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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 07:00

En flanant samedi à la Bourse aux livres ( Grande Bouquinerie ) à Tournai , en Belgique, je suis tombée par hasard sur un livre de Salvatore Adamo  : " Les mots de l'âme ".
Ce livre renferme de très beaux textes écrits par le chanteur , et il y a aussi de très belles paroles de Jacques Brel pour cet artiste :

" Tendre Salvatore, tu es jardinier et les fleurs que tu provoques gardent la fraîcheur et la sauvagerie des bouquets de bord de route. On en prend une, on se la plante entre les dents et brusquement elle devient chanson , chanson à mâchonner à l'heure indécise où les hommes entrent par milliers dans les villes cruelles.
Notre temps bave son bruit , et tu es là , revenant de l'enfance à lui opposer des fleurs et à nous les offrir. Voilà que ce lundi matin un homme se réveille les yeux encore pleins de son dimanche et te chante sourdement dans la maison qui baille; et le prochain est déjà moins loin. Et voilà aussi le nombre inconnu de toi et de nous, énorme et merveilleux , le nombre d'hommes et de femmes qui s'aimèrent , qui s'aiment, qui s'aimeront , avec , par , ou pour une de tes chansons.
Et là encore, tu es le jardinier de ces couples lumineux tant que brûlera leur enviable folie...
Et même après, si par malheur ou par trop de quotidien , il leur arrivait de perdre leurs ailes.
Tendre jardinier de l'Amour!
Je sais de plus grandes ambitions , je n'en sais pas de plus belles.
                                                              - Jacques Brel -


J'ai décidé de vous faire partager : 
                       
 
" La ronde des mots " 

                                          Des mots qui caressent ,                                      
Des mots " tendresses ",
Des mots d'enfants ...

Des mots qui enlacent,
Des mots qui rêvassent,
      Des mots de cerfs - volants ...

Des mots qui passent,
Des mots qui lassent ,
Qui prononcent les ans ...

Des mots qui taquinent,
Des mots qui butinent,
Qui aiment encore pourtant...

Des mots qui étonnent,
Des mots qui détonnent,
Irrémédiablement...

Des mots qui s'insinuent,
Des mots qui vous tuent,
D'un poison trop lent...

Des mots qui soumettent,
Des mots qui vous mettent
A feu et à sang ...

Des mots qui font mouches,
Des mots qui vous couchent
Au lit du tourment ...

Des mots qui maudissent,
Des mots qui meurtrissent,
Obstinément ...

Des mots qui écorchent,
Des mots qui décochent
Des flèches à tous vents...

Des mots qui vous mordent,
Des mots qui sabordent,
Qui déchirent le temps...

Des mots qui vous sanglent,
Des mots qui s'étranglent,
Qui meurent en sanglotant...

Des mots qui regrettent,
Des mots qui promettent
De nouveaux serments...

Des mots qui protègent,
Des mots en arpèges,
Qui ramènent un printemps...

Des mots qui ronronnent,
Des mots qui pardonnent,
Comme au commencement...

Des mots qui caressent,
Des mots " tendresses "...






 J'en profite par la même occasion pour vous rappeler qu'il partage de superbes duos sur son dernier album CD , un album à écouter absolument et que je recommande !



Voici un extrait en duo avec Olivia Ruiz " Ce Georges "






                                                               
                           Bonne Journée à tous et toutes !

Fabienne             
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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 22:12




 



LE CARNAVAL  DE BINCHE ( BELGIQUE )







VOICI LES COSTUMES TRADITIONNELS AU CARNAVAL DE BINCHE 




Quelques photos des Gilles de Binche





























  
















 



Depuis le XIV° siècle, Binche célèbre avec la même ferveur le renouveau du printemps. Cette ville de Belgique est connue pour ses Gilles qui défilent durant trois jours. Voici leur costume.






 



LES CHAPEAUX



Autrefois , les chapeaux des Gilles étaient fabriqués en plumes de coq ou de marabout.
Aujourd ' hui , ils sont en plumes d'autruche et pèsent 3 Kg.
Au début , les chapeaux étaient plus verticaux puis au cours des années , ils se sont arrondis.
Les plumes sont tenues par la buse : un simple chapeau , attaché par une jugulaire en cuir tenue au menton.
Un morceau de biais ( tissu) sort de la buse en allant jusqu'à la taille.


 LE MASQUE DES GILLES

Les Gilles sont les prêtres du carnaval de Binche. Ils ne doivent pas être reconnus. Ils portent un masque de toile recouverte de cire, une paire de lunettes, une moustache et une mouche à la Napoléon III. Ils le gardent jusqu’à midi et quand ils sont reçus par le maire, ils le retirent et distribuent des oranges.



  






                                                                     L’apertintaille et le grelot


                                           



L’apertintaille est la ceinture du Gille et pèse 2 à 3kg. Elle est composée de laine rouge et jaune et mesure 10 à 15 cm de large. 6 à 9 petites clochettes y sont fixées. Le grelot de poitrine, pris aux chevaux, est placé sur le plastron, à l’avant. Les grelots ont des poids différents ; le son est fonction de la taille du grelot.




                                          LA BLOUSE ET LE PANTALON




Les deux éléments sont faits de toile de jute où on a cousu des motifs de lions et des bandes noires, rouges et jaunes. Les côtés de la blouse et du pantalon ont plusieurs mètres de ruban froncé comme la collerette posant sur les épaules du Gille. De 150 à 200m de ruban sont nécessaires pour leur confection. La blouse du Gille a été modifiée plusieurs fois, principalement au 19° siècle.




 








                                                                                               Les sabots



Le sabot est creusé soit dans le peuplier, soit dans le saule par des machines dans les Ardennes. Il ne reste plus qu’à lui donner sa couleur et il passera 7 à 8 heures dans un fumoir. A l’avant, on cloue le ruban plissé et on ajoute une talonnette en demi-cercle et une bride.







                                                                                  Le panier

Le panier, contenant les oranges distribuées aux passants est en osier. Autrefois, il était en fil métallique (genre panier à salade): le Gille le garnissait de produits de son jardin.







                                                                       LES CHAUSSONS

Ils sont fabriqués à partir de laine ou de coton et n’ont pas de couture. Avant de les mettre, les Gilles se frictionnent les pieds avec de la chandelle grasse ou du talc. Cela permet de mieux supporter les sabots.






                                                                                           LE RAMON   


Jadis véritable balai de rue, il était lancé par le Gille sur les passants qui n’étaient pas déguisés. La tête du balai s’est réduite à un “ramon” fait de brindilles de saule assemblées par trois ligaments. Le Gille ne prend son ramon que le mardi-gras au matin. L’après-midi, il porte son panier rempli d’oranges sanguines.






 







Un livre a été publié via La Renaissance du Livre





A SAVOIR
: qu'à BINCHE se situe le musée du masque










C'est un petit clin d'oeil au carnaval de BINCHE qui attire énormément de monde !

J'espère que vous aurez apprécié!

Bonne soirée & Bon carnaval !

Et pour en savoir encore plus, allez sur le site des gilles du centre d'Estinne-au-mont sur lequel j'ai emprunté quelques photos pour cet article. Qu'ils en soient remerciés.

Fabienne
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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 08:40




           Jean "Toots" Thielemans est un musicien de jazz Belge  né à  Bruxelles le 29 avril 1922.

 


 

 



L'histoire de Toots est celle d'un gamin des Marolles , un vrai "Ket" de la rue Haute , qui va conquérir le Nouveau Monde.Haut comme trois pommes , il joue déjà de l'accordéon ; plus tard , il découvre l'harmonica , la guitare , les musiques d'outre - Atlantique et Django Reinhardt ( né en Belgique )que distillent pendant la guerre les radios interdites et que le gamin apprend à l'oreille.
A la Libération, toute l ' Europe swingue au rythme des States , les passionnés de jazz s'en donnent à coeur joie.
Le jeune Jean - Baptiste Thielemans se donne un prénom sur mesure - Toots - et fait ses ébuts dans l'orchestre de Jazz - Hot à Bruxelles.
En 1947 , il part à la conquête de L'Amérique où il découvre les harmonies du be-bop.
Il revient sur le vieux continent avec la gloire des conquérants.
Les Belges ont la cote : à Nice , à Paris , Toots et les Liégeois du Bob- Shots , Bobby Jaspar , René Thomas et Jacques Pelzer , sont sur la même affiche que Charlie Parker , Sidney Bechet , Miles Davies.
Pour Toots , 1952 est l'année- charnière. Engagé par Benny
Goodman , il s'installe à Manhattan et prend la nationalité américaine.
Désormais il est sur les rails de la gloire. Pendant sept ans , il fait la tournée des villes américaines dans le quintette de Georges Shearing.
De la scène au studios , il joue bientôt avec les géants : Charlie Parker , Stéphane Grapelli , Bill Evans , Quincy Jones , Oscar Peterson , Dizzy Gillespie ...
Dans les années 80 , l'Europe et Bruxelles le retrouve sur scène avec Chet Baker , Ella Fitzgerald , Stevie Wonder.
Tous sont séduits par sa musicalité et sa virtuosité.
Surpris aussi que , du petit harmonica , il ait fait un si grand instrument du jazz.
" Bluesette " son air - fétiche est devenu un standard du jazz!
Vous pouvez l'écouter en haut de page.
Toots a été anobli par le Roi Albert II et a reçu le Titre de Baron.
Depuis l'an dernier , une  nouvelle rue de Bruxelles  ( à Forest ) porte son nom
.








Quelques photos de Toots pour le plaisir !


























Cela m'a fait plaisir de vous faire découvrir un compatriote... ( eh oui , je suis Belge )
pour qui j'ai beaucoup d'admiration !




Bonne journée !
                                                                                 Fabienne

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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 15:30
                                    
                                    GEORGES RODENBACH ( 1855- 1898 )






Si Bruges est devenue un des endroits les plus touristiques d'Europe, c'est un peu à Georges Rodenbach (1855-1898) qu'elle le doit... Et pourtant l'auteur de Bruges-la-Morte n'a jamais vécu dans la ville dont il a assuré la renommée littéraire. A ceci près que son père est né à deux pas du beffroi et que son grand-père était chirurgien et député de Bruges. Ce dernier, avec son frère Alexandre (dont le visage apparaît sur une des bières de la brasserie Rodenbach !), est un des fondateurs de la Belgique.








Vue des canaux de Bruges ( photographie ancienne )






Vue des canaux de Bruges actuellement



 



Naissance de Georges-Raymond-Constantin Rodenbach, le 16 juillet 1855. Famille de lettrés, issus de la bourgeoisie fortunée. Sa mère, Rosalie-Adélaïde Gall, est tournaisienne et son père, Constantin-Auguste, natif de Bruges. Celui-ci, nommé à Gand comme vérificateur des poids et mesures en octobre, la famille s'y installe immédiatement. Georges a deux soeurs plus âgées qui mourront jeunes : il les évoquera plus tard dans Les absentes. Une autre naîtra en 1865.


Georges Rodenbach est externe à l'École Moyenne de Gand (1862) puis entre au Collège Sainte-Barbe (1866) où il est le condisciple d'Émile Verhaeren. Il admire les romantiques mais aussi F. Coppée.

Études de droit à l'Université de Gand (1874) et publication d'un premier recueil de poèmes : Le foyer et les champs. Docteur en droit (1878), il fait un premier séjour d'un an à Paris, collabore à La Paix et publie un second recueil à propos duquel Victor Hugo lui écrit : Il y a plus d'une joie pour nous dans vos Tristesses. Le poème intitulé Le coffret connaît notamment le succès.

Revenu à Gand comme stagiaire au barreau (juillet 79), il collabore à La Flandre libérale puis au premier numéro de La Jeune Belgique et se lie avec Camille Lemonnier (1880-81). Parution de La mer élégante, fondation d'une revue avec Verhaeren La plage, et conférences sur le philosophe Schopenhauer (1882).

Banquet offert à Lemonnier par La Jeune Belgique (qui commémore la mémoire d'Octave Pirmez) et discours très applaudi de Georges Rodenbach (27 mai 83), qui s'installe bientôt à Bruxelles comme stagiaire chez Edmond Picard. Parution de L'hiver mondain (1884). Discours pour la célébration des dix ans de la mort d'André Van Hasselt. Plaidoiries littéraires aux succès divers.

La jeunesse blanche (1886) reçoit bon accueil. Rodenbach présente à La Jeune Belgique trois amis : Grégoire Le Roy, Charles Van Lerberghe et Maurice Maeterlinck, issus tous trois du collège Ste-Barbe. Il devient secrétaire de rédaction d'un journal politique, industriel et artistique Le Progrès, publie en feuilleton La vie morte, qui deviendra en 69 L'art en exil et travaille à un volume de vers Le livre de Jésus, qu'il laissera inachevé...

Le 26 janvier 1888, Georges Rodenbach s'installe définitivement à Paris, comme correspondant au Journal de Bruxelles et bientôt comme collaborateur régulier au Figaro. Il retrouve d'anciens amis (Coppée, Banville, Mendès, etc. ) et s'en fait d'autres (Villers de L'Isle Adam, A. Daudet, O. Mirbeau, E. De Goncourt et surtout Stéphane Mallarmé). Il se marie avec Anna-Maria Urbain (née à Frameries en 1860), mais perd bientôt sa mère (89).

 

Publication d'une nouvelle, L'amour en exil, puis d'un roman, L'art en exil, après un petit recueil de poèmes, Du silence. Rodenbach devient un fidèle des mardis de la rue de Rome, chez Mallarmé. Il écrit Bruges-la-morte, qui paraît d'abord en feuilleton dans Le Figaro (février 1892). Parution d'un recueil, Le règne du silence. Mort de son père (1891) et naissance d'un fils, Constantin (92). Les Rodenbach s'installent rue Gounod.

Parution d'une plaquette, Le voyage dans les yeux et d'une pièce de théâtre, Le voile, jouée à la Comédie Française (21 mai 94). Marguerite Moreno, débutante, y joue le rôle principal et le roi Léopold II assiste à une représentation...

Rodenbach écrit des contes qui ont Bruges comme décor, Musée des béguines, puis un roman, La vocation, après avoir reçu la Croix de Chevalier de la Légion d'honneur (au titre étranger). Un de ses recueils les plus caractéristiques, Les vies encloses, paraît en 1896...

Georges Rodenbach, qui a des ennuis de santé depuis 1895 (fluxion de poitrine et neurasthénie), écrit cependant un beau et long roman, Le carillonneur, 1897, des poèmes d'un style assez neuf, Le miroir du ciel natal et une nouvelle, L'arbre. Ses amis meurent l'un après l'autre (E. De Goncourt, A. Daudet, S. Mallarmé) et c'est bientôt son tour. Atteint d'une typhlite, il meurt le 25 décembre 1898, âgé seulement de 43 ans... Des oeuvres posthumes paraîtront (L'élite, Le rouet des brumes, Évocations) et un monument sera élevé à sa mémoire à Gand en 1903 par Georges Minne, dans le jardin de l'ancien Grand Béguinage...






 Monument élevé à la mémoire de Georges Rodenbach à Gand


Au détour d'une allée du Père-Lachaise, un étonnant monument le montre surgissant de la tombe, la rose au poing ! L'auteur de Bruges-la-Morte a influencé des écrivains aussi divers que Thomas Mann (Mort à Venise), Rilke ou Ghelderode, sans oublier Mishima qui, dans une de ses dernières lettres, cite le nom de l'écrivain belge !








Georges Rodenbach laisse derrière lui une oeuvre importante, l'une des plus intérressante de la littérature belge, car elle est le reflet poétique de la vie et des paysages de la vieille Flandre.



 Quelques citations de Georges Rodenbach
             

 

«Les rêves sont les clés pour sortir de nous-mêmes.»
[ Georges Rodenbach ] - Le Règne du Silence ; Au fil de l'eau

«Toute cité est un état d'âme.»
[ Georges Rodenbach ] 

«Les yeux sont les fenêtres de l’âme.»
[ Georges Rodenbach ] - Bruges-la-Morte


«Quel orgueil d’être seul, les mains contre son front, À noter des vers doux comme un accord de lyre Et songeant à la mort prochaine, de se dire : Peut-être que j’écris des choses qui vivront !»
[ Georges Rodenbach ]


                        Je vous souhaite à tous & toutes un BON WEEK - END !!!

               
                                                                                             
        Fabienne
 

 

 
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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 17:55
                                                 

                                                              René MAGRITTE
 
                                            ( Lessines , 1898 - Schaerbeek , 1967)






Formé à l'académie des Beaux - Arts de Bruxelles , René Magritte a un temps tâté du cubisme avant de découvrir l'oeuvre de Giorgio De Chirico qui sera pour lui une révélation. En 1924 - 1925 , il rejoint les écrivains Nougé, Goemans et Lecomte qui vont jeter les bases du surréalisme belge , le plus vigoureux et le plus subversif qui soit.
A Paris , ils fréquentent Breton et Eluard mais ils prendront leurs distances , préférant le renouveau du langage poétique à l'engagement politique - en 1934 , ils signent néanmoins un manifeste contre la montée du fascisme . La force imaginative qui se dégage de l'oeuvre de Magritte ne pouvait échapper à ses contemporains.
A l'égal de Max Ernst , Marcel Duchamp ou Man Ray , il compte parmi les gloires de l'art contemporain, particulièrement prisé aux Etats-Unis où il inspirera plus d'un peintre du Pop Art. Magritte est un perturbateur , un " dynamiteur mental " qui dévie notre vision de la réalité vers une autre réalité plus sensible, plus profonde.
Par des associations déroutantes , il dépouille les objets et les mots de leur banalité , les charge d'un mystère auquel sa technique proche de l'hyperréalisme ajoute une forme d'impassibilité .
Entre apparence et réalité , Magritte , le poète de l'objet , rend seule la pensée visible ;
Et sans doute est-il le plus littéraire des peintres .
A savoir que deux événements ont marqué le jeune Magritte:
l'un dramatique: le suicide de sa mère qui se jeta dans la Sambre l'année de ses quatorze ans ; l'autre magique , la vision d'un peintre dans les ruines d'un cimetière désaffecté .



Quelques tableaux bien connus de Magritte




 



GOLCONDE ( 1953 )





 


Le fils de l'homme ( 1964 )











 


La Trahison des images  ( 1929 )





 




 


 Les Amants ( 1928 )




 




 



Les éditions TASCHEN ont édité plusieurs beaux livres sur Magritte





















 Vue du Musée Magritte en travaux situé à Bruxelles qui devrait ouvrir ses portes au printemps 2009.

Situé Place Royale à Bruxelles, dans l'hôtel Altenloh, un bâtiment des Musées royaux des Beaux-Arts, il accueillera plus de 200 oeuvres et archives du peintre.

C'est certain, je ne manquerai pas d'aller le visiter!

                                                                                                 Fabienne

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 08:00



                                            Paul NOTHOMB  (1913 - 2006)


Il n'est pas inutile de préciser pour les lecteurs français que la famille Nothomb ne se limite pas à Amélie dont on connait le succès littéraire. Fabienne a fait d'ailleurs un article sur elle il y a quelques semaines.

Paul Nothomb est le grand-oncle d'Amélie. Il est né à Bruxelles en 1913 et mort le 27 février 2006 au terme d'une très longue vie.






Issu d'une famille de la haute bourgeoisie belge, plutôt que de choisir un avenir tout tracé, il s'engage sans hésitation et participe à la guerre d'Espagne et va ainsi cotoyer André Malraux dont il va devenir un grand ami.
André Malraux lui rendra largement son amitié notamment en s'inspirant de Paul pour en faire un de ses héros du grand roman "L'espoir" : il pourrait être le personnage d'Attignies.

Résistant durant la Seconde Guerre Mondiale, il tombe aux mains de la Gestapo qui le torture. Il craque.... (chut!! j'en reparle par la suite car c'est l'objet de son livre "Le délire logique").

Romancier et philosophe, il propose, entre autres passions telles que l'amour de la Liberté et son pourquoi, une relecture des textes de la Bible. Et suggère un nouvel éclairage de la Genèse en particulier.

Ses principales oeuvres sont :

Aux éditions Phébus : N'y être pour rien (1995) / Non lieu (1996) / Malraux en Espagne (album préfacé par Jorge Semprun - 1999) 

Chez d'autres éditeurs :

L'homme immortel (Albin Michel - 1984) / L'image de Dieu (La Longue Vue - 1985) / La mémoire de l'Eden (La Longue Vue - 1987) / Les tunique d'aveugles (La Différence - 1991) / Les récits bibliques de la Création (La Différence 1991) / L'imagination captive (La Différence - 1994)


                                             _____________________________


LE DELIRE LOGIQUE   -   1999   -   EDITIONS PHEBUS  (179 pages)





Nous sommes donc dans un roman autobiographique qui reprend une période douloureuse de la vie de Paul Nothomb.
Ce roman a d'abord été publié en 1948, comme le rappelle une note de l'éditeur au début du roman. Et sa publication a été due essentiellement à André Malraux qui a encouragé l'auteur à aller jusqu'au bout. Trois lettres d'André Malraux reproduites à la fin du texte en témoignent.

Et en effet, il fallait du courage pour parler d'une trahison liée à une "lâcheté" devant la torture. Mais avant de juger d'un manque de courage, il faudrait savoir comment soi-même aurait réagi face à la torture.

Ainsi donc, l'auteur, alias Hubert dans le roman, communiste avéré et résistant de longue date est arrêté par la Gestapo, vendu par l'un des siens. Que ce soit en Belgique ou en France, les méthodes sont alors les mêmes (on doit être là en 1942) : pour faire parler le résistant on a recours à la torture. Le premier jour est très douloureux mais Hubert ne parle pas. La nuit, il réfléchit et sait que son corps est trop souffrant et qu'au matin, il parlera. Difficile dans ce cadre de sauver son amie, impliquée ainsi que ses camarades résistants. Et il est porteur d'une clé compromettante...

Alors, au second jour d'interrogation, il parle pour vanter le national-socialisme, seul habilité à sauver l'Europe de la barbarie bolchevique... Il montre une grande sincérité dans ses propos et est cru par ses tortionnaires. Il est obligé de livrer quelques amis mais préserve son amie, enceinte, laquelle lui rend visite ensuite et lui dit qu'il est devenu fou mais qu'elle lui pardonne sa faute. Par contre, il est radié des rangs du parti compte tenu de sa "trahison" (qui demeure pour lui avoir été le moindre mal).

La suite et surtout la fin du livre est romancée car Hubert va mourir pour se racheter, ce que n'a pas fait Paul Nothomb.

C'est là un sujet bien grave et qui ne peut laisser le lecteur indifférent.

Merci aux éditions Phébus d'avoir republié ce texte dans la très belle collection "d'aujourd'hui" dirigée par Jane Sctick.


Un texte à recommander à tous ceux qui s'intéressent à la Seconde Guerre Mondiale et encore plus à ceux qui s'interrogent sur le courage et sur la torture...

Bonne lecture.

Denis

 

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 23:23



 James ENSOR

  ( Ostende , 1860 - 1949 )


James Ensor


Ensor n'avait ni Dieu ni maître , pas plus qu'il n'eut de disciple.
Ensor l'Ostendais avait grandi dans l'ombre d'un père aussi anglais qu'anti-conformiste , parmi les coquillages , animaux empaillés , et autres masques et chinoiseries qui peuplaient la boutique familiale.
Hormis son séjour , de 17 à 20 ans , à l'Académie des Beaux - Arts de Bruxelles , Ensor n'a guère quitté sa ville natale.
Ostende la lumineuse , Ostende la carnavalesque
est l'antre de l'artiste et le fil conducteur de son oeuvre .
La première moitié de la vie d'Ensor fut sans conteste la plus productive,
celle aussi où il fut le plus conspué des peintres , incompris du public,
éreinté par la presse ( mais il le lui rend bien ) ,
soutenu seulement par une poignée d'amis écrivains , comme Verhaeren
et Demolder qui clament son génie.
Son pinceau a fait naître une palette de couleurs crues
rongées par la lumière , un univers bigarré et féroce,
peuplé de masques , de démons et de squelettes.
D'un seul tenant , Ensor annonce le surréalisme
autant que le fauvisme , et tout le siècle qui vient.
Cet esprit libre , qui avait l'humour et la plume acides
et payait ses factures en eaux-fortes
( "les biftecks d'Ensor" disaient les commerçants !),
aura une influence prépondérante dans l'histoire
de l'art européen.
La reconnaissance lui vint avec le nouveau siècle.
On le fit baron ( il ne prit la nationalité Belge qu'en 1929 ),
on l'accabla d'honneurs, on lui consacra de grandes
rétrospectives internationales ,
et le n°27 de la rue de flandres , à Ostende
devint un lieu culte ( aujourd'hui musée )
où le Maître assagi jouait de l'harmonium
et recevait ses contemporains.


Quelques peintures de James Ensor













 


James Ensor au chapeau fleuri ( détail)
Une parodie du Portrait de Rubens par lui-même





 






Musée & maison James Ensor à Ostende


                                                                                                  Fabienne

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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 22:16



                                             JACQUES   BREL


                                                        ( Bruxelles , 1929 - Bobigny , 1978 )






Tout le prédestinait à une vie simple : enfance chez les scouts, scolarité poussive dans un collège bruxellois , boulot dans la cartonnerie familiale , armée , mouvement de jeunes , mariage, enfants .
Mais Jacques avait mordu à l'écriture et à la scène. Un coeur trop grand pour un monde trop petit ...
Il y a loin entre le grand Jacques qui débute en 1953 à La Rose Noire à Bruxelles , avant de " monter " à Paris , guitare et bons sentiments en bandouilière - l' abbé Brel " dira Brassens - , et Jacques Brel "  le Grand " qui triomphe en tête d'affiche à l'Olympia le 12 octobre 1961 .
En fait , tout a été très vite . Les spectacles , les tournées , les enregistrements se succèdent à un rytme effréné .
En URSS , en Afrique , aux Etats - Unis , Brel chante  Le Plat Pays  , Les Vieux , Mathilde , La Fanette , Amsterdam , Ne me quitte pas ...
Durant dix ans , il habite la scène internationale du music-hall autant que nos esprits .



                                                                           
 
                                                                          Brel à l'Olympia en 1966


En 1966, il renonce au music-hall pour les plateaux de cinéma .
Deux ans plus tard , il revient sur scène en Don Quichotte dans " L'Homme de la Mancha ".






 " Rêver  l'impossible rêve ..."
Puis Brel le nomade s'en va sur les océans , jette l'ancre aux Marquises pour une nouvelle vie . Il y compose à nouveau .











Le 9 octobre 1978 , l'artiste tire sa révérence dans un hôpital parisien , emporté par une tumeur .
Son corps repose à deux pas de celui de Gauguin , sous l'alizé .

                                               





                                                    Tombe de Jacques Brel aux Marquises





    

                                             Stèle en hommage à Brel aux Marquises également




Le regard enflammé , les battoirs en avant qui tranchent la lumière , Brel mime la médiocrité , tonitrue des histoires d'amour , de mort, dit l'amitié , l'humilité , clame sa tendresse à la force du monde .
Il a le verbe brut , vibrant , exubérant et il écrit des chefs-d'oeuvre indélébiles .

Vous voulez en savoir plus sur Brel , je vous propose de lire la biographie écrite par Olivier Todd .





Olivier Todd est également le biographe d'Albert Camus " Camus , une vie " et d'André Malraux " Malraux , une vie ".


Fabienne
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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 13:49


Carte de Belgique afin de mieux situer où se trouve Tournai ( N° 16 dans le Hainaut Occidental )


                                       



  

                                                          Armoiries de la ville de Tournai






                                                         







                                                                      L'Hotel de Ville







                      Vue de l'eglise Saint - Quentin située sur la Grand-Place de Tournai






                                  Grand - Place de Tournai , vue du Beffroi  & cathédrale






                                                                         Cathédrale Notre - Dame






                                                                     Autre vue de la cathédrale







                                               Vue du Beffroi qui a été magnifiquement restauré




 


                         



                                              Vue du Fort Rouge  , j'habitais juste en face ...



                         

                               
                                                                 Vue du Pont des Trous



                                

                                                                                
                                                                             Tour Henry VIII



                 

                  
                                                       Vue aérienne de la Tour Henry VIII




                                               


                                           Statue de Christine de Lalaing sur la Grand-Place




                      



                                                     La Halle aux Draps , magnifique bâtiment






                                        Le musée d'Archéologie





                                  


                      







                         Musée des Beaux Arts  - Vue  extérieure - 



                       

                                


                         Et voici quelques vues à l'intérieur du musée



                      

   
   
                                 
                 




                                         Quelques Tableaux 



                               






                                






            Et voici la Maison Tournaisienne qui abrite le Musée du Folklore




                                                  



  Ce qui fait le style de Tournai, ses demeures à épis de ferronnerie appliqués sur les murs comme une fleur à la boutonnière, les multiples carreaux citron ou vert pomme des fenêtres à meneaux, les colonnes, les ors fanés, les redents, les lucarnes.
  Dans le pittoresque « Réduit aux  Sions », on entre, à la maison Tournaisienne, dans l'univers des imagiers, des enlumineurs, des dinandiers, des orfèvres, des ferronniers, des sculpteurs, tous ceux qui ont travaillé l’or, l'ivoire, l'étain, la laine, la pierre.
 
 



                                                   Musée de Folklore de Tournai-TOURNAI





 

                                Il y a aussi le Musée d'histoire Naturelle et le Vivarium 





                                         




                                                   



                                                                    Le musée de la Tâpisserie









                                                                                


                 Chasse au faucon ( Fragment ) tapisserie du début du XVI è siècle



 Et il y a encore bien des choses et endroits à découvrir dans cette ville du Hainaut Occidental ...
                                                 


Tournai

 
Historique de la ville 

Comme tant de villes historiques,Tournai paraît à ceux qui l'abordent pour la première fois, tel un îlot madréporique surgi de l'océan des âges, comme un produit de secrètes sécrétions millénaires dont les mystères ne se livrent qu'aux savants historiens qui décryptent les rides de l'Histoire apparues aux  visages des villes, en prenant appui sur une analyse des documents d'archives et des traces  matérielles, des plus modestes aux plus monumentales, laissées depuis des siècles par les anciens occupants d'un site très particulier.

Les origines romaines de Tournai se situeraient au niveau d'un passage sur l'Escaut engendrant, dès le  premier siècle avant notre ère, une petite agglomération qui allait devenir le vicus de Turnacum. C'est sous Claude (?), dès la première moitié du premier siècle, que la bourgade se structure sur la rive gauche (ménapienne) selon un plan en damier et se prolonge sur la rive droite (nervienne) par un faubourg au Luchet d'Antoing. Durant la Pax Romana, l'exploitation du gisement calcaire est déjà attestée. 

Un réseau routier se tisse alors, dont la convergence des voies apparaît dans la forme  triangulaire de l'actuelle grand-place à l'emplacement du marché situé à l'époque à l'extérieur des  remparts. Les troubles du Bas-Empire entraînent la création d'une première enceinte urbaine appuyée sur l'Escaut, laissant extra-muros de vastes nécropoles.

Dans ce déferlement barbare du Ve siècle, «il est dans l'ordre des choses que... entre 430 et 450, Clodion ait occupé le vicus de Turnacum qui devint la capitale du petit royaume Franc sous son successeur Childéric» (M-E. Marien).

Au début du Ve siècle, une formidable succession d'envahisseurs balaie romanité et christianisme.
Anglo-Saxons, Attila et les Huns en 451-454, Vandales, Bastingues, Suèves, Alains et Francs.
Enfin Clovis, roitelet ambitieux, s'élance de Tournai pour réaliser la conquête presque totale de la Gaule, tandis que l'Empire romain d'Occident achève de s'effondrer (476).
La pacification franque est achevée en 486 à partir des territoires du Nord.
 

Voici donc fondée la glorieuse formule: Tournai, première capitale de l'Occident! La dynastie mérovingienne va prendre son essor depuis Tournai, cité royale.

Si l'opulence du dynaste Chidéric était connue par la fortuite mise au jour de son trésor funéraire près de Saint-Brice, en 1653, une campagne complémentaire de fouilles en a livré, il y a peu, une nouvelle preuve: la découverte de nombreux squelettes de chevaux sacrifiés lors de l'inhumation du roi. Une très précieuse coupelle en verre aux initiales du Christ, trouvée dans une tombe voisine, atteste l'apparition du christianisme en nos régions. 

Bientôt la conversion de Clovis se révèle déterminante pour l'émergence d'un Occident chrétien. Et aussi pour la cité royale. Lorsque, pour mieux centrer sa  capitale, Clovis choisit Paris, il laisse comme représentant de son pouvoir l'évêque Eleuthère. Cette fondation épiscopale porte en germe l'essor de Tournai, ville d'Eglise.

Si le siège épiscopal a été joint à celui de Noyon du début du VIIe siècle jusqu'en 1146, cette période voit cependant croître l'influence ecclésiastique du chapitre. Le quartier canonial, situé entre l'actuelle grand-place et l'Escaut, s'organise autour de la cathédrale qui, au IXe siècle, a remplacé une première église construite sans doute par Eleuthère. La vie économique, liée au calcaire et aux produits d'un vaste domaine rural et centrée sur le portus, contribue aux ressources du chapitre auquel sont octroyés les droits de péage sur l'Escaut.

Dans les années 880, les Normands pillent Tournai. Mettant les troubles à profit, le comte deFlandre,  Baudouin II, conduit une politique d'expansion que Charles le Simple, roi de France, tente de contrer en autorisant l'évêque de Noyon à relever les fortifications de Tournai. Cette enceinte épiscopale qui servira de fondation à la première enceinte communale, englobe le castrum de la rive gauche autour de la cathédrale qui relève de Reims, et le faubourg de la rive droite groupé autour de Saint-Brice qui relève pour sa part de Cambrai sur le plan religieux et du Saint-Empire romain germanique sur le plan politique. Quant au Tournaisis, il est châtellenie flamande !

Vers le milieu du Xe siècle, un échevinage se met en place sur chaque rive de l'Escaut. La croissance démographique se traduit par la multiplication des paroisses (Saint-Pierre, Saint-Quentin, Saint-Piat,  Saint-Jacques, Saint-Brice, Saint-Nicolas, Saint-Jean) enfermées dans une nouvelle enceinte dès la fin du XIe siècle. Dans cette densité accrue, une épidémie de peste cause de grands ravages. En 1092, Radbod en obtient la fin miraculeuse par une grande procession dont l'usage, entre liturgie et folklore, survit aujourd'hui encore…

L'essor économique (textile, exploitation du calcaire et production de chaux) induit un commerce prospère. L'Escaut en est le vecteur qui assure la diffusion lointaine des produits de nos tailleurs de pierre. Leur savoir-faire se manifeste dans le décor de la cathédrale romane mise en chantier lorsqu'un évêque titulaire revient à Tournai, l'évêché se séparant de Noyon (1146). La grandiose nef romane  demeure le témoin de l'opulence capitulaire qui s'exprime dans le faisceau des cinq clochers dressés sur le transept. Ces tours poinçonnent le paysage tournaisien et s'imposent pour des siècles au milieu des flèches des paroisses, abbayes et couvents d'une ville «aux cent clochers». Un collège de consaux assure bientôt la gestion administrative de l'agglomération. En 1188, Philippe Auguste concède à la ville  sa charte communale. Le monumental signal de ces libertés est le beffroi qui abrite la cloche banale.

Quand de longues luttes sociales agitent toutes les villes de nos régions au cours de la période gothique, du XIIIe au XVe siècle, elles prennent à Tournai des aspects particulièrement violents. Patriciens et métiers (finalement structurés en trente-six bannières) s'opposent parfois sur des questions dépassant largement le plan local. Entre France et Flandre, Tournai et le Tournaisis sont des enjeux de pouvoir et de luttes d'influences. La fidélité au roi de France se voit confirmée par la  concession des fleurs de lys posées en chef aux armes de la ville (1428). Elle est consacrée dans la fameuse lettre de Jeanne d'Arc aux «gentils loyaux franchois de Tournay» (1429). 

La chapelle épiscopale d'Etienne d'Orléans, puis le nouveau choeur de Walter de Marvis pour la cathédrale contribuent à la diffusion de l'architecture gothique (opus francigenum) dans nos régions. La ville continuant à s'étendre, on rénove où l'on crée encore des sanctuaires paroissiaux Saint-Jacques, Sainte-Catherine, Sainte-Marie-Madeleine, Saint- Nicaise, Sainte-Marguerite), et l'on enferme les nouveaux quartiers dans une seconde enceinte communale (fin XIIIe-début XIVe siècle) flanquée d'environ soixante-dix tours et percée de dix-huit portes. Ce remarquable ensemble, adapté au fil des siècles, survivra jusqu 'aux années 1860; de rares éléments échapperont alors à une démolition  méthodiquement programmée. Si le siège gothique du pouvoir urbain, la halle des Consaux, est détruit, on a heureusement conservé quelques maisons du Moyen Age, romanes et gothiques, précieux jalons d'une histoire de l'architecture domestique dont Tournai demeure un véritable musée.

La période gothique apparaît comme celle de la montée en puissance des lettres et des arts qui portent au loin le renom de Tournai. Contribuent à ce rayonnement culturel et artistique des gens de plume (comme Philippe Mouskès ou Gilles li Muisis), des imagiers (sculpteurs spécialisés dans la taille de la pierre locale) et des peintres (comme Robert Campin et Roger de le Posture/van der Weyden, célébrés comme des artistes majeurs parmi les «primitifs Flamands»). Au milieu du XVe siècle, la tapisserie de haute lice connaît à Tournai, entre Arras et Bruxelles, une époque glorieuse de son histoire. L'art du laiton atteint aussi  une qualité exceptionnelle!

Le XVIe siècle écrit un chapitre fort sombre de l'histoire de Tournai. La ville est d'abord brièvement anglaise (la Grosse Tour, ou tour Henri XVIII, rappelle cette occupation), puis à nouveau française enfin espagnole. Elle souffre terriblement des troubles religieux. Une vague d'iconoclasme calviniste cause d'irréparables pertes au mobilier et au décor de nos églises (1566), et la ville subit des dégâts durant le siège que conduit Alexandre Farnèse (1581) face à Christine de Lalaing, héroïque guerrière locale. On assiste à une percée tardive d'un esprit nouveau, celui de la Renaissance, lorsqu 'il s'agit de remplacer  les oeuvres détruites. Corneille De Vriendt dit Floris réalise le nouveau jubé de la cathédrale (1572) et, à  la même époque, on reconstruit la Halle-aux-Draps en utilisant le vocabulaire antique que l’on trouvait au puits monumental dressé sur la grand-place, parfaitement visible dans un dessin de Contagalina (1613).

Au XVIIe siècle, Tournai, ville d'Eglise, participe au renouveau post-tridentin favorisé en nos régions par les archiducs Albert et Isabelle. Deux sanctuaires d'institutions jésuites, encore modérément baroques, en témoignent. Mais en 1667, fait plus déterminant, Louis XIV assiège victorieusement Tournai et la cité  royale revient sous l'administration française. Le paysage urbain s'en trouve bientôt bouleversé par la construction d'une citadelle moderne pentagonale sur les hauteurs dominant la ville, à l'opposé du château des Anglais. La grande enceinte communale est complétée de multiples bastions. Les ingénieurs militaires décident de la rectification du cours de l'Escaut dont les rives naturelles se  métamorphosent en quais de pierre, tandis que tous les moulins sont regroupés en amont. 

Des  règlements urbanistiques imposent alors une typologie aux façades, donnant une grande unité à de beaux ensembles dont subsistent divers témoins. Cette architecture civile maintiendra sa caractéristique dialogue de la brique et de la pierre tout au long du XVIIIe siècle. Les chantiers de la vaste abbatiale nouvelle de Saint-Martin et d'un somptueux siège du parlement (disparus tous les deux)  participent de la même fièvre architecturale dont témoigne encore l'ample séminaire de Choiseul.

Au XVIIIe siècle, les aléas de la politique internationale conduisent Tournai sous I’administration de l'empereur d’Autriche, malgré un bref retour à la France (1745-1748) après la victoire de Louis XV à Fontenoy. La ville, bénéficiant du règne éclairé de Marie-Thérèse, développe un nouvel âge d'or pour ses industries d'art, particulièrement dans la production de porcelaines et d'orfèvreries. 

L'architecture classique s'épanouit dans l'hôtel des Anciens Prêtres (abritant la bibliothèque du chapitre), dans le nouvel hôpital Notre-Dame (actuelle académie) et dans le grandiose palais abbatial de Saint-Martin (conçu par Laurent Dewez), ultimes splendeurs d'un siècle qui s'achève dans la tourmente politique. 

Les réformes administratives et religieuses de Joseph II entraînent la Révolution brabançonne et la Révolution Française exporte militairement ses idéaux égalitaires. Dumouriez triomphe à Jemappes le 6 novembre 1792 mais il est battu à Neerwinden le 18 mars 1793. Le 31 mars, l'ancien régime autrichien  est rétabli à Tournai jusqu'à la victoire des armée françaises à Fleurus le 26 juin 1794. Tournai revient alors dans le giron de la France. La saignée est ruineuse pour la ville. Outre d'importantes contributions financières, le patrimoine accumulé dans les églises et les couvents est systématiquement prélevé, comme «tribut artistique et intellectuel». La cathédrale elle-même est menacée de démolition! 

Le XIXe siècle s'ouvre sur les réformes administratives du Consulat. Voici Tournai vice-préfecture! Après le Concordat de 1801, le siège épiscopal est pourvu d'un nouveau titulaire, monseigneur Hirn. La période napoléonienne favorise une relance économique dont le plus beau fleuron est la manufacture de tapis de  Piat-Lefebvre. Dans le premier tiers du XIXe siècle, sous le bref régime hollandais (1815-1830), le paysage se modifie grâce à l'impulsion de l'architecte Bruno Renard. 

La mode est à la mise au rectangle des façades enduites et peintes en blanc; le néoclassicisme triomphe dans l'exemplaire salle des Concerts (actuel conservatoire) qui attire le regard dans une place de style Empire, de même que 1'hôtel Corin (actuel musée de la Tapisserie). Après la révolution de 1830 et l'indépendance de la Belgique, nationalisme et romantisme éveillent un intérêt pour la protection des monuments du Moyen  Age: la cathédrale fait l'objet d'une importante restauration, tandis que la mode néogothique s'installe. 

Une rénovation économique (textiles, bonneteries, tanneries, brasseries, imprimeries) accompagne une croissance démographique et justifie que l'on ouvre la ville en démolissant le vieux corset des fortifications, ce qui permet une meilleure liaison avec le chemin de fer. La nouvelle station, conçue par Henri Beyaert, est tangente au cercle des nouveaux boulevards; sa relation à l'ancien tissu urbain par  des percées haussmaniennes exprime progrès et modernité. L'opulence du style éclectique triomphe le long de ces artères rectilignes, comme elle s'affiche avec orgueil dans une série de bâtiments qui répondent à de nouveaux programmes écoles, hôpital, asile, palais de justice, prison... On se plongera aisément dans la vie quotidienne du siècle dernier lors d'une visite au musée du Folklore, la Maison tournaisienne.

Le XXe siècle voit le paysage urbain radicalement bouleversé par le comblement de la Petite Rivière (un bras de l'Escaut qui longeait les remparts à l'est de la ville) au début des années 1910 et par le désastre de mai 1940. Des rues entières disparaissent sous les bombardements incendiaires qui ravagent aussi le musée d’Art et d'Histoire dans la Halle-aux-Draps, le palais épiscopal, la bibliothèque  et les archives communales. Des contraintes d'urbanisme très sévères président à la reconstruction de la ville qui s'accompagne d'un rétablissement des liaisons entre les deux rives de l'Escaut par une série de nouveaux ponts; ceux-ci sont repensés selon les exigences de la circulation fluviale et automobile.

La multiplication des résidences dans les communes périphériques fusionnées administrativement dans ce que l'on a appelé le «Grand Tournai» (1977) contribue, après-guerre, a un certain déclin de la vitalité urbaine, avant que des efforts récents de rénovation et des réaménagements intramuros ne cherchent à restaurer un art de vivre en ville dans une convivialité retrouvée. Alors, la déambulation piétonne  redevient un plaisir, permettant à chacun d'écouter les leçons qu'une ville peut donner au détour d'une place, des rues et ruelles, quand ses pierres murmurent l'histoire des hommes.
 
 

Origines

Aux environs de 50 av. J-C., un domaine rurale a son centre sur l'emplacement de l'actuel Marché au beurre (près de la rue de la Ture).

Vers 50 apr. J-C., la fondation de Cologne et la construction de la grande chaussée Cologne-Boulogne (Rhin - Grande-Bretagne) provoquent la naissance d'une ville, sur la rive gauche de l'Escaut.
Population dense, maisons confortables; commerce de grains, de laine et de pierres locales.

Les invasions

Dès 150, la ville est menacée par les Barbares et pillée à diverses reprises.
Les habitants élèvent au IV siècle des remparts (connus sous le nom de remparts gallo-romains)

Vers 431, la ville tombe aux mains des Francs-Saliens qui y installent leur capitale et y fondent une dynastie: la ville devient Cité Royale. Les rois mérovingiens Clodion, Mérovée, Childéric et Clovis s'y succèdent. Le dernier étend son royaume à toute la France et transporte la capitale à Soissons, puis à Paris.

Vers 500, le diocèse de Tournai est fondé et Clovis installe un évêque à Tournai. 
Ce comte-évêque (rôle politico-religieux), connu sous le nom de saint-Éleuthère, élève la première cathédrale.

Époque Carolingienne

Les VIIe et VIIIe siècles semblent avoir marqué très peu l'histoire de la ville.
En 817, Louis le Débonnaire dote le chapitre cathédrale composé alors de 30 chanoines.
Vers 845, la cathédrale est reconstruite. Dès la fin du IXe siècle, la féodalité apparaît.
Le passage des Normands à Tournai est peut-être décisif, mais ce dernier point n'est pas prouvé.

Il faut, semble-t-il,  atténuer l'importance des destructions qu'on leur a imputée.
Charles le Chauve cède ses droits à l'évêque, qui devient le véritable seigneur de Tournai.
 

Époque Féodale

L'évêque de Noyon et de Tournai (les deux diocèses ont été jumelés au VIIe siècle) est un personnage important et puissant. La partie tournaisienne du diocèse (celle-ci a néanmoins gardé sa propre cathédrale) s'étend à toute la Flandre:
la ville en tire de grands avantages. Centre politique et religieux, elle est aussi un important centre économique. Sa richesse est prouvée par l'édification d'une troisième cathédrale: l'église romane que nous possédons encore aujourd'hui.

Époque communale

La prospérité amène la formation d'une classe nouvelle: les marchands.
Ceux-ci aspirent à l'indépendance. L'aide intéressée du roi de France leur est acquise.

En 1187, Philippe Auguste (de concert semble-t-il avec l'évêque Éverard d'Avesnes) donne à Tournai une charte communale et rattache la nouvelle
«commune» à la couronne de France. La première extériorisation de cette charte se manifeste par la construction du beffroi.

Prospérité économique: commerce de la laine et de la pierre.

Prospérité artistique: constitution d'une école d'architecture qui rayonnera dans la vallée de l'Escaut: d'une école de sculpture puis de peinture.

Preuves de cette prospérité: foire de septembre (grande manifestation économico-religieuse: marché et procession ; construction du choeur gothique de la cathédrale; des églises paroissiales et conventuelles; achat de la rive droite de l'Escaut; construction de la grande enceinte communale (boulevard actuels); modification du beffroi; élévation de la tour des Six.

La grande époque de Tournai s'achève par des révolutions démocratiques dirigées contre le Patriciat (haute bourgeoisie qui a monopolisé les charges communales).

Nous sommes au début du XVe siècle.

Époque de Charles Quint

Tournai n'a pas perdu toute sa splendeur au XVe siècle.
Au XVIe, après une brêve occupation anglaise (Henri VIII, 1513-1519), Tournai tombe aux mains de Charles Quint en 1521. La ville cesse de relever de la France pour être incorporée aux Pays-Bas.

Les querelles religieuses du milieu du XVIe siècle (Iconoclastes, 1566) et ses conséquences (la princesse d'Épinoy défend la ville contre les Espagnols, en 1581) provoquent la décadence économique.

Époque de Louis XIV

La ville est reprise par la France en 1667. Louis XIV occupe la ville et décide d'en faire une forteresse avancée, au nord de la France. Il y élève la citadelle (Vauban), canalise l'Escaut, institue un Parlement et fait reconstruire un  grand nombre de maisons.

Le XVIIIe siècle

À l'exception de quelques années, Tournai connaît au XVIIIe siècle le régime autrichien, comme les autres villes du pays. Un essai de relèvement économique est tenté; en sont témoins les fondations d'une manufacture de porcelaine et d'une manufacture de tapis.

À la fin du siècle, la Révolution française amène la disparition de la province du Tournaisis et accroche Tournai au Hainaut.

Epoque contemporaine
Un travail énorme attend le nouvel évêque de Tournai, François-Joseph Hirn (1802-1819).
Les frontières du diocèse ont changé: l'Église de Tournai s'étend maintenant au Hainaut et tout est à organiser. Quant à la cathédrale, il faut la restaurer et la remeubler.

L'époque napoléonienne marque un redressement certain. Un nouveau progrès se marque de 1830 à 1870.

La Seconde Guerre mondiale touche durement la cité. L'aviation allemande bombarda la ville du 16 au 19 mai 1940. Une restauration complète fut nécessaire.
 

 

                                                                                 Fabienne 
     
           
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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 11:57


                Maurice Grevisse

     ( Rulles , 1895  -  La Louvière , 1980 )



                  
                     Maurice Grevisse. Grammairien



S'il est un livre qui fait la gloire de l'édition Belge , c'est bien " Le Bon Usage " de Maurice Grevisse. Cette volumineuse bible de la langue française , parue en 1936 et exportée depuis à des millions d'exemplaires , reste l'ouvrage de référence des philologues et gens de plume .


                                                                  

 

 




Le Gaumais Maurice Grevisse fut un enseignant dans l'âme . Ce fils de forgeron était devenu un érudit . Instituteur en 1914 , régent littéraire , avant de décrocher le doctorat en philologie classique à l'Université de Liège en 1925 .Il enseigna en Wallonie puis à Bruxelles jusqu'à sa retraite en 1957 et signa maints ouvrages pédagogiques.
En pédagogue scrupuleux qui connaît les embûches de l'apprentissage autant que les préceptes académiques.
Grevisse a forgé au fil des ans , un relevé précis des difficultés , des règles et des usages , qu'il nourrissait d'exemples et citations du meilleur crû littéraire .
En grammairien avisé , il savait aussi combien une langue évolue et s'épouille d'elle-même.
Son grand mérite est d'en avoir constaté les usages fluctuants , sans trancher .
Ce sera aussi la philosophie suivie par notre Académie , à l'abri de certains excès de purisme venus du sud .
Puisque la langue est le premier véhicule des peuples , est-ce un hasard si le royaume des grammaires et du suréalisme est aussi un noyau actif  de la francophonie internationale et le repaire d'une belle brochette d'auteurs au verbe libéré ?





                                                Maurice Grevisse à sa table de travail



                                            
                                         

                               Timbre paru en Belgique en hommage à Maurice Grevisse


Maurice Grevisse a reçu de nombreux éloges pour son « Bon usage » : Henri Troyat, Jean Rostand, Hervé Bazin, le Président Senghor,André Gide,…C’est d’ailleurs ce dernier qui écrit, en première page du « Figaro littéraire », le 8 février 1947, un long article dans lequel il louange l’auteur : « C’est le meilleur grammairien de la langue française ». Nos amis français, n’étant pas naturellement disposés de recevoir de Belgique des leçons de français, doivent cette fois changer d’avis.


Son oeuvre est poursuivie par son beau-fils , le philologue André Goosse , élu Secrétaire perpétuel de l'Académie belge de langue et de littérature française à l'orée du XXIè siècle .
Le livre en est actuellement à sa 14 ème édition .



                                                               

                                     
                                                                             André Goosse



  Et oui, le  " GREVISSE  " m'a suivie sur les bancs d'écoliers ... et m'a appris des tas de choses en matière de grammaire et de français en général.
 Merci Monsieur Grevisse !


Fabienne

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