Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 21:50

pleines-lunes.jpg

 

Nos pleines lunes de Sophie Krebs

 (Editions Baudelaire - 152 pages - 4e trimestre 2012)

 

Un premier roman dont l'auteure m'a proposé la lecture et que son éditeur m'a gentiment envoyé en "service de presse".

Lucas vit dans un hôpital psychiatrique et aime faire des noeuds en pensant à Lolita.

Lolita, en fait Laetitia est photographe. Elle a souvent photographié Lucas et s'apprête à faire une exposition dans laquelle il sera représenté par quelques clichés.

Ces deux personnages, éloignés, qui racontent chacun leur vie au quotidien, vont se rejoindre au moment de Noël.

Pour Lucas, cette fête est importante car il sait qu'il va revoir sa Lolita avec ses cheveux et ses noeuds. Alors, il prépare ses surprises pour elle.

Et elle s'occupe de son exposition, si importante pour sa carrière et sa notoriété.

Deux voix mystérieuses, emportées dans leur univers, proche de la folie pour l'un et de l'espoir pour l'autre. 

Deux êtres qui ont un destin lié... mais tout l'art du livre est de nous révéler certains éléments de l'intrigue au fur et à mesure, il n'est donc pas possible d'en dire plus au risque d'ôter l'intérêt du livre...

Un livre intrigant mais aussi foisonnant, bien écrit de surcroît qui se laisse "déguster" malgré des tensions parfois "extrêmes".

Le monde psychiatrique est bien rendu également... et l'écriture témoigne aussi de ce cheminement alambiqué de la pensée chez un être fragilisé.

Une belle lecture à compléter par un entretien de l'auteure avec Anis sur son blog.

Bonne lecture,

 

Denis

Repost0
5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 20:53

 

Histoire de la littérature des Etats-Unis d'Amérique

par Michel Barrucand

(Ellipses - "Littérature des cinq continents" - 136 pages - 2006)

-------------------------------

5 périodes pour un panorama rapide et pertinent de la littérature des U.S.A. :

- La période coloniale (1620-1800)

- Un romantisme américain (1800-1865)

- Un monde sans limite (1860-1920)

- La nouvelle Amérique (1920-1950)

- Le grand chambardement (1950-2005)

Tous les écrivains importants de l'histoires des lettres américaines sont présentées sur une page environ, et bien d'autres peu ou pas coonus sont présentés en quelques lignes.

C'est l'occasion de recadrer également les auteurs dans un contexte politique, historique.

Roman, poésie, théâtre, nouvelles... pour bientôt 400 ans de littérature, dont on sait aujourd'hui l'importance qu'elle revêt...

Cette présentaion permet de s'apercevoir qu'il y a de très nombreux écrivains inconnus. Et quelle richesse...

 

Cette lecture m'a donné envie de proposer à Adalana qui organise cette année "un challenge littérature japonaise" avec un auteur par mois, de poursuivre l'an prochain, ensemble, avec un "challenge écrivains précurseurs des U.S.A." avec :

janvier 2014 : Edgar Allan Poe 

février :           Walt Witman

mars :             Nathaniel Hawthorne

avril :              Herman Melville

mai :               Jack London

juin :               Mark Twain

juillet :            Henry James

août :              Edith Wharton

septembre :   Emily Dickinson

octobre :        William Faulkner

novembre :    Ernest Hemingway

décembre :    John Steinbeck

 

Beau programme, non !!!

Nous aurons l'occasion d'en reparler à l'automne, mais une manière de revenir aux auteurs signaficatifs du 19e siècle et du début du 20e siècle...

 

Bonnes futures lectures,

Denis

Repost0
31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:52

Quelle époque ! d'Anthony Trollope

 (Fayard - 820 pages - décembre 2009)

Traduit de l'anglais par Alain Jumeau

Titre original : The way we live now (publié en 1874-1875)

------------------------

Anthony Trollope (1815-1882) est un auteur anglais de l'époque victorienne peu connu en France dont l'oeuvre parait régulièrement en France depuis 1991 chez divers éditeurs : Fayard, Albin Michel, Aubier, Autrement...

C'est dire qu'il commence à se faire connaitre plus d'un siècle après sa mort. Ecrivain prolixe, il a publié 47 romans, de nombreuses nouvelles et des textes autobiographiques.

Alain Jumeau, traducteur et préfacier de ce roman, précise que c'est son roman le plus remarquable, le plus riche et le plus long, considéré comme son chef d'oeuvre.

Alors, attention, sa lecture demande une immense patience, car ce sont de longues heures de lecture et je l'avoue quasiment aucun personnage n'est attachant. Ils sont tous hyppocrites, avides de gloire et d'argent, cupides en un mot.

Exemple : Paul Montague dit à Mrs Hurtle qu'il va l'épouser, puis brusquement, il lui dit qu'il n'en est pas question.

Alors, bien malgré elle, elle lui écrit : (page 392) "Cher Paul, Vous avez raison et j'ai tort. Notre mariage n'aurait pas été bien assorti. Je ne vous en veux pas. Je vous ai séduit, lorsque nous étions ensemble; mais vous avez appris, et à juste titre, que vous ne deviez pas renoncer à votre vie pour de tels attraits..."

En fait, Paul aime une autre femme, Henrietta Cadbury, "volée" à son ami Roger Cadbury.

Sir Felix Cadbury, frère d'Henrietta, lui aussi, joue sur deux tableaux : Ruby Ruggles et Marie Melmotte, fille du très riche et convoité Mr Melmotte. Rudy vient à Londres et Felix n'hésite as à rompre avec elle...

Ces deux personnages sont à l'image des autres personnalités. Ce qui est vrai aujoud'hui ne l'est plus demain, on change de "favoris" par arrivisme notammeent.

L'écrivaine Lady Cadbury, dont l'écriture est de faible qualité fait sa cour aux journalistes influents et le roman débute par les trois lettres écrites aux trois éditorialistes. Beaucoup d'humour dans l'approche par l'auteur de ces "portraits".

La bourse, les finances sont un autre persoonage important du roman car tous ces "bons hommes" s'arrachent Mr Melmotte pour en faire un allié car il fait les beaux jours des marchés londoniens, notamment autour des titres de la «Compagnie du chemin de fer du Pacifique centre et sud et du Mexique». Et pourtant, on dit qu'il a fait faillite en France et n'est pas très recommandables.

Vous aurez compris que ce livre est riche, magnifiquement écrit, mais alors, quels désagréables et infréquentables personnages.

Ce livre est une lecture commune organisée par Adalana, donc vous retrouverez un lien vers tous les articles sur son blog.

Bonne lecture,

Denis

Repost0
30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 22:37

 

Situations délicates de Serge Joncour (J'ai lu - 156 pages)

Première édition : 2001

---------------

Recueil de 45 courtes nouvelles impossible à résumer. 45  situations vécues par des êtres à qui s'adresse directement l'auteur. Il se dégage beaucoup d'humour aussi car certaines situations sont "grotesques". Par exemple, un homme qui se retrouve dans un club d'échangistes. Il ne comprend pas vraiment pourquoi ces gens sont affables.

Il y a aussi ce père qui accompange son fils pour voir un match de foot et qui ne connait rien à ce sport, sans compter sur un cambrioleur qui n'a rien d'un meneur...

Des personnages "décalés" par rapport à l'instant qu'ils vivent, c'est tout le charme de ce livre.

Cet homme qui veut inviter une jeune femme qui travaille avec lui et qui n'accepte pas son invitation : (page 41) " Elle n'a pas envie de dîner, après tout, tout le monde n'est pas obligé d'avoir faim. D'un point de vue strictement professionnel c'est sûr que c'est dommage, cela t'aurait permis d'entrer un peu plus dans les détails avec elle, de lui expliquer toutes les subtilités de la hiérarchie, toutes ces filiations de susceptibilité qui tissent une entreprise".

On le voit, beaucoup de naïveté chez ces personnages déroutants, malchanceux.

La langue de l'auteur est très poétique, pure aussi, ciselée sans mots en trop. Ce pourraient être des poèmes en prose...

Un livre passionnant à déguster en 45 morceaux d'n gâteau qu'est le "genre humain".

     

Serge Joncour est né en 1961 et a écrit une douzaine de livres. Il est présent sur facebook

https://www.facebook.com/?ref=tn_tnmn#!/joncour.serge

N'hésitez pas à aller à sa "rencontre".

Son dernier roman publié a eu un rééel succès : "L'amour sans le faire"

Et j'ai présenté il y a quelques semaines, son livre "L'idole".

Bonne lecture,

Denis

Repost0
29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 21:30

 

Une parfaite chambre de malade, suivi de La désagrégation du papillon par OGAWA Yoko (Babel - 153 pages - sepembre 2005)

Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle

Première édition japonaise 1988 et 1989

----------------------

Livre lu dans le cadre du challenge Ecrivains japonais 2013 proposé par Adalana sur son blog :

Pour le mois de mars, l'auteur "invité" est OGAWA Yoko dont l'oeuvre est publiée chez Actes Sud depuis 1995, date de parution en France de "la Piscine".

 

 

L'auteure est née en 1962 et consacre sa vie à la littérature.

Le livre que j'ai choisi reprend deux longues nouvelles de Ogawa, publiés quand elle était jeune auteure. Ce sont ses deux premières oeuvres. On est donc à l'aube d'une vocation d'auteure plutôt appréciée de ses lecteurs, même si ses textes ne font pas tout à fat l'unanimité.

L'écriture est toujours très belle chez elle, mais elle ne fait pas de concessions et exprime les sentiments de ses personnages sans fioritures.

La première nouvelle donne la parole à la soeur du frère dont la maladie est incurable. Il est installé dans une chambre à l'hôpital où elle travaille comme secrétaire au service de chirurgie digestive.

Tous les jours après son travail ainsi que le week-end, elle se rend à son chevet. Elle sympathise avec S. le médecin qui s'occupe de son frère et le rencontre souvent à la bibliothèque de l'hôpital où elle vient "respirer" de temps en temps. Elle comme lui sont passionnés par John Irving.

Elle voit son frère se dégrader mais elle sacrifie sa vie personnelle, avec l'accord de son mari, pour assister son frère jusqu'au bout...

Très belle écriture, fluide, poétique aussi.

Voici le début de la nouvelle : "Quand je pense à mon jeune frère, mon coeur saigne comme une grenade éclatée. Je me demande pourquoi. Peut-être parce que nous étions deux et que nous n'avons par reçu beaucoup d'affection de nos parents. Je crois aussi que c'est parce qu'il est mort terriblement jeune. La mort d'un garçon de vingt et un ans est difficile à imaginer. C'est l'âge auquel on a le moins de liens avec la mort".

La seconde nouvelle "La désagrégation du papillon" parle aussi de solitude, d'ennui, de malheur. Malheur pour la petite fille de Sae, vieille dame, qui est devenue dépendante au point qu'il faut la mener en maison de retraite. Malheur, car elle culpabilise de cette séparation et elle va venir la revoir et se rendre compte de sa perte réelle d'autonomie et de mémoire...

Cette nouvelle m'a moins intéressé, je l'avoue, plus philosophique, mais je dirais que "la mayonnaise ne prend pas". Les phrases sont "attendues", pas vraiment "envoûtantes". Pas de magie des mots; Pour moi des juxtapositions d'idées, d'images... Dommage car sinon le recueil aurait vraiment été intéressant... Je suis sans doute sévère mais cette nouvelle m'a laissé "en dehors" de l'histoire de la peite fille et de son copain Mikoto...

J'avais préféré "l'annulaire".

Bonne lecture, d'autres lectures de Ogawa sur le blog d'Adalana qui va répertorier tous mos articles de mars 2013.

Denis

Repost0
26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 21:50

"Ne t'éloigne pas" d'Harlan Coben

(Belfond Noir - 370 pages - mars 2013)

Traduit de l'américain par Roxane Azimi

Titre original : Stay Close" - 2012

-----------------------

Comme avec chaque livre d'Harlan Coben, on est tout de suite plongé dans un suspens haletant.

Tout commence quand Ray Levine, ancien paparazzi reconverti en photographe de "star d'un jour" fait un petit reportage pour Ida, un jeune juif. A la sortie de la salle, il se fait agresser car on en veut à son appareil photo. Heureusement, ses photos s'envoient automatiquement sur une adresse mail, ce qui lui permettra de récupérer toutes ses photos.

Megan Pierce s'est reconvertie en mère de famille rangée, mais son passé ressurgit quand Lorraine, la serveuse du bar où elle travaillait il y a 17 ans, demande à la voir. A priori, quelqu'un est sur ses traces, 17 ans après le drame qui l'a fait fuir la ville d'Atlantic City.

Quant à Broome, le flic, il se rappelle que le mari de Sarah, avec laquelle il est resté en bons termes, a disparu il y a 17 ans, un 18 février et cette année, on signale une nouvelle disparition, celle de Carlton Flynn. Etrangement, ce sont deux mardis gras. Y aurait-il un lien entre les deux disparitions. Alors, Broome, avec la complicité de son ex-épouse, recherche s'il y a eu d'autres disparitions entre ces deux dates à cette même époque, ce qui conduisait à rechercher un serial killer.

Un étrange jeune couple apparait aussi, Ken et Barbie, engagé par le père de Carlton pour enquêter. Seulement, ils n'ont pas peur d'être violents, ce qui complique le travail de la police.

Megan va-t-elle revenir vers son ancienne vie, bien enfouie. Et retrouver Ray sera difficile car ils s'aimaient et se sont séparés brutalement le jour de la disparition du mari de Sarah.

Une énigme très bien conduite, avec de nombreux dialogues entre les protagonistes, restitués avec finesse et souvent avec humour, par Harlan Coben.

On a envie d'avancer dans la lecture du livre pour en savoir plus sur ces disparitions répétitives à date fixe (ou presque).

Qui peut être l'assassin?  C'est tout l'art de l'auteur de nous perdre dans les méandres de cette histoire pour ne nous révéler qu'à la fin ce qui s'est réellement passé. Un innocent notamment a purgé une peine de prison... Et tous les hommes qui ont disparu étaient violents avec leur femme ou compagne. Une vengeance !!!

Il faut lire le livre pour connaitre l'issue de cette sordide histoire, "rondement menée"...

N'hésitez pas à aller sur le site de l'auteur : www.harlancoben.com

et sur sa page facebook : https://www.facebook.com/#!/harlancobenbooks?fref=ts

Merci à Laura de Athomedia, grâce à qui j'ai pu lire ce roman policier de Harlan Coben, passionnant de bout en bout.

Bonne lecture,

Denis Lecomte

Repost0
17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 10:00

Dans les rapides de Maylis de Kerangal

(Naïve - collection "sessions" - 113 pages - janvier 2007)

 

J'aime beaucoup les livres de Maylis de Kerangal, mais encore plus celui-ci. Par chauvinisme, me direz-vous?

Un peu mais pas que cela heureusement. Car il y a avant tout la qualité de l'écriture de l'auteure, à laquelle je succombe dans chaque livre qu'elle écrit.

Alors, pourquoi du "chauvinisme" (un mot dont j'ai horreur, par ailleurs!). Parce que le roman se passe au Havre en 1978 et notamment au lycée Porte Océane où j'ai passé mon bac, 3 ans avant cette histoire.

Je me sentais un peu chez moi, ainsi.

Et l'histoire? trois amies. La narratrice, Marie, Lise et Nina. Inséparables au lycée et dans leur activité de loisir : l'aviron.

Un dimanche, un jeune homme en Renault 16 les prend en stop au bord de la plage. Il écoute Blondie et elles sont subjuguées.

Dès le lundi, Lise se procure le disque 33 tours : "Parallel Lines" de Blondie.

 

 

Elles pensent avroi découvert un groupe exceptionnel et inconnu. Or, Pierre, un de leurs amis, leur dit que ce n'est pas leur dernier disque et que le précédent était meilleur.

La blonde sur le disque s'appelle Debbie et elle vit à New York. Les trois filles rêvent alors d'aller à New York et de chanter aussi.

Pierre demande à Marie de faire un article sur ce livre.

Mais voilà qu'une autre chanteuse entre dans leur univers musical : Kate Bush avec "The Kick inside".

Les trois amies vont à une soirée de jeunes au moment de Noël, et Nina rencontre un homme et le trio est en train d'éclater, pas seulement au niveau musical...

Les chapitres reprennent les titres des disques de Blondie et Kate Bush pour rythmer ce roman.

Je l'ai dit, on est toujours sous le "charme discret" de Maylis de Kerangal. Son originalité est toujours contenue dans la beauté de son langage.

Page 18 : "Blondie, Parallel Lines, la pochette. Canon. Une fille et cinq garçons. Debout et côte à côte, ils regardent l'objectif, annoncent la structure et la couleur, ce sera géométrique, noir et blanc - on ne peut être plus clair. Noir et blanc les larges rayures verticales qui tapissent le fond de l'image, noir les costards étroits, les cravates fines comme des des lamproies pendues sur les boutonnières, blanc la robe de débutante que porte la fille, mes mules et ses cheveux platines."

Vous pourrez mesurer ici la manière de présenter la pochette par l'auteure (dont vous avez l'illustration ci-dessus).

Autre exemple du style de l'auteure, page 51 : "Nous allons partir à New York. C'est décidé. L'été prochain, on ira. C'est notre grand projet. Nous sommes d'accord. Nous voulons l'Amérique, New York, Manhattan. La folie des grandeurs. L'idée d'une virée à Londres, dégainée par souci de réalisme économique - New York trop cher, trop loin, trop grand - , aura vécu le temps d'une cigarette défaitiste : qu'aurions-nous fait à Londres quand Debbie est à New York".

Un style littéraire comme celui présenté dans les deux extraits ci-dessus est fait pour me ravir. Des portraits par petites touches. On se croirait dans un tableau en train de se créer sous nos yeux.

 

De Maylis de Kerangal, j'ai également présenté sur le blog un roman qui, lui se passe à Marseille : "Corniche Kennedy" tout aussi beau et passionnant.

Bonne lecture,

Denis

Repost0
12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 21:42

 

La porte de l'eau de Rosetta Loy

 (Rivages - collection littérature étrangère - 123 pages - juin 2011)

Traduit de l'italien par Françoise Brun

Titre original : La porta dell'acqua (1ère publication - 1976)

Un court roman qui se passe à Rome à la fin des années 1930. On sent bruire le racisme contre les juifs. Il y a quelques allusions aux voisins juifs qui n'ont pas la qualité "aryenne" des gens tels qu'Anne-Marie, la gouvernante allemande de la narratrice.

Une narratrice très jeune qui a de l'amour pour Anne-Marie, tandis que l'allemande ne lui apporte pas aucune affection.

Les parents sont dans leur vie et la fillette est bien seule. Heureusement, elle a ses jouets et plus encore ses livres. Anne-Marie lui raconte les histoires contenues dans ces livres et l'enfant s'identifie à "ses héros".

  Paulinchen est son héroïne favorite, cette petite fille au noeud dans les cheveux. 

La jeune narratrice a une éducation religieuse très stricte, donc elle a bien peu d'occasions de se sentir heureuse dans sa vie...

Une histoire que l'auteure nous présente avec distance aurais-je envie de dire. Rosetta Loy est née en 1931, on peut donc penser qu'une partie de sa vie est racontée ici.

Geneviève Brisac, dans son livre "La marche du cavalier", écrit au sujet de ce livre : "L'écriture de Rosetta Loy a la force des rêves, les images s'y superposent, et Paulinchen en flammes incarne toutes les tragédies d'une vie". (page 60)

La fillette voit les événements la fuir, la déstabiliser sans qu'elle puisse faire quoique ce soit, comme si la vie, son destin, lui échappaient.

Je suis un peu déçu qu'avec un thème aussi fort, une écriture autant maîtrisée, je n'ai pas eu d'attachement pour cette enfant, passant à côté de la magie littéraire qu'est le bonheur de lire, le bonheur de communion avec l'auteur ou le personnage principal...

J'ai lu ce livre et découvert ainsi Rosetta Loy, grâce au challenge d'Anis

"Lire avec Geneviève Brisac"

Challenge-Genevieve-Brisac-2013.jpg

C'est ma quatrième contribution, après Jean Rhys, Ludmila Oulitskaia et Lidia Jorge

Merci Anis (Littérama) pour ces découvertes littéraires, celle-ci en fut une car je ne connaissais pas du tout l'auteure avant ce challenge.

Bonne lecture,

Denis

Repost0
9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 22:33

 

La nuit des femmes qui chantent de Lidia Jorge

 (Métailié - "Bibliothèque portugaise" - 310 pages - janvier 2012)

Traduit du portugais par Geneviève Leibrich

Titre original : "A noite das mulhere cantoras" - 2011

------------------------------

    Troisième livre lu dans le cadre du challenge de Littérama "Lire avec Geneviève Brisac" après "Bonjour Minuit" de Jean Rhys et "De joyeuses funérailles" de Ludmila Oulitskaia 

Challenge-Genevieve-Brisac-2013.jpg

Il y avait très longtemps que je voulais lire Lidia Jorge. Le challenge a donc été l'occasion pour moi de lire ce livre "La nuit des femmes qui chantent" paru en France l'an dernier. C'est le 9e livre publié par les éditions Métailié, dont on ne vante plus la qualité de son catalogue.

Le roman s'ouvre sur la "nuit parfaite". C'est une soirée TV, organisée à Lisbonne pour rappeler qu'il y a vingt et un ans, un groupe de cinq filles chantait. Aujourd'hui, elles sont quatre : les soeurs Alcides (Nina et Maria Luisa), Solange (la narratrice) et Gisela, la vedette. La cinquième, africaine, n'est pas là : Madalena Micaia (dite "The African Lady"). et surprise, sur scène surgit João de Lucerna, le chorégraphe, disparu depuis toutes ces années. C'est une grande émotion pour Solange. Grand émoi cette soirée. Solange se rappelle alors cette aventure vieille de 21 ans.

Solange avait alors 19 ans, écrivait des poèmes et a été repérée par Gisela, laquelle, grâce à la fortune de son père, veut faire un disque. Et Gisela entraîne ces 4 jeunes filles dans ce projet "fou".

Solange écrit et toutes cinq répètent dans un garage. Des musiciens, une costumière et un chorégraphe viennent progressivement s'intégrer à leur groupe pour préparer un disque, qui sera suivi d'une tournée internationale.

Toutes les étapes de cette "aventure musicale" sont décrites, presque jour après jour, par Solange. Gisela va "veiller au grain" pour que tout se passe bien, allant jusqu'à demander à ses quatre amies de n'avoir pas de relation amoureuse pendant cette année de travail intensif.

On ne s'ennuie à aucun moment car il y a toujours des "rebondissements" dans ce roman assez "sombre", comme un fado, mélancolique aussi. La fin est assez étonnante... "impensable" comme le dit l'éditeur en 4e de couverture.

L'écriture est magnifique, vraiment. Une langue exceptionnelle. Des paragraphes assez longs et soudain, une phrase, isolée, comme une question, comme une respiration musicale qui annonce la suite.

"Je revois ce premier jour de répétition avec João de Lucerna" (page 113)

"Maria Luisa a dit tout bas : Tout ça est de ma faute . Et pourtant je n'ai mal nulle part". (page 131)

Des transitions qui aèrent le texte, qui le relancent aussi.

Page 153 (pour illustrer le style si beau, au ton si juste, si intelligent pour ce subtil roman) - début du chapitre 12 : "Le premier jour de mars le garage s'est rempli de monde. Gisela Batista nous a averties qu'il s'agissait de gens avec des sachets d'acide à la place du coeur. Mais elle se sentait calme, elle avait une confiance absolue dans ses oeuvres d'art. Sereines et calmes, nous allions inaugurer nos prouesses devant ce public. Maria Luisa avait retiré l'attelle qui protégeait son bras, Madalena Micaia avait perdu deux kilos et demi et ça se voyait surtout sur son visage. Sa peau sombre brillait, ses traits avaient ressuscité d'une forme antérieure qui nous était inconnue..."

310 pages de littérature belle et intense. Bref, un très beau livre, que j'ai lu avec un grand bonheur de lecteur attaché à la qualité du style, des mots... et porté également par l'histoire, simple, mais prenante, car bien construite...

 

Lidia Jorge est née en 1946. Très jeune elle est confrontée à  la lecture à haute voix dans sa famille. On comprend ainsi la musicalité de sa langue, son attachement pour le rythme qui conduit son texte et sa narration. Solange est sa porte parole.

Un livre et une auteure que je recommande très vivement pour tous les amoureux de la littérature de qualité.

Bonne lecture,

Denis

Repost0
5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 22:05

 

De joyeuses funérailles de Ludmila Oulitskaïa

(Gallimard - Collection "Du monde entier" - 167 pages - juillet 1999)Traduit du russe par Sophie Benech

Titre original : Vesselye pokhorony - 1997

-----------------------------

Le titre est provocateur et pourtant il reflète bien l'intention d'Alik.

Cet homme sait qu'il va bientôt mourir. Sa femme, Nina, est à ses côtés, mais également ses amies comme Irina, rencontrée autrefois en Russie. Elle est là avec sa fille, Maïka, surnommée Tee-shirt et qu'Alik a sauvée de son "autisme".

A son chevet, également, Finor, médecin non officiel et Maria Ignatievna, spécialisée dans les plantes non autorisées. Eux deux essaient de prolonger sa vie et de soulager ses douleurs. Quant à Faïka, elle est venue avec son appareil photo pour prendre quelques photos d'Alik.

Il fait très chaud à Manhattan où tous ces russes, juifs ou non, sont venus s'installer. Alik y a son atelier de peintre et il veut être entouré pour vivre ses derniers jours. Il a demandé à quitter l'hôpital pour mourir avec les siens, ici, dans son univers.

Et Nina lui dit qu'elle souhaite qu'il rencontre un prêtre orthodoxe. Il accepte à condition qu'un rabbin vienne également lui parler religion. Il ne veut pas oublier qu'il est juif, même s'il est athée. Irina demande à son ex-mari Liova de trouver un rabbin car Nina est démunie.

Ainsi, un matin, le prêtre Victor discute avec Alik et lui dit qu'il devrait lire l'Evangile. Ensuite, arrive le rabbin Ménaché. Là aussi, très bon dialogue entre les deux hommes.

Page 66 : "Vous n'avez donc plus personne auprès de qui prendre conseil, à part un rabbin? demanda rabbi Ménaché avec une modestie pleine de fierté et de malice.

- Pourquoi un juif, avant de mourir , ne pourrait-il prendre conseil justement auprès d'un rabbin?

Dans ce badinage, tout était bien plus profond qu'il n'y paraissait, tous les deux le comprenaient et, en posant des questions idiotes, ils s'approchaient subrepticement de ce quelque chose d'essentiel qui se produit dans les rapports humains - ce contact qui laisse une trace indélébile."

A travers cet extrait, on voit le ton du livre. On badine, on parle, on boit, on dort, on séduit. Toutes les femmes d'Alik sont là et les amis de passage car le loft de l'artiste a de tout temps été un lieu où les émigrés russes sont venus le rencontrer et croiser son art.

Il va mourir endetté mais il demande à ces gens de s'amuser, de le fêter. Il va préparer son départ et dicter dans une cassette video ses dernières volontés, pour que ses funérailles soient joyeuses.

Un livre original, humoristique, badin mais bien écrit. On ne s'ennuie pas dans ces derniers jours d'un condamné à mort, pour reprendre un titre de Victor Hugo.

Ludmila Oulitskaïa est née en 1943 et une douzaine de ses textes sont traduits en français, dont "De joyeuses funérailles", son quatrième ouvrage. "Sonietchka" a obtenu le prix Médicis Etranger 1996 et l'a révélée aux lecteurs français.

Bonne lecture,

Denis

 

J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge d'Anis de Litterama :

"Lire avec geneviève Brisac" 

 

Challenge-Genevieve-Brisac-2013.jpg

 

C'est ma deuxième participation après avoir lu Jean Rhys

Repost0

Présentation

  • : BONHEUR DE LIRE
  •                       BONHEUR DE LIRE
  • : BLOC D'UN COUPLE PASSIONNE DE LIVRES, ART , HISTOIRE, LITTERATURE ET COLLECTIONNEURS DE MARQUE-PAGES.
  • Contact

             

  

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Recherche

Texte Libre

*** Phrases diverses ***