Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 17:31
Chanter la poésie : Léopold Sédar Senghor par Ascal

Un poète : Léopold Sédar Senghor (1906 - 2001 / Sénégal)

Un chanteur : Bernard Ascal  ( http://www.bernard-ascal.com/ ) 

                       Recueil : Poètes de la négritude

Un poème :  

 

                     Ma soeur, ces mains de nuit

 

                                     (pour riti)*

 

- Ma soeur, ces mains de nuit sur mes paupières !

- Devine la musique de l'Enigme.

 

- Oh ! ce n'est pas la bête brute qu'est le Buffle, pas les

  pattes sourdes du pachyderme

Pas le rire des bracelets aux chevilles de la servante lente

Pas les pilons encore lourds de sommeil, pas le rythme des

   routes en corvée.

 

Ah !  le balafong de ses pieds et le gazouillis des oiseaux

   de lait !

Les cordes hautes des kôras, la musique subtile de ses

  hanches !

C'est la mélodie du blanc Méhari, la démarche royale de

  l'autruche.

 

- Et tu as reconnu ta Darne, la musique qui fait mes mains

  tes paupières si transparentes.

- J'ai nommé la fille d'Arfang de Siga.

 

Poème extrait du recueil "Nocturnes"

 

(Le violon peul, le riti ou encore le nianiorou est un instrument de musique à corde frottée. Il s'utilise avec un archet, ne comporte qu'une seule corde et le son qu'il produit est un son aigu. Le riti dispose de 5 notes. C'est instrument qui est utilisé en milieu  peul, notamment les bergers peuls.

Le riti accompagne ordinairement le poème satirique.

 

Ici, Bernard Ascal utilise des instruments occidentaux pour l'interprétation du poème.

Photo du riti

Photo du riti

Repost0
17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 19:43
Chanter la poésie : Neruda par "Harpe et poésie"

Un poète : Pablo Neruda (1904-1973)

Un chanteur (récitant) / une musicienne : Harpe et poésie

Un poète,une harpiste… Patrick GASTALDI, un amoureux de la poésie et Laure BERTRAND, harpiste professionnelle

 

Un poème :

 

          Je prends congé, je rentre

Je prends congé, je rentre
chez moi, dans mes rêves,
je retourne en Patagonie
où le vent frappe les étables
où l'océan disperse la glace.
Je ne suis qu'un poète
et je vous aime tous,
je vais errant par le monde que j'aime :

dans ma patrie
on emprisonne les mineurs
et le soldat commande au juge.
Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines
de mon petit pays si froid.
Si je devais mourir cent fois,
c'est là que je voudrais mourir
et si je devais naître cent fois
c'est là aussi que je veux naître 
près de l'araucaria sauvage,
des bourrasques du vent du sud
et des cloches depuis peu acquises.

Qu'aucun de vous ne pense à moi.
Pensons plutôt à toute la terre,
frappons amoureusement sur la table.
Je ne veux pas revoir le sang
imbiber le pain, les haricots noirs,
la musique: je veux que viennent
avec moi le mineur, la fillette,
l'avocat, le marin
et le fabricant de poupées,
Que nous allions au cinéma,
que nous sortions 
boire le plus rouge des vins.

Je ne suis rien venu résoudre.

Je suis venu ici chanter
je suis venu
afin que tu chantes avec moi.

 


Pablo Neruda

Repost0
10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 18:44
Chanter la poésie : Thiéfaine par Thiéfaine

Un poète : Hubert-Félix Thiéfaine (né en 1948)

Un chanteur : Hubert-Félix Thiéfaine

Un poème (chanson) :

 

             Alligators 427

 

 

Alligators 427
Aux ailes de cachemire safran,
Je grille ma dernière cigarette.
Je vous attends.
Sur cette autoroute hystérique
Qui nous conduit chez les mutants,
J'ai troqué mon cœur contre une trique.
Je vous attends.
Je sais que vous avez la beauté destructive
Et le sourire vainqueur jusqu'au dernier soupir.
Je sais que vos mâchoires distillent l'agonie.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

Alligators 427
À la queue de zinc et de sang,
Je m'tape une petite reniflette.
Je vous attends.
Dans cet étrange carnaval
On a vendu l'homo sapiens
Pour racheter du Neandertal.
Je vous attends.
Et les manufactures ont beau se recycler,
Y aura jamais assez de morphine pour tout le monde,
Surtout qu'à ce qu'on dit, vous aimez faire durer.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

Alligators 427
Aux longs regards phosphorescents,
Je mouche mon nez, remonte mes chaussettes.
Je vous attends.
Et je bloque mes lendemains.
Je sais que les mouches s'apprêtent,
Autour des tables du festin.
Je vous attends.
Et j'attends que se dressent vos prochains charniers.
J'ai raté l'autre guerre pour la photographie.
J'espère que vos macchabées seront bien faisandés.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

Alligators 427
Aux crocs venimeux et gluants,
Je donne un coup de brosse à mon squelette.
Je vous attends.
L'idiot du village fait la queue
Et tend sa carte d'adhérent
Pour prendre place dans le grand feu.
Je vous attends.
J'entends siffler le vent au-dessus des calvaires
Et je vois les vampires sortir de leurs cercueils
Pour venir saluer les anges nucléaires.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

Alligators 427
Aux griffes d'or et de diamant,
Je sais que la ciguë est prête.
Je vous attends.
Je sais que dans votre alchimie,
L'atome ça vaut des travellers chèques
Et ça suffit comme alibi.
Je vous attends.
A l'ombre de vos centrales, je crache mon cancer.
Je cherche un nouveau nom pour ma métamorphose.
Je sais que mes enfants s'appelleront vers de terre.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

Alligators 427
Au cerveau de jaspe et d'argent,
Il est temps de sonner la fête.
Je vous attends.
Vous avez le goût du grand art
Et sur mon compteur électrique,
J'ai le portrait du prince-ringard.
Je vous attends.
Je sais que, désormais, vivre est un calembour.
La mort est devenue un état permanent.
Le monde est aux fantômes, aux hyènes et aux vautours.
Moi je vous dis: "bravo" et "vive la mort!"

 


En savoir plus sur http://www.paroles-musique.com/paroles-Hubert_Felix_Thiefaine-Aligator_427-lyrics,p56690#ocT0Y1Y1eOz0tkVo.99

Alligator 427

Chanter

Repost0
3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 21:01
Chanter la poésie : Apollinaire par Serge Reggiani

Un poète : Guillaume Apollinaire (1880-1918)

Un chanteur : Serge Reggiani (1922-2004)

Un poème :

 

             Le pont Mirabeau

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine.

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

 

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

 

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

Repost0
25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 18:10
Chanter la poésie : de la Ville de Miremort par Antonacci

Un poète : Jean de la Ville de Mirmont (1886-1914)

Une chanteuse : Anna Caterina Antonacci (née en 1961) soprano

Un compositeur : Gabriel Fauré (1845-1924)

Un poème :

 

                              La mer est infinie...

 

 

    La mer est infinie et mes rêves sont fous.
La mer chante au soleil en battant les falaises
Et mes rêves légers ne se sentent plus d’aise
De danser sur la mer comme des oiseaux soûls.
 
Le vaste mouvement des vagues les emporte,
La brise les agite et les roule en ses plis ;
Jouant dans le sillage, ils feront une escorte
Aux vaisseaux que mon cœur dans leur fuite a suivis.
 
Ivres d’air et de sel et brûlés par l’écume
De la mer qui console et qui lave des pleurs,
Ils connaîtront le large et sa bonne amertume ;
Les goélands perdus les prendront pour des leurs.
 

 

                (L'horizon chimérique)

 

 

Ce poème est le premier de 4 poèmes qui composent l'oeuvre de Gabriel Fauré "L'horizon chimérique" opus 118, dernière oeuvre vocale datant de l'automne 1921.

4 textes du recueil du même nom de Jean de la Ville de Mirmont, jeune poète mort prématurément à la guerre.

 

Jérôme Garcin a publié récemment un livre "Bleus horizons" sur Jean de la Ville de Mirmont qui donne un éclairage passionnant sur la vie du poète.

 

Denis

Chanter la poésie : de la Ville de Miremort par Antonacci
Repost0
19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 17:40
Chanter la poésie : Villon par Brassens

Un poète : François Villon (1431 ? - 1463)

Un chanteur : Georges Brassens (1921-1981)

Un poème :

 

       Ballade des Dames du temps jadis

 

Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ?

Repost0
11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 20:00
Chanter la poésie : René-Guy Cadou par Gilles Servat

Un poète : René-Guy Cadou (1920-1951)

Un chanteur : Gilles Servat (né en 1945)

Un poème :

 

                 L'aventure marine

 

Sur la plage où naissent les mondes
Et l’hirondelle au vol marin
Il revenait chaque matin
Les yeux brûlés de sciure blonde
Son cœur épanoui dans ses mains

 

Il parlait seul. Son beau visage
Ruisselait d’algues. L’horizon
Le roulait dans ses frondaisons
D’étoiles et d’œillets sauvages
Amour trop fort pour sa raison

 

« Soleil, disait-il, que l’écume
Soit mon abeille au pesant d’or
Je prends la mer et je m’endors
Dans la corbeille de ses plumes
Loin des amis restés au port

 

Ah que m’importent ces auberges
Et leurs gouttières de sang noir
Les rendez-vous du désespoir
Dans les hôtels meublés des berges
Où les filles font peine à voir

 

J’ai préféré aux équipages
Le blanc cheval de la marée
Et les cadavres constellés
Qui s’acheminent vers le large
À tous ces sourires navrés

 

La mort s’en va le long des routes
Parfume l’herbe sur les champs
Il fait meilleur dans le couchant
Parmi les anges qui écoutent
Les coraux se joindre en tremblant

 

Il disait encor maintes choses
Où de grands cris d’oiseaux passaient
Et des feux rouges s’allumaient
Sur sa gorge comme les roses
Dans les premiers matins de mai

 

On vit s’ouvrir les portes claires
Les sémaphores s’envoler
Et des ruisseaux de lait couler
Vers les étables de la terre
D’où l’homme s’en était allé

 

Ébloui par tant de lumière
Il allait regardant parfois
La fumée courte sur le toit
L’épaule ronde des chaumières
Sans regretter son autrefois

 

Car il portait sur sa poitrine
Les tatouages de son destin
Qui disent « Soleil et bon grain »
À tous les hommes qui devinent
L’éternité dans l’air marin.

 

René Guy Cadou, Hélène ou le règne végétal, [L'aventure marine],Poésie la vie entière, 2001,p 259

Repost0
4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 18:21
Chanter la poésie : Apollinaire par Léo Ferré

Un poète : Guillaume Apollinaire (1880-1918)

Un chanteur : Léo Ferré (1916-1993)

Un poème :

 

                    Marie

 

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C’est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

 

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu’elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

 

Les brebis s’en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

 

Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l’automne
Que jonchent aussi nos aveux

 

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

 

Alcools

é

Chanter

Repost0
28 janvier 2016 4 28 /01 /janvier /2016 19:25
Chanter la poésie : Eluard par Hélène Martin

Un poète : Paul Eluard (1895-1952)

Une chanteuse : Hélène Martin (Née en 1928)

Un poème :

 

               Liberté

 

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

 

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

 

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

 

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

 

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

 

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

 

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

 

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

 

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

 

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

 

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

 

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

 

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

 

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

 

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

 

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

 

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

 

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

 

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

 

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

 

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

 

Paul Eluard

Poésie et vérité 1942 (recueil clandestin)
Au rendez-vous allemand (1945, Les Editions de Minuit)

Repost0
21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 19:45
Chanter la poésie : Baudelaire par Georges Chelon

Un poète : Charles Baudelaire (1821-1867)

Un chanteur : Georges Chelon (né en 1943)

Un poème : Le coucher du soleil romantique (Du recueil "Les fleurs du mal")

 

             Le coucher du soleil romantique

 

Que le soleil est beau quand tout frais il se lève,
Comme une explosion nous lançant son bonjour !
- Bienheureux celui-là qui peut avec amour
Saluer son coucher plus glorieux qu'un rêve !

Je me souviens ! J'ai vu tout, fleur, source, sillon,
Se pâmer sous son oeil comme un coeur qui palpite...
- Courons vers l'horizon, il est tard, courons vite,
Pour attraper au moins un oblique rayon !

Mais je poursuis en vain le Dieu qui se retire ;
L'irrésistible Nuit établit son empire,
Noire, humide, funeste et pleine de frissons ;

Une odeur de tombeau dans les ténèbres nage,
Et mon pied peureux froisse, au bord du marécage,
Des crapauds imprévus et de froids limaçons.

 

Les fleurs du Mal de Charles Baudelaire

 

---------------------------------------------

 

Je vous renvoie sur le site de Georges Chelon pour découvrir le travail fait pas le chanteur concernant la mise en CD des 141 poèmes des Fleurs du Mal (édition de 1861). Il s'agit d'un travail magistral :

http://www.georgeschelon.com/page/BAUDELAIRE.html

Repost0

Présentation

  • : BONHEUR DE LIRE
  •                       BONHEUR DE LIRE
  • : BLOC D'UN COUPLE PASSIONNE DE LIVRES, ART , HISTOIRE, LITTERATURE ET COLLECTIONNEURS DE MARQUE-PAGES.
  • Contact

             

  

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Recherche

Texte Libre

*** Phrases diverses ***