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19 août 2018 7 19 /08 /août /2018 16:18
Amis, un dernier mot de Victor Hugo

Amis, un dernier mot

Amis, un dernier mot ! - et je ferme à jamais 
Ce livre, à ma pensée étranger désormais. 
Je n'écouterai pas ce qu'en dira la foule. 
Car, qu'importe à la source où son onde s'écoule ? 
Et que m'importe, à moi, sur l'avenir penché, 
Où va ce vent d'automne au souffle desséché 
Qui passe, en emportant sur son aile inquiète 
Et les feuilles de l'arbre et les vers du poète ?

Oui, je suis jeune encore, et quoique sur mon front, 
Où tant de passions et d'oeuvres germeront, 
Une ride de plus chaque jour soit tracée, 
Comme un sillon qu'y fait le soc de ma pensée, 
Dans le cour incertain du temps qui m'est donné, 
L'été n'a pas encor trente fois rayonné. 

Je suis fils de ce siècle ! une erreur, chaque année, 
S'en va de mon esprit, d'elle-même étonnée, 
Et, détrompé de tout, mon culte n'est resté 
Qu'à vous, sainte patrie et sainte liberté ! 
Je hais l'oppression d'une haine profonde. 
Aussi, lorsque j'entends, dans quelque coin du monde, 
Sous un ciel inclément, sous un roi meurtrier, 
Un peuple qu'on égorge appeler et crier ; 
Quand, par les rois chrétiens aux bourreaux turcs livrée, 
La Grèce, notre mère, agonise éventrée ; 
Quand l'Irlande saignante expire sur sa croix ; 
Quand Teutonie aux fers se débat sous dix rois ; 
Quand Lisbonne, jadis belle et toujours en fête, 
Pend au gibet, les pieds de Miguel sur sa tête ; 
Lorsqu'Albani gouverne au pays de Caton ; 
Que Naples mange et dort ; lorsqu'avec son bâton, 
Sceptre honteux et lourd que la peur divinise, 
L'Autriche casse l'aile au lion de Venise ; 
Quand Modène étranglé râle sous l'archiduc ; 
Quand Dresde lutte et pleure au lit d'un roi caduc ; 
Quand Madrid se rendort d'un sommeil léthargique ; 
Quand Vienne tient Milan ; quand le lion Belgique, 
Courbé comme le boeuf qui creuse un vil sillon, 
N'a plus même de dents pour mordre son bâillon ; 
Quand un Cosaque affreux, que la rage transporte, 
Viole Varsovie échevelée et morte, 
Et, souillant son linceul, chaste et sacré lambeau, 
Se vautre sur la vierge étendue au tombeau ; 
Alors, oh ! je maudis, dans leur cour, dans leur antre, 
Ces rois dont les chevaux ont du sang jusqu'au ventre 
Je sens que le poète est leur juge ! je sens 
Que la muse indignée, avec ses poings puissants, 
Peut, comme au pilori, les lier sur leur trône 
Et leur faire un carcan de leur lâche couronne, 
Et renvoyer ces rois, qu'on aurait pu bénir, 
Marqués au front d'un vers que lira l'avenir ! 
Oh ! la muse se doit aux peuples sans défense. 
J'oublie alors l'amour, la famille, l'enfance, 
Et les molles chansons, et le loisir serein, 
Et j'ajoute à ma lyre une corde d'airain !

Victor Hugo. (Les feuilles d'automne - 1831)

 

Amis, un dernier mot de Victor Hugo
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29 juillet 2018 7 29 /07 /juillet /2018 17:01
LA LIBERTE - Poème de René Char

 

 

LA LIBERTE

 

Elle est venue par cette ligne blanche pouvant tout aussi bien signifier l’issue de l’aube que le bougeoir du crépuscule. 
Elle passa les grèves machinales ; elle passa les cimes éventrées. 

Prenaient fin la renonciation à visage de lâche, la sainteté du mensonge, l’alcool du bourreau. 
Son verbe ne fut pas un aveugle bélier mais la toile où s’inscrivit mon souffle. 
D’un pas à ne se mal guider que derrière l’absence, elle est venue , cygne sur la blessure, par cette ligne blanche.

 

René Char, "Seuls demeurent" (1938-1944) dans le recueil "Fureur et mystère" (1962)

 

 

LA LIBERTE - Poème de René Char

Dans son livre "René Char en ses poèmes", Paul Veyne, ami du poète, s'est essayé à expliquer les poèmes de René Char, pour "en éclairer la part d'ombre".

Et voici ce qu'il dit de ce poème page 217 :

La liberté arriva enfin, venue de la mer, un matin de juin et un matin d'août 1944 : "Elle est venue par cette ligne blanche...". Un ordre du jour signé du "capitaine Alexandre" recommandait aux "réfractaires, mes camarades" de ne pas se faire massacrer en des attaques téméraires. Char pouvait écrire, de la liberté : "Son verbe ne fut pas un aveugle bélier, mais la voile où s'inscrivit mon souffle".
Et puis il s'en tint là. Continuer la guerre par la politique ne l'intéressait pas ou ne l'aurait pas intéresser longtemps...

Pour rappel, René Char, sous le nom de « Capitaine Alexandre », participe, les armes à la main, à la Résistance, « école de douleur et d’espérance ». Il commande la section atterrissage parachutage de la zone Durance et son QG fut installé à Céreste (Basses-Alpes).

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13 juillet 2018 5 13 /07 /juillet /2018 16:46
Quatrains d'Emily Dickinson (Poésie /Gallimard)

Quatrains et autres poèmes brefs d'Emily Dickinson (Poésie/Gallimard)

Edition bilingue, traduction et présentation de Claire Malroux

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Emily Dickinson (1830-1886) commence à rassembler ses poèmes dans des cahiers cousus et c'est en 1862 que, submergée par la puissance explosive de sa force créatrice, elle sollicite l'avis de l'homme de lettres Thomas W. Higginson sur la valeur de sa poésie nouant avec lui des rapports épistolaires qui ne cesseront qu'à sa mort.

Les quatrains occupent alors une place assez modeste dans sa production mais nombre d'entre eux sont déjà adressés à des personnes ou inclus dans des lettres. Cette pratique ira en se généralisant à mesure que se diversifiera une correspondance réservée auparavant à des ou à un cercle de proches.

Leur principal destinataire à ses débuts est Samuel Bowles, un ami de la famille. Elle a entretenu de 1858 à 1878, une fiévreuse correspondance avec lui.

Voici les 2 premiers quatrains (1858) repris ensuite en recueil :

1/

I would distill a cup -                            Je voudrais emplir de sucs une coupe -

and bear to all my friends,                    la lever pour tous mes amis,

drinking to her no more astir,               buvant à celle qui plus ne remue

by beck, or burn, or moor !                    aux landes, aux sources, aux rus !

                                                                        (Lettre à Samuel Bowles)

2/

A darting year - a pomp - a tear             Un an éclair - de la pompe - une larme

a waking on a morn                                l'éveil pour découvrir un matin

to find that what one waked for,            que ce pour quoi l'on s'éveillait

inhales the different dawn.                     inhale l'aube différente.

                                                                               (Lettre à Mary Haven)

 

Bonne lecture, car n'oublions pas que la poésie fait aussi partie de nos besoins de ressourcement.

Denis

 

Quatrains d'Emily Dickinson (Poésie /Gallimard)
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15 janvier 2018 1 15 /01 /janvier /2018 18:04
Le Violon d'Ingres par Régine Digregorio  http://www.galerie-creation.com/tableau-peinture-lhuile-violon-ingres-p-46689.html

Le Violon d'Ingres par Régine Digregorio http://www.galerie-creation.com/tableau-peinture-lhuile-violon-ingres-p-46689.html

Sonate du violon

Un battement de cœur dans un accord en quinte,
Au rythme des humeurs qui se laissent bercer
Dans un chant mélodieux que l’on aime écouter :
L’harmonie de l’archet qui laisse son empreinte.

Toute cette émotion lorsqu’il donne le ton,
Accompagnant les pleurs et soutenant les peines…
La caresse d’une note cheminant dans nos veines,
Apaise les douleurs et redonne la raison.

Sonate du violon, troublantes sérénades,
Aimant guider nos pas autour des promenades,
Rajeunissant nos corps appauvris de tendresse.

Lorsque arrive à trépas notre ultime soupir,
C’est avec mélodie qu’une âme enchanteresse
Violonera pour nous dans un dernier sourire.

Poème de Sylvie Souaidet

Ses poèmes sont sous copyright et ne peuvent être partagés qu'avec son accord.

Vous pouvez les retrouver sur ce site :

http://poesie.webnet.fr/vospoemes/poemes/sylvie_souaidet/sylvie_souaidet.html

 

Une petite" musique" qui résonne et raisonne en nous pour nous dire qu'il y a toujours en soi des ressources à exploiter jusqu'aux derniers jours de notre vie !

A lire en écoutant la sonate pour violon N° 3 de J.S. Bach

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22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 15:49
Les poètes de Léo Ferré chanté par Mélanie Dahan et Giovanni Mirabassi
Les poètes de Léo Ferré chanté par Mélanie Dahan et Giovanni Mirabassi

                   Les poètes de Léo Ferré :

 

Ce sont de drôles de types qui vivent de leur plume
Ou qui ne vivent pas c'est selon la saison
Ce sont de drôles de types qui traversent la brume
Avec des pas d'oiseaux sous l'aile des chansons

Leur âme est en carafe sous les ponts de la Seine
Les sous dans les bouquins qu'ils n'ont jamais vendus
Leur femme est quelque part au bout d'une rengaine
Qui nous parle d'amour et de fruit défendu

Ils mettent des couleurs sur le gris des pavés
Quand ils marchent dessus ils se croient sur la mer
Ils mettent des rubans autour de l'alphabet
Et sortent dans la rue leurs mots pour prendre l'air

Ils ont des chiens parfois compagnons de misère
Et qui lèchent leurs mains de plume et d'amitié
Avec dans le museau la fidèle lumière
Qui les conduit vers les pays d'absurdité

Ce sont des drôles de types qui regardent les fleurs
Et qui voient dans leurs plis des sourires de femme
Ce sont de drôles de types qui chantent le malheur
Sur les pianos du cœur et les violons de l'âme

Leurs bras tout déplumés se souviennent des ailes
Que la littérature accrochera plus tard
A leur spectre gelé au-dessus des poubelles
Où remourront leurs vers comme un effet de l'Art

Ils marchent dans l'azur la tête dans les villes
Et savent s'arrêter pour bénir les chevaux
Ils marchent dans l'horreur la tête dans des îles
Où n'abordent jamais les âmes des bourreaux

Ils ont des paradis que l'on dit d'artifice
Et l'on met en prison leurs quatrains de dix sous
Comme si l'on mettait aux fers un édifice
Sous prétexte que les bourgeois sont dans l'égout

Léo Ferré

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Une très belle interprétation de ce poème par Mélanie Dahan et Giovanni Mirabassi à découvrir en mode "jazz" :

 

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 15:42
Poème : A Madame du Deffant par VoltairePoème : A Madame du Deffant par Voltaire

Voltaire (1694-1778) est surtout connu pour ses contes philosophiques tels Candide, Zadig. Il a toutefois été également poète. Ainsi, ce poème de 1773 à Mme du Deffand (1697-1780), connue comme épistolière et comme "salonnière". Elle ouvrit son salon en 1749 dans les appartements occupés autrefois par Mme de Montespan, rue Saint Dominique à Paris. D'Alembert, Marivaux entre autres l'ont assidûment fréquenté.

 

Titre : À Madame du Deffant

Voltaire (1694-1778)

Recueil : Poésies complètes (1778).

Hé quoi ! vous êtes étonnée
Qu'au bout de quatre-vingts hivers,
Ma Muse faible et surannée
Puisse encor fredonner des vers ?

Quelquefois un peu de verdure
Rit sous les glaçons de nos champs ;
Elle console la nature,
Mais elle sèche en peu de temps.

Un oiseau peut se faire entendre
Après la saison des beaux jours ;
Mais sa voix n'a plus rien de tendre,
Il ne chante plus ses amours.

Ainsi je touche encor ma lyre
Qui n'obéit plus à mes doigts ;
Ainsi j'essaie encor ma voix
Au moment même qu'elle expire.

"Je veux dans mes derniers adieux,
Disait Tibulle à son amante,
Attacher mes yeux sur tes yeux,
Te presser de ma main mourante."

Mais quand on sent qu'on va passer,
Quand l'âme fuit avec la vie,
A-t-on des yeux pour voir Délie,
Et des mains pour la caresser ?

Dans ce moment chacun oublie
Tout ce qu'il a fait en santé.
Quel mortel s'est jamais flatté
D'un rendez-vous à l'agonie ?

Délie elle-même, à son tour,
S'en va dans la nuit éternelle,
En oubliant qu'elle fut belle,
Et qu'elle a vécu pour l'amour.

Nous naissons, nous vivons, bergère,
Nous mourons sans savoir comment ;
Chacun est parti du néant :
Où va-t-il ?... Dieu le sait, ma chère.

À Ferney, le 16 novembre 1773.

Voltaire.


Read more at http://www.poesie-francaise.fr/voltaire/poeme-a-madame-du-deffant.php#1CAmB5PDAA8xiF0t.99

Poème : A Madame du Deffant par Voltaire
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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 20:03

Paroles et traduction de «Suzanne»

 

Suzanne (Suzanne)

 

Suzanne takes you down to her place near the river
Suzanne t'emmène chez elle près de la rivière
You can hear the boats go by
Tu peux entendre les bateaux voguer(1)
You can spend the night beside her
Tu peux passer la nuit auprès d'elle
And you know that she's half crazy
Et tu sais qu'elle est à moitié folle
But that's why you want to be there
Mais c'est pour ça que tu veux rester
And she feeds you tea and oranges
Et elle te nourrit de thé et d'oranges
That come all the way from China
Qui ont fait tout le chemin depuis la Chine
And just when you mean to tell her
Et juste au moment où tu veux lui dire
That you have no love to give her
Que tu n'as aucun amour à lui donner
Then she gets you on her wavelength
Elle t'entraîne dans ses ondes
And she lets the river answer
Et laisse la rivière répondre
That you've always been her lover
Que tu es son amant depuis toujours

And you want to travel with her
Et tu veux voyager avec elle
And you want to travel blind
Et tu veux voyager les yeux fermés
And you know that she will trust you
Et tu sais qu'elle aura confiance en toi
For you've touched her perfect body with your mind.
Car tu as touché son corps parfait avec ton esprit.

And Jesus was a sailor
Et Jésus était un marin
When he walked upon the water
Quand il marchait sur l'eau
And he spent a long time watching
Et il passa très longtemps à observer
From his lonely wooden tower
Du haut de sa tour solitaire en bois
And when he knew for certain
Et quand il eût la certitude
Only drowning men could see him
Que seuls les hommes sur le point de se noyer pouvaient le voir
He said All men will be sailors then
Il dit tous les hommes seront des marins alors
Until the sea shall free them
Jusqu'au moment où la mer les libérera
But he himself was broken
Mais lui-même fut brisé
Long before the sky would open
Bien avant que le ciel ne s'ouvre
Forsaken, almost human
Abandonné, presque humain
He sank beneath your wisdom like a stone
Il sombra sous ta sagesse comme une pierre

And you want to travel with him
Et tu veux voyager avec lui
And you want to travel blind
Et tu veux voyager les yeux fermés
And you think maybe you'll trust him
Et tu penses que peut-être tu lui feras confiance
For he's touched your perfect body with his mind.
Car il a touché ton corps parfait avec son esprit.

Now Suzanne takes your hand
Maintenant Suzanne prend ta main
And she leads you to the river
Et te conduit à la rivière
She is wearing rags and feathers
Elle est vêtue de haillons et de plumes
From Salvation Army counters
Venant des guichets de l'Armée du Salut
And the sun pours down like honey
Et le soleil coule comme du miel
On our lady of the harbour
Sur notre dame du port
And she shows you where to look
Et elle t'indique où regarder
Among the garbage and the flowers
Au milieu des déchets et des fleurs
There are heroes in the seaweed
Il y a des héros dans les algues
There are children in the morning
Il y a des enfants dans le matin
They are leaning out for love
Ils s'inclinent par amour
And they will lean that way forever
Et ils s'inclineront ainsi pour l'éternité
While Suzanne holds the mirror
Pendant que Suzanne tient le miroir

And you want to travel with her
Et tu veux voyager avec elle
And you want to travel blind
Et tu veux voyager les yeux fermés
And you know that you can trust her
Et tu sais que tu peux lui faire confiance
For she's touched your perfect body with her mind.
Car elle a touché ton corps parfait avec son esprit.

(1) littéralement passer ( mais fallait éviter la répétition de passer )


En savoir plus sur http://www.lacoccinelle.net/243649.html#51gQDl1EQ1CSVEPW.99

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 15:56

 

Après avoir vu une video très intéressante de Pauline Picot lisant son texte "A l'heure qu'il sera" et que je mets en fin d'article, j'ai demandé à "Appelle-Moi Poésie" de se présenter et voici le texte que m'a adressé Catel Tomo, coordinateur du projet :

 

 

Appelle-Moi Poésie est la première websérie francophone consacrée à la poésie.

Sur internet, nous produisons et diffusons des vidéos courtes où des auteurs interprètent leur poème dans des lieux ordinaires ou inattendus. Cette initiative est inédite en France.

Notre volonté est de rendre la poésie accessible à un plus large public, en restant exigeant sur la qualité des créations.

A l'heure actuelle, Appelle-Moi Poésie, c'est une équipe de 10 collaborateurs bénévoles. Nous avons déjà acquis la confiance de 40 poètes avec qui nous travaillons, et de plusieurs maisons d'édition qui mettent des œuvres de leur catalogue à notre disposition. Deux ans après son lancement, Appelle-Moi Poésie compte aujourd'hui 250 000 vues pour ses vidéos et 10 000 abonnés sur Facebook.

Parallèlement à cette activité vidéo, Appelle-Moi Poésie met en place d'autres projets afin de travailler avec les auteurs dans la continuité.

- Ainsi, nous publions, à la fin de chaque saison vidéo, un recueil papier qui regroupe les textes des auteurs filmés dans la saison. Ce recueil, édité et fabriqué par nos soins, est vendu en partie dans sur notre boutique en ligne : http://www.appellemoipoesie.com/produit/lv1/

- Nous organisons des rencontres intitulées "Tu parles ! Portes et bouches ouvertes sur la poésie" lors desquelles nous invitons le public à venir échanger avec les auteurs que nous avons filmés, autour de lectures et de performances interactives.

- Enfin, depuis janvier 2016, Appelle-Moi Poésie anime un atelier ambulant de créations poétiques intitulé "Poésie-Box", auprès des 6-12 ans.

Site internet : www.appellemoipoesie.com

 

​Bonne découverte,

 

​Denis

 

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 15:31
Poème de John Keats : A thing of beauty

Un auteur : John Keats (1795-1821)

Un recueil : Endymion

Un poème :

 

            A thing of beauty

 

A thing of beauty is a joy for ever:
Its lovliness increases; it will never
Pass into nothingness; but still will keep
A bower quiet for us, and a sleep
Full of sweet dreams, and health, and quiet breathing.
Therefore, on every morrow, are we wreathing
A flowery band to bind us to the earth,
Spite of despondence, of the inhuman dearth
Of noble natures, of the gloomy days,
Of all the unhealthy and o'er-darkn'd ways
Made for our searching: yes, in spite of all,
Some shape of beauty moves away the pall
From our dark spirits. Such the sun, the moon,
Trees old and young, sprouting a shady boon
For simple sheep; and such are daffodils
With the green world they live in; and clear rills
That for themselves a cooling covert make
'Gainst the hot season; the mid-forest brake,
Rich with a sprinkling of fair musk-rose blooms:
And such too is the grandeur of the dooms
We have imagined for the mighty dead;
An endless fountain of immortal drink,
Pouring unto us from the heaven's brink.

Poème de John Keats : A thing of beauty
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 16:49
Chanter la poésie : Alfred de Musset par Gainsbourg

Un poète : Alfred de Musset (1810-1857)

Un chanteur :Serge Gainsbourg (1928-1991)

Un poème :

 

                       La nuit d'octobre (extrait) - recueil "Poésies nouvelles"

 

Honte à toi qui la première

M'as appris la trahison,

Et d'horreur et de colère

M'as fait perdre la raison !

Honte à toi, femme à l'oeil sombre,

Dont les funestes amours

Ont enseveli dans l'ombre

Mon printemps et mes beaux jours !

C'est ta voix, c'est ton sourire,

C'est ton regard corrupteur,

Qui m'ont appris à maudire

Jusqu'au semblant du bonheur ;

C'est ta jeunesse et tes charmes

Qui m'ont fait désespérer,

Et si je doute des larmes,

C'est que je t'ai vu pleurer.

Honte à toi, j'étais encore

Aussi simple qu'un enfant ;

Comme une fleur à l'aurore,

Mon coeur s'ouvrait en t'aimant.

Certes, ce coeur sans défense

Put sans peine être abusé ;

Mais lui laisser l'innocence

Etait encor plus aisé.

Honte à toi ! tu fus la mère

De mes premières douleurs,

Et tu fis de ma paupière

Jaillir la source des pleurs !

Elle coule, sois-en sûre,

Et rien ne la tarira ;

Elle sort d'une blessure

Qui jamais ne guérira ;

Mais dans cette source amère

Du moins je me laverai,

Et j'y laisserai, j'espère,

Ton souvenir abhorré !

 

Le texte complet sous forme "théâtrale" (dialogue entre la muse et le poète) est sur ce site :

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/alfred_de_musset/la_nuit_d_octobre.html

 

Serge Gainsbourg a chanté cet extrait au début de sa carrière. Je l'ignorais complètement.

A découvrir pour "l'histoire de la chanson".

 

 

 

 

 

 

 

 

Honte à toi qui la première

M'as appris la trahison,

Et d'horreur et de colère

M'as fait perdre la raison !

Honte à toi, femme à l'oeil sombre,

Dont les funestes amours

Ont enseveli dans l'ombre

Mon printemps et mes beaux jours !

C'est ta voix, c'est ton sourire,

C'est ton regard corrupteur,

Qui m'ont appris à maudire

Jusqu'au semblant du bonheur ;

C'est ta jeunesse et tes charmes

Qui m'ont fait désespérer,

Et si je doute des larmes,

C'est que je t'ai vu pleurer.

Honte à toi, j'étais encore

Aussi simple qu'un enfant ;

Comme une fleur à l'aurore,

Mon coeur s'ouvrait en t'aimant.

Certes, ce coeur sans défense

Put sans peine être abusé ;

Mais lui laisser l'innocence

Etait encor plus aisé.

Honte à toi ! tu fus la mère

De mes premières douleurs,

Et tu fis de ma paupière

Jaillir la source des pleurs !

Elle coule, sois-en sûre,

Et rien ne la tarira ;

Elle sort d'une blessure

Qui jamais ne guérira ;

Mais dans cette source amère

Du moins je me laverai,

Et j'y laisserai, j'espère,

Ton souvenir abhorré !

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