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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 09:00




Jochen JUNG est né en 1942 à Francfort-sur-le Main. Après des études de littérature allemande et d'histoire de l'art. Il devient directeur des éditions Residenz de 1975 à 2000. Il y publie les premiers textes de Thomas Bernhard et Peter Handke, deux grandes figures de la littérature de langue allemande. En 2000, il fonde sa maison d'édition Jung & Jung.


                                                                           



VENEZUELA est son premier roman publié en France, aux éditions METAILIE, en octobre 2008.

Petit rappel : les Edtions METAILIE publient essentiellement de la littérature étrangère.
Ainsi, ce livre s'inscrit dans la collection "bibliothèque allemande".
La maison est dirigée par Anne-Marie METAILIE et la littérature hispano-américaine est sa grande spécialité.

N'hésitez pas à aller rendre visite à cette maison d'édition très intéressante via son site Internet  :   http://www.metailie.fr






Venons-en au livre à présent.

Je l'ai emprunté à la bibiothèque du Havre car, en dehors de la couverture sobre mais étonnante, la première phrase du livre m'a décidé à aller plus loin :

"Mon père était nazi, c'ext indiscutable. Il a toujours fait le mauvais choix".

Phrase violente s'il en est. Et ainsi, pendant 105 pages (l'équivalent d'une longue nouvelle, d'ailleurs le sous titre est "petit roman"), on est emporté dans ces temps tourmentés de la deuxième guerre mondiale, en Allemagne puis au Vénézuéla.

Et toute l'ambiguïté du livre vient de cette phrase qui conditionne la suite. Car, en fait, ce "petit nazi", Afredo Guzman, médecin gynécologue, praticien sur la base aérienne de Brandebourg, va faire une bévue pendant la visite d'un héros de l'aviation allemande Ernst Udet. Il va alors devoir quitter le pays et il choisit le Vénézuéla, pays ami du nazisme mais en train de changer petit à petit et où il a quelques racines familiales...

Afredo devient un exilé, alors que l'on aurait cru qu'il allait être un "nazi" modèle. Et non, il comprend qu'il ne peut pas cautionner l'extermination des juifs par exemple... Il porte un nom juif mais n'est pas juif... et tout est ainsi en contrepoint, à contre courant de ce que l'on peut attendre...

Il a par exemple abandonné sa femme et ses 2 jeunes enfants en partant ainsi brusquement l'Allemagne. et là bas, il va retrouver son père qui l'avait aussi abandonné...

Ce livre est toujours "décalé" par rapport à la réalité même si l'Histoire vient toujours se mêler à son aventure.

A livre "Vénézuéla", on comprend qu'il ait publié Thomas Bernhard et Peter Handke. Ce sont sans doute ses maîtres littéraires.

Un écrivain à suivre, même si l'on reste sur sa fin en refermant le livre au bout des 105 pages.

Bonne lecture car rien ne vaut que de lire un livre pour se faire sa propre opinion.

Denis
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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 20:58



 Voici l'histoire d'une toute petite héroïne qui mérite d'occuper une place immense dans la littérature. Car Trudi Montag est un personnage, un vrai , de ceux dont on se souvient longtemps après les avoir quittés.
Née en 1918 dans une petite ville allemande , Burgdorf , écrasée par les années de guerre, élevée par son père, Trudi grandit avec un immense besoin d'amitié et d'affection qui se heurte aux railleries et aux jugements extérieurs .
Mais elle ne baisse jamais la tête et avance dans la vie en récoltant confidences et secrets inavouables, en observant avec lucidité sans complaisance tous ceux qui l'entourent : parents , amis, voisins...
Sous la plume brillante d'Ursula Hegi , ces quelques 650 pages , qui se dévorent d'une traite , dressent le portrait d'une Allemagne qui bascule dans le nazisme, avec une galerie de personnages savoureux, tour à tour révoltants , touchants et extraordinairement proches.
Histoire d'une vie, mais aussi histoire d'un pays , "  Trudi la naine " est un très grand roman .                                                                                                               
     


                                                                           


                                     Livre paru chez GALAADE éditions




Quelques phrases du livre pour vous mettre dans l'ambiance et peut-être vous donner envie de le lire .


Enfant ,Trudi Montag croyait que chaque être humain savait ce qui se passait dans la tête des autres. C'était avant qu'elle comprenne en quoi sa différence faisait sa force. Et son angoisse ! En quoi , aussi , c'était un péché que de pester contre un Dieu impuissant. Mais avant cela, pendant de longues années , elle avait prié pour pouvoir grandir .
Tous les soirs, elle s'endormait en priant pour que , pendant son sommeil , son corps s'allonge et grandisse jusqu'à égaler en taille celui des autres filles de Burgdorf. Pas forcément la taille des plus grandes , comme Eva Rosen  , qui allait  devenir , un temps sa meilleure amie à l'école ; non, simplement un corps avec des jambes et des bras normaux , ainsi qu'une petite tête bien proportionnée .
Pour plaider sa cause auprès de Dieu, Trudi se suspendait au linteau des portes avec les doigts , jusqu'à que ceux-ci s'engourdissent, persuadée qu'elle était de sentir ses os s'allonger ; bien des soirs , elle enroulait sur sa tête deux foulards en soie appartenant à sa mère, l'un autour du frond, l'autre noué sous le menton , pour empêcher sa tête de grossir .

Si vous voulez connaître la suite ..., il faudra le lire ! Vous ne serez pas déçu(e)s ... 

Trudi la naine ( Stones from the river ) par Ursula Hegi  a été traduit de l'américain par Clément Baude . Ce roman a été publié en 1994 aux Etats- Unis. C'est la 1ère fois qu'un de ses livres est traduit en français.


                                          



Quelques éléments biographiques sur Ursula Hegi


                                           


Ursula Hegi est une enfant de l'après-guerre allemand, née en 1946 près de Düsseldorf . A 18 ans , elle part pour les Etats- unis , où elle étudie l'écriture à l'université du New Hampshire. Elle l'enseignera ensuite pendant 15 ans , avant de devenir critique littéraire pour The New York Times , le Los Angeles Times et The Washington Post.
Ses premiers livres , Intrusions ( 1981 ) et Unearned Pleasures ( 1988 ), ont pour décor les Etats- unis. C'est avec la quarantaine que lui vient l'envie d'écrire sur son pays d'origine et la chape de culpabilité qui pèse sur l'Allemagne après la Shoah.
Elle publie alors " Floating in My Mother's Palm " en 1990, un conte partiellement autobiographique et " Tearing the silence : On Being German in America " en 1997.
Elle est aussi titulaire de nombreux prix pour ses essais et ses romans.


Fabienne

 

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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 21:42




Comme je l'avais promis lors d'un premier article sur la "saga" Mann, voici la suite avec cet épisode 2.

Après le fils, le père dit "le magicien" par Klaus.

LES BUDDENBROOK - LE DECLIN D'UNE FAMILLE

639 pages - Points - Seuil

Comme presque toujours avec les Mann, commencer un livre est toujours une longue aventure car 639 pages d'une écriture serrée ne se lit pas en quelques minutes mais en quelques semaines.

Et chaque fois, le plaisir du texte finit par envoûter le lecteur patient et attentif.

Le sous-titre est très important : "le déclin d'une famille.

Quand on sait que le livre a été écrit et publié par un jeune homme de 26 ans, on ne peut qu'être surpris de sa maturité intellectuelle. Et puis, pour ma part (j'aimerais savoir si d'autres lecteurs ont eu cette même sensation), ce livre est une prémonition de l'issue de sa propre descendance car inéluctablement ses enfants sont plutôt allés vers la "décadence familiale" dont il parle, malgré tout le respect littéraire qu'on peut leur porter et que je leur porte.

Quelques rappels biographiques :

Thomas mann nait à Lübeck en 1875.
Il publie "Les Buddenbrook" en 1901
Puis il publiera, entre autre, Tonio Kröger (1903), La mort à Venise (1912), la Montagne magique (1924).
Il reçoit le Prix Nobel de Liitérature en 1929 puis va devoir quitter l'Allemagne en 1933, année d'arrivée au pouvoir d'Hitler. Il va aller en Suisse, en France avant de partir s'installer en Amérique du Nord.
Il rentre en Allemagne en 1952 car il ne pouvait imaginer rentrer plus tôt compte tenu de l'atmosphère pesante de l'Allemagne d'après-guerre.
Il meurt à Zûrich en 1955 après avoir écrit dans les années 1930 à 1950 une tétralogie biblique autour de Joseph et surtout l'un de ses chef d'oeuvres "Docteur Faustus".

"Les Buddenbrook" raconte donc l'histoire d'une famille bourgeoise au 19e siècle en Allemagne. 4 générations vont se succéder dans une ville qui est Lübeck, sa ville de naissance. Thomas Mann montre la "dégénérescence biologique" de cette famille. Le plus jeune à être présenté est Hanno, un jeune prodige musicien, qui vit dans son monde. Il meurt jeune à 15 ans et la famille semble s'éteindre avec lui, l'artiste de la famille... Famille ruinée... Finies les vacances enchanteresses en bord de mer dans la propriété familiale...  Un Docteur Faustus avant l'heure, peut-être.

Ce livre est une véritable chronique de l'Allemagne du 19e siècle, si l'on veut résumer en une phrase ce livre de 639 pages.

N'oublions pas de souligner l'immense travail de la traductrice : Geneviève Bianquis, car on oublie toujours de préciser qu'à défaut de lire en langue originale, il faut accepter la lecture en traduction en espérant à chaque fois que le traducteur a été à la hauteur.

Dernière précision : ce livre peut paraître austère mais l'auteur n'hésite pas à jouer sur l'humour tout au long du texte.

Bonne lecture et n'hésitez pas à me donner vos impressions sur ce livre magnifique que l'on peut oser déclarer comme "chef d'oeuvre".

Denis

PS : le prochain épisode devrait parler d'un livre sur les Mann paru récemment...

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 17:26


J'ai lu ce livre cet été et j'ai souhaité faire partager ici mon enthousiasme de lecture.

J'oserai dire en préambule que cet article pourrait s'intituler " Saga famille MANN - 1 ";

Car inévitablement, je reviendrai sur cette fascinante famille d'écrivains.

Klaus MANN, fils de Thomas MANN, est né en 1906 à Munich et mort suicidé à Cannes le 21 mai 1949, un mois après avoir achevé son autobiographie "Le Tournant - Histoire d'une vie".

Inutile d'écrire des repères biographiques détaillés de l'auteur car tout est contenu dans ce livre.

Klaus MANN écrit dans son journal intime le 11 août 1941 : "Mon histoire, c'est le plus sincèrement, le plus exactement possible qu'il me faut l'écrire, avec tous ses aspects déterminés par l'époque, caractéristiques de l'époque et avec sa probématique particluière et unique. (L'ombre, sur mon chemin, de la gloire paternelle..., oui, cela y a sa place.)"

Cette phrase résume admirablement l'esprit de ce livre.

Thomas MANN est appelé "le magicien" par son fils car malgré tout Klaus a une vénération littéraire pour ce père qui a écrit les chefs d'oeuvres que l'on sait : La montagne magique, Docteur Faustus, Mort à Venise ... Mais au quotidien, il est agacé par ce père toujours occupé par ses livres. et là, il faut rendre hommage à Katia MANN, la mère attentive qui a su compenser les défauts de son mari dans la marche du foyer.

Et puis, toute l'autobiographie de Klaus MANN est hantée par le nazisme qu'il a combattu dès ses jeunes années d'adulte. Il a dû, lui aussi fuir le nazisme comme sa famille, menacée dès l'accession de Hitler au pouvoir en 1933. Et poursuivre le combat en exil, essentiellement aux Etats Unis.

Klaus MANN voile à peine son homosexualité en parlant avant tout d'amitiés et certaines se révèlent très "particulières" si on lit entre les lignes. Mais Klaus reste très pudique sur sa vie privée et préfère de loin faire une autobiographie culturelle et "politique".

Et alors, on est envouté par les récits de rencontres littéraires avec des auteurs tels que André Gide, Stefan Zweig.

Klaus MANN a réussi à se faire engager dans l'armée américaine en 1944 et via l'Italie il revient en Allemagne. Alors, il rencontre Richard STRAUSS, le compositeur de chefs d'oeuvres tels que "Le Chevalier à la Rose" . Mais Strauss ne renie pas le nazisme ce qui révolte Klaus bien naturellement et montre bien que le pays a été soumis.

Thomas MANN pour sa part rentrera seulement vers 1955 tellement l'après-guerre en Allemagne était "insoutenable" et Klaus s'en fait le témoin dès 1945 dans une longue lettre à son père en fin de volume...

Il y aurait encore beaucoup à dire sur ce livre et cette famille, mais il y aura une suite ...

A bientôt donc et surtout bonne lecture...

Un dernier conseil : un tel livre de 674 pages est tellement foisonnant que vous pouvez faire comme moi, lire 10 pages par jour et rester en compagnie de Klaus MANN pendant 67 jours environ : un réel "bonheur de lire", malgré le contexte ténébreux...

Denis
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