passionner pour Edgar Poe et son sens du fantastique.

Mallarmé se passionne pour la peinture et il soutient les Impressionnistes puis il devient le chef de file de l'avant-garde littéraire Son oeuvre la plus révolutionnaire est "Un coup de dés jamais n'abolira le hasard" écrit un an avant sa mort.

 

Bonne lecture,

 

Denis

Lire la poésie : de A à Z... (26/50) M comme Mallarmé
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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 17:57
Lire la poésie : de A à Z... (25/50) M comme Maulpoix

Un poète : Jean-Michel Maulpoix (né en 1952)

Un recueil : Une histoire de bleu (1992)

Un poème :

 

                                        Le regard bleu

 

Nous connaissons par ouï-dire l'existence de l'amour.

 

Assis sur un rocher ou sous un parasol rouge, allongés dans le pré bourdonnant d'insectes, les deux mains sous la nuque, agenouillés dans la fraîcheur et l'obscurité d'une église, ou tassés sur une chaise de paille entre les quatre murs de la chambre, tête basse, les yeux fixés sur un rectangle de papier blanc, nous rêvons à des estuaires, des tumultes, des ressacs, des embellies et des marées. Nous écoutons monter en nous le chant inépuisable de la mer qui dans nos têtes afflue puis se retire, comme revient puis s'éloigne le curieux désir que nous avons du ciel, de l'amour, et de tout ce que nous ne pourrons jamais toucher des mains.

 

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Ce texte est le premier poème en prose du recueil "Une histoire de bleu" et de la première partie intitulée "Le regard bleu". Je vous invite à aller sur le site de Jean-Michel Maulpoix pour avoir la présentation de son recueil, accompagnée de pages du manuscrit.

J'ai  découvert l'oeuvre de l'auteur lors de la publication de son premier recueil chez Maurice Nadeau "Locturne" en 1978, et ce fut un plaisir de le retrouver avec ce recueil en prose autour de la couleur bleue.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

Lire la poésie : de A à Z... (25/50) M comme Maulpoix
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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 17:32

Un auteur : Elisabeth Lafont

Un recueil : Eclats du coeur (Editions Langlois Cecile - 2015)

Un poème :

 

                                                             Savoir

 

Savoir attendre

Sans vouloir tout comrendre,

Savoir hurler

Sans pour autant se résigner,

Savoir pleure

Sans pour cela désespérer

 

Essayer d'avancer

Pour ne pas retomber,

Essayer d'oublier

Pour ne pas se noyer,

Essayer d'espérer

Pour ne pas se révolter.

 

Laisser couler son coeur

Comme s'ouvre une fleur,

Laisser sortir son âme

Comme s'élève une flamme,

Lasser renaître la vie

Comme pousse l'épi.

 

Regarder l'horizon

Pour une autre ascension,

Attendre un navire

Pour un nouvel avenir,

Guetter l'Espérance

Pour une autre naissance.

 

Commentaire d'Elisabeth Lafont sur son poème :

 

"Savoir" me tient particulièrement à cœur... C'est un poème écrit d'une traite lors d'un souci de sante assez grave que j'ai eu... J'essayais de ne pas perdre Espoir et de me battre quandd même.... J'ai toujours un petit pincement de cœur quand je le relis, car forcément, il me rappelle une période très difficile de ma vie, mais j'ai essayé d'y mettre de l'Espoir et ma plus grande récompense (et non pas fierté... on n'en a plus quand on est au fond du trou...), c'est de Savoir que la Ligue Nationale contre le cancer me l'a demandé pour une de leur manifestation.... et qu'il a été lu pour des malades... Je suis heureuse que ce poème leur ait redonné du courage dans leur lutte sans fin. La maladie est une lutte de tous les jours. Il faut recommencer et se relever tous les jours et essayer d'avancer..... C'est usant, personne ne peut imaginer la souffrance cachée de certaines personnes ! C'est peut-être ce que j'ai voulu faire ressortir aussi... Alors, il faut se battre tous les jours contre un ennemi invisible, et surtout savoir retrouver la force en soi... car beaucoup de malades sont seuls ou parfois incompris par leur entourage...

 

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Un recueil : Présence (Editions Langlois Cécile - 2015)

Un poème :

 

                         Avec des mots

 

Au bonheur du rythme, des danses et du temps,

Vivre pour écrire ainsi qu'on répand la joie.

Entendre le vent sur les blés mûrs foufroutant,

Comme pour murmurer ce bel amour en soi.

 

Demain, face à la mer où le soleil se noie,

Ecumer les mots de son recommencement,

Se laisser regarder tel celui que l'on choie.

 

Multiplier ses pas sur un sol luxuriant

Où s'exprime un "je" qui se déploie.

Trouver dans l'infini une page océan

Sur laquelle décrire son être en émoi.

 

Commentaire d'Elisabeth Lafont sur son poème

"Avec des mots" a été écrit dans une ambiance complètement différente. J'avançais de plus en plus dans l'écriture et je découvrais le plaisir qu'elle procure. J'éprouvais de plus en plus de plaisir à faire "danser" les mots ensemble. Là, c'est une démarche plus intellectuelle : Jouer avec les mots, mais qui aboutit, toujours, pour moi, quelque soit le poète, a exprimer son "moi" ou son "je" intime.... Car qu'est ce que la poésie, sinon des émotions couchées sur le papier avec des mots ? Et elle est universelle.... Pourquoi tant de gens écrivent ou lisent autant de poésie ? J'aime beaucoup cette phrase d'Anatole France, que peu connaissent comme écrivain et poète et qui disait  : "Ce ne sont pas ses mots que le poète emploie, ce sont les nôtres qu'il fait surgir en nous"... Le poème résonne comme un écho en nous...

 

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Merci à Elisabeth de'avoir accepté de présenter ces deux poèmes, au nom de notre amitié.

 

Bien sûr les deux poèmes sont sous copyright et interdits de reproduction sans l'accord de l'auteure.

 

Bonne lecture,

 

Denis

Lire la poésie : de A à Z... (24/50) L comme LAFONT
Lire la poésie : de A à Z... (24/50) L comme LAFONT
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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 17:29
Lire la poésie : de A à Z...(23/50) - L comme Larronde

Un poète : Olivier Larronde (1927-1965)

Un recueil : Les barricades mystérieuses (1946)

Un poème :

 

                    Travaux d'aiguille de pin

 

Bondée d'amers croissants, la fenêtre s'égare -
Chiffonniers câlinés, aimantés par les lunes,
Des chevaux font le vide où bénir ses charnières

À leurs temples la forge en couleuvres se perd,
Sa hache, un maure au flanc, multiplie leurs profils
Le char de ma lanterne en a creusé les marches,
La chapelle aux rayons des clefs à forme humaine.
Pavillons cueillez-y vos laques en amande,
Vos porches au talon d'étalons sans balance.

 

Ces poissons japonais, c'est l'onglée sur la place
Où s'enferme une aiguille et change de prison;
En vain s'y comparaient les dômes du spectacle,
Meublés de carillons, l'ombrelle aux corridas.
Ainsi la flotte naine a sa charge d'olives,
Manne des tuileries de banlieues au secret
Au dos de leur façade, en regrettant ses boucles,
Du mors de sa baignoire imprimant des créoles.
- Spectateur m'y voici : la cognée des croissants
Accouche ces tunnels d'une chaîne d'images.

 

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Olivier Larronde peut être classé dans la catégorie des "poètes maudits", adulé par Jean Genet, ami de Cocteau.

A l'image de Rimbaud, il a été précoce, publiant son premier recueil à 20 ans. Son oeuvre complète est contenue dans un peu moins de 400 pages. Il a publié juste après la 2e guerre mondiale et s'est très vite passionné par les mathématiques à la manière des oulipiens et de Queneau. Ainsi, adepte des anagrammes, son deuxième recueil " Rien voilà l'ordre" est celui de son nom Oliver Larronde.

Pour le poète, Lautréamont, "C'est du bidon"ou René Char " un pompeux faiseur d'horoscopes, aux banalités sentencieuses...". C'est dire qu'il n'a pas chercher à plaire et être plu.

Il a cherché toute forme de liberté dans sa pensée et dans sa vie, y compris également dans ses alexandrins ou ses sonnets.

Un poète à découvrir... dont les Editions Le Promeneur ont proposé ses oeuvres poétiques complètes en un volume en 2002.

Bonne lecture,

Denis

 

Lire la poésie : de A à Z...(23/50) - L comme Larronde
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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 19:07
Lire la poésie : de A à Z... (22/50) - L comme Larbaud

Un poète : Valéry Larbaud

Un recueil : Les poésies de A.O. Barnabooth (1913)

Un poème :

 

                                        Musique après une lecture

 

Assez de mots, assez de phrases ! ô vie réelle,

Sans art et sans métaphore, sois à moi.

Viens dans mes bras, sur mes genoux,

Viens dans mon cœur, viens dans mes vers, ma vie.

Je te vois devant moi, ouverte, interminable,

Comme une rue du Sud béni, étroite et chaude,

Et tortueuse entre des maisons très hautes, dont les faîtes

Trempent dans le ciel du soir, heurtés

Par des chauves-souris mou-volantes ;

Rue, comme un grand corridor parfumé

D’un Barrio del Mar dont la mer est en effet voisine,

Et où, dans la nuit calme, tout à l’heure,

Les serenos psalmodieront les heures…

 

Mais, ma vie, c’est toujours cette rue à la veille

Du jour de Saint-Joseph, quand des musiciens,

Des guitares sous leurs capes, donnent des sérénades :

On entendra, jusqu’au sommeil très doux, le bruit

Plus doux encore que le sommeil des cordes et du bois,

Si tremblant, si joyeux, si attendrissant et si timide,

Que si seulement je chante

Toutes les Pepitas vont danser dans leurs lits.

 

Mais non !

Mon chant entrecoupé de cris ! mon chant à moi !

(Ce n’est pas toi, Amérique, tes cataractes, tes forêts

Où frémit la venue du printemps, ce n’est pas toi,

Grand silence des Andes prodigieux et solitaires,

Ce n’est pas vous, non, qui remplissez ce cœur

D’une harmonie indescriptible, où se mêlent

Une joie féroce et des sanglots d’orgueil !...)

Oh ! que j’aille dans les lieux inhabités, loin des livres,

Et que j’y laisse rire et hurler

La bête lyrique qui est en mon sein !

 

                                  ------------------------------------------------

 

C'est en 1902 que Barnabooth prend vie dans l'esprit de Valéry Larbaud à Londres. Son nom vient de Barnes (localité près de Londres) et Booth (enseignes de pharmacies anglaises).

Le 4 juillet 1908 paraissent à ses frais 100 exemplaires des "oeuvres françaises de Barnabooth".

Il supprime quelques poèmes lors de l'édition de 1913.

Barnabooth se montre voyageur, généreux... Valéry Larbaud a laissé à son personnage sa "vérité d'auteur", puisque c'est lui qui écrit et il lui attribue les style d'un écrivain cosmopolite, ce qui explique le mode prosodique très débridé.

Ces "oeuvres" se décomposent en deux parties : "les Borborygmes", à laquelle appartient le poème "Musique après une lecture" et Europe.

Dans ses "poésies diverses", il n'hésite pas à écrire un poème "A M.Valéry Larbaud".

Ce recueil montre une grande modernité.

 

Bonne lecture

Denis

Lire la poésie : de A à Z... (22/50) - L comme Larbaud
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