Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 16:04
Le sérieux bienveillant des platanes de Christian Laborde (Le Rocher)

 Le sérieux bienveillant des platanes de Christian Laborde

(Editions du Rocher - août 2016 - 131 pages)

----------------------------------------

Je ne cherche pas à tout prix être sur les rangs des premiers articles publiés le jour de la rentrée littéraire.

Mais quand Jean-Philippe Bertrand (que je remercie) des Editions du Rocher m'a proposé un partenariat pour lire "Le sérieux bienveillant des platanes", roman signé Christian Laborde, j'ai tout de suite répondu oui, car je savais les liens qui unissaient l'auteur à Claude Nougaro. Il a consacré pas moins de quatre livres à son ami.

Christian Laborde est écrivain aux multiples facettes, écrivant sur le cyclisme, sur les vaches. Il est pamphlétaire, romancier, essayiste... et tout cela en étant né en 1955. 25 livres à son actif. Bref, un multicarte de l'écriture...

 

Et là, en 131 pages, il nous fait voyager vers Lumac pour aller rendre un dernier hommage à "pépé". Un road movie... mais pas que cela...

Qui sont ces deux marginaux ?

 
 

Tom a joué dans un groupe de rock qu'il a créé avec son copain Bébert, devenu boucher. Ils ont étudié à Paulac et ont fui bien vite la ville trop arriérée pour leur musique. Et ils vivent à Paris. Tom est logé chez Max, propriétaire d'un bar. Et Tom l'aide pour payer le loyer.

Il apprend par son père au téléphone que son grand-père est décédé. Bébert se propose de lui prêter sa voiture. Et quand il dit à Joy qu'il part pour enterrer celui qu'elle appelle "pépé" elle dit aussitôt qu'elle l'accompagne.

Joy se prostitue y compris avec le curé de sa paroisse et Tom vole pour vivre ou survivre ! Il n'aime pas les écolos et bourgeois (sauf pour les voler).

Ils partent donc pour Lumac. Autant il a détesté son père autant il a aimé son grand-père ancien légionnaire et fan des platanes qu'il n'a cessé de photographier.

Lumac est un lieu paumé à 800 kms de Paris. Il faut aller à Paulac pour y trouver les lycées et compagnie.

Ils se sont arrêtés pour manger et à présent ils quittent l'autoroute pour les nationales puis les départementales.

Stupeur en arrivant à Lumac, les "platanes de pépé" ont été coupés. 

Les platanes sont le symbole du peuple. Ils sont généreux pour leur ombre dans les région chaudes et leurs feuilles sont très belles a toujours dit pépé. Et la société Jungle Books les a faits coupés car ils sont dangereux pour les conducteurs, en bord de route.

Il faut un drapeau pour enterrer pépé. Tom va à la mairie et en obtient un du maire qui l'invite à venir chez lui parler du grand-père car il l'appréciait bien.

Pépé n'aurait pas aimé la messe entre charabia et musique de Bach.

Mais voilà, le maire a une révélation à faire à Tom sur son grand-père alsacien !

 

J'ai trouvé quelques effets de langage au début du roman un peu "lourds", je dois le reconnaitre. Mais le ton est enlevé, on ne s'ennuie pas une seconde avec ces personnages qui pourraient être sortis d'une bande dessinée.

Et quand on lit cela, on se dit que ce roman est aussi une sorte de pamphlet déguisé sur notre époque :

 

Début du chapitre 4 (page43) : "Le frein à main, la carte bleue que je récupère dans le pare-soleil : direction les frites. Joy descend de la voiture, allume une cigarete. Elle porte un T-shirt échancré de couleur rosé sous lequel, libres, ses seins s'agitent dès qu'elle bouge. Seul le frémissement des seins sous un chemisier peut rivaliser avec celui du feuillage quand le vent d'été s'égare dans les branches des arbres. C'est un truc que je sais et que je ne lis nulle part. Y a le corps dans les livres d'aujourd'hui, bien que leurs auteurs prétendent le contraire. Ca exhibe, ça affiche, ça filme de près, mais le corps, ils le râtent, ils passent à côté, parce que le merveilleux, c'est pas leur truc. Ce sont des huissiers, des adeptes de l'inventaire. Et les poètes, les mecs qui marchent à l'imagination, ils les dénoncent aux flics. Ce sont des balances".

 

En ces temps de rentrée littéraire, on peut se poser la question de savoir si les romans savent parler du "merveilleux" !  Un roman qui coule mais qui sait être rugueux aussi. Ce n'est pas un chef d'oeuvre, mais c'est un livre que j'ai aimé lire assurément, surtout de par son ton "décalé".

 

Et pour conclure, un dernier petit extrait "pour la route" : (page 70) "... Mon père il dit qu'il faut sauver les emplois avant de sauver les platanes. Il a tout compris, mon père. Et l'emploi en question, je te dis pas ! Je te dis pas les conditions de travail chez Jungle Books ! C'est eux qui ont eu la peau de la mère de Katia, je te rappelle... Ce sont des négriers, ces mecs, des négriers qui, en plus, sont responsables de la mort des librairies dans tout le pays".

 

Bonne lecture,

 

 

 

Denis

 

 

 

 

 

Partager cet article

commentaires

Fanny.odl 18/08/2016 23:28

Très envie de le lire !
Merci beaucoup

Denis 19/08/2016 11:13

Un court roman plutôt sympa.

Présentation

  • : BONHEUR DE LIRE
  •                       BONHEUR DE LIRE
  • : BLOC D'UN COUPLE PASSIONNE DE DE LIVRES, ART , HISTOIRE, LITTERATURE ET COLLECTIONNEURS DE MARQUE-PAGES.
  • Contact

     

            Envie d'évasion ???

                  Un conseil ,

évadez-vous à travers les livres !!!

 

               

  

  

   

 

 

Recherche

Texte Libre

*** Phrases diverses ***

 damouredo.com Carré