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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 17:26

 

Pauvre Miss Finch - une histoire de famille de William Wilkie Collins

(Phebus - Libretto / 540 pages)

Titre original "Poor Miss Finch" - traduction anonyme de l'anglais

 revue et complétée par Frédéric Klein

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J'avais beaucoup aimé "la dame en blanc" du même Wilkie Collins et je m'attendais à un livre de même intensité "dramatique" et j'avoue avoir été déçu par "Pauvre Miss Finch", plus lent, plus redondant. Et le style ne m'a pas conquis, eput-être mal traduit !!

Bref, une déception ce livre.

En quelques mots l'intrigue : Madame Pratolungo, française, veuve d'un révolutionnaire italien "patriote de l'Amérique du Sud", cherche un emploi à Londres où elle vit à présent et tombe sur la famille Finch qui recherche une dame de compagnie pour "la pauvre Miss Finch", Lucilla, jeune femme aveugle.

Le père est pasteur et la mère décédée, donc Mr Finch vit avec une nouvelle Mrs Finch dans le presbytère de Dimchurch, à la campagne, non loin de Brighton, avec une grande "marmaille". Mr Finch a aménagé un endroit calme et indépendant pour sa fille Lucilla. Le courant passe tout de suite avec Mme Pratolungo, qui s'est déclarée pianiste puisque c'était une des conditions de l'embauche.

Arrive dans le village, Oscar Dubourg, que l'on soupçonne être un criminel en fuite. Il se révélera avoir été innocenté d'un meurtre qu'il n'a pas commis, notamment grâce à son frère jumeau Nugent. Le jumeau vient d'ailleurs le rejoindre avant de partir pour les Etats-Unis.

Lucilla tombe amoureuse d'Oscar dès qu'elle entend sa voix. Madame Pratolunga partage alors tous ces émois avec Lucilla et elle lui décrit Oscar.

Seulement Oscar a fait venir des matériaux précieux convoités par des "voleurs" qui viennent s'en emparer une nuit, blessant gravement Oscar à la tête.

Il se remet de ses blessures mais est à présent atteint de crises d'épilepsie. Un seul remède possible : le nitrate d'argent mais avec la conséquence que le visage devient "bleu". Bien sûr, cela n'a aucune conséquence quand la femme aimée est aveugle. Cependant Nugent revient d'Amérique et dit à Oscar et à Lucilla qu'il a un ami allemand ophtalmologue, Herr Grosse pourrait redonner la vue à Lucilla.

C'est là que l'intrigue se "corse" car Lucilla qui ne sait pas qu'Oscar est guéri mais défiguré et qu'elle risque d'avoir un choc dont elle ne se remettra pas... Les deux jumeaux se ressemblent tellement que les frères songent un moment à se fare passer l'un pour l'autre si la jeune femme recouvre la vue...

Compte tenu des enjeux et de l'intéret de l'histoire, je ne dirai rien sur la 2e partie du livre qui raconte l'intervention chirurgicale de Herr Grosse et de ses conséquences...

Alors, 540 pages, cela m'a paru bien long car il y a de longues "tergiversations" qui ralentissent l'histoire.

Coté narration, l'histoire est racontée par Madame Pratolungo et quand elle utilise le journal de Lucilla elle y met ses propres commentaires. C'est donc bien toujours on regard qui est mis en avant. Elle est elle-même embourbée dans un problème familial qui concerne son vieux père âgé de plus de soixante dix ans et qui fait des bétises pour les beaux yeux de jeunes femmes pas souvent de très bonne réputation...

J'ai lu ce livre dans le cadre d'une lecture commune du 31 août dont je mettrai à al suite les liens des autres participants.

Ce livre entre aussi dans le challenge "British Mysteries" dont c'est ma première participation ainsi que dans "littérature du Commonwealth"

 

 

 

Bonne lecture,

Denis

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 21:45
 
Le jardin de l'aveugle de Nadeem Aslam (Le Seuil - 411 pages - août 2013)
Traduit de l'anglais par Claude et Jean Demanuelli
Titre original : The blind Man's Garden - 2013
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Petit rappel historique avant de parler de ce très intéressant roman :
 
- 11 septembre 2001 : attentats contre les USA avec destruction des twin towers
- 7 octobre : Les forces américaines et britanniques entament l’opération « Liberté immuable ». Objectif : frapper massivement les installations stratégiques du régime des Talibans, qui ont refusé d’expulser Oussama Ben Laden.                                                     - 4 décembre : Une large offensive américaine débute contre les Talibans à Tora Bora, près de la frontière pakistanaise.
 - 5 décembre : Les factions afghanes s’accordent sur la création d’un gouvernement intérimaire mené par le leader pachtoune Hamid Karzaï.
 - 31 décembre : Une coalition internationale, l’ISAF (Force internationale d’assistance pour la sécurité en Afghanistan) est créée sous mandat de l’ONU. Elle compte 4 500 hommes de 17 pays sous commandement britannique.
 - 25 janvier 2002 : Hamid Karzaï désigne les 21 membres de la commission d’organisation de la « Loya Jirga », une assemblée de notables qui doit désigner, durant le mois de juin suivant, un gouvernement de transition de l’Afghanistan.
- 13 juin 2002 : Hamid Karzaï est élu par la Loya Jirga à la tête de l’autorité de transition qui gouvernera le pays au cours des deux années suivantes.
 (Source wikipedia)
 
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Le roman débute dans l'après attentats du 11 septembre 2001, pendant la période où l'Afghanistan est attaqué par les forces américaines et britanniques. Les pakistanais ont décidé d'aider leur voisin dans leur lutte contre les occidentaux.
C'est ainsi que Jeo et son frère adoptif Mikal quittent leur ville du Pakistant pour se rendre clandestinement en Afghanistan. Jeo, marié à Naheed se doit donc de la quitter et de la laisser aux bons soins de son père, Rohan, qui est en train de devenir aveugle. Le réconfort de Rohan c'est son jardin (qui donne le titre au livre).
Rohan a eu une mauvaise forturne car il a dû quitter son poste de directeur d'école pour raisons religieuses, car le pouvoir est à présent entre les mains des islamistes.
Mikal et Jeo vont être séparés et devoir survivre chacun de son côté.
Jeo ne va pas survivre et Mikal, lui, va être prisonnier des américains pendant 4 mois. On lui confie une mission qui consiste à aller voler le manteau du prophète dans une mosquée. Il va en profiter pour s'évader de façon plutot rocambolesque. De retour au Pakistan il doit se cacher car il a tué un américain et est recherché par les militaires et est hébergé par Akbar.
Mikal a aimé Naheed lui aussi et espère revenir auprès d'elle. En attendant, Naheed se réfugie de son côté dans la lecture pour échapper à cette violence latente autour d'elle.
D'ailleurs, un commando prépare l'attaque de l' ex école de Rohan.
Enfin, Mikal part sur ordre d'Akbar dans le sud du pays à Megiddo sur la trace de la famille de son ami protecteur. Hélas, tout le monde a disparu, et il doit sillonner la région très dangereuse...
 
Une intrigue un peu compliquée dans un contexte que l'on ne connait pas très bien, mais un livre d'une très grande force narrative avec un style de très grande qualité qui donne envie de suivre ces intrigues entremêlées.
Le style à lui seul donne un intense plaisir de lecture. J'ai donc osé le mettre en "coup de coeur" quand je l'ai lu en juin dernier dans le cadre de "prix des lecteurs de la FNAC 2013".
 
L'auteur, Nadeem Aslam, est né au Pakistan en 1966, puis s'est installé à 14 ans avec sa famille. "Le jardin de l'aveugle" est son 4e roman.
 
 
Malgré la dureté de certaines scènes, je conseille vraiment la lecture de ce roman, vous l'aurez compris.
 
Le roman débute par ces phrases : "Le troisième parent, c'est l'histoire. // Rohan traverse la pénombre du jardin, peu après la tombée de la nuit ; un souvenir lui revient de l'enfance de Jeo, son fils, un souvenir qui d'abord le ralentit avant de l'arrêter dans sa marche. Plus loin, devant lui, des bougies brûlent en divers endroits de la maison en raison d'une coupure d'électricité. On dit que les  blessures, dans certaines conditions, émettent une lumière - si vous les touchez, l'éclat s'attardera sur vos mains - et Rohan, en voyant brûler les bougies, pense à la flamme de chacune d'elles comme à une blessure quelque part dans sa maison".
 
Voici ma première contribution à la rentrée littéraire d'août - octobre 2013 et cette lecture s'inscrit dans le challenge de Hérisson :
 
 
                                                                          1/6
 
 
Bonne lecture et bonne rentrée littéraire,
 
Denis
 
 
Un autre avis positif celui de Luocine
 
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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 19:54

 

Naufrages de YOSHIMURA Akira (Actes Sud - 191 pages - février 1999)

Traduit du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle

Titre original : Hasen (1982)

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Je ne connaissais pas cet auteur mis à l'honneur par Adalana dans le cadre de son challenge "écrivains japonais" pour le mois d'août.

  Logo écrivains japonais_1

Ce fut donc une belle découverte d'un auteur décédé récemment (1927 - 2006).

Son roman "Naufrages" a pour thème une légende japonaise que l'auteur raconte avec beaucoup de "délicatesse", de précision. Une style presque trop parfait pour une bien étrange histoire.

Dans un passé non daté (sans doute il y a plusieurs siècles),  un village vit en autarcie (ou presque). En effet, il est bordé par la mer d'un coté et par la montagne d'un autre côté, ce qui rend les premiers voisins à 2-3 jours de marche difficile.

Isaku, 9 ans, est un de ces habitants isolés du monde. Son père est parti pour trois ans travailler loin d'ici, car il faut survivre à la pauvreté du village. Il est, par ce fait, devenu le "chef de famille" auprès de sa mère, souvent violente, et ses trois frères et soeurs. 

On suit la vie du village avec ses rites, ses saisons pour "boucler" une année. La peche y est importante. Sardines, puis encornés et maquereaux pour finir. Quand la montagne rougit, c'est l'automne, puis le blanc de la neige arrive. Et le cycle reprend, invariablement. Des rites servent aussi à "rythmer" l'année.

Et alors, la grande histoire du village, perpétuée de générations en générations, c'est de piller les navires qui viennent se fracasser sur les côtes dangereuses qui environnent le village. Dès le début de l'hiver, chaque soir, il faut entretenir un feu de cuisson de sel. Isaku, pour la première fois est désigné pour assumer cette fonction, une nuit sur dix. Il avait trois ans la dernière fois qu'un navire a été naufragé ici. Et sans cette manne, le village est pauvre et oblige certains habitants dont le père d'Isaku à partir pour plusieurs années. Alors, chacun espère voir un navire au loin. Six ans de disette...

Le lecteur attend avec ces villageois cette venue improbable. Et le miracle se produit. Tout le monde s'affaire autour du navire pour ramener la cargaison et détruire le navire en prenant tout ce qui peut servir. Il ne doit y avoir aucun survivant, ni aucune trace car la tradition du village ne doit pas être connue à l'extérieur, puisque c'est une pratique entièrement illégale. Isaku participe à la surveillance des lieux pendant le "dépeçage"... D'autres aventures vont venr assombrir la vie du village, mais je n'en dirai pas plus... Il faut lire le livre pour le savoir.

 

L'auteur est réputé pour avoir écrit des histoires sombres, notamment autour de la seconde guerre mondiale, ou comme ici, sur des légendes japonaises.

 

Il est vrai que l'histoire est pesante par moment et nous tient en haleine, tel un roman policier. Mais le "charme", c'est l'écriture, sans faille, avec sa part de poésie dans l'énoncé de la vie de ce village : rites, observation de la nature et des êtres. Isaku est courageux du haut de ses neuf ans, puis de ses dix et onze ans car l'histoire s'étale sur trois ans. Monotonie d'une vie faite de survie essentiellement aussi...

 

Quelques passages pour illustrer le style limpide, poétique et "efficace", car il n'y a pas un mot de trop pour raconter cette "folle" légende.

 

Le début du roman :  "De vieux capuchons de paille flottaient çà et là dans les premières vagues. Quand les rouleaux s'écrasaient sur les récifs au loin sur la côte, l'écume arrivait par vagues successives aux peids d'Isaku et la mer se cambrait pour venir s'écraser contre les rochers". 

Page 22 : "A l'approche de la saison du rougeoiement des feuilles dans le village, Isaku portait sur les lointains sommets un regard différent de celui e l'automne précédent. // Depuis qu'on l'avait laissé se joindre aux hommes pour l'incinération de Kinzo, il était joyeux à l'idée d'être considéré comme un adulte, conscient de sa position dans la communauté qui comptait principalement des femmes, des enfants et des vieillards".

 

Page 49  : "Un homme, parti dans la montagne poser des pièges pour attraper des lapins, raconta à son retour au village qu'il avait vu des pruniers en fleur dans la vallée.// Aucun arbre ne fleurissait dans le village trop exposé à l'air marin, et il fallait s'enfoncer dans la montagne si l'on voulait voir des fleurs. Ayant appris la nouvelle, le chef du village y dépêcha dès le lendemain matin l'un de ses hommes pour vérifier, puis ordonna de cesser la cuisson du sel à partir de la nuit suivante".

 

Une lecture très intéressante sans être un coup de coeur pour moi.

 

Bonne lecture,

 

Denis

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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 20:48

L'homme qui ne savait pas dire non de Serge Joncour

(J'ai lu - 253 pages - juin 2012)

Première édition Flammarion 2009 

 

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Le titre de ce roman à lui seul m'a interpellé car j'ai eu l'impression de m'y retrouver. En effet, j'ai du mal à dire non. Et le personnage de Serge Joncour est ainsi : il ne sait pas non et surtout ne peut pas dire non. C'est parfois très embarrassant, surtout quand on lui pose une question qui devrait être répondue par un vrai NON, et lui il dit oui, ou essaie d'éluder la question.

Alors, ceci dit, je sais dire NON ce qui est rassurant car il faut aussi savoir asseoir sa personnalité.

Pour Beaujour c'est véritablement un supplice.

Après un prologue de quelques pages, le roman débute au chapitre 1 par cette phrase : "Dans les premiers temps c'est une véritable épreuve que de vivre sans ke recours de ce mot-là, au début on n'en finit pas de se laisser surprendre, ça suppose en plus d'une vigilance de tous les instants, de ne pas trop sortir de ses habitudes, laisser le moins de place possible à l'inattendu".

 

Malgré le "tragique" de ce handicap qui peut avoir des effets graves, Beaujour vit assez bien sa situation avec des situations cocasses que l'écrivain imagine avec beaucoup de finesse.

Au début du chapitre 2, l'auteur nous dit "Qu'on se rassure pour lui tout va bien".

Pas si bien que cela en vérité car Beaujour veut comprendre pourquoi il ne peut pas dire ce mot et se rend dans un atelier d'écriture. On lui demande alors de remonter dans sa mémoire au-delà de sa propre vie, chez ses "ancêtres" (grands-parents, arrières-grands-parents) et d'écrire ses "souvenirs". Dans le livre ces textes apparaissent dans des chapitres intercalés sous le nom de "L'ouvroir des mots perdus - Broderie N°1" (il y en aura 10 au total).

Et donc des situations cocasses il y en aura de nombreuses dans le livre. Par exemple, au début du roman, Beaujour pense qu'il est de bon ton d'inviter au restaurant MArie-Line, la nouvelle secrétaire de direction. Et sur le chemin qui mène au restaurant, une première gaffe (Page 30) : "... elle lui a simplement demandé : - Dites-moi, àa vous ennuie si je fume? - Oui. Ca lui avait litéralement échappé. - Ah bon, mais même là, en marchant, ça vous gêne? - Marie-Line, comment vous dire... Quel revers, il s'était fait surprendre. C'était calamiteux, déjà il cherchait à rattraper le coup".

 

Voici le ton du roman, c'est dire qu'on ne s'ennuie pas avec cet homme très gauche qui ne maitrise pas sa vie avec ce mot "empêché".

Son métier est d'être statisticien et quand il interroge les "sondés", il obtient des 99% de oui à certaines questions, ce qui le fait remarquer par le directeur de l'entreprise. Un homme capable de faire dire oui, quelle aubaine pour les politiques.

A partir de là, on tombe dans le "conte philosophique" comme le signalait "Le Nouvel Observateur", rappelé en 4e de couverture : "Un conte philosophique ravageur, sardonique et d'une constante drôlerie, un coup de balai voltairien sur notre époque de béni oui-oui".

Cette remarque est bien venue car elle résume bien ce roman.

La grande énigme du roman reste bien sûr de savoir si Beaujour va enfin réussir à dire "non".

N'oublions pas non plus que les chapitres souvent énigmatiques de "l'ouvroir" sont aussi un clin d'oeil à "l'ouvroir de littérature potentielle (OULIPO)", dont Serge Joncour est proche par l'intermédiaire de l'émission de France Culture "Des papous dans la tête" dont il fait partie des invités et se prête au jeu de mots souvent empruntés à des "formats" de l'OULIPO.

Je vous renvoie vers un article passionnant dans lequel l'auteur s'explique sur son oeuvre dont ce roman : "rencontre avec Serge Joncour" (Littera 05).

 

Vous aurez compris que j'ai vraiment aimé ce roman au ton juste où l'humour nous emporte au fil des pages, avec ces "coupures" que sont les "ouvroirs", ce qui donne deux voix (voies aussi) à ce roman : l'intimité de Beaujour dans ses "ouvroirs" et le recul du narrateur "objectif" pour les autres chapitres.

 

Lisez ce roman et l'oeuvre de Serge Joncour, vous ne serez pas déçu.

Et je vous renvoie aussi à un précédent article : "L'idole" de Serge Joncour.

 

Bonne lecture,

Denis

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 18:38

 

C'est avec plaisir que nous avons rencontré et parlé avec Scholastique Mukasonga lors du 25ème salon du livre de Cabourg , dont elle était l'invitée d'honneur.

 

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Le petit mot de Scholastique Mukasonga à propos de ce salon " Lire à Balbec ":

Balbec / Cabourg   Cabourg / Balbec

Ce n'est pas sans émotion, puisque la nature ou le hasard vous a fait écrivain, que vous allez pénétrer dans le Grand - Hôtel de Cabourg. Cabourg, Balbec où êtes - vous?

Toutes les rues en éventail de la cité balnéaire convergent vers ce "palais des mille et une nuits " comme l'appelait en 1907, pour son inauguration, un journaliste du Figaro.

Déjà , vous vous engagez dans la porte à tambour et vous vous étonnez de ne pas être accueilli dans le hall par le directeur volubile et gaffeur, de ne pas voir surgir, comme un écureuil, le " lift " de sa cage d'ascenseur.

En vain, comme Marcel, vous tendez l'oreille pour ne pas manquer les coups que sa grand - mère va frapper pour chasser l'angoisse de son petit - fils, contre la cloison de leurs chambres contigues.

Vous n'êtes pas à Balbec, mais à Cabourg et c'est pour un Salon du Livre bien réel où, dans le hall du Grand - hôtel, se pressent les écrivains d'aujourd'hui.

Vous y reconnaissez et saluez des figures bien connues de la littérature.

Après déjeuner dans cet " aquarium " qui était pour Proust la salle à manger du Grand - Hôtel, le salon s'ouvrira et les lecteurs viendront en foule autour des écrivains.

A Balbec, pardon à Cabourg, la littérature est bien vivante.

 

Scholastique Mukasonga nous a conseillé ce livre  : " Inyenzi ou les Cafards " qu'elle a dédicacé à notre fils Aurélien , heureuse car son fils porte le même prénom !

 

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Inyenzi ou "cafard" est le terme par lequel les Hutus désignaient les Tutsis durant le génocide de 1994 au Rwanda.

 

 

« Quiconque visite le Rwanda est saisi par la beauté de son paysage, mais il est aussi effaré par la violence de son histoire postcoloniale. Tout se passe comme si le bien et le mal irrémédiablement inséparables avaient scellé sous ses mille et une collines un pacte d'amitié. Il y a d'un côté les collines ; il y a, de l'autre, le million de crânes qui les jonchent. Mais ce qui prédomine, dans ce récit, c'est le remords des survivants, qui se traduit par les multiples cauchemars de l'auteur. D'où ce désir manifeste de donner aux disparus une digne sépulture de mots à la fois pour apaiser les vivants et sanctifier les morts.

Avec Inyenzi, Scholastique Mukasonga a écrit un récit auto - biographique précieux, un document qui nous éclaire de l'intérieur sur le Rwanda postcolonial, un livre que je rangerais à côté du " Suicide d'une république " de Peter Gay : l'un et l'autre nous montrent à partir d'une succession de faits pourquoi le génocide était hélas, trois fois hélas , inévitable.

Boniface Mongo - Mboussa

 

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 17:51

 

Le 6 août avait lieu à Cabourg le 25è Salon du Livre.

L'occasion pour nous de rencontrer quelques auteurs dont Gérard de Cortanze avec qui nous avons pu parler, vu que je suis une grande admiratrice de Frida Kahlo.

Il est d'ailleurs très impliqué dans l'expo Frida Kahlo qui se tiendra au Musée de l'Orangerie.

 

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J'en ai donc profité pour m'offrir son livre " FRIDA KAHLO La beauté terrible ", paru au Editions Albin Michel en 2011.

 

 

 

4ème de couverture

Une après-midi de septembre 1925, une jeune Mexicaine de 18 ans voit l'autobus dans lequel elle a pris place percuté par un tramway. La colonne vertébrale brisée, elle mettra deux ans avant de pouvoir remarcher. Belle, indépendante, vive, elle se marie en 1929 avec Diego Rivera, le célèbre peintre muraliste. Elle s'appelle Frida Kahlo. Ce livre est son histoire. Recommandant, pour vivre, de ne pas fermer les yeux à la laideur mais au contraire de les ouvrir " pour regarder ainsi la naissance d'une beauté terrible " , elle invente une autre réalité. Torturée par la douleur physique, mais portée par ses engagements politiques et ses amours tumultueuses, elle construit au fil des années une oeuvre picturale puissante et singulière. Sa dernière toile, Viva la Vida, est un hymne à la joie de vivre et à la lumière: " Pourquoi voudrais-je des pieds, demande-t-elle, puisque j'ai des ailes pour voler ?

A savoir :

Le Musée de l'Orangerie rend hommage à Frida Kahlo et Diego Rivera du 9 Octobre 2013 au 13 Janvier 2014.

 

 

Musée national de l'Orangerie
Place de la Concorde
               75001 Paris 1                    

 

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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 21:06

Liberté pour les ours de John Irving (Le Seuil - 411 pages - mai 1991)

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Josée Kamoun

Titre original : Setting free the Bears - 1968

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Premier roman de John Irving publié en 1968 alors que l'auteur a 26 ans (né en 1942 à Exeter au New Hampshire). Il ne sera donc proposé aux lecteurs français que 23 ans plus tard, quand l'auteur aura connu la notoriété. C'est en effet le 6e roman publié, alors.

C'est dire qu'il n'a pas eu de diffusion rapide et donc qu'il devait être "anecdotique" dans l'oeuvre de John Irving. Sauf qu'un premier roman est toujours à regarder avec beaucoup d'attention.

On peut ainsi dire que la première phrase qui a débuté l'oeuvre littéraire de John Irving est la suivante : "Je savais le trouver tous les midis, assis sur un banc dans le parc de l'Hôtel de Ville, un petit sachet bourré de radis de serre sur les genoux et une bouteille de bière à la main".

 

Et des milliers de pages ont suivi cet instant...

Pour l'heure, intéressons-nous aux 400 premières pages données par John Irving sous le titre "Setting free the Bears". La liberté est déjà au rendez-vous ainsi que l'ours qui va apparaitre dans nombre de romans de l'auteur.

 

Deux personnages que l'on peut dire "loufoques", au risque de faire fuir les lecteurs cartésiens (rassurez-vous je me sens très cartésien et j'adore l'oeuvre de Irving) : Siegfried Javotnik, dit Siggy et Hannes Graff.

Trois parties inégales en longueur, bien que la deuxième partie aurait pu être divisée eu deux : 1 - Siggy (un peu plus de 110 pages, racontée par Graff) ; 2 - Les carnets (environ 190 pages racontée par Siggy) ; 3 - Liberté (environ 100 pages racontée par Graff).

Et de cours chapitres non numérotés. Mais tout est daté avec précision dans le roman. 

Voici pour la structure du texte, plutôt "symétrique".

La première partie raconte la rencontre de Siggy et Graff autour d'une vielle moto. Les deux hommes avides de voyage et de liberté décident de partir en voyage ensemble avec cette moto. Ils vont rencontrer deux jeunes filles, vont au zoo de Vienne, (ville qu'ils habitent) et partent tous deux sur les routes, avec pour fil conducteur la rivière Ybbs. Quelques péripéties parsèment leur parcours. Et puis, ils rencontent une jeune lingère, Gatten et Graff tombe immédiatement amoureux de la frêle jeune fille. Ils décident donc de rester auprès d'elle. Graff travaille alors pour un apiculteur et Siggy décide de partir pour le zoo de Vienne avec la folle envie de libérer les animaux. A son retour non désiré par les habitants du village, il a un accident avec la charrette qui contenait les ruches, lesquelles s'ouvrent, piquant tous ceux qui se trouvent au côté des ruches dont Graff et Siggy.

Commence alors la deuxième partie, qui contient les carnets de Siggy. Il y raconte sa "préhistoire", reprenant alors l'histoire de sa mère, autrichienne, puis cette de son père yougoslave. S'entrecroisent les notes prises par Siggy lors de sa nuit du 5 au 6 juin 1967 passée au zoo de Vienne dans le but de libérer les animaux.

Graff qui se remet de ses piqûres d'abeilles lit ces carnets et c'est lui qui a l'idée se mélanger les deux carnets. Ce qui est passionnant dans la présentation des parents de Siggy, c'est qu'il intègre l'histoire de ses parents dans le contexte historique de l'époque : celle de l'anschluss en février - mars 1938 (annexion de l'Autriche par l'Allemagne avec démission de Schuschnigg) pour sa mère et les années 1941 et suivantes avec l'entrée des nazis en Yougoslavie et l'émergence timide mais certaine d'un certain Josip Broz dit Tito.

Enfin, la troisième partie est difficile à résumer car elle est l'aboutissement du roman et c'est dommage d'effleurer la fin du livre. Je poserai simplement la question suivante : Siggy et Graff vont-ils réellement libérer les ours et plus encore les animaux du zoo?

 

Il convient ici de rappeler que John Irving, grâce à une bourse d'étude est venu à Vienne pendant une année et les lieux qu'il a connus comme Kaprun, village de montagne où il allait skier.

 

Vous aurez compris combien ce roman est riche, étonnant aussi, avec ces ruptures de styles, de rythme. Il faut se laisser porter par les mots, les fantasmes des personnages (donc de l'auteur) en se disant qu'une telle oeuvre est unique, inimitable dans l'univers littéraire du 20e siècle.

 

Et on prend un réel plaisir à se laisser guider par ces deux "fous" de liberté et de voyage. Ce que l'on aime être tout de même quand on lit et que l'on veut qu'un livre nous porte loin du réel. Irving est un magicien en ce sens et que de trouvailles de style, de narration. Un régal qui ne demande qu'à se laisser porter de livre en livre.

 

Alors, ma prochaine lecture, sera pour le "mois américain (USA)" organisé en octobre sur les blogs, avec son deuxième roman publié aux USA : "L'épopée du buveur d'eau" publié en 1972 aux USA et en 1988 (donc avant "liberté pour les ours" en France), avec le titre original : "The Water-method Man".

 

"Liberté pour les ours" a fait l'objet d'une lecture commune. Voici le lien vers l'article de Heide et de Valentyne (l'écho des écuries) 

 

Et j'inscris également cette lecture dans le "challenge John Irving" initié par Val aime les livres

 

A_challenge_for_John_Irving

 

 

Note : 4/5  (la perfection n'existant pas)

Bonne lecture 

Denis

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 21:05

 

 

Comme on le sait les U.S.A. sont un très grand pays par la taille, et quand on se dit qu'un russe et un français sont aux antipodes de l'Europe, on peut se poser la question pour les USA entre californiens et new yorkais.

Et si la littérature des USA avait aussi ses particularités compte tenu de l'étendue de son pays, un continent presque à lui seul (9 826 675 km2) en comparaison avec l'Europe (10 180 000 km2).

J'ai retrouvé un numéro de la revue "Lire" d'octobre 2011 "spécial Etats-Unis", et justement il y a une cartographie des écrivains.

Ainsi, la revue classe en "7 familles", les lettres américaines (USA) selos une liste bien sûr non exhaustive :

- La Californie : John Steinbeck, Philip K. Dick, Raymond Clandler, Raymond Carver f(pour les "classiques") et pour aujourd'hui : Bret Easton Ellis, James Ellroy, James Frey, Jesse Kellerman, Dave Eggers, Michael Chabon, William T. Vollmann et Seth Greenland...

 

- Les grands espaces (Du Montana au Colorado, de l'Alaska au Nouveau-Mexique) : Henry David Thoreau, Jack London, Jack Kerouac, Edward Abbey, Richard Brautigan, Cormac McCarthy, Jim Harrison, Dan O'Brien, Tom Robbins, Denis Johnson, Annie Proulx, David Vann...

 

- Les grands lacs : Francis Scott Fitzgerald, Nelsen Agren, Saul Bellow, Laura Kasischke, Richard Powers, Jeffrey Eugenides, Louise Erdrich...

 

- La Nouvelle-Angleterre (région adossée à l'Atlantique) : Edgar Allan Poe, Nathaniel Hawthorne, Emily Dickinson, John Updike, Philip Roth, John Irving, Richard Russo, Joyce Carol Oates, Stephen King, Toni Morrison, Richard Ford, Dennis Lehanne...

 

- New York : Herman Melville, Walt Whitman, William Gaddis, J.D. Sallinger, Norman Mailer, Jonathan Franzen, Paul Auster, Jay McInerney, Jonathan Safran Foer, Siri Hustvedt, Daniel Mendelsohn, Don DeLillo, Tom Wolfe, Russel Banks...

 

- Le Sud : Mark Twain, William Faulkner, Tennessee Williams, Flannery O'Connor, John Grisham, Kathryn Stockett...

 

- Les expatriés (pour quelques années ou pour une vie) : Henry James, Ernest Hemingway, James Baldwin, Henry Miller, Douglas Kennedy, Robert Littell, Iain Levison, Dinaw Mengestu...

 

C'est intéressant de classer ainsi les écrivains par "régions", ce qui peut donner une certaine cohérence littéraire. Alors, bien sûr il faudrait rajouter bien d'autres écrivains, mais cette décomposition en "7 familles" permet d'avoir des repères géographiques. A chacun d'y ajouter ses auteurs favoris non cités ici.

Je pense par exemple à John Fante. Né à Denver, il se rend à 20 ans à Los Angeles et y meurt. Je le classe donc dans la famille Californie.

 

Je ne pourrai pas le faire dans le cadre du "mois américain" d'octobre, mais je pense que par la suite, je me ferai des thématiques par "famille" pour m'imprégner un peu plus d'une région, d'une ambiance, qui pourraient avoir des effets littéraires intéressants.

 

Bonnes futures lectures,

Denis

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 21:22

  

Le diable chuchotait de MIYABE Miyuki

(Editions Philippe Picquier - 372 pages - Avril 2012)

Traduit du japonais par Myriam Dartois-Ako ("Majustu wa sasayatsu" - 1989)

 

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L'éditeur annonce sur la couverture "roman policier". Et en effet, il y a des mortes, suicidées. Mais, sont-ce des suicides ou des meurtres déguisés.

Le jeune KUSAKA Mamoru, 16 ans est venu vivre à Tokyo après qu'il se soit retrouvé sans parents, sa mère étant décédée et son père étant détenu pour détournement de fonds. Il vit à présent chez son oncle Taizo.

Cet oncle, chauffeur de taxi, a tué une jeune femme, Yoko, qui a brusquement traversé à un feu tricologue, devant sa voiture. Sa famille ne comprend pas que la police s'acharne à le garder en prison alors qu'elle est convaincue qu'il est innocent et que c'est un accident dont il n'est pas responsable.

Mamoru fait sa propre enquête de son côté. Il a reçu un appel téléphonique énigmatique qui lui dit que c'est une bonne chose que Yokio soit morte !!!

Qui est cet homme et y a t-il un lien entre trois suicides de jeunes femmes qui semblaient affolées. Pourquoi? Qui pouvait les poursuivre pour leur faire peur? Si c'est bien là la situation réelle.

Mamoru va avancer avec une piste qui est une revue intitulée "Chaîne d'info".

Comme il s'agit d'un roman policier, il ne faut pas trop dévoiler l'intrigue.

Je dirai seulement que les cent dernières pages auraient pû être supprimées car le livre s'enlise alors dans l'ésotérisme, l'étrange. Et je n'y ai pas trouvé de grande force littéraire.

En résumé, on s'ennuie par moments et je ne garderai pas un souvenir impérissable de ce livre. Le diable n'a pas réussi à me chuchoter aux oreilles des mots qui m'auraient mis en émoi...

 

 

L'auteur, MIYABE Miyuki, née en 1960, a 5 livres publiés en France et de dizaines publiés au Japon. Ce roman a été un de ses premiers publiés au Japon.

 

Denis

 

Livre lu dans le cadre du challenge "Ecrivains japonais - 2013" organisé par Adalana

(le mois prochain ce sera YOSHIMURA Akira)

Logo écrivains japonais_1

 

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 21:22

Dans les années 50, apparait aux Etats-Unis un groupe littéraire qui fait scandale.

Jack Kerouac (1922-1969) a été le premier à utiliser cette formule "Beat Generation", en 1948.

 

Cet écrivain est considéré comme le chef de file de ce courant littéraire et son roman "Sur la route" (On the road) en est un symbole très fort. L'auteur s'y met en scène et décrit ses divers voyages aux U.S.A. On y vit de l'intérieur ce monde de la "beat generation", celle qui se livre sans vergogne à l'alcool et à toutes sortes de drogues, sans oublier les amours débridés. Un livre écrit sur un rouleau et qui, une fois retrouvé, a permis de publier la version intégrale du texte :

Un excellent film a été tiré de ce roman, qui restitue à merveille l'ambiance de l'époque et du livre :

 

 

D'autres auteurs sont moins connus ou du moins moins lus.

 

Allen Ginsberg (1926-1999), un des membres fondateurs de la "beat generation",est poète avant tout et a fait scandale avec "Howl" en 1956, un long poème en prose (publié en 10/18, sans doute introuvable à présent).

 

                                                        Description de cette image, également commentée ci-après

 

 

 

 

William S. Burroughs (1914-1997), ami de Kerouac et Ginsberg a créeé le concept littéraire du "cut-up", qui est la création d'un texte  à partir de fragments de textes (romans, articles de journaux...) savamment mis bout à bout pour reconstruire un nouveau texte.

             

                                               Description de cette image, également commentée ci-après

Son texte "le festin nu" (The naked lunch) fera également scandale mais sa gloire littéraire viendra plus tard dans les années 1980-1990.

Les "mauvais élèves" des années 50 ont eu une postérité qui a marqué la littérature des U.S.A. De même, Bob Dylan s'est inspiré de ce mouvement dans certaines de ses chansons et le film "Easy Rider" s'en inspire également :

 

                                          EasyRider.jpg

Ce sont là quelques pistes de lectures pour les amoureux de l'aventure littéraire des U.S.A.

 

Bonnes lectures,

Denis

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