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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 22:19
Quand les lumières s'éteignent d'Erika Mann (Grasset)

Quand les lumières s'éteignent d'Erika Mann

(Grasset - 365 pages - 2011)

Traduit de l'allemand et préfacé par Danielle Risterucci-Roudnicky

Postface d'Irmela von der Lühe

Titres originaux : The Lights Go Down (1940)

et Wenn die Lichter Ausgehen (2005)

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Erika Mann (1905 - 1969) est la fille de Thomas Mann et la soeur de Klaus Mann.Sa vie d'adulte va se partager entre les voyages, notamment avec Klaus et l'écriture.

La satire politique du nazisme va contribuer à son succès au début des années 30 grâce à son cabaret théâtral "le moulin à poivre" qu'elle ne pourra pas exporter aux USA car elle y fait un fiasco alors que l'Europe l'a applaudie avant qu'elle ne parte en exil là-bas.

Elle se lance alors dans des conférences où elle part du particulier pour aller vers le général ce qui rend vivants ces moments de parole face au public. Et ce sont des témoignages "percutants" sur le nazisme qui sévit en Allemagne. Pendant la guerre, elle va aussi faire des émissions de radio à la BBC

Erika Mann s'inspire du genre littéraire américain "The small Town Literature" pour composer "Quand les lumières s'éteignent". Sinclair Lewis et Thornton Wilder ont utilis ce mode littéraire.

Ainsi, elle plante le décor d'une ville allemande du Sud et rentre dans les maisons ou lieux publics pour y établir son récit : 10 lieux de "Notre ville". Elle met en lumière la destruction, par la dictature puis la guerre, de ce monde quotidien des "allemands moyens". L'aberration de l'idéologie raciste et l'absurdité d'une politique de l'espace vital conduisent à des excès tellement fous que les allemands finissent par s'opposer à certaines décisions malgré les risques majeurs encourus.

 

Malgré cette tenaille nazie, des personnages osent refuser certains ordres comme ce chef des S.A. qui prévient les juifs qu'un pogrom est prévu en novembre 1938, permettant à la majorité d'entre eux de s'enfuir avant l'assaut. Lui, bien sûr, ne sera pas épargné car très vite on a compris qu'il était complice de cette désertion...

Un paysan a donné à manger de l'orge à ses volailles et il se retrouve en prison car il a désobéi aux nazis qui ont prohibé cet aliment pour ces animaux... Un professeur de droit arrive avec des sous-entendus à faire comprendre à ses étudiants que le droit et les lois sont soumis aux exigeances du nazisme. Où est la liberté de la justice ? Et les études sont raccourcies au détriment de la qualité...

Un médecin s'offusque que l'hygiène soit de plus en plus "bannie" des pratiques médicales...

Dix histoires donc avec certains personnages qui passent d'un texte à l'autre "discrètement" montrant une certaine continuité narrative, car on n'est pas dans de la "nouvelle".

Et puis, tout est vrai dans ces textes, notamment les textes nazis qui servent de base aux critiques des uns ou des autres. Eirka Mann, exilée à l'époque (fin des années 30) a recueilli des témoignages précis qu'elle intègre dans le corps de ses textes.

Page 121 : "Herr Alfred Huber, l'industriel, était un citoyen typique de notre ville. Les autres étaient comme lui : déprimés et désorientés, "victimes des circonstances extérieures".C'est ledestin, pensaient-ils, notre destin, le destin de l'Allemagne (...). Mais comme aucune réponse ne venait, ils continuaient - pour l'instant - d'obéir".

Toutefois, une "résistance passive" s'organise pour traîner des pieds face aux décisions, notamment celles qui consistent à "obliger" les allemands à travailler pour les usines d'armement ou à construire la ligne Siegfried, à l'exemple de Franz Deiglmeyer, le S.A. :

(page 154) Franz Deiglmeyer exécutait ses tâches avec assiduité, fidélité et conscience.Il tentait d'adoucir les peines qu'il était obligé d'appliquer. (...) Il accordait avec générosité les autorisations de visite aux familles. Il permettait aussi aux prisonniers d'emporter des provisions et des vêtements".

Le chirurgien Scherbach dit page 249 : "Je n'ai pas l'intention de gêner le gouvernement et, de son côté, le gouvernement ne va pas me gêner. Un certain temps s'écoula avant que le professeur ne s'avoue en secret qu'en Allemagne, la vie dans sa totalité était pourrie depuis que l'état 'totalitaire" était idolâtré".

 

Ce livre permet de mieux comprendre combien le nazisme a pesé sur les allemands pris entre l'obligation d'idolâtrer le parti afin de continuer à vivre presque normalement et l'envie de s'en émanciper au risque presque toujours inéluctable d'être réprimandé, emprisonné, voire tué...

 

Vous avez sans doute compris que j'ai beaucoup apprécié ce livre très bien présenté par la traductrice pour le texte et par une universitaire, biographe de l'auteure, Irmela von der Lühe, pour la  présentation d'Erika Mann et de son oeuvre.

 

Un livre qui plait tant aux littéraires pour le style qu'aux passionnés d'Histoire pour le contexte de ce texte.

Je le recommande vivement.

 

Bonne lecture,

Denis

 

Pour rappel, dans le cadre de ces quelques livres lus autour de la famille Mann, j'ai présenté récemment le très intéressant livre de Klaus Mann : Ludwig.

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 18:11
Ludwig de Klaus Mann (Alinéa)

Ludwig : Nouvelle sur la mort du roi Louis II de Bavière

de Klaus Mann

(Alinéa - 105 pages - mai 1987)

Traduit de l'allemand par Pierre-François Kaempf

Titre original : Vergittertes Fenester

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Les cinéphiles apprécieront le fait que ce texte a inspiré Luchino Visconti pour son chef d'oeuvre : Ludwig (Le crépuscule des Dieux). Klaus Mann publie ce texte en 1937, peu avant de quitter l'Allemagne nazie.

 

J'ai une grande fascination pour la famille Mann immortalisée par Thomas Mann, prix Nobel de Littérature. Et cet automne, j'ai décidé de lire quelques livres de cette famille. Et j'ai commencé avec ce court texte de très belle facture : Ludwig. Je vous renvoie également vers mon article de 2008 sur son autobiographie, absolument GENIALE : "Le tournant"

 

Dans ce texte, Klaus Mann évoque les derniers moments de la vie de ce "roi fou", Ludwig II, roi de Bavière (1845-1886).

 

Juin 1886, chateau de Berg : Ludwig, déclaré paranoïaque par le Docteur Von Gudden, est interné ici. Le roi n'est pas étonné de voir que les fenêtres de sa chambre sont grillagées et qu'on veut le faire mourir ici, peut-être par empoisonnement, demande t-il à Von Gudden, car il sait que son oncle veut prendre sa place. Pas si fou que cela Ludwig que l'on découvre ici très lucide sur ce qui lui arrive.

Une fois seul dans sa chambre, Ludwig repense à Richard Wagner (1813-1883), mort à Venise et qui l'a "trahi" en pleine gloire. Et pourtant, c'était grâce à Ludwig que le musicien a pu mettre en oeuvre sa "monumentale" oeuvre.

Ludwig implore Dieu : comment sortir d'ici et retrouver le cours de sa vie ! Une vie de passionné d'art, construisant des chateaux dignes de Louis XIV. Personne ne l'a alors traité de fou et aujourd'hui, on lui en veut à mort. Il demande alors à un infirmier de lui permettre de se promener dans le chateau, là même où il a rencontré Wagner pour la première fois, il y a 22 ans.Il revoit aussi en esprit sa cousine Sophie qu'il a failli épouser.

Et puis, Ludwig demande cette fois au Dr Von Duggen de l'accompagner dans le parc et au bord du lac où il a également de bons souvenirs, ce qui se fait sans difficulté, lui montrant ainsi qu'il n'est pas vraiment "prisonnier" ici.

Seulement, le soir, Ludwig demande une nouvelle fois à aller au bord du lac, mais cette fois, seul avec le Docteur. Et c'est alors que Ludwig se jette dans l'eau et entraîne dans sa mort Von Duggen... Elisabeth d'Autriche, sa cousine, va alors venir voir le corps de Ludwig.

 

Ces dernières heures de la vie de Ludwig sont magistralement retracées par Klaus Mann, décidément un très grand auteur, digne de son père et de sa famille écrivaine. Ce texte est sans doute épuisé dans cette version de l'édition Alinéa (diffusée à l'époque par Payot), mais vous le trouverez en édition Phebus.

 

A lire absolument, je ne le dirai jamais assez...

A bientôt pour d'autres livres de la famille Mann...

 

Bonne lecture,

Denis

Ludwig de Klaus Mann (Alinéa)
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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 18:36

Dans le cadre de mon partenariat de lecture avec Carnets Nord, je lirai en octobre "Terminus Allemagne" d'Ursula Krechel.

L'éditeur nous informe que ce livre sorti en librairie le 4 septembre dernier est sélectionné dans la première liste du prix Medicis Etranger 2014

http://prixmedicis.wordpress.com/

http://www.carnetsnord.fr/presse/communiques/terminus-allemagne/

Promis, je vous en reparle en octobre prochain.

Bonne lecture,

Denis

Terminus Allemagne d'Ursula Krechel (Carnets Nord)
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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 21:31

(Photo site carnetsnord.fr)

 

Le poil de la bête d'Heinrich Steinfest

(Carnets Nord - 656 pages - Octobre 2013)

Traduit de l'allemand (Autriche) par Corinna Gepner

Titre original : Ein dickes Fell (2006)

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Nouveau partenariat de lecture avec Carnets Nord et merci à Fleur pour sa fidélité.

J'avais lu il y a un peu plus de deux ans "Requins d'eau douce", également publié chez Carnets Nord et qui m'avait fait forte impression. Je lisais peu de "romans noirs" à l'époque et j'avais senti la force littéraire de ce roman.

Dans ce nouveau roman, paru en 2006 dans sa version originale, on retrouve ce ton qui fait la singularité de l'auteur.

 

On parle souvent de "page turner" pour les romans noirs ou policiers. Avec ce livre, on a aussi envie de tourner les pages pour en savoir plus sur l'intrigue entremêlée entre Anne Gemini, mère célibataire d'un jeune homme handicapé Carl et Cheng mi-asiatique mi-viennois, détective privé, avec au milieu Smolek, fonctionnaire pas si calme que cela.

 

Anne "accapare" les 140 pages. Elle est sans emploi et se met à rêver qu'elle pourrait devenir tueuse à gage, pour l'argent et peut-être aussi pour le plaisir. Le hasard la fait rencontrer Smolek le jour de l'éclipse totale de soleil. Et justement, il cherche un tueur à gage après avoir eu quelques déconvenues. Et l'affaire se conclut très vite, permettant à Anne de satisfaire son envie d'acheter une maison. Survient l'affaire du meurtre d'un ambassadeur norvégien en représentation à Vienne à l'occasion d'une exposition sur Dürer confiée à Anna.

 

Alors, surgit un autre personnage, qui devient principal, mettant dans l'ombre Anne, comme on ferait au théâtre avec un jeu de lumière, où soudain Anne tombe dans la pénombre et Markus Cheng est éclairé. C'est lui, l'ancien viennois, parti après avoir perdu un bras lors d'une enquête à Vienne et arrivé à Copenhague où il exerce son activité de détective privé. Et justement, on lui demande d'aller à Vienne enquêter sur le meurtre de l'ambassadeur pour être certain qu'il ne s'agit pas d'un attentat politique.

 

Arrivé à Vienne, il rencontre Smolek, celui-là même qui a mis Anne sur la route de l'ambassadeur. Double jeu, voire double je... L'intrigue se "corse" alors. Ainsi Cheng et Anna vont très vite se connaitre.

 

Retrouvailles avec Vienne pour Cheng. Il se rend à son ancien appartement et y rencontre la nouvelle locataire avec qui il va entretenir de très bonnes relations par la suite. Et l'enquête le conduit à retrouver ses amis d'autrefois dont le commissaire Straka.

 

Nouveau personnage à "abattre", Janoka, un compositeur renommé mais plutôt "loufoque". Quand on sait qu'il est venu à Vienne après qu'il ait su qu'Alban Berg, arrivé 3 heures avant le départ de son train a fini par le râter. Il espère rencontrer le célèbre compositeur Berg, sauf qu'il est mort depuis longtemps (1935).

 

Et là, cet exemple montre la force et l'intelligence du texte d'Heinrich Steinfest. Il est truffé de références culturelles, à commencer par le philosophe Ludwig Wittgenstein (1889-1951), cité en début de chaque partie du roman et qui sera associé à l'écrivain prix Nobel Knut Hamsun (1859-1952) dans une intrigue autour de manuscrits mis en vente à Vienne.

 

Ce livre est foisonnant. N'oublions pas Mme veuve l'Ambassadrice, Magda Gude, que l'auteur met aussi en avant dans un récit de sa vie qu'elle nous livre, c'est alors un nouvel éclairage narratif. 

 

Vraiment ce livre est singulier, génial par sa construction, par ses digressions qui restent en lien avec cette histoire de meurtres tout de même. On sourit souvent de voir ces personnages se débattre dans des faux semblants.

 

650 pages denses et je peux vous garantir que je ne me suis pas ennuyé une seule minute. Cela reste un roman "noir" mais tellement innovant, original, intelligent...

 

Voici le début du roman : "Commençons par une mise au point : Anna Gemini ne se servait nullement de son enfant pour camoufler ses activités. Ce camouflage ressemblait plutôt à un effet secondaire. Etre chaque jour, et presque chaque heure, auprès de cet enfant représentait au contraire un énorme problème et un risque considérable. Dans ces conditions, le camouflage faisait office de compensation aux difficultés que rencontrait Anne : il était compliqué, en effet, d'être à la fois une mère et une tueuse, de s'occuper d'un enfant lourdement handicapé tout en assassinant de parfaits inconnus sur l'ordre d'autres inconnus tout aussi parfaits."

 

Franchement, si vous aimez comme moi, la littérature qui a du "corps", pimentée ici à l'huile policière, ce livre ne pourra que vous enchanter.

 

Bonne lecture,

 

Denis 

 

 

Ce livre publié le 10 octobre 2013 rentre dans le challenge "rentrée littéraire" de Sophie Hérisson

 

4/6

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 22:17

 

Stefan Zweig entre dans la prestigieuse collection de la Pléiade avec un superbe coffret de deux volumes le 19 avril prochain : "Romans, nouvelles et récits".

Deux volumes d'environ 1 500 pages chacun, regroupant par date de rédaction l'intégralité de ses nouvelles connues à ce jour (en effet des inédits paraissent encore pratiquement chaque), ainsi que son seul roman "La pitié dangereuse" et deux romans inachevés "Ivresse de la métamorphose" et "Clarissa".

Deux récits sont également réunis dans ces deux volumes : "Grandes heures de l'humanité" (miniatures historiques) et "Le monde d'hier", l'un de ses plus gands livres, sorte d'autobiographie, témoignage personnel sur la première moitié du XXe siècle.

Ce sont des traductions nouvelles, éditées sous la direction de Jean-Pierre Lefebvre, spécialiste de littérature germanique et auteur pour la Pléiade en 1993, d'une anthologie bilnigue de la poésie allemande.

(Source de cet article : "Le bulletin Gallimard" de mars-avril 2013)

 

 

Une édition à ne manquer sous aucun prétexte pour les amoureux de l'oeuvre de Stefan Zweig, dont je fais partie.

Bonnes futures lectures avec tous les chef d'oeuvres littéraires de Stefan Zweig

Denis

 

 

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 10:00

 

 

(Editions Phebus - février 2011 - Préface et traduction par Dominique Laure Miermont + Corinna Gepner pour la traduction - 270 pages)

 

Les éditions Phébus ont entrepris de publier des oeuvres de klaus Mann depuis 2009 : "Contre la barbarie" (2009), "Point de rencontre à l'infini" (2010) et "Speed" (2011) ainsi que ce recueil de textes en 2011 : "Aujourd'hui et demain".

 

 

Je remercie vivement les Editions Phebus qui m'ont offert ce livre pour que je le lise et que je puisse ensuite un faire un article sur ce blog.

 

Je vous remets ici le lien vers mon article de février 2011 qui était accompagné d'une vidéo de présentation de Klaus Mann.

 

   Ce livre rassemble des articles, textes et conférences écrits par Klaus Mann entre 1925 et 1949. 24 années qui constituent sa carrière littéraire. En effet, en 1925, il a 19 ans et en 1949, bien que jeune encore (43 ans) il se suicide à Cannes le 21 mai 1949.

 

Il proclame dans ces textes son espoir en l'Europe notamment grâce à la "foi" de la jeunesse littéraire en la force d'une Europe forte, pacifique et unie.

 

Et au fil des mois et années, le nazisme, le fascisme et le stalinisme détruisent l'idée d'une Europe multi-culturelle.

 

En exil en Europe puis aux Etats-Unis, il mène un combat contre le totalitarisme.

Ainsi ses écrits sont politiques mais surtout dans ce livre ils sont centrés sur l'intérêt que porte Klaus Mann à la littérature française.

 

Ses écrivain de prédilection sont René Crevel, Raymond Radiguet, Julien Green, Alain-Fournier ou Jean Giono pour les écrivains de sa génération.

 

André Gide est l'écrivain "aîné" qu'il apprécie le plus.

 

Pendant ces 24 années d'écriture, il va régulièrement revenir à ses écrivains de prédilection, sachant être critique avec certains comme Jean Cocteau, André Maurois quand il sent que leur pensée a dévié de la ligne de conduite qu'il attendait d'eux. Car Klaus Mann va rester tout au long de sa vie fidèle à ses opinions européennes, combattant sans relâche toute dictature y compris cette d'Union Soviétique.

 

 

 

Klaus Mann, fils de Thomas Mann et plus encore neveu d'Heinrich Mann, qu'il vénère plus que son père, sans doute car "écrasé" par la gloire de son père, doit être lu et relu car il a un modernisme dans son ton qui ne peut que plaire encore à notre époque où un "certain espoir" en un monde meilleur doit toujours vivre en nous.

 

 

Lisez ce livre et n'oubliez pas son chef d'oeuvre qui aura été pour moi une de mes plus belles lectures "Le tournant".

 

Encore merci aux éditions Phebus de m'avoir offert ce livre pour me mettre de continuer à découvrir cet auteur et à me permettre de transmettre mon enthousiasme aux amis de ce blog.

 

Prochaine lecture : "Speed" également offert par les éditions Phebus

 

Bonne lecture,

 

Denis 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 09:00

 

Requins d'eau douce  d'Heinrich Steinfest  (Carnets nord - roman noir)

janvier 2011 - 395 pages

Traduit de l'autrichien par Corinna Gepner (titre original : Nervose Fische - 2004)

 

 

 

 

Voici un bien étrange et étonnant livre que j'ai eu le plaisir de recevoir

des éditions Carnets nord 

 

 

J'avoue avoir eu quelques appréhensions devant un tel sujet : le meurtre d'un homme retrouvé dans une piscine au dernier étage d'une tour à Vienne, déchiqueté et unijambiste, comme nous le précise la 4e de couverture.

 

Mais, alors, quel bonheur de lecture au fil des pages.

 

Pourquoi? Tout d'abord parce que l'étonnement arrive au détour d'un chapitre,

d'une page, d'un dialogue. Les sens sont tout le temps en mouvement.

 

Le policier, Richard Lukastik, est très indépendant et il décide souvent seul de la façon dont il va mener son enquête, d'où les surprises du lecteur par exemple.

Il a trouvé l'assassin et il le fait partir vers la Hongrie avec la jeune veuve.

Il est surtout "philosophe" et a toujours dans sa poche le

"tractatus logico-philosophique" de Ludwig Wittgenstein.

 

 

Ne prenez pas peur en lisant cette présentation du roman,

la philosophie n'y est jamais ennuyeuse. Elle explique en contrepoint

la façon de travailler et de penser que Lukastik. Et Wittgenstein va en quelque sorte sauver ce policier singulier...

 

Mais je ne dirai rien de l'enquête et de la manière dont les requins interviennent dans le récit car un roman noir doit garder tout son mystère.

 

Et vous aurez compris combien j'ai aimé ce livre et je le dis sincèrement.

 

L'éditeur se doit se publier les autres livres de l'auteur Heinrich Steinfest.

 

 

 

L'auteur est né en 1961 en Australie d'origine autrichienne. Et de plus il vit à Stuttgart. Tel son personnage de policier, l'auteur brouille les pistes sur sa propre vie!!!

 

Laissez-vous tentés par ce livre et allez visiter les livres publiés par Carnets Nord, car les éditeurs en marge du monde littéraire "parisien" doivent vivre aussi et ont des livres passionnants à nous proposer.

 

Bonne lecture.

 

Denis

 

 

 

 

 

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 10:00

Les éditions PHEBUS ont entrepris depuis quelques années de publier des textes de l'écrivain allemand Klaus MANN (1906 - 1949).

 

 

 

 

 

- Contre la barbarie

- Point de rencontre à l'infini

 

Et début de février 2011 :

 

- Speed (collection Libretto)

 

 - Aujourd'hui et demain  

 

Speed, par Mann

 

 

 

Les Editions PHEBUS ont par ailleurs réalisé une vidéo de 8 minutes de présentation de Klaus MANN que je vous propose de regarder avec le lien ci-dessous car elle permettra à ceux qui ne connaissent pas cet immense écrivain de le découvrir:

 

 

 http://www.dailymotion.com/video/xgseq1_qui-est-klaus-mann-y_creation

 

 

 

J'ai présenté il y a quelques mois son oeuvre autobiographique "Le tournant" que j'avais adoré. C'est pour moi un chef d'oeuvre que je recommande à nouveau. Vous pourrez retourner à ce texte en cliquant sur le titre du livre.

 

Je reviendrai bientôt présenter les deux livres que viennent de publier les éditions PHEBUS et qu'elles ont proposé de m'envoyer à titre de partenariat. C'est un plaisir pour moi de revenir ainsi vers Klaus Mann, le fils "rebelle" et "attachant" de Thoman MANN.

 

A suivre donc. En attendant, allez voir la video qui vous donnera envie de lire cet auteur, j'en suis convaincu.

 

Bonnes lectures,

 

Denis

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 19:35

                                                

                                                          

 

     

 

  La convocation d'Herta Müller (Editions Métailié)

- 208 pages - 2001

       Traduit de l'allemand par Claire de Oliveira

 

 

 

 

"Je suis convoquée jeudi à dix heures précises. On me convoque de plus en plus souvent : mardi à 10 heures précises, samedi à dix heures précises, mercredi ou lundi, à croire que les années ne sont qu'une semaine? Je n'en suis pas moins étonnée que l'hiver, après cette fin d'été, revienne bientôt".

 

Ainsi débute ce roman d'Herta Müller, romancière née en Roumanie en 1953, vivant à Berlin depuis 1987. Elle est poète et romancière de langue maternelle allemande. Elle a publié "L'homme est un grand faisan sur terre" chez Maren Sell, ainsi que "Le renard était déjà le chasseur" (Le Seuil).

 

 

 

 

 

Herta Müller a obtenu le Prix Nobel de Littérature en 2009.

 

 

"La convocation" se passe dans une dictature, que l'on devine être la Roumanie de Ceaucescu. L'auteur a souhaité que son livre se passe plutôt dans l'intemporalité pour montrer qu'être convoqué par la police d'une dictature vaut pour tout pays plongé dans cette horreur de la "suspicion".

La narratrice a espéré pouvoir quitter son pays en mettant dans les poches des chemises qu'elle confectionne dans une usine pour l'Italie, un message.

Elle espère en effet pouvoir quitter le pays en suivant un italien...

 

Seulement, elle a été trahie d'autant que l'on fait croire qu'elle faisait aussi des billets pour la Suède, et se retrouve chez le Commandant Albu qui l'interroge à chaque fois à dix heures précises. Pour se rendre au rendez-vous, elle prend le tramway et repasse sa vie mêlant sa jeunesse à sa vie d'adulte avec un premier mariage puis un deuxième avec un alccolique qui semble la rendre heureuse. Mais ira-t-elle à ce rendez-vous d'aujourd'hui...

 

L'histoire est simple mais le montage de sa vie en décousu morcelle la narration. La grande qualité de ce roman réside dans la langue magnifique qu'utilise l'auteur... Car il faut se laisser emporter par sa narration lyrique...

 

 

 

Livre lu dans le cadre du blogoclub :

 

 

 

 

 

animé par Sylire et Lisa qui relaient l'ensemble des articles publiés

 à cette occasion.

 

Le thème du 1er septembre était "Les Prix Nobel de Littérature", d'où ce choix parmi plus de 100 lauréats, tout simplement pour honorer la dernière lauréate... La suite en octobre 2010 où un nouvel écrivain sera honoré... Je rêve depuis longtemps que ce soit Philip Roth...  On verra bien...

 

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 19:00






 Editions Phebus / Libretto 2004 - 146 pages
Traduit et présenté par Georges - Arthur Goldschmidt
Titre original : Der Hagestolz



Peter Handke cite un long passage de ce livre dans sa pièce " Les gens déraisonnables  sont en voie de disparition ".
Nietzsche cite l'auteur comme étant l'un des auteurs majeurs de la littérature de langue allemande.
Robert Walser , Herman Hesse , Herman Lenz ou Paul Nizon ventent ses qualités.
Adalbert Stiffer est donc un auteur connu en Allemagne. et en France , on ne sait rien de lui. Qui le connait ? A priori quasiment personne !

" L'homme sans postérité " a été traduit pour la 1ère fois en 1978 , chez Phébus et repris ici en Libretto avec la préface du traducteur de 1978.

Un mot sur Goldschmidt : il est un des écrivains traducteurs de très grand talent. Il a permis de faire connaître Peter Handke, par exemple.






Adalbert Stifter est né le 23 octobre 1805 à Oberplan , dans le sud de la Bohême. Il est donc autrichien , fils de paysans , comme nombres d'écrivains allemands.
De 1818 à 1826 , il est élève dans un collège religieux et s'y montre très heureux.
Il fait des études juridiques puis se met à écrire et à peindre.
Il finit inspecteur de L'Instruction Publique. En 1868 , atteint d'un cancer incurable , il se donne la mort.
Une vie sans histoire en apparence.

Il a donné d'admirables récits :" Les Grands Bois " , " L'été de la Saint - Martin " , " Witiko ".
Ses textes paraissent paisibles , harmonieux.
Son écriture fait exister les personnages dans leur plus exacte intimité.

" L'homme sans postérité " est daté de 1844.
Victor, le jeune héros du roman , est adolescent et vit chez sa mère nourricière depuis la mort de sa mère. Mais son oncle lui demande de lui rendre visite.
Pour ce faire, il doit parcourir une partie du pays à pied.
Mais avant de partir, il fait ses adieux à ses amis , à la nature qui l'entoure et qu'il a tant parcourue.
Enfin, avant le départ, il dit au revoir à Hanna, sa soeur de lait. C'est alors qu'ils ressentent de l'amour l'un pour l'autre. Puis il part vers cet inconnu qu'est son oncle et son tuteur en même temps.
Il finit par arriver sur une petite île uniquement occupée par l'oncle et quelques vieux domestiques.
C'est un ancien monastère réhabilité en habitation.
Les deux hommes semblent très éloignés l'un de l'autre et le dialogue n'est pas facile.
Au fil du temps , ils " s'apprivoisent " et l'oncle explique à victor qu'il lui a fait des rentes , qu'il lui a trouvé un emploi...
L'adolescent refuse tout cela car il veut rester tel qu'il est.
Il finit par rentrer chez lui  mais les ordres de l'oncle arrivent avant lui et il n'a plus d'autre choix  , que de suivre cette route tracée...

L'on a parfois l'impression de " bons sentiments " au fil des pages mais la simplicité apparente du texte s'efface devant l'intérêt de la lecture.
Et puis , comme souvent dans la littérature allemande, on a affaire à
" un roman d'apprentissage ".

Pour ma part , j'ai été séduit par ce roman et j'aime bien ce que dit Pierre Mertens de ce roman : " Un récit fervent , sans attaches , tumultueux et pourtant transparent comme une symphonie de Malhler ".

Belle découverte et bonne lecture si cette présentation vous a donné l'envie d'aller à la rencontre d'Adalbert Stifter.





Denis

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