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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 09:00

 

 

L'amour, la poésie

 

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s'entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d'alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d'indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L'aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

 

Paul Eluard

 

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 10:32

 

 

 

( Source photo internet )

 

 

 

Trois mouettes

 

Je te donne trois mouettes

La pulpe d'un fruit
Le goût des jardins sur les choses

La verte étoile d'un étang
Le rire bleu de la barque
La froide racine du roseau

Je te donne trois mouettes
La pulpe d'un fruit

De l'aube entre les doigts
De l'ombre entre les tempes

Je te donne trois mouettes
Et le goût de l'oubli.

 

 

Andrée Chédid

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 10:00

 

 

 ( Source photo internet )   

 

 

 

Venise

   

Dans Venise la rouge,
Pas un bateau qui bouge,
Pas un pêcheur dans l'eau,
Pas un falot.
Seul, assis à la grève,
Le grand lion soulève,
Sur l'horizon serein,

 Son pied d'airain.

Autour de lui, par groupes,
Navires et chaloupes,
Pareils à des hérons
Couchés en ronds,

Dorment sur l'eau qui fume,
Et croisent dans la brume,
En légers tourbillons,
Leurs pavillons.

 

La lune qui s'efface
Couvre son front qui passe
D'un nuage étoilé
Demi-voilé.
Ainsi, la dame abbesse
De Sainte-Croix rabaisse
Sa cape aux larges plis
Sur son surplis.

Et les palais antiques,
Et les graves portiques,
Et les blancs escaliers
Des chevaliers,

Et les ponts, et les rues,
Et les mornes statues,
Et le golfe mouvant
Qui tremble au vent,

Tout se tait, fors les gardes
Aux longues hallebardes,
Qui veillent aux créneaux
Des arsenaux.

 

 Ah ! maintenant plus d'une
Attend, au clair de lune,
Quelque jeune muguet,
L'oreille au guet.
Pour le bal qu'on prépare,
Plus d'une qui se pare,
Met devant son miroir
Le masque noir.

Sur sa couche embaumée,
La Vanina pâmée
Presse encor son amant,
En s'endormant;

Et Narcissa, la folle,
Au fond de sa gondole,
S'oublie en un festin
Jusqu'au matin.

 

Et qui, dans l'Italie,
N'a son grain de folie ?
Qui ne garde aux amours
Ses plus beaux jours ?
Laissons la vieille horloge,
Au palais du vieux doge,
Lui compter de ses nuits
Les longs ennuis.

Comptons plutôt, ma belle,
Sur ta bouche rebelle
Tant de baisers donnés...
Ou pardonnés.

Comptons plutôt tes charmes,
Comptons les douces larmes,
Qu'à nos yeux a coûté
La volupté !

 

 

Alfred de Musset ( Contes d'Espagne et d'Italie )

 



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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 10:00

 

 

 

 

( Source photo internet )

 

 

Le clown

 

 

A peine se lève le rideau

Apparaît le Clown rayonnant et beau

Il fait une entrée triomphale en trébuchant

Sous les applaudissements

Et les cris de joie des enfants

Avec son costume bariolé

Ses chaussures à pointure démesurée

Il danse avec allégresse la farandole

En faisant des grimaces de guignol

Dans ses mains il tient un violon

Et fredonne des chansons

Par les refrains le public lui répond

Avec le foulard il essuie son nez rouge et rond

Tire une élégante révérence avec son chapeau melon

Le spectacle se termine

Les enfants font triste mine

Le Clown derrière son sourire permanent fait ses adieux

Mais lui est-il toujours Si heureux ?

 

 

Yvette Bronner

 

 

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 10:00

 

 

 

 

 

 

LE DÉSESPOIR EST ASSIS SUR UN BANC

 

Dans un square sur un banc
Il y a un homme qui vous appelle quand on passe
Il a des binocles un vieux costume gris
Il fume un petit ninas il est assis
Et il vous appelle quand on passe
Ou simplement il vous fait signe
Il ne faut pas le regarder
Il ne faut pas l'écouter
Il faut passer
Faire comme si on ne le voyait pas
Comme si on ne l'entendait pas
Il faut passer et presser le pas
Si vous le regardez
Si vous l'écoutez
Il vous fait signe et rien personne
Ne peut vous empêcher d'aller vous asseoir près de lui
Alors il vous regarde et sourit
Et vous souffrez attrocement
Et l'homme continue de sourire
Et vous souriez du même sourire
Exactement
Plus vous souriez plus vous souffrez
Atrocement
Plus vous souffrez plus vous souriez
Irrémédiablement
Et vous restez là
Assis figé
Souriant sur le banc
Des enfants jouent tout près de vous
Des passants passent
Tranquillement
Des oiseaux s'envolent
Quittant un arbre
Pour un autre
Et vous restez là
Sur le banc
Et vous savez vous savez
Que jamais plus vous ne jouerez
Comme ces enfants
Vous savez que jamais plus vous ne passerez
Tranquillement
Comme ces passants
Que jamais plus vous ne vous envolerez
Quittant un arbre pour un autre
Comme ces oiseaux.

 

 

Jacques Prévert  - Paroles - 1945

 

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 10:00

 

 

 

Oh ! laissez-moi rêver !

 Les étoiles scintillent ;
Le ciel est parsemé de leurs pâles clartés :
Sur la terre endormie où les vers luisants brillent,
L'astre des nuits répand ses rayons argentés.
La nature s'endort sous l'aile du silence ;
A peine un doux murmure ose-t-il s'élever ;
Tandis que tout repose, il fait bon lorsqu'on pense,
Oh ! laissez-moi rêver !

Oh ! laissez-moi rêver ! Je veux poursuivre un songe ;
Je veux, pour un instant, le ressaisir encor ;
moi Je veux jouir toujours de ce si doux mensonge ;
Je veux rêver tout seul pendant que chacun dort.
Il fait si bon songer à tout ce que l'on aime,
Au secret que le coeur se plaît à conserver,
A tous ces vains désirs que l'on détruit soi-même !
Oh ! laissez-moi rêver !

Oh ! laissez-moi rêver ! Voyez, la nuit est belle ;
Le zéphyr s'est tu pour me laisser songer.
Dans l'océan d'azur où l'étoile étincelle,
Au sein du firmament je voudrais plonger.
Je voudrais, transporté sur des ailes de flamme,
Monter, monter, toujours, sans jamais arriver
Et contenter enfin les désirs de mon âme.
Oh ! laissez-moi rêver !

Oh ! laissez-moi rêver ! C'est si doux, un beau rêve !
La vie a bien assez de peine et de douleur !
Quand on fait un beau songe, il faut bien qu'on l'achève ;
Mieux vaut se croire heureux, même au sein du malheur !
Mais la nuit va s'enfuir à l'aspect de l'aurore ;
Mon beau rêve si doux, je veux le conserver !
Oh ! je vous en supplie, il en est temps encore,
Oh ! laissez-moi rêver !

 

 

André BESSON

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 09:00

 

 

 

Un chat perdu

 

Un chat perdu rôdait

Aux portes des maisons.

Une vieille cousait,

Assise à son balcon.

 

" O vieille ! dit le chat,

Je vis de peu de chose:

Deux pétales de rose

Comblent mon estomac. "

 

" En ce cas, dit la vieille,

Entrez , pauvre matou;

Dormez dans ma corbrille,

Faites comme chez vous. "

 

Mais allez croire un chat !

Dès qu'il fut chez la vieille,

Il lui mangea jusqu'à

L'ouate de ses oreilles.

 

 

Maurice Carême

 

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 12:30

 

 

 

 

Le premier jour de l'an

 

Les sept jours frappent à la porte.
Chacun d'eux vous dit: Lève-toi!
Soufflant le chaud, soufflant le froid,
Soufflant des temps de toutes sortes,
Quatre saisons et leur escorte
Se partagent les douze mois.
Au bout de l'an, le vieux portier
Ouvre toute grande sa porte
Et d'une voix beaucoup plus forte
Crie à tout vent: Premier janvier!

 

Pierre MENANTEAU

 

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 10:00

 

 

Fin d'année

 

Sous des cieux faits de filasse et de suie,
D'où choit morne et longue la pluie,
Voici pourrir
Au vent tenace et monotone,
Les ors d'automne ;
Voici les ors et les pourpres mourir.

O vous qui frémissiez, doucement volontaires,
Là-haut, contre le ciel, tout au long du chemin,
Tristes feuilles comme des mains,
Vous gisez, noires, sur la terre.

L'heure s'épuise à composer les jours ;
L'autan comme un rôdeur, par les plaines circule ;
La vie ample et sacrée, avec des regrets sourds,
Sous un vague tombeau d'ombre et de crépuscule,
Jusques au fond du sol se tasse et se recule.

Dites, l'entendez-vous venir au son des glas,
Venir du fond des infinis là-bas,
La vieille et morne destinée ?
Celle qui jette immensément au tas
Des siècles vieux, des siècles las,
Comme un sac de bois mort, l'année.

 

Émile VERHAEREN

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 15:42

 

 

 

 

La femme au chat - RENOIR

 

 

 

 

  Femme et Chatte

 

 

Elle jouait avec sa chatte,
Et c'était merveille de voir
La main blanche et la blanche patte
S'ébattre dans l'ombre du soir.

Elle cachait - la scélérate! -
Sous ses mitaines de fil noir
Ses meurtriers ongles d'agate,
Coupants et clairs comme un rasoir.

L'autre aussi faisait la sucrée
Et rentrait sa griffe acérée,
Mais le diable n'y perdait rien...

Et, dans le boudoir où, sonore,
Tintait son rire aérien
Brillaient quatre points de phosphore.

 

 

Paul VERLAINE

 

 

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