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16 septembre 2010 4 16 /09 /septembre /2010 07:00

 

 

 

 

QUATUOR

 

 

Le matou de Léon

Aimait l'accordéon.

 

L'angora de Céline

Pinçait la mandoline.

 

Et celui de Simone,

Avec son saxophone,

 

Savait faire pleurer

Les chattes du quartier.

 

Ces joueurs solitaires,

Un jour, se concertèrent.

 

Justement la Fauvette

De la vieille Antoinette

 

Venait de terminer

Un quatuor en ré.

 

Mais on chercha en vain

Un autre musicien.

 

Et le hasard sauva,

D'un vulgaire trépas

 

Sous les griffes félines,

La souris d'Adolphine

 

Qui, durant tout l'été,

A l'ombre de sa hutte,

 

Avait appris la flûte

Sur un roseau troué.

 

 

 

Maurice Carême

 

 

***

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 09:00

 

 

Etonnant !

 

 

C'est un oiseau qui prend son temps,

Un chat qui joue au cerf-volant,

Un écolier qui parle au vent,

Une rue qui rêve en marchant,

Une vitre qui se défend

Contre un soleil trop éclatant,

Un cygne qui s'en va, si blanc

Que le ciel le suit en riant,

Et moi, oui, moi, toujours présent

où quelque chose d'étonnant

Arrive presque à chaque instant.

 

 

Maurice Carême

 

 

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 10:10

 

 

 

  

(Raoul Duffy - Homme lisant - 1898)

 

  

La nuque d'un lecteur debout au fond

Son profil gauche

Mâchoire serrée

Concentration massive

Il s'apprête à changer de siècle

là, sous mes yeux

Sans bruit

 

J'ai toujours pensé

que c'était le livre qui franchissait

les siècles pour parvenir jusqu'à nous

Jusqu'à ce que je comprenne

en voyant cet homme

que c'était le lecteur qui fait le déplacement

 

Ne nous fions pas trop à cet objet couvert de signes

que nous tenons en main

et qui n'est là que pour témoigner

que le voyage a bien lieu.

 

  

Dany Lafferrière

 

 

 

 

 

 

 

 L'Enigme du retour

 ( Editions Grasset & Fasquelle , 2009 )

 

***

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 09:00

 

 

 

 

 

 

On les a fait Venir!

 

 

Je suis le chat de cimetière,
De terrain vague et de gouttière,
De haute-Egypte et du ruisseau
Je suis venu de saut en saut.

 

Je suis le chat qui se prélasse
A l'instant où le soleil passe,
Dans vos jardins et dans vos cours
Sans avoir patte de velours.

 

Je suis le chat de l'infortune,
Le trublion du clair de lune
Qui vous réveille dans la nuit
Au beau milieu de vos ennuis.

 

Je suis le chat des maléfices
Condamné par le Saint-Office;
J'évoque la superstition
Qui cause vos malédictions.

 

Je suis le chat qui déambule
Dans vos couloirs de vestibules,
Et qui fait ses petits besoins
Sous la porte cochère du coin.

 

Je suis le félin bas de gamme,
La bonne action des vieilles dames
Qui me prodiguent le ron-ron
Sans souci du qu'en dira-t-on.

 

Epargnez moi par vos prières
Le châtiment de la fourrière
Où finissent vos émigrés
Sans demeure et sans pedigree.


Henri Monnier

 

 

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 08:00

 

 

 

 

 

L'

intérieur de votre tête

n'est pas cette

masse

grise et blanche

que l'on vous a dite

 

c'est un

paysage

de sources et de branches

une

maison de feu

 

mieux encore

la

ville miraculeuse

qu'il vous plaira

d'

inventer.

 

 

 

Paul Nougé

 

 

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 09:00

 

 

 

 

 

 

L'heure des mamans

   

C'est bientôt l'heure des mamans
Préparez vous les enfants
il faut mettre ses habits
l'école est finie.

 

Devant l'école maternelle
les parents sont là
devant l'école maternelle
ils font les cent pas.

 

C'est bientôt l'heure des mamans
Préparez vous les enfants
il faut mettre ses habits
l'école est finie.

 

Ma petite maman magique
dès que je te vois
Je viens me blottir bien vite
Au creux de tes bras.

 

C'est bientôt l'heure des mamans
préparez vous les enfants
il faut mettre ses habits
l'école est finie.
 
 

  

Pierre Lozère

 

 

 

** Jolies barres de séparation **  

 

 

 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 08:00

 

 

 

 

Mon cartable
 

 

Mon cartable a mille odeurs,
mon cartable sent la pomme,
le livre, l'encre, la gomme
et les crayons de couleurs.

 

 

Mon cartable sent l'orange,
le bison et le nougat,
il sent tout ce que l'on mange
Et ce qu'on ne mange pas.

 

 

La figue et la mandarine,
le papier d'argent ou d'or,
et la coquille marine,
les bateaux sortant du port.

 

 

Les cow-boys et les noisettes,
La craie et le caramel,
les confettis de la fête,
les billes remplies de ciel.

 

 

Les longs cheveux de ma mère
et les joues de mon papa,
les matins dans la lumière,
la rose et le chocolat.

 

 

Pierre Gamarra

 

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 08:00
 
 
 
 
 
Grammaire
 
 
Peut-être et toujours peut-être
adverbes que vous m'ennuyez
avec vos presque et presque pas
quand fleurissent les apostrophes.
 
 
Et vous points et virgules
qui grouillez dans les viviers
où nagent les subjonctifs
je vous empaquette vous ficelle.
 
 
Soyez maudits paragraphes
pour que les prophéties s'accomplissent
bâtards honteux des grammairiens
et mauvais joueurs de syntaxe.
 
 
Sucez vos impératifs
et laissez-nous dormir
une bonne fois
c'est la nuit
et la canicule.
 
 
Philippe Soupault

 

 

 

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 09:00

  

  

Page d'écriture
 
Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit seize...
Répétez ! dit le maître
Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit font seize.
Mais voilà l'oiseau-lyre
qui passe dans le ciel
l'enfant le voit
l'enfant l'entend
l'enfant l'appelle :
Sauve-moi
joue avec moi
oiseau !
Alors l'oiseau descend
et joue avec l'enfant
Deux et deux quatre...
Répétez ! dit le maître
et l'enfant joue
l'oiseau joue avec lui...
Quatre et quatre huit
huit et huit font seize
et seize et seize qu'est-ce qu'ils font ?
Ils ne font rien seize et seize
et surtout pas trente deux
de toute façon
et ils s'en vont.
Et l'enfant à caché l'oiseau
dans son pupitre
et tous les enfants
entendent sa chanson
et tous les enfants entendent sa musique
et huit et huit à leur tour s'en vont
et quatre et quatre et deux et deux
à leur tour fichent le camp
et un et un ne font ni une ni deux
un à un s'en vont également.
Et l'oiseau-lyre joue
et l'enfant chante
et le professeur crie :
Quand vous aurez fini de faire le pitre !
Mais tous les autres enfants
écoutent la musique
et les murs de la classe
s'écroulent tranquillement
Et les vitres redeviennent sable
l'encre redevient eau
les pupitres redeviennent arbres
la craie redevient falaise
le porte-plume redevient oiseau.
 

 Jacques Prévert

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 08:00

   

 

L'école

 

 

L'école était au bord du monde,

L'école était au bord du temps.

Au dedans , c'était plein de rondes;

Au dehors, plein de pigeons blancs.

 

 

On y racontait des histoires

Si merveilleuses qu'aujourd'hui,

Dès que je commence à y croire,

Je ne sais plus bien où j'en suis.

 

 

Des fleurs y grimpaient aux fenêtres

Comme on n'en trouve nulle part,

Et , dans la cour gonflée de hêtres,

Il pleuvait de l'or en miroirs.

 

 

Sur les tableaux d'un noir profond,

Voguaient de grandes majuscules

Où, de l'aube au soir , nous glissions

Vers de nouvelles péninsules.

 

 

L'école était au bord du monde,

L'école était au bord du temps.

Ah ! que ne suis-je encor dedans

Pour voir, au dehors, les colombes !

 

 

Maurice Carême

 

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