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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 09:00
"Tous les hommes sont menteurs" d'Alberto Manguel
Actes Sud - 200 pages - septembre 2009
(Traduit de l'espagnol - Argentine - par Alexandra Carrasco
)





Troisième livre lu dans le cadre de la rentrée littéraire.

Un roman d'un auteur plutôt connu por ses études sur la littérature et la lecture :
- Une histoire de la lecture (1998)
- Stevenson sous les palmiers (2001)
- Chez Borges (2003)
- Journal dun lecteur (2004)
- La bibliothèque, la nuit" (2006)
- La cité des mots (2009)

Entre autres livres, parus pour la plupart chez Actes Sud / Leméac (Leméac pour la coédition au Canada).

L'auteur est né en Argentine. Il est citoyen canadien depuis 1985 et réside désormais en France. Il écrit toutefois dans sa langue maternelle, l'"espagnol argentin".



                                                      


                                                  --------------------------------------------

Cette fois, donc, Manguel écrit un roman sur le mensonge. D'ailleurs, le livre qui sert de fil rouge au récit s'intitule "Eloge du mensonge".
Le journaliste français Jean-Luc Terradillos entreprend une enquête plus de trente ans après la publication du livre.
Pour ce faire, il interroge un écrivain argentin, Alberto Manguel qui prétentd avoir été l'ami et le confident d'Alejandro Bevilacqua, l'auteur du livre en question.
Ensuite, il interroge Andrea, celle qui a été la dernière compagne de Bevilacqua et qui a publié à son insu le roman, considéré comme un chef d'oeuvres.
Seulement, voilà, l'auteur n'a pas accepté cette publication contre son gré et quelques jours après la parution, il se suicide.
Et un troisième témoin écrit à Terradillos, Marcelino Olivares pour dire qu'il a été codétenu avec Bevilacqua en Argentine et que le vrai auteur du livre c'est lui et qu'il a confié son texte à Bevilacqua avant de quitter sa cellule pour l'exil à Madrid, lieu de dénouement de toute cette affaire sordide d'usurpation de droits...
Un dernier témoin intervient : le fils du général Gorostiza, chargé en Argentine puis à Madrid de surveiller les opposants. Et lui, il était à côté de Bevilacqua quand il s'est jeté du balcon, par dépit...


                                                       ----------------------------------------------

Voilà un roman qui se construit et se déconstruit au fil des pages.
Il y a un côté "enquête policière" (plutôt enquête journalistique d'ailleurs), mais il y a surtout ces paroles qui se succèdent, employant leur propre language, eur propre manière de voir les choses et de restituer 30 ans plus tard des faits parfois arrangés et qui ne vont pas convaincre terradillos d'écrire la biographie de ce faux écrivain, usurpateur involontaire...

On est là dans l'art de la narration et du roman poussé dans ses derniers retranchements, sans oublier un réel plaisir à lire ce livre...

Alors, bonne lecture...

Denis



Livre lu aussi dans le cadre du challenge1% littéraire 2009 animé par levraoueg

                                             Challenge du 1% littéraire 2009

                                                                       3/7


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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 10:00
Il y avait longtemps que je voulais lire un livre de la collection "Terre Indienne" d'Albin Michel, dont j'avais entendu beaucoup de bien.

Alors, j'ai profité du challenge 100 ans de littérature américaine (pour lequel j'ai déjà publié un article sur
John Fante) :


                                                       
                                                       Challenge 100 ans




pour choisir un titre de cette collection et c'est donc :


James WELCH : La mort de Jim Loney (Albin Michel - Terre Indienne) - 250pages - 1993 (repris en 10/18 - Domaine étranger)
traduit par Michel Lederer (Titre original "The death of Jim Loney - 1979)


                                          


Vous aurez deviné que l'auteur est indien et qu'il raconte une partie de la vie de Jim Loney un indien, "sang-mêlé (mère indienne, père blanc américain.

De fait, James Welch est né en 1940 sur la réserve Blackfeet de Browning, Montana.
En 1963, il s'inscrit à l'université du Montana, à Missoula. Il rencontre Richard Hugo, poète et instigateur du premier atelier d'écriture de Missoula. Welch va ainsi écrire de la poésie avant de se lancer dans la prose, publiant un premier roman "l'hiver dans le sang" qui raconte l'histoire d'un jeune indien perdu entre le monde des blancs et celui des Indiens. L'auteur s'inscrit dans une "reconquête" de la culture indienne et est devenu un "maître" pour les jeunes générations.



                                                 





"La mort de Jim Loney" s'inscrit comme la suite de "l'hiver dans le sang" (1974).

L'histoire se passe à Harlem, dans le Montana, non loin du Canada, près des "petites rocheuses". On sait dès le début, de part le titre, que le héros doit mourir.
Ce n'est pas un roman policier mais la fin du livre est de cette veine.
Entretemps, Jim Loney, ancien basketteur de haute facture, est devenu solitaire et alcoolique. Rhea l'aime mais ils sont très éloignés l'un de l'autre, quant à leur mode de vie et de pensée. Reste sa soeur, Kate, qui vit loin de là, à Washington et veut ramener son frère auprès d'elle, ce qu'il refuse. Pour lui, sa vie est là et il finit par retrouver son père qui l'a quitté quand il était enfant. Seulement, ce père n'a plus trop envie de se pencher sur son passé. C'est même lui qui va dénoncer son fils quand les choses vont se "gâter" pour Jim, à la suite de la mort accidentelle !!! de son ami de jeunesse...




                  




Une histoire dans l'Amérique métis des années 70 où indiens et blancs se cotoient sans trop s'aimer dans une région éloignée des grands lieux de l'Amérique, dans les marges donc...

Un livre passionnant, de très belle écriture  dont Jim Harrison (autre auteur du Montana) a dit "Ce livre vous fait l'effet d'une balle reçue en plein coeur".

Un grand auteur à découvrir aussi...

Alors, bonne lecture

Denis


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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 20:30


Histoire d'une vie d'Aharon APPELFELD







( Points - Seuil  - 215 pages )

Prix Médicis Etranger 2004

( Traduit de l'hébreu par Valérie Zenatti )


Sous-titré " Roman " , ce livre ressemble bien plus à une autobiographie , ou plus exactement encore des fragments de vie qui montrent l'évolution de l'auteur vers l'écriture.






Aharon Appelfeld



Aharon Appelfeld est né en 1932 en Roumanie. Son enfance heureuse va vite tourner au cauchemar de la 2 ème guerre mondiale , avec la mort de sa mère puis son exil dans le ghetto , enfin un camp de concentration en Ukraine dont il va s'échapper pour errer dans la campagne , se réfugier ,  avant de partir vers Israël , une fois la guerre finie.
Alors , ce sera fini pour lui de parler l'allemand , devenue sa langue maternelle.
Il va se consacrer à l'apprentissage de l'hébreu et en faire sa langue parlée et écrite.
L'auteur ne veut pas refaire le livre de la Shoah , dont il est devenu un spécialiste de par son oeuvre et son vécu.
Il met plutôt l'accent sur les anecdotes et puis surtout sur la réflexion autour de son itinéraire , de ses longs silences dont il a voulu en faire son introspection.
Et il a fallu qu'il se reconstruise complètement , à partir de la douleur , de la souffrance.
Il a beaucoup cotoyé les écrivains Martin Buber et Samuel Agnon ( Prix Nobel de littérature ) et mieux appréhender ainsi la culture juive et trouver alors sa propre " expression littéraire ".

Ce livre est plein de finesse , d'intelligence pour décrire tout ce qui a forgé sa personnalité , lentement mais avec force , voire violence.
Car la terre d' Israël est aussi une terre difficile ...







Vue d'Israël



Et Appelfeld donne là une belle leçon de courage et il a le don de l'écriture
" littéraire ". C'est du très beau texte.

Il y a de très belles pages sur Agnon , un auteur à découvrir aussi car il a écrit des romans magnifiques sur Israël.






Samuel Agnon


Bref , vous aurez compris que ce livre est un très grand livre et que son auteur est un des très grands écrivains vivants.


BONNE LECTURE !

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 09:17


Entre réalisme et conte de fées, avec fantaisie et gravité , mélancolie et pitrerie , la romancière met en scène plusieurs générations de femmes dans un pays gorgé de soleil.
Avec " Ce que je sais de Vera Candida " , Véronique Ovaldé nous entraîne de nouveau dans un univers onirique et plein de surprises.
Une réussite !









Le septième roman de Véronique Ovaldé , " Ce que je sais de Vera candida " , est une histoire de mères et de filles échelonnée sur trois générations. Elle évoque l'importance de la transmission mais également l'émancipation rêvée ou assumée.
Les hommes sont laissés au second plan et leur domination naturelle est sacrement écornée.
Le décor est celui d'un pays chaud et poisseux , une Amérique du Sud plutôt imaginaire où les poissons volent , où les plages semblent vides , écrasées au soleil , loin des grandes villes et de la civilisation.
Vera, Rose ou Violette sont des amazones caribéennes qui tentent de proclamer leur liberté et y réussissent plus ou moins bien.








Editions de l'Olivier - 300 pages - 2009



Agée de trente - neuf ans , malade , Vera Candida retourne sur son île natale , Vatapuna , pour renouer avec son passé.
Elle en est partie à l'âge de quinze ans , enceinte , pour rejoindre la ville de Lahomeria et n'y a plus jamais remis les pieds.
Elle y a laissé sa grand-mère maternelle , Rose Bustamente , ancienne pute reconvertie dans la pêche de poissons volants qu'elle vendait sur les marchés.
Rose a élévé seule sa fille Violette , un peu simple d'esprit , qui a mal tourné , pour ensuite prendre sous son aile protectrice sa
 petite - fille Vera.
A Lahomeria , Vera donnera naissance à son tour à une petite
Monica - Rose et sera acceuillie au " Palais ds morues "  avec vingt-huit autres filles aussi peu chanceuses qu'elle dans la vie.


Véronique Ovaldé signe là encore une fable moderne , un conte foisonnant , magique , peuplé de femmes combatives , qui modèlent leur destin comme elles le souhaitent , d'hommes bien peu reluisants et sans scrupules , " détrousseur de casinos " , journaliste aux articles infamants ou pères absents.
Une jolie surprise qui a un goût de merveilleux , fantaisiste au possible , dont l'écriture énergique est le véritable fil conducteur , enchanteur et malicieux.

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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 17:23




Editeur : Stock  Année : 2000   Genre : Biographie



Résumé du livre



Elle a suscité l'adoration de millions de gens et sa vie a fasciné des générations de 'fans' et d'acteurs. Disséquée depuis plus de trente ans, l'histoire de Norma Jeane Baker, plus connue sous le nom de Marilyn Monroe, n'a pourtant jamais été appréhendée aussi intimement que dans 'Blonde' un récit à couper littéralement le souffle. Dans cette autobiographie fictive plus vraie que nature, Joyce Carol Oates recrée la vie intérieure, poétique et spirituelle de Norma Jeane - l'enfant, la femme, la célébrité vouée au malheur - et la raconte avec la voix de Norma Jeane : saisissante, chaude, ample et bouleversante. Derrière les portraits surprenants et souvent dérangeants, des hommes qui jalonnèrent la vie de Norma Jeane : l'Ex-Athlète, l'Auteur Dramatique, le Président , le Prince Noir, se dessine une course éperdue vers ce que la plus belle femme du monde tenta en vain de trouver : l'amour.







Joyce Carol Oates nous fait rentrer directement dans la peau de Norma Jean pour nous montrer une femme finalement très sensible, talentueuse mais aussi volontaire, et exploitée par les hommes. Il nous est ainsi impossible de rester indifférents au combat que livre Norma Jean aussi bien contre un environnement féroce et vorace (Hollywood) que contre elle-même.
Un livre qui hante encore longtemps après avoir fermé les quelques mille pages et qui donne toute son humanité à une femme trop souvent réduite à un fantasme, une image figée.  Impossible désormais de regarder les photos de Marilyn avec les mêmes yeux qu’auparavant.
Un livre qui me faisait peur au départ vu le nombre de pages mais que j'ai lu de façon agréable car il est magnifiquement écrit et on comprend mieux ce qu' a été la vie de Marilyn Monroe.






















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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 13:36







Camilla Läckberg est l'auteur de cinq polars dont l'héroïne est Erica Falck , une biographe qui devient malgré elle enquêtrice , après avoir retrouvé dans une baignoire le corps sans vie de son amie d'enfance.
Ses histoires se déroulent toujours à Fjällbacka , un port de pêche de la côte ouest en Suède , qui eut son heure de gloire mais qui désormais végète.

En Suède  les ouvrages de Läckberg se sont classés parmi les meilleures ventes de ces dernières années , au coude à coude avec "Millénium " de Stieg Larsson.

La collection " Actes Noirs " d'Actes Sud a traduit et publié les deux premiers volumes des aventures d'Erica :

-
La Princesse des glaces 









Erica Falck , 35 ans , auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise , découvre le cadavre aux poignets tailladés d' une amie d'enfance, Alexandra Wijkner , nue dans une baignoire d'eau gelée.
Impliquée malgré elle dans l'enquête , Erica est très vite convaincue
qu'il ne s'agit pas d'un suicide ...



-
Le Prédicateur






Un matin d'été , un jeune garçon jouant dans les rochers de la côte proche de Fjällbacka tombe sur le cadavre d'une femme. La police établit rapidement qu'il s'agit d'un meurtre , mais l'affaire se complique avec la découverte , au même endroit , de deux squelettes de jeunes femmes ...


Le succès est au rendez-vous : La Princesse des glaces , parue , il y a plus d' 1 an est toujours dans la liste des meilleures ventes où l'a rejoint Le Prédicateur depuis.

Le 3ième volume est sorti en octobre 2009:

 " Le Tailleur de pierre "







" La dernière nasse était particulièrement lourde et il cala son pied sur le plat-bord pour la dégager sans se déséquilibrer.
Lentement il la sentit céder et il espérait ne pas l'avoir esquintée. Il jeta un coup d'oeil par-dessus bord mais ce qu'il vit n'était pas le casier. C'était une main blanche qui fendit la surface agitée de l'eau et sembla montrer le ciel l'espace d'un instant. Son premier réflexe fut de lâcher la corde et de laisser cette chose disparaître dans les profondeurs... " Un pêcheur de Fjâllbacka trouve une petite fille noyée.
Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l'eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu'un l'a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une petite fille ? Alors qu'Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu'il est bouleversé d'être papa, Patrik Hedstrôm mène l'enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tranquilles, Fjâllbacka dissimule de sordides relations humaines - querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles - dont les origines peuvent remonter jusqu'aux années 1920.
Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle.

 

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 12:00
Levraoueg , par ailleurs animatrice du challenge 1% rentrée littéraire m'a envoyé ce livre voyageur pour que je le lise et puisse en faire ensuite un article.

Je dirai d'entrée de jeu que je ne le classe pas en 3/7 dans le cadre du challenge 1%, si Levraoueg est d'accord avec moi (je le garde en "joker si d'aventure je n'atteignais pas le quota de 7 livres lus d'ici à juillet prochain).

Car en effet, je dois dire que j'ai été déçu par ce livre et pourtant je connaissais cette collection dont j'ai quelques titres depuis de longues années. C'était d'ailleurs la raison de mon envie de lire ce texte.

                                



                
                             



J'ai mis le lien de l'article de Levraoueg en début d'article. J'avoue qu'elle a fait une analyse très fine et remarquable. Je suis pour ma part passé au-dessus de certaines subtilités du texte. J'admets qu'il est intéressant pour son originalité. Alors, pourquoi ce mauvais sentiment sur ce livre? je ne le sais pas trop.
J'ai lu par le passé des textes tout autant difficiles dans les collections "Textes" ou "Digraphe" chez Flammarion.

Mais c'est peut-être parce que je dois en faire une chronique que l'inspiration manque.

Jocelyn Bonnerave associe souvent ses activités musicales et littéraires dans la pratique de la "performance", ce qui explique, bien sûr, son style qui peut être "classique" avant de partir vers certaines "divagations".

Généralement, je ne parle ici que de livres qui m'ont plu car je n'aime pas dire mes déceptions, chacun devant pouvoir juger de lui-même de l'intérêt ou non d'un livre.

Alors, bonne lecture tout de même, si vous avez envie de suivre l'anthropologue A. au pays des états-uniens, en observation dans le monde des musiciens marginaux.

Denis


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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 10:00
Dans le cadre du challenge animé par bouboubouquine :

                                                                                Challenge 100 ans


je suis revenu vers John Fante, dont j'avais lu "mon chien stupide", cette fois avec :


                                               


                  Pleins de vie (10/18 - collection "Domaine étranger" - 220 pages)
                     Titre original : "Full of life" - traduit par Brice Matthieussent)

Au niveau traduction, on ne peut pas faire beaucoup mieux car Matthieussent a traduit les plus grands auteurs américains.

En 1946, John Fante a acheté une maison sur Van Ness Avenue à Los Angeles, qui va être la maison de "pleins de vie".
En 1950, il a besoin d'argent et se met à écrire ce livre qui lui permettra ensuite, d'acheter une maison plus grande, celle de Malibu qu'il décrit si bien dans "mon chien stupide.

C'est dire l'importance des maisons dans les livres de l'auteur.

Son épouse, Joyce Fante, qu'il met en scène sous son vrai nom dans le livre, a témoigné plus tard : "La plupart des incidents décrits dans "pleins de vie" sont réellement arrivés... l'histoire est autobiographique; mais ce sont les événements tels que lui les voyait , ou voulait les montrer. De la mise en scène, si vous voulez".

Nous voilà rassurés car on est finalement dans de la fiction de par le traitement que fait l'auteur du réel qu'il a vécu.

Pour tout dire, ce livre est "succulent". J'ai eu un pur bonheur à le lire.

Les choses sont dites.

Alors, l'histoire est simple :

John Fante et sa femme Joyce, qui attend un enfant, vivent dans cette maison de Los Angeles, quand ils s'aperçoivent que le plancher s'effondre, mangé par les termites.
Il faut réagir et réparer mais comment. Idée géniale : faire appel au vieux Fante, italien des Abbruzzes émigré, père de John, ancien maçon... John part en avion retrouver son père à San Juan, dans la vallée de Sacramento. Difficile de convaincre ce vieil alcoolique acâriatre... Bref, la mère sert d'intermédiaire, et l'affaire est faite. Retour à Los Angeles par le train, car papa ne supporte pas l'avion... Et là, ce voyage vaut anthologie car le père ne se plie à aucune règle et le trajet est "épique".
Enfin, arrivés à la maison non sans mal, le père tergiverse, prend des mesures, boit, menace de repartir mais cède... Au final, il casse la cheminée pour la refaire plus belle et plus grande, sans rien faire au plancher. 
Pendant ce temps, Joyce qui se prépare à l'accouchement fait une crise 'mystique" et suit le catéchisme, se faisant baptiser, sans que John y comprenne grand chose.
Et l'accouchement arrive... John est souvent dépassé par les événements, ce qui rend la narration encore plus truculente.

Ne nous méprenons pas, ce n'est pas un roman comique à vrai dire, mais la narration très simple et limpide rend toute cette histoire intimiste presque "épique" et c'est par ce biais que la "petite" histoire rencontre la "grande". On voit ici les USA par la petite lorgnette. Alors, laissez-vous emporter par ce livre et si vous ne connaissez pas cet auteur, allez vite le lire.


                                         

Le 21 mars  1952, de Malibu, John Fante envoie un exemplaire de "Pleins de vie" à son vieux mentor et protecteur H.L. Mencken, à qui il avait dédicacé ce livre : "je dédie ce livre à H.L. Mencken, avec mon indéfectible admiration".

Et comme John Fante était autant scénariste qu'écrivain, son roman a fait son chemin pour "arriver" dans les mains de Richard Quine et à sa grande surprise Quine lui demande d'écrire le scénario du film tiré de son livre. Il en sortira un film en 1956 produit par Columbia.



                                                   



                                               

J'ai pu obtenir ces informations complémentaires grâce au texte d'introduction du livre "John Fante et le cinéma" par Philippe Garnier
.

Voilà, encore une lecture jubilatoire que je dédie à tous les amateurs de littérature.

Et je vous renvoie à Wikipedia pour la biographie et bibliographie de John Fante (1909-1983)

Bonne lecture

Denis
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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 09:00








Chaque automne , Bernard Werber donne rendez-vous à ses lecteurs , avec succès.
Gageons que  " Le miroir de Cassandre " ne dérogera pas à la règle...
L'anticipation est son leitmotiv , aussi qui mieux que Cassandre , la prophétesse , pouvait incarner le personnage central de son nouveau roman ...








Albin Michel - septembre 2009 - 631 pages



A lui tout seul, il phagocyte le secteur de la science-fiction ou de la " philo- fiction " selon ses propres mots. Son grand truc ? Echafauder des scénarios sur ce qui pourrait se passer dans cinquante , cent ou deux cents ans.
La banlieue de Paris est devenue un immense dépotoir peuplé d'insurgés revenus à un état semi-sauvage.
C'est là que se réfugie Cassandre , une jeune fille qui s'est enfuie de son foyer après avoir déchiqueté l'oreille de son directeur.
Dotée du pouvoir magique de lire dans l'avenir , ellea été frappée de la même malédiction que son homonyme célèbre , l'antique fille de Priam , roi de Troie.
Personne n'accorde de crédit à ses sombres prévisions.
Des années plus tard , elle se retrouve jugée par des bébés qui lui reprochent de ne pas avoir sauvé la planète victime de la surpopulation , des épidémies , du terrorisme et d'une gigantesque pollution.
Une réalité qui pourrait rapidement devenir la nôtre. Effrayant et vertigineux.





 Petit rappel sur la mythologie de Cassandre






Cassandre
par E. de Morgan



Cassandre (Κασσανδα) était la fille de Priam, roi de Troie, et d'Hécube et soeur jumelle d'Hélénos. On raconte que, très jeunes, les deux enfants s'endormirent dans le temple d'Apollon Thymbrée où ils furent retrouvés le lendemain entre deux serpents qui leur léchaient les oreilles et la bouche. Cet épisode expliquerait le don de divination qui toucha les deux enfants lorsqu'ils grandirent.

Cassandre (ou parfois Alexandra) était réputée pour sa grande beauté et elle eut de nombreux soupirants comme Othryonée de Cabésos en Thrace ou Coroebos, fils de Migdon, qui apportèrent leur soutien à Priam à condition toutefois de pouvoir l'épouser un jour.
Elle fut aussi aimée d'Apollon et elle se promit à lui en échange de l'apprentissage de l'art de la divination.


Mais une fois instruite, elle n'accorda Apollon qu'un simple baiser en se moquant de sa naïveté. Alors le dieu, qui ne pouvait reprendre son don, lui retira le pouvoir de persuader et malgré l'exactitude de ses prédictions, personne ne la croyait jamais:
• le malheur résultant du voyage à Sparte de Pâris qu'elle avait reconnu lors des jeux funèbres.
• Elle prévient Oenone de l'inanité de l'amour de Paris (Ovide, Héroides 8,115)
• le danger du cheval de Troie.
• la destruction totale de Troie.
• la mort d'Agamemnon et sa propre mort.


De plus Cassandre était sujette à de terribles crises d'épilepsie avant ses prophéties, c'est pourquoi on la croyait folle et ses prédictions n'étaient pas prises au sérieux depuis qu'Apollon lui avait ôté le don de persuasion.

Cette partie de la légende n'est pas relatée chez Homère ( Iliade chant XIII et XXIV et Odyssée chant XI) qui ne mentionne pas ses dons de prophétie et raconte seulement qu'elle était la plus belle des filles de Priam mais elle est intégrée dans les traditions plus tardives comme par exemple dans l'Orestie d'Eschyle ou dans les Troyennes d'Euripide.


Lors de la prise de Troie, elle vit Coroebos mourir devant ses yeux et elle fut violée par Ajax, fils d'Oïlée, alors qu'elle était refugiée dans le temple d'Athéna et agrippée au Palladium, Pour expier ce sacrilège, les Locriens furent condamnés à envoyer chaque année à Troie, pendant deux jeunes filles vierges destinées à être les servantes du temple d'Athéna; si les habitants s'en emparaient avant qu'elles arrivent au temple, elles étaient mises à mort. Ce tribut aurait persisté jusqu'au IIe siècle de notre ère.


Après le sac de Troie, elle fut donnée comme captive à Agamemnon, et fut tuée avec le roi à Mycènes par Clytemnestre et son amant Egisthe comme elle l'avait d'ailleurs prédit peu de temps avant. Toutefois certains auteurs lui attribuent deux fils jumeaux Télédamos et Pélops qui périrent en même temps que leur mère.


Après sa mort elle fut l'objet d'un culte sous le nom d'Alexandra et elle eut un temple à Dardanos et un à Leuctres. Ce temple et sa statue étaient célèbres car il offrait un refuge aux jeunes filles qui voulaient échapper à un mariage forcé.

 

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 08:00




Editions PLON - Mai 2009 - 358 pages
Isabelle Chapman (Traducteur)



1942 : Après quelques dîners en ville, Will Truesdale , jeune Anglais fraîchement débarqué à Hong - Kong , tombe follement amoureux de Trudy Liang.
Eurasienne au charme insolent , Trudy est piquante , mondaine , vipère et chatte à la fois , fascinante.
L'élégance métissée de leur couple n'a pas d'égale dans la colonie , et leur vie , insouciante et luxueuse , paraît devoir durer toujours.
Jusqu'à ce que l'ombre de la guerre les recouvre ...
L'invasion japonaise les sépare : Will est jeté dans un camp avec ses compatriotes , il y survit péniblement , pendant qu'à l'extérieur , Trudy nage en eaux troubles , dans une atmosphère d'occupation cruelle et de trahisons intestines.
Dix ans plus tard , Claire Pendleton, jeune provinciale que rien ne prédestinait à une vie exotique , quitte son Angleterre natale pour s'installer à Hong - Kong avec un mari ennuyeux.
Les Chen, une famille chinoise aisée , l'engagent comme professeur de piano pour leur fille.
D'abord intimidée par l'effervescence de cette île inconnue , Claire est vite grisée par la vie mondaine fastueuse de Hong - Kong et ne tarde pas à prendre un amant. Mais l'homme énigmatique , cache un passé obscur et des secrets , que Claire brûle de découvrir.


D'une époque à l'autre , Janice Lee noue pour mieux les dénouer les fils d'une histoire dévorée de regret et de trahison.
Son extraordinaire intuition narrative , ses personnages singuliers et son écriture délicate et vibrante capturent l'attention et l'émotion.
Le roman fini , Trudy , au coeur des dangers de la guerre , Will, prisonnier des tourments du passé et Claire , spectatrice des amours déchues , hantent encore longtemps le lecteur.
Un roman bouleversant que je vous recommande.









Janice Y.K.LEE est née et a été élevée à Hong - Kong , où elle vit actuellement. Diplômée de  Havard , elle a travaillé à ELLE et MIRABELLA  MAGAZINE.
" Le Professeur de piano " est son premier roman déjà traduit en 18 langues et vendu dans 20 pays à travers le monde.
Dans ce roman exceptionnel , Janice Y.K.Lee nous immerge dans le monde bouillonnant et dangereux du Hong - Kong des années 40 : une atmosphère intense et exotique , une évocation puissante de la fin d'un monde et d'un amour.

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