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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 17:40
Verdun de Jacques-Henri Lefebvre - Editions des Riaux)

VERDUN - La plus grande bataille de l'Histoire racontée par les survivants

par Jacques-Henri Lefebvre

(Editions des Riaux - Collectif "Mémorial de Verdun)

Première édition : 1960

Edition actuelle : 2005

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J'ai acheté ce livre à Verdun en 2006 et je viens de le lire à l'occasion des 100 ans de cette terrible bataille de Verdun.

Pour rappel, la Grande Guerre, débutée en août 1914, est en pleine guerre statique dite "guerre de position" depuis plusieurs mois, quand débute cette "bataille de Verdun", le 21 février 1916.

La protection de Verdun n'était pas vraiment avancée, les tranchées, les défenses étaient plus ou moins à l'abandon. Malgré des alertes régulières auprès des autorités parisiennes rien n'est fait pour se préparer à une potentielle attaque de l'armée allemande.

C'est dans ce contexte que les allemands ont décidé d'attaquer Verdun pour s'emparer de la ville. L'opération est reportée du 12 au 21 février à cause du très mauvais temps qui sévit. Le 21 a lieu un bombardement incessant de plusieurs heures avant que des corps à corps deviennent le seul moyen d'arrêter l'avancée de l'ennemi. Mais le 25 février, le fort de Douaumont est pris d'assaut et les français sont obligés de se rendre, ce qui va alors fortement marquer es esprits. Sera-t-il possible de préserver Verdun ? C'est au prix d'un courage continuel que la ville sera sauvée tout au long de l'année 1916.

 

Il va y avoir quelque répit entre mars et mai 1916, avant qu'une nouvelle offensive plus que jamais meurtrière des allemands débute en mai. On parle de "l'enfer de Verdun" et le fort de Douaumont ne peut être repris pas les français. En juin, c'est le fort de Vaulx qui tombe. L'été se passe à nouveau avec des combats bien moins intenses avant que tout reprenne en octobre. La "diversion" de la bataille de la Somme (1er juillet - 18 novembre 1916) n'aura pas réellement affaibli l'armée allemande.

L'espoir renait quand les français reprennent le fort de Douaumont le 24 octobre avant la reprise du fort de Vaulx et une dernière offensive le 15 décembre met fin à cette interminable guerre autour de Verdun et à cette année 1916.

Hélas, il faudra encore attendre deux ans avant la fin de la guerre.

La bataille de Verdun a meurtri le coeur des combattants mais leur a donné une force désespérée pour sauver Verdun à tout prix.

 

La boue, le froid, la pluie, la soif, la faim, l'hygiène... ont été exécrables. Et voir des morts autour de soit ne pouvait que meurtrir les soldats. Mais ils ont tenu coûte que coûte.

Et le très grand intérêt de ce livre est justement de donner la parole aux soldats qui ont été présents à Verdun entre février et décembre 1916, la plupart étant des anonymes. Et le tout magistralement mené par Jacques-Henri Lefebvre qui donne toutes les informations historiques nécessaires à la bonne compréhension de cette bataille.

Bilan de Verdun 1916 :

La bataille aura coûté aux Français 378 000 hommes (62 000 tués, plus de 101 000 disparus et plus de 215 000 blessés, souvent invalides) et aux Allemands 337 000. 53 millions d’obus (30 millions d'obus allemands et 23 millions d'obus français, une estimation parmi d'autres, aucun chiffre officiel n'existant) y ont été tirés, dont un quart au moins n'ont pas explosé (obus défectueux, tombés à plat, etc.) ; 2 millions par les allemands pour le seul 21 février 1916. Si l'on ramène ce chiffre à la superficie du champ de bataille, on obtient 6 obus par mètre carré. Ainsi, la célèbre cote 304, dont le nom vient de son altitude, 304 mètres, ne fait plus que 297 mètres d'altitude après la bataille et le Mort-Homme a perdu 10 mètres. Les Allemand ont employé à cet effet 2 200 pièces d'artillerie, les Français 1 727. (Source Wikipedia)

Ces quelques chiffres sont édifiants et à l'image des témoignages recueillis.

 

Un livre non didactique à lire absolument pour tous les amateurs d'Histoire qui veulent aller au plus près du terrain pour comprendre comment ces "poilus" ont pu vivre et survivre (au moins le temps de témoigner sur ce qu'ils venaient de vivre).

 

Denis

 

 

Verdun de Jacques-Henri Lefebvre - Editions des Riaux)
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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 19:19
Mémoires du Duc de Lauzun (Nouveau monde éditions)

Mémoires par le Duc de Lauzun

(Nouveau Monde éditions - 160 pages)

Préface de Michel Delon

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Armand Louis de Gontaut, duc de Lauzun (1747-1793) a entrepris d'écrire ses mémoires jusqu'à l'aube de la révolution française.

Michel Delon, grand spécialiste du XVIIIe siècle a écrit une préface de quelques pages très éclairantes sur le personnage avant de vivre à ses côtés ses aventures galantes et militaires.

Comme le dit Michel Delon, le Duc de Lauzun "ne prétend pas porter témoignage, encore moins faire oeuvre d'historien". Vous n'aurez pas de compte rendu détaillé des guerres dont celle de l'Indépendance des U.S.A. Par contre vous saurez tout, ou presque, sur sa vie sentimentale et libertina à l'image de ce qui se vivant sous Louis XV notamment.

Là encore, je peux citer Michel Delon : Le Duc "raconte sa vie comme un personnage de roman. On se croit chez Crébillon".

Il vit à la Cour, souvent à Versailles donc, sauf lors de ses déplacements diplomatiques et militaire. Il voyage d'ailleurs beaucoup pour l'époque, l'amour l'entraînant tantôt en Angleterre, tantôt en Pologne jusqu'en Russie, en passant par la Prusse...

Madame de Stainville aura été l'une de ses premières maîtresses. Mais il va y avoir bien plus Lady Sarah, la belle et coquette anglaise qui minaudera longtemps avant de lui abandonner son corps. La princesse Chartoniska lui offrera un amour platonique puis aura un bébé qu'il verra à l'accouchement et bien rarement ensuite.

On est avant l'heure en plein romantisme avec le Duc de Lauzun et dans les comédies où l'on se cache dans une armoire pour éviter le mari. Quand le Duc a des excès d'émotions, de peurs, de tourments, il crache le sang.

 

Bref, ces mémoires sont fort bien écrites, bien agréables à lire et l'on reste toujours prude dans les descriptions. Ne cherchez pas l'érotisme ici. Vous serez déçu(e)s, plutôt du libertinage de cour et vous vous immergerez dans ce siècle de toutes les attentes. Et n'oubliez pas que Marie-Antoinette a beaucoup apprécié le Duc de Lauzun, au point d'en faire un de ses favoris.

Vous aurez d'ailleurs sans doute remarqué que la couverture du livre montre justement la jeune reine à Versailles en 1777 (gouache sur papier de Jacques-Fabien Gautier d'Agoty). Le malheureux Duc montera crânement sur l'échafaud en 1793, en gentleman après avoir trinqué avec son bourreau.

 

Belle découverte dans le cadre de lectures que j'ai entrepris autour de ce XVIIIe siècle à redécouvrir.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Mémoires du Duc de Lauzun (Nouveau monde éditions)
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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 20:04
Etienne Drioton : l'Egypte, une passion par Michèle Juret

Etienne drioton : L'Égypte, une passion

Dans les pas de Auguste Mariette Pacha et Gaston Maspero

par Michèle Juret

(Gérard Louis Editeur - septembre 2013 - 225 pages)

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Voici une biographie passionnante pour découvrir un égyptologue bien méconnu alors qu'il a succédé en Egypte à Mariette et Maspero, a eu pour élève Christiane Desrobes-Nobecourt notamment et a permis de développer par les fouilles et les travaux d'érudition les connaissances sur l'Egypte ancienne.

Le livre retrace les étapes de la vie d'Etienne Drioton, chanoine égyptologue :

 

1/ 1889-1939 : De Nancy au musée du Caire

Très jeune il se passionne pour l'Égypte tout en suivant ses études qui le conduisent à devenir prêtre. Après la grande guerre il peut reprendre ses études d'égyptologie à Paris. Il devient rapidement professeur à l'institut catholique de Paris et à l'Ecole du Louvre où il aura notamment comme élève Christiane Desroches-noblecourt.

Courant décembre 1924, il part pour son premier séjour en Égypte, visitant Alexandrie puis le Caire avant de partir pour 3 mois fouiller le temple de Medamoud et en relever toutes les inscriptions. Plusieurs hivers de suite il reviendra sur le site, découvrant notamment une statue de Montou.

En 1926, il devient conservateur adjoint au département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre. Ainsi pris entre enseignement et travail au Louvre, il lui est plus difficile de se rendre en Égypte. Il participe toutefois en 1933 à un nouveau chantier à Tod, lieu également consacré à Montou. En 1936, un trésor est découvert : 4 coffres ayant appartenu à Amenemhat II.

 

II/ 1936-1939, le Caire

Etienne Drioton est nommé par le roi d'Égypte directeur général du service des antiquités égyptiennes au Caire dans un climat difficile où les étrangers sont mal vus. Il s'installe pour trois ans, le temps de son mandat, avec sa mère et sa soeur.

Parmi les missions, il y a le suivi des fouilles et le partage entre pays des découvertes  faites lors des fouilles entre l'Egypte et le pays initiateur. Tout ceci sous le regard des égyptiens, devenus très nationalistes. Ainsi est également nommé un directeur adjoint égyptien qui va tout faire pour jeter le discrédit sur les affaires conduites par Drioton.

En 1939, Pierre Montet découvre des tombes à Tanis de pharaons des XXIe et XXIIe dynasties. Découverte importante mais la deuxième guerre mondiale vient tout perturber.

 

III / Les années 1939-1945

Etienne Drioton reste en Égypte mais les fouilles tournent au ralenti. Montet a pu revenir en 1940 mais Tanis ne sera repris qu'en 1945. Très vite, il convient de mettre en place un service de restaurations des tombes.

Étienne Drioton n'en continue pas moins d'écrire de nombreux textes dont les plus originaux concernent le théâtre égyptien.

 

IV/ 1945-1952

La vie reprend presque normalement malgré des émeutes régulièrement sanglantes. Une des préoccupations est de sauver Philae des eaux.

La création d'Israël en 1948 conduit à un conflit auquel participe l'Égypte au sein de la ligue arabe et un homme se distingue, Nasser, qui va bientôt jouer un rôle prédominant en Égypte.

En 1952, c'est la révolution égyptienne et le roi est destitué en juillet alors que Drioton est en congés en France. Il comprend qu'il ne pourra pas retourner en Égypte, démissionne peu avant de recevoir sa révocation officielle. L'Égypte veut plus que jamais un égyptien à son poste.

 

V/ 1952-1961 en France

C'est alors le retour définitif en France.Drioton s'installe à Montgeron, en région parisienne. Il reprend ses cours à Paris et continue à écrire sur ses nombreuses découvertes et réflexions sur l'Egypte.

La religion l'aura accompagné toute sa vie, comme une compagne, pour se recueillir, réfléchir et mieux vivre sa vie de chercheur.

 

Une belle découverte. Je remercie chaleureusement l'auteure de m'avoir fait parvenir par son éditeur ce livre richement illustré et documenté, avec de nombreux extraits de sa riche correspondance.

 

Michèle Juret, diplomée de l'Ecole du Louvre est conservatrice du Musée Municipal Josèphe Jacquiot à Mongeron. Elle est également responsable des archives Etienne Drioton qui lui donne autorité pour parler avec attachemlent de cet homme exceptionnel, travailleur, à l'écoute des autres et donc d'une très grande valeur morale.

Etienne Drioton : l'Egypte, une passion par Michèle Juret
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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 11:10
Gueules cassées de la Grande Guerre par Sophie Delaporte

Gueules cassées de la Grande Guerre par Sophie Delaporte

(Agnès Vienot Editions - 263 pages - mai 2004)

Première édition : 1996

Préface de Stéphane Audoin-Rouzeau

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Sophie Delaporte est historienne, spécialiste de la médecine, notamment pendant la Grande Guerre. Son livre est d'une grande richessepour en savoir plus sur ces "blessés de la face", appelés plus tard "les gueules cassées". Dans une première partie, l'auteure retrace le parcours du blessé à partir  du moment où il reçoit au visage sa défiguration.

Ainsi, tout commence lors des combats entre tranchées. Le blessé est généralement évacué de nuit pour ne pas alerter l'ennemi. Seulement, c'est souvent trop tard, car certaines plaies dont celles de la face n'attendent pas pour être soignés, le blessé perdant souvent beaucoup de sang, la plaie infectée et mourant alors, avant d'être transporté en ambulance vers le poste de secours installé à l'arrière du front.

Après les premiers soins indispensables, les blessés de la face (maxillo-faciaux) sont généralement transportés vers un hôpital de l'avant spécialisé mais les interventions plus lourdes de reconstruction esthétique nécessitent d'envoyer les blessés vers des hôpitaux de l'arrière, loin du front.

 

Dans une seconde partie, l'auteure s'attache à montrer les difficultés de retrouver une "identité" car il faut s'habituer à son nouveau visage mutilé, déformé. Le miroir était interdit et c'est le corps médical qui montrait le visage au blessé. Il y eut peu de suicidés mais beaucoup de solidarité est née entre "gueules cassées" et une certaine gaité va même transparaître dans leur journal "La Greffe Générale". Les jeunes infirmières ont eu du mal à s'adapter à ces visages déformés, hideux pour certains, ce qui n'a pas empéché certains mariages avec ces femmes dévouées, humaines.

Le plus difficile est de se montrer à sa famille et malheureusement il y eut des rejets de mères ou d'épouses devant "l'horreur" du visage.

 

Une dernière partie traite de l'Union des Frères de Souffrance" et de l'organisation des blessés maxillo-faciaux pendant et plus encore après la Grande Guerre. Le Colonel Picot blessé de la face a été à l'origine du mot "gueule cassée" et a beaucoup contribué à "redorer" le blason de ses amis, devenant Président de leur Association. Une des grandes réalisations de cette Association a été la création d'un domaine à Moussy le Vieux en région parisienne où les adhérents ont pu venir se reposer, travailler. Une colonie de vacances a même été mise en place dans le domaine pour accueillir les familles.

 

La loterie nationale a créé une loterie des "gueules cassées" pour aider au financement. Le Maréchal Pétain a même été parrain de l'Association.

 

Les blessés de la face ont bien sûr accepté par la suite toutes les Gueules Cassées des autres conflits : 2e guerre mondiale, guerre d'Indochine ou d'Algérie...

 

Un livre très instructif sur ces blessés souvent laissés pour compte d'un conflit majeur du 20e siècle.

Il est probable que le livre est difficile à trouver mais si vous en avez l'occasion lisez ce livre, illustré de quelques photos. L'édition aurait pu être de meilleure qualité pour la mise en page et l'insertion des photos.

A saluer aussi Stéphane Audoin-Rouzeau, un spécialiste de la Grande Guerre qui a préfacé ce livre.

Bonne lecture,

Denis

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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 20:14
Les Poilus : lettres et témoignages par Jean-Pierre Guéno

Les poilus : lettres et témoignages des Français dans la Grande Guerre par Jean-Pierre Guéno (Librio - Document - 190 pages - Septembre 2013)

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J'ai complété mes lectures thématiques sur la Grande Guerre par ce livre publié initialement aux Arènes et repris ici dans une édition très économique dans le cadre de la Mission Centenaire 1914-1918.

 

Tous les thèmes majeurs de cette guerre sont présentés ici par Jean-Pierre Guénot pour les restituer dans leur contexte, avec beaucoup de clarté et de pertinence. Tout les univers sont "convoqués" dans celivre pour témoigner. Aussi bien les écrivains, tels Charles Péguy, Alain-Fournier, Jean Giono, Guillaume Apollinaire... que les anonymes, les journalistes, les militaires de carrière...

 

On fait le tour de la guerre en 180 pages et on l'observe sous tous les angles, sans concessions. Aucune langue de bois ici. La sexualité, l'alcoolisme, le mal être, la grève, l'exécution pour désobéissance, la captivité et l'ennui, les blessures et les morts autour de soi, la censure... tout y est pour avoir un grand panorama de cette période "hors du temps".

 

Sans oublier qu'il y avait deux mondes qui ne se comprenaient pas : d'un côté les soldats du front, embarqués dans ces tueries inconsidérées et de l'autre, tous les autres, les non combattants, les embusqués qui voyaient la guerre de très loin, au point que les poilus ont souvent eu des réticences à quitter le front pour voir leur famille. Parler des combats, des horreurs des tranchées, c'était presque "injurieux" pour ces gens qui continuaient à aller au restaurant, à aller travailler... comme (ou presque) s'il n'y avait pas de guerre...Les témoignages sont souvent poignants et il a fallu du courage pour affronter la censure et dire entre les lignes ce que l'on vivait.

Trois euros bien investis pour vivre au coeur du monde des "poilus" et ressentir les folies de cette guerre.

Merci à mon fils Aurélien de m'avoir offert ce livre à Noël car il est très intéressant.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Livre lu notamment dans le cadre du groupe que j'anime sur facebook "Histoire-littérature autour de la Grande Guerre".

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16 août 2014 6 16 /08 /août /2014 21:15
Atlas de la première guerre mondiale (Autrement)

Atlas de la première guerre mondiale :

1914-1918, la chute des empires européens

par Yves Buffetaut - cartographie par Fabrice Legoff

(Autrement - collection Atlas - octobre 2005 - 80 pages) ------------------------------

C'est une première expérience de lecture pour moi : lire in extenso un atlas. Généralement, on feuillette un atlas cherchant à repérer un lieu, une situation particulière...

Avec cette atlas, on a des cartes très détaillées pour évoquer ces 4 années de guerre en trois parties.

Tout d'abord, " le monde en 1914" pour situer le contexte géopolitique de cette guerre. Et n'oublions pas le sous-titre "la chute des empires européens", car de fait l'empire austro-hongrie, l'Allemagne ou la Russie vont exploser au cours ou au terme de cette guerre. L'auteur nous présente le monde entre colonialisme, nationalisme. Deux alliances se sont fait jour : la Triple Alliance (Italie, Autriche-Hongrie et Allemagne) et la Triple Entente (Grande Bretagne, France, Russie).

Après cette présentation, la majeure partie des cartes concernent la guerre sous le titre général : "Une forme de guerre nouvelle". Tous les lieux de conflit sont évoqués bataille par bataille depuis l'invasion de la Belgique et de France jusqu'à la défaite allemande sur tous les fronts. La bataille de la Marne (1914), Verdun (1916), la Somme (1916), les Dardanelles (1915), la révolution russe (1917), l'entrée des USA dans le conflit mondial (1917), sans oublier le Moyen Orient, les balkans... Rien n'est oublié. 

Et puis, une dernière partie : "Un monde nouveau et instable" établit la reconfiguration de l'Europe après les différents traités dont le principal est celui de Versailles (avril 1919). On connait, hélas, la suite. La Société des Nations (SDN) est créée, impuissante dès sa fondation, car les USA ne vont pas y siéger.

En quatre-vingts pages, cartes et textes se complètent. La guerre et les enjeux des batailles deviennent visuels et ces cartes à elles seules disent beaucoup de choses. Les commentaires d'Yves Buffetaux sont très pertinents. Cet atlas m'a convaincu qu'il est indispensable de regarder des cartes pour comprendre le monde, ses enjeux, les complexités des situations.

 

Je renouvellerai l'expérience à partir de cette collection "Atlas" dont certains titres sont "Atlas de l'Afrique", "Atlas de l'Histoire de France", "Atlas de l'Islam". Tentez l'expérience, vous ne serez pas déçus...

 

Denis

 

(Livre - atlas lu notamment dans le cadre de mes lectures "Histoire - Littérature autour de la Grande Guerre" via le groupe sur Facebook)

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 18:32
Ceux de Verdun : les Ecrivains et la Grande Guerre (GF)

Ceux de Verdun : Les Grands Ecrivains et la Grande Guerre

(GF Flammarion - Mars 2001 - 121 pages)

Présentation et dossier par Patrice Kleff

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Ce petit livre est un ouvrage "pédagogique", essentiellement destiné à l'usage des jeunes étudiants qui permet d'aborder les grands thèmes de la Grande Guerre au travers d'extraits de livres d'auteurs qui ont vécu cette guerre :

- La vie quotidienne du soldat : avec des extraits de Dorgeles, Remarque, Cendrars et Céline

- Le feu : Dorgeles, Barbusse, Remarque et Céline

- L'arrière : Remarque, Barbusse et Dorgelès

- Réflexions sur la guerre : R. Martin du Gard, Remarque, Romains et Barbusse.

Ainsi, les thèmes essentiels qui sont ceux de la vie des soldats dans cette "sale" guerre où le quotidien était d'aller au feu, de survivre : la boue, la peur, les rapports de force entre soldats, la mort donnée et celle qui touche les proches... sont racontés ici, avec des éclairages et photos, sous le regard des écrivains qui ont eu le souci de témoigner et de réfléchir sur cette guerre.

Dès l'introduction, ce livre rappelle que les écrivains depuis les débuts de la littérature et dès Homère a eu ce besoin de raconter la guerre, un des moteurs de l'humanité, qu'on le veuille ou non.

Martin du Gard et Remarque, pacifistes, ont dénoncé cet élan de la bourgeoisie à favoriser la guerre, les pauvres voyant cette guerre comme une ruine...

"- Ils attaquent ! / Gilbert et moi avons bondi ensemble, assourdis. Nos mains aveugles cherchent le fusil et arrachent la toile de tente qui bouche l'entrée. / - Ils sont dans le chemin creux ! / Le cimetière hurle de grenades, flambe, crépite. C'est comme une folie de flammes et de fracas qui brusquement éclate dans la nuit. Tout tire. On ne sait rien, on n'a pas d'ordres : ils attaquent, ils sont des le chemin, c'est tout... / Un homme passe en courant devant notre trou et s'abat, comme s'il avait buté. D'autres ombres passent, courent, avancent, se replient..." (Roland Dorgelès, "Les Croix de Bois" - Albin Michel - 1919).

A méditer pour toute guerre. On ose encore croire à un monde en paix !!!!

Et un livre à faire lire à tous les jeunes qui vont étudier cette guerre dans leur cursus scolaire.

Denis

 

(Article qui se rattache au groupe facebook "Histoire - Littérature autour de la Grande Guerre")

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 16:47
1914 : une guerre par accident de Georges Ayache (Pygmalion)

1914 : une guerre par accident de Georges Ayache

(Pygmalion - janvier 2012 - 350 pages)

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La première phrase de la 4e de couverture résume bien le sujet :

"Ce livre fait froid dans le dos !"

 

L'auteur, ancien diplomate, historien et universitaire est spécialiste des relations internationales. Et son livre est bel et bien centré sur la diplomatie et pour cette période, c'est le signe de l'échec.

Une diplomatie "molle", pleine de bonne volonté mais impuissante à arrêter une guerre, qui aurait pu être évitée.

 

L'attentat de Sarajevo contre l'archiduc François-Ferdinand, en ce dimanche du 28 juin 1914, a jeté un froid sur cet été qui s'annoçait pourtant radieux. Il était venu avec son épouse Sophie dans cette ville serbe pour y rencontrer les dignitaires du pays et y fêter ses 14 ans de mariage. Princip et ses amis "révolutionnaires" ont compris que c'était le jour idéal pour "frapper" et se débarrasser de cet héritier du trône austro-hongrois qui entendait bien absorber la Serbie dans le giron de son empire. Un premier attentat râte mais l'archiduc repart en voiture par le même trajet et cette fois la cible n'est pas râtée. La nouvelle se répand très vite en Europe, ne semblant affecter personne, en premier le vieil empereur austro-hongrois.

 

Seulement, ce sont alors 37 jours de crise européenne sui vont s'ensuivre. L'auteur suit jour après jour les réactions des pays inflents : France, Angleterre et Russie (Triple entente pas toujours très cordiale) ; Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie (Triple alliance !!! pas très unie). Toujours est-il que l'Autriche-Hongrie envoie un ultimatum aux serbes après qu'elle n'aura pas eu droit d'aller enquêter sur le terrain, courant juillet.

La France, engluée dans l'affaire Caillaux qui secoue la politique nationale, se sent en état de "neutralité". L'Angleterre, de son côté, réaffirme à la Russie du Tsar Nicolas II en état de survie, qu'elle restera fidèle à ses engagements. Les allemands restent prudents pour défendre leur principal allié. On se regarde en chien de faillance. Les diplomates ont bien du mal à comprendre les enjeux des uns et des autres.

 

Et puis, la Russie ordonne la mobilisation générale fin juillet et quand le tsar veut l'arrêter, il est trop tard. Le Luxembourg est envahi par les allemands. Ils hésitent encore à entrer en Belgique, comme si personne ne voulait déclarer la guerre aux autres pour ne pas être celui par qui le mal sera arrivé.

La France vient de subir un nouveau choc alors que le procès lui s'est bien terminé pour les Caillaux : c'est l'assassinat de Jean Jaurès le 31 juillet.

La spirale infernale est lancée et "presque par hasard", la guerre démarre sur plusieurs fronts : la Belgique, la Russie...

 

L'auteur montre avec pertinence ces indécisions qui ont fait la singularité de ce début de "grande guerre" qui devait durer au pire jusqu'à Noël. Et il fait un parallèle avec le début de la 2e guerre mondiale : Churchill, Asquith, Grey, Poincaré, Clémenceau, le Kaiser, l'empereur ou le tsar n'étaient pas des conquérants comme Hitler. Il n'y avait pas de tels hommes à la tête des pays européens et des réunions de concertation entre les différents pays auraient pu être suffisantes pour éviter les futurs massacres presque "subis".

 

Effarent !!! A l'image du traité de paix de Versailles de 1919 qui a permis aux "extrêmistes" de s'imposer par la suite.

N'oublions pas cela dans notre XXIe siècle où nos dirigeants font à nouveau la part belle aux extrêmistes !!! par leur attitude "passive".

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

(Ce livre s'inscrit dans mon parcours "histoire et littérature autour de la Grande Guerre, que l'on peut suivre sur ma page facebook)

https://www.facebook.com/groups/220863991406739/

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 20:42

(Photo decitre.fr)

Les français de 1900 par Gabrielle Cadier-Rey

(Circonflexe - 1999 -

coédition France Info & Tallandier Historia - 160 pages)

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Un livre richement illustré de documents d'époque pour faire un panorama de la France au détour du 19e siècle et quelques années avant l'embrasement de l'Europe puis du monde.

Ce livre rentre dans ma thématique de l'avant "grande guerre", car il est toujours utile de "planter" le décor et de voir comment l'on vivait en 1900.

Et franchement, on a l'impression qu'il y a plus de 110 ans entre nos deux périodes, tellement la vie était différente.

En 1900, l'arrivée du métro à Paris se fait grâce à l'Exposition Universelle", car la France a voulu marquer ce virage vers le 20e siècle. Cette même année, à Paris également, ont lieu les Jeux Olympiques ressuscités par Pierre de Courbertin en 1896 à Athènes.

On en est aux essais ô combien périlleux de la naissance de l'aviation notamment avec le brésilien parisianisé Alberto Santos-Dumont. L'automobile est en train de naître mais les hippomobiles sont encore de rigueur dans les villes.

Alors, bien sûr, les bourgeois commencent à vivre comme nous aujourd'hui car l'électricité, le gaz, l'eau et le téléphone arrivent dans les habitations cossues.

Chez les pauvres, on meurt encore beaucoup à la naissance : exemple dans le Nord où la mortalité infantile est de 40% chez les ouvrières d'usine.

L'éducation est encore bien précaire. Dans l'enseignement secondaire, à partir de la sixième, on dénombre pour l'année 1901-1902, 163 000 élèves pour la France entière, avec 7 000 bacheliers par an !!!

On commence chez les ouvriers à dire "gagner son bifteck" plutôt que "gagner son pain", signe de progrès tout de même, car il y a des progrès techniques et de conditions de vie à noter malgré tout.

Apparaissent les premiers HBM (Habitations Bon Marché) aux portes de Paris, en brique rouge pour donner des logements plus décents aux ouvriers.

Les W.C. à l'anglaise sont un luxe et à défaut de tout-à-l'égout pour nombre de logements, les immeubles gardent leurs fosses daisance que les vidangeurs viennent plus ou moins régulièrement pomper, de préférence la nuit (page 45).

On est à 15 heures par jour pour les hommes et 10 heures pour les femmes et les enfants de moins de 18 ans (loi du 30 mars 1900), sachant que l'on travaille souvent dès l'âge de 11 ans. La loi sur les accidents de travail a été votée en 1898, signe que les choses avancent et se mettent en place pour améliorer les conditions de vie de la classe ouvrière.

Les femmes ne sont pas l'égal des hommes, encore moins à cette époque où elles pourront voter à partir de 1907, mais seulement pour les élections des Prud'hommes. La femme passe de la tutelle de son père à celle de son époux à qui elle "doit obéissance" (article 213 du code civil).

Les grands magasins sont déjà arrivés, à commencer par le Bon Marché qui emploie alors plus de 2 000 employés car il faut bien servir la bourgeoisie.

On lit beaucoup les journaux : 46 quotidiens à Paris, une dizaine à Lyon, de toutes tendances politiques et le roman feuilleton est un incontournable pour faire vendre. Le "sang à la une" plait et fait vendre aussi. L'affaire Dreyfus bat encore son plein car elle ne sera terminée qu'en 1906. Le "j'accuse" de Zola est de 1898.

Les bains de mer sont encore bien peu prisés car on dit que les femmes qui se baignent sont "excentriques", sauf si elles disent que l'iode leur fait du bien et est prescrit par leur médecin.

Pour bien comprendre le côté face, la bourgeoisie, on a tout intérêt à lire entre autre "A la recherche du temps perdu" de Proust qui campe bien la vie mondaine de l'époque. Et pour la pauvreté, côté pile, les livres de Zola restent, pour une grande part, d'actualité même s'ils se passent sous le Second Empire.

 

Voilà quelques traits d'époque très bien présentés dans ce livre et qui donnent un véritable éclairage sur la vie en 1900 avant que ces "braves gens", pauvres pour la plupart aillent servir de chair à canon qui à Verdun, qui dans la Somme... pour le grand bien des hommes politiques qui n'ont pas su régler leurs conflits par la voie de la diplomatie...

 

Bonne lecture,

Denis

 

2e lecture dans le cadre de l'avant grande guerre, après le livre sur l'Alsace et la Lorraine entre 1870 et 1914

http://bonheurdelire.over-blog.com/article-quand-la-france-pleurait-l-alsace-lorraine-par-laurence-turetti-121138716.html

A présent, je suis fin prêt pour m'intéresser à Jaurès et l'archiduc, les deux grandes premières victimes de la future "grande guerre".

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 21:37

 

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(Copyright - Bonheur de lire) 

Quand la France pleurait l'Alsace-Lorraine par Laurence Turetti

(La Nuée Bleue -  210 pages - mars 2008)

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Dans le cadre du cycle de lectures autour de la "Grande Guerre" que je me suis proposé de faire entre maintenant et avril 2019, date de signature du traité de Versailles, j'ai vu ce livre qui est consacré à l'Alsace - Lorraine entre 1870 et 1914.

En effet, il faut toujours rechercher les causes d'une guerre  dans le passé. Et naturellement, on pense à l'annexe de l'Alsace - Lorraine (en fait l'Alsace-Moselle) par l'Allemagne (Prusse) par le traité de Francfort du 10 mai 1871.

La région devient Reichland : les deux départements d'Alsace (Bas-Rhin et Haut-Rhin) et la Moselle.

Chacun des pays va alors construire sa propre défense. Exemple : le fort de Mutzig construit par les allemands à partir de 1893. Côté français, Verdun se "fortifie" dans le cadre du "système défensif Séré de Rivières".

Le livre dont le sous-titre est " 1870-1914 - Les "Provinces perdues" aux sources du patriotisme républicain" s'attache plus à la vision que les alsaciens et les français ont eu de cette annexion et ne parle pas de l'aspect militaire.

Deux parties à ce livre : l'Alsace-Lorraine dans le regard des français et l'Alsace-Lorraine française  : gestes d'intégration.

 

Les français n'ont jamais imaginé que la scission était effective. Les alsaciens et les moselliens sont restés "français" dans l'âme tout au long de ces 43 ans d'annexion. Les écrivains-voyageurs de l'époque ont visité cette région, enjolivant au passage la vie qui y était menée. Ils en font une représentation idyllique.

Les maires n'hésitent pas à baptiser leurs rues principales : rue ou boulevard de Strasbourg (exemple au Havre où le maire Jules Siegfried était d'origine alsacienne), de Metz, d'Alsace-Lorraine...

La province n'est donc pas délaissée et dans les esprits, il est bien clair qu'un jour ou l'autre il faudra reprendre ce territoire aux allemands...

De leur côté, les alsaciens, à l'image de Hansi, le célèbre illustrateur, ne baissent pas les bras et s'affichent français. Une des manières de montrer qu'ils sont restés attachés à la France est d'aller en pélerinage à Lourdes et d'aller voir le Sacré-Coeur à Paris, flambant neuf. Les enseignants des deux côtés incluent l'Alsace - Moselle dans la carte de France également.

On sent donc bien que la mobilisation d'août 1914 a donné un souffle aux soldats avec l'idée de récupérer au plus vite l'Alsace - Lorraine.

Ce livre se lit très facilement, agrémenté d'illustrations pertinantes en appui au texte.

 

Dans la bibliographie, au titre des romans, l'auteur fait référence à quelques livres (plutôt rares d'ailleurs) dont on peut retenir :

Paul Acker : Les exilés (1901)

Maurice Barrès : Les amitiés françaises (1903)

René Bazin : Les Oberlé (1901)

Erckmann-chatrian : Alsaciens et vosgiens d'autrefois

 

Denis

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