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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 09:13








 Rentrée Littéraire : Passage des larmes d' Abdourahman A. Waberi
                                 ( J.C. Lattès - Août 2009 - 250 pages )







L'auteur est né à Djibouti en 1965 et il prend son pays de naissance comme lieu où se déroule l'intrigue assez complexe de ce roman.


Pourquoi complexe ? 
Parce qu'il est écrit à 2 voix qui disent  chacun "je ".
Il y a tout d'abord Djibril , le " héros " non caché de ce roman politico - philosophique.
Parti depuis l'âge de 18 ans au canada où il a épousé denise et où il s'est fait une vie très occidentalisée , où il travaille pour une agence de renseignements qui lui demande de retourner dans son pays natal pour y prendre la " température ".
L'islamisme y a une grande emprise et le 2è narrateur se réclame haut et fort de cette religion.
Cet homme a décidé " d'avoir la peau " de Djibril quand sa mission sera terminée.
Et au fil des jours , Djibril se remémore son passé et surtout il se rend sur les lieux de sa jeunesse.
Son grand-père Assad y a tenu une grande place , ainsi qu'un jeune juif , David dont il fut un ami de jeunesse ...
Mais , l'un d'eux manque , son jeune frère jumeau , né quelques minutes après lui , devenu grand lecteur dans sa jeunesse et disparu aujourd'hui...
On saura plus loin dans le roman ce qu'il est devenu , mais c'est une des énigmes du roman.
Et enfin, il y a un troisième personnage , un fantôme philosophe : Walter Benjamin , le grand philosophe allemand , mort tragiquement à Portbou
le 26 septembre 1940 , à 48 ans , après avoir fui le nazisme de son pays natal.
Son parcours et sa pensée sont un des fils conducteurs de ce roman.
Ce livre peut dérouter par ces alternances de voix qui s'interpellent , se répondent ...
Une seule issue réaliste est annoncée : l'envoi d'un rapport au Canada sur la situation à Djibouti ...
Le reste est une déambulation dans un univers violent dont il faut sortir par l'intelligence et la réflexion ...

Je ne donne jamais de notes aux livres que je lis. Je dirai simplement que le livre ne laisse pas indifférent et sait prendre de la hauteur , ce qui lui donne toute sa force.

La lecture de ce livre n'est pas " indispensable " mais elle est utile pour s'immerger dans l'univers difficile de l'Afrique.



                                            
    BONNE LECTURE !



    Cette chronique est la première du Challenge 1% Rentrée Littéraire.




                                                           1/7
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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 08:10
Je participe au challenge littéraire du 1% de critique littéraire de la rentrée 2009, brillamment géré par "la tourneuse de pages"



                                                                                    Challenge du 1% littéraire 2009

Mon compteur devrait démarrer ce mois-ci, avec la tranquillité que je me connais car lire 7 livres jusqu'en juillet 2010 me donne l'envie de flâner, et d'intercaler des romans plus anciens, des livres d'Histoire etc...  C'est bien là qu'est le "bonheur de lire"...

Il est également possible de chroniquer un essai littéraire et là, alors, pour moi, il n'y avait qu'un livre que je me devais de ne pas oublier, c'est :

                                           

Et comme j'aime me singulariser, j'ai décidé de commenter ce livre dans 9 articles qui viendront au fil des mois prochains.

Pourquoi ce choix?  tout simplement parce que l'auteur a voulu présenter sa lecture des 9 livres qui l'ont le plus marqué dans sa longue vie d'écrivain - philosophe.

Et vous allez constater que cette liste donne vraiment envie de lire ou relire ces 9 textes avec le regard d'Alain Finkielkraut (que les fidèles de france Culture connaissent  depuis de longues années avec son émission "Répliques" du samedi matin à 9h05) en parallèle :

- Milan Kundera : La plaisanterie
- Vassili Grossman : Tout passe
- Sebastian Haffner : Histoire d'un allemand
- Albert Camus : Le premier homme
- Philip Roth : La tache
- Joseph Conrad : Lord Jim
- Fedor Dostoievski : Les carnets du sous-sol 
- Henry James : Washington Square
- Karen Blixen : Le festin de Babette

Alors, je pense que notre amie "la tourneuse de page" acceptera qu'il se crée ici et avec sa complicité, si elle le souhaite, un nouveau challenge que j'appellerai "Challenge - un coeur intelligent", pour partager à plusieurs ce nouveau "bonheur de lire". 
                                             
                                                                  Voici le logo:



 





Et je remercie Fabienne qui m'a offert ce livre pour mon anniversaire, hier...et qui a réalisé le logo du challenge.

Enfin, l'auteur a emprunté le titre de son livre au roi Salomon qui suppliait l'Etrernel de lui accorder un coeur intelligent.




                                                   



Alors, j'espère que nous serons nombreux à être passionnés par ces lectures stimulantes.

Bonne lecture.

Denis
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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 12:47


               





Editions de Minuit - 1987 - 154 Pages




Après avoir lu il y a quelques mois " Les Cahiers de guerre " , je reviens à Marguerite Duras dont j'ai toujours aimé l'écriture de ses livres.
Cette fois , avec Emily L. , publié en 1987 , on approche des dernières oeuvres écrites par Marguerite Duras. Et c'est là le dernier livre qu'elle publie aux Editions de Minuit.

Le " roman " qui pourrait être une oeuvre autobiographique , se passe à Quillebeuf , une petite ville au bord de la Seine , bien connue pour son bac par les autochtones.









Vues du bac de Quillebeuf









( Pour notre part, nous habitons à 20 Kms de Quillebeuf.)








Marguerite Duras au Central. Trouville. 1980





La narratrice , double de Marguerite Duras , vient souvent à l'Hôtel de la Marine , boire un verre ou deux avec son jeune ami.
Un couple anglais vient ici très fréquemment car ils sont très connus de la patronne et des habitants.
Lui est " Captain " et son bateau est amarré non loin de la ville.
 Elle, c'est Emily L., sa femme.
Ils viennent boire jusqu'à s'enivrer.
Au fil des conversations entre eux et avec la patronne , la narratrice reconstruit leur " biographie ".
Emily L. , dans sa jeunesse , a été amoureuse d'un gardien de maisons bourgeoises sur l'île de Wight.
C'est l'occasion aussi pour la narratrice de parler de la création littéraire , de " jeter " quelques phrases comme
" Vivre l'amour comme le désespoir "
Et de s'intérroger :
" Pourquoi écrire cette histoire ?
- Je n'ai rien à écrire , autrement. Je crois que c'est notre histoire qui m'empêche d'écrire autre chose. Mais c'est faux.
Notre histoire , elle ne sera nulle part , elle ne sera jamais tout à fait écrite ".

Cette écriture est tout à fait dans le ton de Marguerite Duras. Son oeuvre s'est ainsi " murmurée " de livre en livre , pour former une oeuvre attachante qui ne laisse jamais indifférent le lecteur.
Il y a les " fans " dont je suis et lire Duras m'apporte toujours de la fraîcheur intellectuelle.

Alors si vous ne connaissez pas l'oeuvre de Duras , plongez sans retenue dans ses livres.
Et si vous l'aimez comme moi, sans connaître ce livre, allez vers lui.
Il se cache dans une bibliothèque municipale ou chez un bouquiniste et vous séduira.





BONNE LECTURE !

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 10:30
                                                         


Ian Mc Ewan : Sur la plage de Chesil (Gallimard - Du monde entier) - Octobre 2008 - 150 pages
Traduit de l'anglais par France Camus - Pichon - Titre original "On Chesil Beach"





Cette vue de la plage de Chesil dans le Dorset devrait faire rêver et pourtant, elle va être le théâtre d'un "désastre amoureux".

Il faut pour cela se transporter dans l'Angleterre de 1962, encore très prude et à peine habituée à la musique des Beatles et autres groupes et chanteurs qui vont éclore dans cette décennie.

Edward Mayhew vient d'épouser Florence Ponting. Leur nuit de noces sera leur première expérience sexuelle "accomplie", mais voilà, tout n'est pas si simple que cela... Et l'on peut imaginer que ce sera compliqué...

Edward est jeune historien et Florence, jeune violoniste prometteuse. Chacun vit pour "son art" et connait bien peu la vie quotidienne et ses contraintes à venir, avec une vie de couple qui aura du mal à s'organiser...

La fin du livre est "pathétique" mais d'une grande beauté littéraire. Il est des livres ainsi qui peuvent paraitre statiques avec des retours en arrière constants car le présent ne dure qu'une nuit et le livre met en parallèle le passé de chacun des deux jeunes époux.

J'ai présenté il y a quelques mois un de ses précédents romans : "Les chiens noirs" qui vous permettra d'en savoir un peu plus sur l'auteur

                                                    


Je ne qualifierais pas ce roman de chef d'oeuvre mais il peut se lire comme un livre "historique" pour s'immiscer dans l'univers de l'Angleterre des années 60.

Et l'oeuvre de l'auteur mérite d'être suivie pour y découvrir son univers littéraire. N'hésitez pas à aller voir son site Ian Mc Ewan

Bonne lecture

Denis

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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 07:00
                                                          

                                                                



Ce livre est arrivé jusqu'à moi, parce qu'il a été décidé par ecureuil bleu que ce livre qu'elle a lu et aimé devrait aller vers d'autres lecteurs.

Ainsi, il est arrivé en Normandie et il va très prochainement partir vers zip de zoup, en Aquitaine (retour vers ses origines, donc). Puis, j'espère qu'il continuera à voyager pour que Scout vienne vous raconter son histoire dans le creux de l'oreille.

"Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" de Harper Lee (Livre de Poche - août 2006 - 450 pages)
Première édition aux USA - 1960 - traduction d'Isabelle Stoîanov revue par Isabelle Hausser

Titre original : "To kill a mockingbird"

Je suis très attaché à la traduction des titres et j'ai bien sûr été étonné de la transcription de to kill en "ne tirez pas...".

Dans sa postface, Isabelle Hausser nous donne l'explication de cette transcription, car en anglais, il aurait fallu que l'auteur donne pour titre "Tuer un oiseau moqueur est un pêché", d'où la reprise en français "Ne tirez pas..."

Passé ce détail, il faut plonger dans l'univers de Scout, que l'auteur n'a pas voulu reconnaitre comme étant son double, car Harper Lee a toujours nié avoir écrit une autobiographie.

Qu'importe, un roman est toujours fait pour dépasser l'auteur et le faire aller vers des lieux, des situations qu'il aura inventés.

Scout est une petite fille, élevée avec son frère Jem par leur père Atticus Finch, dans la ville de Maycomb (Alabama) dans les années 30.

Leur vie devrait être banale sauf que le père est avocat et il doit défendre un noir, Tom Robinson accusé de viol sur une jeune femme blanche. Mais, dans l'ambiance raciste des états du Sud, tout se complique car les trois Finch vont tour à tour recevoir des menaces...

C'est sans compter que Scout continue à vivre sa vie d'enfant comme si de rien n'était, ou presque... Quant au procès vu par les yeux de Scout, à lui seul, il peut être considéré comme une "pièce d'anthologie" de la littérature nord-américaine du 20e siècle...

Je n'en dirai pas plus car il faut lire ce livre qui contient plus de 400 pages de suspens... et qui nous plonge dans cette triste Amérique raciste des années 30 (et qui dut attendre Martin luther King et d'autres pour se faire vraiment entendre)...

Quelques mots sur l'auteur Harper Lee :

                                             
                                                    

Née en 1926 en Alabama, elle fait des études de droit mais les abandonne car elle a décidé de devenir écrivain. Elle va publié "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" en 1960 et reçoit le prix Pulitzer en 1961.
L'année suivante, le livre est adapté au cinéma avec  Gregory Peck en Atticus et le film reçoit 3 oscars. 


                              


Mais le succès est loin de "griser" Harper Lee car elle n'a plus rien publié depuis ce roman sauf 4 articles. Elle n'a plus donné d'interviews préférant reter dans le silence le plus complet.


       


L'oiseau moqueur aura ici le dernier mot.

N'hésitez pas à être le prochain "oiseau moqueur" de ce livre voyageur en vous inscrivant ici ou chez écureuil bleu pour lire ce livre quand il aura été dégusté par Zip de Zoup.

Bonne lecture...

Denis
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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 07:00
Dans le cadre de :




j'ai lu "La tournée d'automne" de Jacques Poulin (Editions Actes - Sud / collection de poche Babel)
(191 pages - première édition Leméac 1993 - Babel 1996)


                                                                


Les connaisseurs auront compris que l'auteur, publié chez Leméac, est canadien francophone.


                              


Jacques Poulin est un écrivain qui a choisi la discrétion comme ses personnages.
Il est né au Canada, à Saint-Gédéon-de-Beauce, le 23 septembre 1937.
Il a commencé à publier en 1967 aux éditions du Jour , puis est devenu fidèle à Leméac, ce qui lui a permis d'être connu en France par Actes Sud.
"Volkswagen blues" a eu un certain succès en France. L'auteur a reçu plusieurs prix littéraires, ce qui ne l'a pas empêché de continuer à écrire tranquillement 10 romans en 40 ans.

"La tournée d'automne" raconte en fait la "tournée d'été", ce qui "déroute" quelque peu le lecteur. Mais à la fin, il aura tout compris... Donc suspens!!!

L'histoire est très simple. Elle raconte la "dernière tournée" du bibliobus que "le chauffeur" conduit depuis de nombreuses années dans les campagnes canadiennes. Il a constitué un "réseau" de fidèles lecteurs. Dans chaque localité, il y a un "chef de réseau" qui est chargé de collecter les livres, de les diffuser aux lecteurs puis de les ramener au bibliobus lors de son passage saisonnier. Une histoire et une vie simple consacrée aux livres car le chauffeur lit toutes les nouveautés et entend faire partager ses coups de coeur.

Plutôt timide et déprimé, il a décidé d'arrêter ce travail après cette ultime tournée. Mais, cette tournée va être différente de ce qu'il pensait qu'elle serait car il a rencontré à Québec une troupe française venue pour le festival d'été. Il sympathise immédiatement avec Marie puis avec les autres membres de la "fanfare". Ainsi, au fil des rencontres, ils décident de partir ensemble sur les routes, lui dans son bibliobus, eux dans leur autobus. Ils vont ainsi cheminer dans les campagnes canadiennes...

Le chauffeur ne sera jamais nommé par son nom. Ainsi, il reste un anonyme pour le lecteur alors que Marie ou Slim se dévoilent un peu plus au lecteur. Au final, on sent depuis longtemps que le chauffeur et Marie s'aiment et vont consommer leur amour. Mais il faudra des pages de détours, de conversations autour des oiseaux (dont le métier de Marie est de les dessiner), d'observation de la nature, de paroles autour des livres, avant qu'ils ne deviennent amants, car ils sont avant tout amis et solitaires... Et ils sont heureux de parler ensemble, de se cotoyer simplement...


                                      

                                             Pont de l'ile d'Orléans - Canada

En conclusion :

Le style est très dépouillé, agréable à lire. Les références littéraires y sont nombreuses. Et l'on se laisse séduire par ce Canada dont rêvent les français (et donc aussi Marie et ses amis).
Les chapitres sont assez courts et le texte est lissé de toute violence, si bien que l'on se croit dans un "paradis de mots".

Alors, oui, de tels textes doivent exister pour nous rappeler que les livres et les voyages aident à mieux supporter notre monde actuel et nos vies souvent routinières.

Rien que pour cela il faut lire ce livre...


Et encore merci à Sylire et Lisa de faire vivre ce club etvous pourrez aller sur leur blog qui répertorie tous les membres qui auront le même jour publié leur texte sur "la tournée d'automne".

Bonne lecture,

Denis



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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 20:30








Editions Stock,  juin 2009
144 pages
 Traduit du catalan par Marianne Millon



 Auschwitz, 1944. Les privations et les coups. Les humiliations s’enchaînent, les hommes sont traités comme des chiens, déshumanisés, ils n’existent aux yeux de leurs persécuteurs que comme des numéros échangeables, de la main-d’œuvre peu chère. Un prisonnier juif, Daniel, y lutte pour la survie de son âme. Surprenant un concert organisé par Sauckel, le commandant du camp passionné de musique classique, Daniel révèle son talent de luthier pour sauver son ami Bronislaw, violoniste de génie. Il va alors être mis à l’épreuve et devoir construire un violon imitant le son d’un Stradivarius. Tentant d’oublier pour quelques instants la faim, le froid, l’horreur, Daniel comprend vite que de la construction de ce violon dépendent leurs vies. Tragique ironie du sort, il va ainsi éviter les expériences de Rasher, le médecin machiavélique.
Mêlant subtilement réalité historique et fiction, les chapitres s’ouvrent sur des documents : lettres, rapports qui viennent interrompre le récit à la manière d’une pause – glaçante. Petite et grande Histoire s’entremêlent et se fondent dans une danse fatale et poétique, entre la cruauté et la dignité, deux partenaires aussi rivaux qu’inséparables, pourtant inhérents à la nature humaine.
À la manière d’une partition musicale, tout vibre et sonne dans le texte, avec des crescendos que constituent les silences, silences irréels qui laissent le lecteur paralysé et sans voix.
Dans la tradition littéraire d’un Primo Levi, Maria Àngels Anglada offre ici une belle résistance à l’horreur en lui imposant l’amour de la musique. L’art comme possibilité de faire vivre la mémoire.









Maria Àngels Anglada (1930-1999) est l’un des plus prestigieux auteurs catalans.
Philologue, poète, essayiste, romancière, elle a de nombreux ouvrages à son actif. Son premier roman, Les closes, remporte le prix Josep Pla en 1978, tandis que Columnes d’Ores, qui réunit toute sa somme poétique, se voit attribué le prix Lletra d’Or en 1985. Véritable touche-à-tout, cette passionnée d’histoire grecque et de poésie italienne a su imposer une œuvre singulière entremêlant fiction et réalité, faisant du Violon d’Auschwitz un classique de la littérature catalane, qui a séduit la critique comme le public.






C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai lu ce livre qui mêle subtilement réalité historique et fiction, les chapitres s’ouvrent sur des documents : lettres, rapports qui viennent interrompre le récit à la manière d’une pause glaçante. Tentant d’oublier pour quelques instants la faim, le froid, l’horreur, Daniel comprend vite que de la construction de ce violon dépendent leurs vies. Tragique ironie du sort, il va ainsi éviter les expériences de Rasher, le médecin machiavélique.


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23 août 2009 7 23 /08 /août /2009 08:00




Journal / Hélène BERR
Préface Patrick Modiano
Editions Points - 302 pages



 Juste envie de vous parler de ce livre que je n'ai pas lu mais que  j'ai pu écouté vu que Denis l'a emprunté en livre -audio à la bibliothèque.
Dans ce journal d'une étudiante  morte en déportation , les petits bonheurs prennent un relief poignant à la mesure de sa lucidité face à l'horreur.







A la libération du camp de Bergen - Belsen en avril 1945 , il y avait un tel amoncellement de cadavres qu'il devint très vite impossible de les enterrer.
L'armée britanique se servit de bulldozers pour les pousser vers des tranchées creusées à la hâte.
Quelques jours avant l'arrivée des Anglais , Hélène Beer , une jeune femme de 24 ans , y était morte d'épuisement.
Son corps gît aujourd'hui dans une fosse commune. Une de celles où avaient roulé ceux de Margot et d'Anne Franck.
Comme l'adolescente , Hélène écrivait son journal.
Remis après la guerre à son fiancé , Jean Morawiecki , le manuscrit a été publié par les éditions Tallandier.











Extrait du Journal d'Hélène Beer



Son journal débute au printemps 1942 pour s'achever à quelques semaines de son arrestation et de sa déportation en mars 1944. c'est un témoignage exceptionnel sur le quotidien des Juifs à Paris pendant l'Occupation , et un bouleversant texte littéraire.
Car les drames y sont racontés avec une force , une foi , une vitalité tendre et une lucidité qui emportent et qui étreignent.
" La vie continue à être étrangement sordide et étrangement belle " laisse-t-elle échapper un soir de juin 1942 ,alors qu'elle porte déjà l'étoile jaune.
Hélène est issue d'une famille bourgeoise , elle prépare l'agrégation d'anglais à la sorbonne , elle lit Lewis carroll, Keats ,Dostoïevski et Roger Martin du Gard.
Elle joue Mozart au violon , flâne au Luxembourg. Elle est amoureuse ...
Le malheur et l'angoisse vont envahir peu à peu les pages qu'elle s'astreint à rédiger " avec une sincérité complète ".
Ce sont les persécutions , les humiliations, les rafles , les enfants juifs orphelins , dont elle s'occupe à l'Ugif , Drancy et ces histoires terribles qu'on raconte sur ce qui se passe en Silésie.
" Irai-je jusqu'au bout ? " se demande-t-elle en janvier 1944.
Elle franchira le dernier cercle de l'enfer comme l'écrit Patrick Modiano dans sa préface.
" Horror, Horror , Horror "  sont les derniers mots qu'elle laissera sur le papier !


( Source Marianne- le Magazine Littéraire )

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 20:48






Stefan Zweig , l'ami blessé par Dominique BONA

( Editions PLON - 1996 ) - 352 pages



Ecrire une biographie de Stefan Zweig est une gageure car incontestablement , il a écrit de très belles biographies tout au long de sa vie :

- 1910 : Emile Verhaeren , essai biographique
- 1928 : Joseph Fouché , biographie
- 1932 : Marie-antoinette , biographie
- 1934 : Erasme , biographie
- 1935 : Marie Stuart, biographie
- 1936 : Castellin contre Calvin, biographie
- 1938 : Magellan , biographie
- 1940 : Amerigo , biographie
- Posthume : Balzac , biographie inachevée
-      "        : Montaigne , esquise d'une biographie


C'est dire au vu de cette longue liste que toute sa vie, Stefan Zweig ( 1881 - 1942 ) s'est consacré à la biographie à sa manière car il a toujours privilégé l'analyse psychologique de ses personnages.
   


Dominique Bona






                                                            Dominique BONA

Naissance : 29 juillet 1953 à Perpignan


Dominique Bona , connue également pour ses biographies : " Camille et Paul : la passion Claudel " , " Berthe Morisot " ou " Romain Gary " entre autres , a su être à la hauteur de la tâche.

Son écriture est fluide comme cele de Stefan Zweig. Elle nous le montre tel qu'il fut : généreux en amitié , pacifiste puis engagé politiquement mais " contraint " de prendre position devant les évênements tragiques des deux guerres mondiales.

Il a été l'ami d'Emile Verhaeren , de Sigmund Freud , de Romain Rolland , de Thomas Mann , de Hermann Hesse , de Jules Romains et de bien d'autres écrivains encore.

Deux femmes auront compté dans sa vie, Friderike tout d'abord , puis sa secrétaire Lotte Altmann qui l'accompagnera jusqu'à son lit de mort.

Mais ce que l'on sait moins d'un Zweig qui semblait être un monsieur plus austère et sérieux , c'est qu'il avait eu besoin tout au long de sa vie, d'aventures de quelques heures ou de quelques mois.

Le nazisme l'oblige à quitter l'Autriche en février 1934 , pays auquel il était très attaché pour y être né.
Il va devoir vivre en France , en Angleterre , aux Etats - Unis et au Brésil , où il aurait pu vivre heureux loin des bruits de la guerre. 

Mais son pacifisme ne supporte pas cette " bestalité humaine ".
Alors , tranquillement , sereinement , il organise son suicide avec Lotte. Il dit adieu à tous ses amis , à sa famille et rédige son testament.
Et tout s'arrête à Petropolis ( Brésil ) un jour de février 1942.

Il écrit à Friderike , sa première femme avec laquelle il est resté en bon terme : " Je t'écris ces lignes aux dernières heures , tu ne peux imaginer comme je me sens heureux depuis que j'ai pris cette décision."

Et il va absorber des doses massives de Véronal et s'allonge sur son lit.
Lotte , en peignoir , va venir le rejoindre.

Fin pathétique mal comprise des amis dont Thomas Mann qui va avoir un jugement sévère pour cette mort , l'accusant d'égoïsme.

Un grand destin et plus encore une très grande oeuvre nous a été léguée par cet écrivain dont la limpidité de la pensée et du stylo continue à enchanter les lecteurs d'aujourd'hui que nous sommes tous.

Zweig est à lire sans modération et cette biographie est d'une grande intelligence.

Alors je vous dis : " BONNE LECTURE " !!!


A savoir que Fabienne a fait un bel article avec des citations de Zweig
dont voici le lien :
http://bonheurdelire.over-blog.com/article-28548831.html


N'hésitez pas à aller les voir!

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 13:20








Editions de minuit - octobre 2008 - 142 pages



Pour ceux qui aiment les 4e de couverture , ce livre -ci les décevra. Il est juste écrit :
" On a dû insister pour qu'Emile se mette à courir. Mais quand il commence , il ne s'arrête plus. Il ne cesse plus d'accélérer. Voici l'homme qui , va courir le plus vite sur la Terre. "

Mais , tout le livre est là dans cette phrase !
On pourrait croire lire du Albert Camus tant son personnage , réel , se laisse entraîner vers la course de fond , presque malgrè lui.
On a là un Meursault ou encore un personnage de Kafka , un homme qui ne maîtrise pas sa vie.

Emile est en fait Emil Zatopek , l'homme qui pendant une quinzaine d'années va battre tous les records du monde de courses de fond :
 10000 m , 20 Kms , 30 Kms , marathon , record de l'heure.






La Tchécoslovaquie va en faire un héros. Toutefois , le régime politique va gâcher une partie de sa carrière car il n'a pas toujours l'autorisation de sortir du pays.
Emil a commencé à courir , très jeune , sous les nazis , qui ont envahi
" son pays ", la Moravie.
Ouvrier d'usine , il est sollicité pour courir et il y prend goût , sans vraiment se forcer.
Son allure est étonnante , ses grimaces encore plus quand il court. Il défie les médecins qui ne croient pas qu'avec une telle manière de courir , il puisse devenir champion.
Il va être surnommé " la locomotive tchèque ".
Et pourtant , il va remporter de nombreuses compétitions. Le summum étant les jeux olympiques d' Helsinki de 1952 , où en 3 courses , il remporte 3 médailles d'or.
Ensuite , c'est le déclin , lent mais inélectable.
Et puis , le printemps de Prague va l'étouffer car il a osé critiquer l'invasion russe ...


Je vais oser dire que ce livre est un chef d'oeuvre. L'auteur a su captiver le lecteur par un " roman " qui est solidement basé sur la biographie d'Emil Zatopek. Tout y est vrai. il n'y a pas de mots inutiles.
Tout est dit simplement , à la manière du héros qui se laisse conduire par   " la vie "...
Echenoz raconte cette vie par petites touches.





L'auteur est fidèle aux Editions de Minuit depuis son premier livre en 1979 " Le Méridien de Greenwich ".
" Cherokee " a obtenu le Prix médicis en 1983.
" Je m'en vais " en 1999 a été primé du Prix Goncourt.
" Ravel " en 2006 lui a valu un réel succès à la manière de " Courir " mais cette fois sur les dernières années de vie du musicien Maurice Ravel.
Un auteur , né à Orange en 1947 , à lire et à découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas.
Vous ne serez pas déçu ! Bonne Lecture !

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