Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 07:00

 

 

 

 


 L' histoire du hibou




Il était une fois, un hibou. Comme chacun sait, ou ne le sait pas, le hibou est un grand timide. Il croit qu'il est laid - si laid que personne ne peut le regarder s’il lui arrive de croiser quelqu’un. Si laid, qu'il cause des accidents de la route. Si laid, que les bébés se mettent à hurler s'ils aperçoivent son visage. Pour toutes ces raisons, le hibou ne sort jamais pendant le jour. Il attend la nuit noire, lorsque personne ne peut le voir.

Un soir, alors qu’il est dehors, le hibou rencontre une jeune fille. Ils se mettent à parler et elle l'invite dans sa maison. Il accepte et les voilà assis sous le porche pendant plusieurs heures à discuter. Le hibou dès le premier instant tombe amoureux de la fille et, ce qui tombe bien, elle aussi. Elle l'invite à revenir la nuit suivante et il revient. Ils s’asseyent sous le porche et parlent pendant des heures, presque jusqu'à l'aube. Par moment, ils se tiennent même la main. Nuit après nuit, le hibou revient rendre visite à sa belle et nuit après nuit il s’en va avant l'aube, si bien que la jeune femme ne peut vraiment pas savoir à quoi il ressemble.

La jeune femme a des amis qui ont entendu parler de ce prétendant de la nuit et veulent savoir à quoi il ressemble car ils aiment beaucoup leur amie et sont heureux qu'elle ait enfin rencontré quelqu'un dont elle est tombée amoureuse.
- Pourquoi le Hibou ne te rend-t-il jamais visite pendant le jour, lui demandent-ils ?
- Parce qu’il travaille, répond la fille et lorsqu’il rentre chez lui, il doit faire son ménage, préparer son dîner et il ne peut venir qu’à la nuit tombée.
- Nous voulons le rencontrer, ont dit ses amis. 
- Bien sûr, il ne travaille pas le dimanche. Pourquoi n’organisez-vous pas une grande fête en son honneur ? Vous pourriez ainsi tous le rencontrer. 

La jeune fille est certaine que c’est la meilleure des idées et lorsque son amoureux vient le soir, elle l’invite pour le dimanche suivant. Une fête sera donnée en son honneur par ses amis. Le Hibou est pourtant vraiment très timide mais il accepte. Vous savez que quand on aime, on est capable de vaincre toutes ses peurs.

Le jours passent. Le dimanche arrive. Le hibou est très nerveux. Il demande à son cousin le coq de l’accompagner car plus le temps passe, plus il a peur.

En chemin, le hibou commence à regarder le coq et à se comparer à lui.
Le coq est grand et bien habillé » pense-t-il en regardant le cheveux roux du coq, ses vêtements colorés et ses bottines jaunes. A côté de lui, je suis morne et terne, se dit-il encore en regardant ses vêtements bruns et en plus de tout, je suis laid. Plus ils se rapprochent de la maison, plus il a peur.

Mon cousin le coq, dit soudain le Hibou, j'ai oublié quelque chose chez moi. Entrez donc sans moi et vous direz que j'ai dû rentrer à la maison mais que je serai de retour d’ici un moment. Le coq entre et fait le message du hibou.

Un peu plus tard, dès qu’il fait très sombre, le hibou arrive à la fête. Il craint un peu que la fille et sa famille ne soient fâchés de son retard mais il se fait violence et avance d’un pas.

Le coq qui l’attend sous le porche, le voit et semble tout à fait effrayé.

- Hibou, demanda-t-il qu'est ce  donc cela sur votre tête ?
- C'est un chapeau, répond le hibou. Beaucoup de gens portent des chapeaux.
- C’est vrai, dit le coq, mais ils les portent sur la tête, et pas comme vous, tout autour de la tête.
- Je me suis blessé aux yeux, dit le hibou, Ils ne supportent pas la lumière. Mon chapeau les protège.
- Oui , réplique le coq et il protège aussi le reste de votre tête.
- Ne vous moquez pas de mon chapeau mais dites-moi plutôt ce qu’on a dit de mon retard. Sont-ils en colère ? 
- Ils le seront bien plus si vous n’entrez pas, dit le coq.
- J'entre, j'entre, dit le hibou, mais promettez-moi d’abord une chose.
- Quoi donc ?
- Je dois être de retour à la maison avant le lever du soleil. Essayer donc de me prévenir à temps, plutôt que de chanter au lever du soleil, comme vous faites d'habitude ?
Il ne faut surtout pas que la jeune femme voit son visage à la lumière du jour.
- Bien sûr, hibou, bien sûr dit le coq et il le fait entrer à l’intérieur.

A cet instant précis, la fête bat son plein. Les batteurs jouent et les chanteurs chantent et leur musique donne quelque chose dans le genre de « Dong-aada-dong-aada-dong-aada-dong, Dong-aada-dong-aada-aaii-ee-oooo! Dong-aada-dong-aada-dong-aada-dong, Dong-aada-dong-aada-aaii-ee-oooo! » « 

C’est justement la chanson préférée du hibou et quand il l'entend, il veut danser. Il va près de sa jeune amie, lui fait des excuses pour son retard et ils partent sur la piste de danse. Vous savez que le hibou est timide mais ce que vous en savez pas c’est qu’il est un excellent danseur. Plus il danse, moins il sait où il est et moins il sait où il est et plus il danse. « Dong-aada- dong-aada-dong-aada-dong, Dong-aada-dong-aada-dong-aaii-ee-ooo! Dong-aada-dong-aada-dong-aada-dong. Dong-aada-dong-aada-aaii-eee-oooo! » ça dure ainsi toute la nuit.

Le hibou s’amuse tellement qu'il oublie le temps et soudain, il entend son cousin le coq, qui complètement ivre, chante. Il a manqué l'aube et la lumière du jour entre dans la pièce. Le hibou affolé cherche une fenêtre. Il est certain que la fille en voyant son visage, comprendra combien il est laid. Il vole en tous sens. Son chapeau tombe sur le sol. Il vole de plus en plus vite et découvre une fenêtre ouverte par laquelle il s’enfuit. La jeune fille hurle « Hibou! revient!" Elle se précipite par la porte mais en vain. « Hibou! revient!" Le hibou ne l'a pas entendue. 

La jeune fille rentre chez elle. Elle aide à tout remettre en ordre. Personne ne sait que penser du comportement étrange du hibou. Le soir, elle s’assied sous le porche et attend. Elle espère qu'il reviendra, mais il ne revient pas. Chaque soir, elle attend et chaque soir, elle espère. Elle repense sans cesse à cette soirée, combien tout a été si agréable. Elle repense au hibou qui danse si bien et comment il l’a regardée. Elle revoit son visage presque rond, ses grands yeux et son petit nez. Elle se dit qu’il a un visage fort, un visage attirant. Elle a aimé ses yeux tout de suite mais elle ne sait pas que le hibou se croit laid.

Elle l'attend des nuits, des jours, des semaines, des mois mais il ne revient pas. Pendant une année entière elle l'attend et puis un jour, elle rencontre quelqu'un d'autre et l'épouse. Mais chaque matin, lorsque le chant du coq la réveille aux premiers rayons du soleil, elle ne peut s’empêcher de penser au Hibou et se demande encore aujourd’hui pourquoi il s’est enfuit en courant et où il est parti.


Repost0
15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 19:32







La Plume et l'Encrier

Que de choses dans un encrier ! disait quelqu'un qui se trouvait chez un poète ; que de belles choses ! Quelle sera la première œuvre qui en sortira ? Un admirable ouvrage sans doute.
- C'est tout simplement admirable, répondit aussitôt la voix de l'encrier ; tout ce qu'il y a de plus admirable ! répéta-t-il, en prenant à témoin la plume et les autres objets placés sur le bureau. Que de choses en moi ... on a quelque peine à le concevoir ... Il est vrai que je l'ignore moi-même et que je serais fort embarrassé de dire ce qui en sort quand une plume vient de s'y plonger. Une seule de mes gouttes suffit pour une demi-page : que ne contient pas celle-ci ! C'est de moi que naissent toutes les œuvres du maître de céans. C'est dans moi qu'il puise ces considérations subtiles, ces héros aimables, ces paysages séduisants qui emplissent tant de livres. Je n'y comprends rien, et la nature me laisse absolument indifférent ; mais qu'importe : tout cela n'en a pas moins sa source en moi, et cela me suffit.
- Vous avez parfaitement raison de vous en contenter, répliqua la plume ; cela prouve que vous ne réfléchissez pas, car si vous aviez le don de la réflexion, vous comprendriez que votre rôle est tout différent de ce que vous le croyez. Vous fournissez la matière qui me sert à rendre visible ce qui vit en moi ; vous ne contenez que de l'encre, l'ami, pas autre chose. C'est moi, la plume, qui écris ; il n'est pas un homme qui le conteste et, cependant, beaucoup parmi les hommes s'entendent à la poésie autant qu'un vieil encrier.
- Vous avez le verbe bien haut pour une personne d'aussi peu d'expérience ; car, vous ne datez guère que d'une semaine, ma mie, et vous voici déjà dans un lamentable état. Vous imagineriez-vous par hasard que mes œuvres sont les vôtres ? Oh ! la belle histoire ! Plumes d'oie ou plumes d'acier, vous êtes toutes les mêmes et ne valez pas mieux les unes que les autres. A vous le soin machinal de reporter sur le papier ce que je renferme quand l'homme vient me consulter. Que m'empruntera-t-il la prochaine fois ? Je serais curieux de le savoir.
- Pataud ! conclut la plume.
Cependant, le poète était dans une vive surexcitation d'esprit lorsqu'il rentra, le soir. Il avait assisté à un concert et subi le charme irrésistible d'un incomparable violoniste. Sous le jeu inspiré de l'artiste, l'instrument s'était animé et avait exhalé son âme en débordantes harmonies.
Le poète avait cru entendre chanter son propre cœur, chanter avec une voix divine comme en ont parfois des femmes. On eût dit que tout vibrait dans ce violon, les cordes, la chanterelle, la caisse, pour arriver à une plus grande intensité d'expression. Bien que le jeu du virtuose fût d'une science extrême, l'exécution semblait n'être qu'un enfantillage : à peine voyait-on parfois l'archet effleurer les cordes ; c'était à donner à chacun l'envie d'en faire autant avec un violon qui paraissait chanter de lui-même, un archet qui semblait aller tout seul. L'artiste était oublié, lui, qui pourtant les faisait ce qu'ils étaient, en faisant passer en eux une parcelle de son génie. Mais le poète se souvenait et s'asseyant à sa table, il prit sa plume pour écrire ce que lui dictaient ses impressions.
« Combien ce serait folie à l'archet et au violon de s'enorgueillir de leurs mérites ! Et cependant nous l'avons cette folie, nous autres poètes, artistes, inventeurs ou savants. Nous chantons nos louanges, nous sommes fiers de nos œuvres, et nous oublions que nous sommes des instruments dont joue le Créateur. Honneur à lui seul ! Nous n'avons rien dont nous puissions nous enorgueillir.»
Sur ce thème, le poète développa une parabole, qu'il intitula l'Ouvrier et les instruments.
- A bon entendeur, salut ! mon cher, dit la plume à l'encrier, après le départ du maître. Vous avez bien compris ce que j'ai écrit et ce qu'il vient de relire tout haut ?
- Naturellement, puisque c'est chez moi que vous êtes venue le chercher, la belle. Je vous conseille de faire votre profit de la leçon, car vous ne péchez pas, d'ordinaire, par excès de modestie. Mais vous n'avez pas même senti qu'on s'amusait à vos dépens !
- Vieille cruche ! répliqua la plume.
- Vieux balai ! riposta l'encrier.
Et chacun d'eux resta convaincu d'avoir réduit son adversaire au silence par des raisons écrasantes. Avec une conviction semblable, on a la conscience tranquille et l'on dort bien ; aussi s'endormirent-ils tous deux du sommeil du juste.
Cependant, le poète ne dormait pas, lui ; les idées se pressaient dans sa tête comme les notes sous l'archet du violoniste, tantôt fraîches et cristallines comme les perles égrenées par les cascades, tantôt impétueuses comme les rafales de la tempête dans la forêt. Il vibrait tout entier sous la main du Maître Suprême. Honneur à lui seul !


                  Conte d'Andersen


 

Repost0
14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 20:39




 PHOTO
http://www.arroukatchee.fr


L'amitié des deux chacals

Conte d'Egypte

Il y a fort longtemps, vivaient dans l'immensité du désert deux chacals qui s'aimaient d'une amitié sincère, un peu comme s'aiment deux frères. Ils s'entraidaient et chacun pouvait compter sur l'autre en cas de coup dur. Ils partageaient les mêmes peines mais aussi les mêmes joies. Ils ne frayaient avec aucun autre animal préférant passer tout leur temps ensemble. Ensemble, ils recherchaient leur nourriture. Ensemble ils buvaient et mangeaient. Ensemble ils se rafraîchissaient à l'ombre des mêmes rares arbres du désert lorsque le soleil les tourmentaient de ses ardents trop ardents.

Or un jour, alors qu'ils étaient à la recherche de nourriture, l'un à côté de l'autre, sur un terrain aride et brûlé de soleil, ils virent surgissant devant eux un lion affamé qui était lui aussi à la recherche d'une proie. Plutôt que de fuir, les deux amis s'immobilisèrent et firent face à l'ennemi avec opiniâtreté. Le lion fort surpris ne put s'empêcher de leur demander :
- Eh bien, pourriez-vous m'expliquer par quel prodige vous ne vous êtes pas enfui à mon approche ? Etes-vous inconscients ? Ne voyez-vous pas que je suis affamé et à la recherche de nourriture ?
L'un des deux chacals prit la parole et dit :
- Pour sûr, ô seigneur ! Nous sommes fort conscients de cet état de fait. Nous avons vu que tu étais en chasse et que tu allais te jeter sur nous et nous dévorer. Nous avons cependant décidé de ne pas fuir. Quoi que nous fassions, aussi vite que nous puissions courir, tu nous rattraperais. Nous avons donc décidé de ne pas fuir. Nous préférons que tu ne sois pas épuisé au moment où tu décideras de nous dévorer. Nous préférons mourir rapidement et non souffrir par une mort lente.

Le lion qui avait écouté avec attention les paroles du chacal lui dit :
- Le roi des animaux n'est pas en colère d'entendre des paroles sincères. Il sait reconnaître le courage et l'audace de ses sujets. Il se doit d'être grand et généreux envers ses sujets sans défense.

Sur ce, le roi du désert disparut et depuis ce jour, il accorda la paix aux deux chacals.



Repost0
3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 19:29






La cithare du bonheur



C'était un homme droit et sincère qui cherchait le chemin du bonheur, qui cherchait le chemin de la vérité. Il alla un jour trouver un vénérable maître soufi dont on lui avait assuré qu'il pourrait les lui indiquer. Celui-ci l'accueillit aimablement devant sa tente et, après lui avoir servi le thé à la menthe, lui révéla l'itinéraire tant attendu : « C'est loin d'ici, certes, mais tu ne peux te tromper : au coeur du village que je t'ai décrit, tu trouveras trois échoppes. Là te sera révélé le secret du bonheur et de la vérité. »
La route fut longue. Le chercheur d'absolu passa maints cols et rivières. Jusqu'à ce qu'il arrive en vue du village dont son coeur lui dit très fort : « C'est là le lieu ! Oui, c'est là ! » Hélas ! Dans chacune des trois boutiques il ne trouva comme marchandises que rouleaux de fils de fer dans l'une, morceaux de bois dans l'autre et pièces éparses de métal dans le troisième. Las et découragé, il sortit du village pour trouver quelque repos dans une clairière voisine.

La nuit venait de tomber. La lune remplissait la clairière d'une douce lumière. Lorsque tout à coup se fit entendre une mélodie sublime. De quel instrument provenait-elle donc ? Il se dressa tout net et avança en direction du musicien. Lorsque, stupéfaction, il découvrit que l'instrument céleste était une cithare faite de morceaux de bois, des pièces de métal et des fils d'acier qu'il venait de voir en vente dans les trois échoppes du village.

A cet instant, il connut l'éveil. Et il comprit que le bonheur est fait de la synthèse de tout ce qui nous est déjà donné, mais que notre tâche d'hommes intérieurs est d'assembler tous ces éléments dans l'harmonie.


Conte soufi

Repost0
2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 18:12


Histoire d'un petit écureuil très curieux qui posait toujours des
questions à sa maman.






Derrière toute question , il y a une interrogation, plus ardente , plus centrale , plus essentielle que les réponses recherchées.



Il était une fois un petit écureuil très curieux , mais vraiment très curieux. il voulait tout savoir.Tout, car tout l'intéressait ou peut-être l'inquiétait.
Alors il ne cessait de poser plein de questions , il interrogeait sans cesse tous les écureuils qui l'entouraient.
Pourquoi les enfants écureuils n'ont-ils pas le droit de s'asseoir à l'avant de la voiture , à côté de leur maman ou de leur papa ?
Pourquoi doit-on vider sa bouche quand on veut boire ?
Pourquoi faut-il aller dormir le soir ?
Pourquoi ne peut-on pas traverser la rue sans regarder ?
Pourquoi il faut pas dire que le voisin il sent mauvais quand il a bu ?
Pourquoi maman , tu as quitté papa ?
Je ne vous donne là qu'un tout petit échantillonnage des milliers de questions que posait le petit écureuil.
Sa maman écureuil tentait chaque fois courageusement de lui répondre. Elle essayait d'expliquer pourquoi les petits écureuils ne peuvent s'asseoir à l'avant , parce que c'est dangereux , que c'est interdit par la loi.
Que les petits écureuils ont besoin de sommeil pour pouvoir mieux grimper aux arbres le lendemain et surtout être de bonne humeur pour la journée.
Que si un petit écureuil traverse la rue sans regarder , il risque d'être renversé par une auto ou une moto ou même un vélo.
En fait , la vraie , la seule question qui intéressait réllement le petit écureuil était une question sur lui.
Est-ce ma faute , est-ce à cause de moi que mon papa et ma maman se sont séparés ?
Sa maman avait tenté de lui expliquer :
Je vis seule, séparée , parce que ton père et moi on ne s'entendait plus.
Lui , le petit écureuil , croyait que si ses parents ne s'entendaient pas , c'est parce que lui criait trop fort , faisait trop de bruit en jouant. Bien sûr que ce n'était pas pour cela que son papa et sa maman avaient décidé de vivre dans deux villes différentes.
Mais, voyez-vous , le petit écureuil espérait toujours que son papa et sa maman pourraient revenir vivre ensemble.
Il aurait aimé faire quelque chose , ne pas crier, ne pas faire trop de bruit , être sage , afin qu'ils se réconcilient et surtout qu'ils puissent " s'entendre ".
Alors, il faisait le moins de bruit possible !
Car il aimait autant son papa que sa maman.
Un jour, il avait demandé à sa mère :
Pourquoi tu ne fais pas un petit frère ou une petite soeur écureuil ?
La maman avait dit en soupirant fort :
Je n'ai pas encore trouvé un papa avec qui le faire.
Et le petit écureuil avait tout de suite répondu : Pas de problèmes , tu n'as qu'à prendre mon papa , je vais lui demander de t'en faire un !
Il posait plein de questions ce petit écureuil ,mais dans sa tête , dans son coeur , il avait aussi , comme vous le devinez , une foultitude de réponses qui se bousculaient , se contredisaient et le rendaient malheureux.
Ce petit écureuil avait autant d'interrogations que d'explications bien à lui , qu'il était tout prêt à proposer.
Certains jours , ses interrogations débordaient.
Ces jours-là , malgré la décision qu'il avait prise à l'intérieur de lui de ne pas faire de bruit , il courait partout, grimpait sur tout , cassait tout plein de branches. Il avait une énergie terrible pour échapper à toutes les questions qui tournaient et s'agitaient dans sa tête.

Je ne sais pas si un jour il trouvera des réponses. Peut-être que plus tard il deviendra un savant ou un grand inventeur , pour apporter des solutions à tous les enfants écureuils qui voudraient que leurs parents continuent de s'aimer , sans se séparer. Car chez les écureuils, contrairement aux humains , les savants et les inventeurs sont ceux qui justement apportent des réponses aux questions et aux problèmes de la vie les plus difficiles.
En attendant, le petit écureuil continue à poser des questions et veut comprendre le monde qui l'entoure.
Le soir dans son petit lit , il se demande : " Pourquoi les petits écureuils ne sont-ils pas de suite grands quand ils sortent du ventre de leur maman ? Comme ça ils pourraient empêcher leurs parents de se séparer ! "


Jacques Salomé

Repost0
30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 08:00




 Kinna LE LIEVRE ET LA TORTUE




 Le lièvre et la tortue


Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.
Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point
Sitôt que moi ce but. - Sitôt ? Etes-vous sage ?
Repartit l'animal léger.
Ma commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d'ellébore.
- Sage ou non, je parie encore.
Ainsi fut fait : et de tous deux
On mit près du but les enjeux :
Savoir quoi, ce n'est pas l'affaire,
Ni de quel juge l'on convint.
Notre Lièvre n'avait que quatre pas à faire ;
J'entends de ceux qu'il fait lorsque prêt d'être atteint
Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux Calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir, et pour écouter
D'où vient le vent, il laisse la Tortue
Aller son train de Sénateur.
Elle part, elle s'évertue ;
Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire,
Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu'il y va de son honneur
De partir tard. Il broute, il se repose,
Il s'amuse à toute autre chose
Qu'à la gageure. A la fin quand il vit
Que l'autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu'il fit
Furent vains : la Tortue arriva la première.
Eh bien ! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi, l'emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ?







 Kinna Le loup et la chevre

 

 

 

Le loup , la chèvre et le chevreau

La Bique allant remplir sa traînante mamelle
Et paître l'herbe nouvelle,
Ferma sa porte au loquet,
Non sans dire à son Biquet :
Gardez-vous sur votre vie
D'ouvrir que l'on ne vous die,
Pour enseigne et mot du guet :
Foin du Loup et de sa race !
Comme elle disait ces mots,
Le Loup de fortune passe ;
Il les recueille à propos,
Et les garde en sa mémoire.
La Bique, comme on peut croire,
N'avait pas vu le glouton.
Dès qu'il la voit partie, il contrefait son ton,
Et d'une voix papelarde
Il demande qu'on ouvre, en disant Foin du Loup,
Et croyant entrer tout d'un coup.
Le Biquet soupçonneux par la fente regarde.
Montrez-moi patte blanche, ou je n'ouvrirai point,
S'écria-t-il d'abord. (Patte blanche est un point
Chez les Loups, comme on sait, rarement en usage.)
Celui-ci, fort surpris d'entendre ce langage,
Comme il était venu s'en retourna chez soi.
Où serait le Biquet s'il eût ajouté foi
Au mot du guet, que de fortune
Notre Loup avait entendu ?
Deux sûretés valent mieux qu'une,
Et le trop en cela ne fut jamais perdu.






 Kinna LE LION ET LE RAT




Le lion et le rat


Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde :
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
De cette vérité deux Fables feront foi,
Tant la chose en preuves abonde.
Entre les pattes d'un Lion
Un Rat sortit de terre assez à l'étourdie.
Le Roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu'il était, et lui donna la vie.
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu'un aurait-il jamais cru
Qu'un Lion d'un Rat eût affaire ?
Cependant il advint qu'au sortir des forêts
Ce Lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage.
Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage.








 Kinna LA GRENOUILLE ET LE BOEUF



La grenouille et le boeuf


La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf




 Une Grenouille vit un Boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : "Regardez bien, ma soeur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ?
- Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout. - M'y voilà ?
- Vous n'en approchez point.". La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.







 Kinna Le chat et la souris



Le vieux chat et la jeune souris


Une jeune Souris de peu d'expérience
Crut fléchir un vieux Chat, implorant sa clémence,
Et payant de raisons le Raminagrobis :
Laissez-moi vivre : une Souris
De ma taille et de ma dépense
Est-elle à charge en ce logis ?
Affamerais-je, à votre avis,
L'Hôte et l'Hôtesse, et tout leur monde ?
D'un grain de blé je me nourris ;
Une noix me rend toute ronde.
A présent je suis maigre ; attendez quelque temps.
Réservez ce repas à messieurs vos Enfants.
Ainsi parlait au Chat la Souris attrapée.
L'autre lui dit : Tu t'es trompée.
Est-ce à moi que l'on tient de semblables discours ?
Tu gagnerais autant de parler à des sourds.
Chat, et vieux, pardonner ? cela n'arrive guères.
Selon ces lois, descends là-bas,
Meurs, et va-t'en, tout de ce pas,
Haranguer les soeurs Filandières.
Mes Enfants trouveront assez d'autres repas.
Il tint parole ; Et pour ma Fable
Voici le sens moral qui peut y convenir :
La jeunesse se flatte, et croit tout obtenir ;
La vieillesse est impitoyable.






 Kinna LA CIGALE ET LA FOURMI



La cigale et la fourmi

La Cigale, ayant chanté
Tout l'été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'Oût, foi d'animal,
Intérêt et principal. "
La Fourmi n'est pas prêteuse :
C'est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien! dansez maintenant.






 Kinna Le corbeau et le renard




Le corbeau et le renard



Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
"Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois."
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. "
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.





Repost0
6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 17:45

                          
                            De HANS CHRISTIAN ANDERSEN

 


                      




                                          Hans Christian Andersen sculpture,
                                    Central Park, Manhattan




J'ai lu cette petite histoire et c'est de tout coeur que je vous la fait partager !


Je vais raconter une histoire sur le bonheur. Nous connaissons tous le bonheur : certains le voient des années durant , d'autres , seulement certaines années , un jour par- ci , un jour par - là , il y a même des gens qui ne le voient qu'une seule fois de leur vie , mais pour le voir , nous le voyons tous.
Et je n'ai pas besoin de raconter , car tout le monde le sait , que Notre- Seigneur envoie un petit enfant et le dépose dans le sein d'une mère - que ce soit dans le riche château et dans la maison confortable ou aussi en plein champ où souffle le vent glacé.Toutefois , tout le monde ne sait probablement pas , et c'est certain tout de même , que Notre- Seigneur , en apportant l'enfant , lui apporte aussi un porte- bonheur , mais celui-ci n'est pas posé ouvertement à côté ; il est posé quelque part dans le monde , là où l'on ne penserait surtout pas le trouver , et , cependant , il existe toujours. c'est cela qui me réjouissait. Il peut être déposé dans une pomme. Ce fut le cas pour un savant qui s'appelait Newton : la pomme tomba et il trouva son bonheur.
Si tu ne connais pas cette histoire , demande à ceux qui la connaissent de la raconter.
J'en ai une autre à te dire , et c'est une histoire de poire.
Il y avait un pauvre homme qui était né dans la misère , qui avait grandi dans la misère et dans la misère s'était marié. Pour le reste , il était tourneur de son métier , il tournait en particulier des manches de parapluie et des anneaux de parapluie. Mais il n'était guère à l'aise.
" Je ne trouverai jamais le bonheur ! " disait-il.
C'est vraiment une histoire vécue , on peut mentionner le pays et l'endroit où cet homme habitait , mais ça n'a pas d'importance.
Les sorbes rouges et âpres faisaient la plus somptueuse parure autour de sa maison et de son jardin. Il y avait aussi dans celui- ci un poirier mais il ne donnait pas une seule poire , et pourtant , le bonheur était dans ce poirier , dans ces poires invisibles.
Une nuit , le vent fit une tempête épouvantable. On disait dans les journaux que la grosse diligence avait ét soulevée de la route et projetée comme un chiffon. Certainement qu'alors une grosse branche de poirier pouvait bien être cassée.
Cete branche fut déposée dans l'atelier , et l'homme en fit , par plaisanterie , avec son tour , une grosse poire , puis une grosse encore , sur ce , une plus petite et , ensuite , quelques toutes petites.
" Il fallait tout de même bien qu'un jour cet arbre donne des poires " , dit l'homme , et il les donna aux enfants pour jouer.
Dans un pays humide , un parapluie fait évidemment partie des nécessités de la  vie.
La maison tout entière n'en avait qu'un pour l'usage général. Si le vent soufflait trop fort , le parapluie se retounait , il cassa même deux ou trois fois , mais l'homme le remettait aussitôt en état.
Le plus agaçant cependant , c'était que le bouton qui devait tout tenir quand on le refermait sautait trop souvent , ou bien l'anneau qui l'entourait se brisait.
Un jour , le bouton sauta. L'homme le chercha par terre et s'empara d'une des plus petites poires qu'il avait faites au tour , une de celles qu'on avait données aux enfants pour jouer.
" Pas moyen de trouver le bouton , dit l'homme , mais cette petite chose doit bien pouvoir rendre le même service ! " Et il perça un trou dedans , passa un cordon dedans et la petite poire s'adapta , comme il faut à l'anneau brisé. En vérité , c'était la meilleure fermeture que le parapluie ait jamais eue.
Quand l'année suivante , l'homme dut envoyer des manches de parapluie à la capitale où il faisait ce genre de livraisons , il envoya aussi quelques-unes des petites poires de bois faites au tour , encerclées d'un demi-anneau , demandant qu'on les essaie , et elles arrivèrent de la sorte en Amérique. On remarqua bientôt que la petite poire tenait bien mieux que tout autre bouton , et l'on demanda au marchand que tous les parapluies qui suivraient ferment au moyen d'une petite poire.
Eh bien , il y eut fort à faire! Des poires par milliers! Des poires de bois à tous les parapluies!
L'homme dut s'y employer. Il tournait , tournait.
Le poirier tout entier passa dans ces petites poires de bois! Cela donna des skillings , cela donna des rixdales!
" Mon bonheur était dans ce poirier !" dit l'homme.
Il eut alors un grand atelier avec compagnons et apprentis. Il était toujours de bonne humeur et disait : " Le bonheur peut se trouver dans un bout de bois!"

C'est aussi ce que je dis , moi qui raconte cette histoire.
On a ce dicton : Mets-toi une baguette blanche dans la bouche et tu seras invisible! Mais il faut alors que ce soit le bon bout de bois , celui qui nous est donné comme porte-bonheur par Notre - Seigneur.
Moi , je l'ai eu et je peux aussi , comme cet homme , avoir de l'or sonnant , de l'or scintillant , le meilleur , celui qui scintille dans les yeux d'enfant , celui qui sonne dans une bouche d'enfant , et dans celle de son père et de sa mère également.
Ils lisent ces histoires , et je suis au milieu de la pièce , auprès d'eux , mais invisible , car j'ai la baguette blanche dans la bouche.
Si je sens alors qu'ils sont contents de ce que je raconte , eh bien , alors je dis , moi aussi : " Le bonheur peut se trouver dans un bout de bois!"



                          
Cette histoire est extraite de ce livre :








                                                         Portrait de Hans Christian ANDERSEN






                                                 1805-1875 Nationalité danoise.
                                                    (lieu de naissance : Odense)




BIOGRAPHIE



Hans Christian Andersen est né le 2 avril 1805 à Odense. Après la mort de son père en 1816 et le remariage de sa mère, il partit seul et
presque sans ressources à Copenhague (1819) pour y chercher fortune. Mais ce fut, au départ tout du moins, un échec. En 1822, grâce à
l'intérêt d'un directeur de théâtre, Jonas Collin, il obtint une bourse qui lui permit de suivre des études régulières. Son baccalauréat passé, il
commença à publier, à partir de 1830. La jeune réputation d'Andersen lui procura, grâce à l'appui de Jonas Collin, une bourse de voyage.
En 1833 et 1834, il visite la France et l'Italie. De retour dans son pays, Andersen publie, en 1835, le premier fascicule des
Contes racontés
aux enfants
. Ce recueil connaît un grand succès, il sera suivi d'un autre presque chaque année
(comme par exemple La Petite Sirène,
La Petite Fille aux allumettes, Poucette, Le Vilain Petit Canard, La reine des Neiges). Devenu célèbre, Andersen partagera son
temps entre les voyages et les séjours auprès d'amis influents. Il écrit ainsi des récits de voyages (Reflet d'un voyage dans la Harz,
1831), des pièces de théâtre (Amour sur la tour de Saint-Nicolas), des poèmes (Fantaisies et esquisses, 1831), des romans (L'Improvisateur,
1835 ; Les Deux baronnes, 1848).
L'œuvre essentielle d'Andersen, qui lui valut la célébrité mondiale, est constituée par ses contes. S'inspirant des récits populaires,
empruntant ses personnages et ses intrigues à la légende, à l'histoire ou à la vie quotidienne, il écrivit 164 contes, dont les quatre premiers furent
publiés en 1835. Destinés aux enfants, ils s'adressent aussi aux adultes par leur imagination poétique et surtout par le sens moral ou philosophique qui se cache derrière l'anecdote.





                                                     FABIENNE
Repost0
28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 10:37

 





Iriku avait beaucoup aimé son père. Aujourd'hui , le vieillard avait rejoint les ancêtres. Souvent , quand il tressait un panier de bambou , Iriku songeait : " si mon épouse n'avait pas eu tant d'adversion pour mon honorable père , il aurait été plus heureux dans ses vieux jours. Je n'aurais pas hésité à lui manifester mon affection, mon respect filial. Nous aurions eu de longues et douces conversations. il m'aurait entretenu des gens et des choses du passé..." Et une mélancolie le prenait.

Un jour de marché , Iriku le vannier écoula son lot de paniers plus rapidement qu'à l'ordinaire. Il se promenait un peu désoeuvré parmi les éventaires , quand il remarqua un marchand chinois , qui offrait souvent des objets étranges :
" Approche Iriku , dit le marchand , j'ai là quelque chose d'extraordinaire."
Et avec un air de mystère , il retira d'un coffre un objet rond et plat recouvert d'une étoffe de soie. Il le plaça entre les mains d'Iriku , et avec précaution , il fit glisser l'étoffe. Iriku se pencha sur une surface polie et brillante. Il reconnut dedans l'image de son père , tel qu'il avait été au temps de sa jeunesse. Bouleversé , il s'écria :" cet objet est magique !
_Oui , dit le marchand , on appelle cela un miroir , et sa valeur est grande ! "
Mais la fièvre avait saisi Iriku :
" Je t'offre tout ce que je possède , dit-il. Je veux ce " miroir magique " et emporter chez moi l'image de mon père bien-aimé. "
Après un long palabre , Iriku abandonna au marchand toute sa recette de la matinée.

Dès qu'il fut rentré chez lui, Iriku alla dans son grenier et cacha l'image de son père dans un coffre. Les jours suivants , il s'éclipsait , montait au grenier , retirait le " miroir magique " du coffre ; il demeurait de longs instants à contempler l'image vénérée et il était heureux.
Sa femme ne tarda pas à remarquer son étrange conduite. un après-midi , alors qu'il abandonnait un panier à moitié tressé , elle le suivit. Elle le vit monter au grenier , fouiller dans un coffre , en extraire un objet inconnu , le regarder longuement en affichant un air mystérieux de plaisir.
Il recouvrit ensuite l'objet d'une étoffe et le rangea avec des gestes amoureux. Intriguée , elle attendit son départ , ouvrit à son tour le coffre , découvrit l'objet , fit glisser l'étoffe de soie , regarda et vit : " Une femme ! "
Furieuse , elle descendit et apostropha son mari: " Ainsi tu me trompes en allant contempler une femme dix fois par jour dans le grenier !
_ Mais non ! fit Iriku , je n'ai pas voulu t'en parler parce que tu n'appréciais guère mon père , mais c'est son image que je vais voir , et cela apaise mon coeur.
_ Misérable menteur ! vociféra la femme. J'ai vu ce que j'ai vu ! Une femme que tu as cachée au grenier !
_ Je t'assure ..."
La dispute s'envenimait , devenait infernale , lorsqu'une nonne mendiante se présenta à la porte.
Le couple réclama son arbitrage. La nonne monta au grenier , revint :
" C'est une nonne ! " dit-elle .


En conclusion :

" Tout le malheur des hommes vient de ce qu'ils ne vivent pas dans le monde , mais dans leur monde."
                                                                    - Héraclite -


J'espère que vous avez aimé ce petit conte , si oui, je vous en ferai découvrir d'autres ...





                                            FABIENNE
Repost0
23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 11:06






Les bébés sorcières naissent en hiver.
Leurs mamans les trouvent mignonnes,
mais en grandissant , il en va tout autrement !
Elles deviennent laides , c'est effrayant :
chapeau pointu , souliers crochus ,
robe percée couverte de gelée poivrée.
Elles lisent des histoires à frémir
et font des cauchemars à mourir de rire.
Mais le plus terrible ,
c'est qu'elles sont méchantes !
Toutes contentes ,
d'un coup de baguette ,
elles transforment leur meilleure copine
en sardine !
Et de temps en temps ,
elles mangent même les p'tits enfants !




 Petit clin d'oeil à Aimela la sorcière !!!





FABIENNE

Repost0
30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 08:00
Eh bien , justement , je vais arrêter de tourner autour du pot et vous parler de peau.
Petit Bobo , ce jour là justement , était devenu un Eczéma. Mais j'ai oublié de vous dire que Petit Bobo et Gros Bobo étaient de véritables artistes , ils étaient capables de changer de visage pluseurs fois par jour , de se déguiser en milliers de personnages.
Petit Bobo , par exemple , pouvait d'Ezcéma se transformer en Urticaire , en Psoriasis , en Herpès , en Acné , en Verrue . Ah, les verrues , il aimait beaucoup ce déguisement multiple !

Petit Bobo adorait les surprises , il surgissait sans prévenir , quand une porte coinçait un doigt , quand un couteau dérapait , quand une marche d'escalier glissait . Petit Bobo , on peut le dire , ne ratait rien , il était vif comme l'éclair , il s'arrangeait pour être là quand on s'y attendait le moins !
Gros Bobo , lui, était un gros pataud plus lent , il prenait son temps , mais attention quand il se réveillait , ça faisait mal. Gros Bobo , lui, surgissait à l'intérieur.
Et quand il avait trouvé sa place , il s'installait et en général , il n'aimait pas partir.
J'entends , chez vous qui me lisez , des manifestations d'impatience , chez certains , même de la colère :
- Il va nous le dire, oui, ce foutu métier de Petit Bobo et de Gros Bobo , il va arriver à mettre des mots dessus !
Eh bien justement , il s'agit de Maux. Le métier de Petit Bobo et de Gros Bobo consistait à essayer d'avertir , de prévenir , ou de témoigner même , que quelque chose n'allait pas à l'intérieur d'un petit garçon, d'une petite fille , ou d'un adulte.
Oui, Petit Bobo et gros bobo étaient une sorte de langage , souvent mal entendu , car dès qu'ils apparaissaient , on essayait de les réduire au silence , de les baîllonner , de les supprimer même. Eux qui tentaient de faire avec passion leur métier : avertir que quelque chose d'important n'était pas respecté dans la vie d'un enfant.
Prenons un exemple parmi des milliers : si un enfant se sentait pas entendu , incompris, ou menacé par les absences de sa Maman ou de son Papa , Petit Bobo ou Gros Bobo , au choix, surgissait sous forme d'otites, de maux de gorge , ou de conjonctivite.
Quand un homme ou une femme se sentait en conflit à l'intérieur de lui-même en ayant dit " Oui "alors qu'il ou elle avait envie de dire " Non ", quand il s'était senti obligé de faire quelque chose qui ne correspondait pas à ses croyances ou à ses valeurs , alors Petit Bobo , Gros Bobo arrivaient plein d'entrain sous formes d'angines, d'ulcères ou de mal de dos.
A leur façon, vous l'avez compris , ils tentaient de dire ce qui n'avait pu être dit avec des mots.
Petit Bobo et gros Bobo se dévouaient sans relâche pour alerter , pour mettre en garde enfants et adultes qui restaient prisonniers d'une situation inachevée , qui avaient mal vécu , qui n'acceptaient pas une séparation , la perte d'un être cher.
La spécialité de Gros Bobo , c'était les problèmes de fidélité et de loyauté , quand un enfant ou un ex-enfant ayant " entendu " les blessures cachées de ses parents tentait à sa façon d'en parler , de les révéler ou de les mettre à jour , sous forme de maladie , d'accident, ou de violence reçue.
Petit Bobo , lui, était vraiment super pour tout ce qui touchait aux peurs et aux angoisses.
Bon, je ne vais pas vous dresser toute la liste des compétences de ces deux lascars. Mais seulement insister pour vous dire qu'ils méritent notre reconnaissance.
Car inlassablement ils tentent d'attirer notre attention sur notre façon de vivre pas toujours en accord avec nos besoins réels. Il tentent de nous alerter sur l'incohérence de certaines de nos relations , sur les blessures de l'âme et du coeur. Ils veulent nous rappeler qu'il y a un lien très important entre l'état de santé et le respect de soi.
Et surtout Petits Bobos et Grands Bobos sont là pour nous permettre d'être plus cohérents dans nos choix de vie.
Petits Bobos et Grands Bobos sont de véritables langages pour nous dire quand les mots nous manquent ou n'osent se dire.
                                      
 


J'espère que vous avez aimé ! Merci de laisser vos commentaires .



Fabienne
Repost0

Présentation

  • : BONHEUR DE LIRE
  •                       BONHEUR DE LIRE
  • : BLOC D'UN COUPLE PASSIONNE DE LIVRES, ART , HISTOIRE, LITTERATURE ET COLLECTIONNEURS DE MARQUE-PAGES.
  • Contact

             

  

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Recherche

Texte Libre

*** Phrases diverses ***