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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 20:14
Confiteor de Jaume Cabré (Babel - Actes Sud)

Confiteor de Jaume Cabré (Babel - 916 pages - mai 2016)

Première édition française : Actes Sud - 2013

Roman traduit du catalan par Edmond Raillard

Titre original : Jo confesso (Barcelone - 2011)

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​Résumer un tel livre est une gageure tellement il est riche, foisonnant, innovant... Bref c'est pour moi un chef d'oeuvre que je classe au niveau de "Cent ans de Solitude" de Gabriel Garcia Marquez notamment.

Et donc un coup de coeur ++++. 900 pages de plaisir littéraire intense pour suivre Adrià dans sa vie depuis sa jeunesse jusqu'à la fin de sa vie.

C'est aussi un livre "musical" en ce sens où le deuxième héros invité est un violon du XVIIIe siècle.

Au fil de ma lecture j'ai pris des notes les plus succinctes possibles. J'en restitue ici une partie :

 

 

I/ A capote...

Adria entend faire le bilan de sa vie en écrivant des mémoires et en essayant de mieux cerner son père, Felix Ardèvol, toujours fourré dans des manuscrits. Dans sa jeunesse Adria aimait aller au magasin de musique de M. Berenguer, surtout pour y voir Cecilia. Il étudie aussi le violon.

Felix est allé étudier à la Pontificia Università Gregoriana de Rome, la théologie et les écritures anciennes, se faisant ami du belge Felix Morlin. Mais il a rencontré la belle Carolina.

Et le futur prêtre qu'il devait être ne peut que succomber à son charme et ils deviennent amants le jour de l'armistice de la grande guerre.

 

II/De pueritia

Adrià surprend une conversation entre son père et M. Berenguer plutôt animée autour des commissions de ventes de manuscrits. Mais plus encore il entend son père dire à sa mère qu'Adrià doit aller étudier chez les jésuites dix langues dont l'araméen. Et il n'a que 7 ans. Heureusement il a pour confidents le shérif Carson et l'indien Aigle-Noir, 2 figurines, qui ne vont jamais le quitter et l'aider dans les durs moments de sa vie.

Felix qui travaillait avec le docteur Bosch lorgnait depuis longtemps sur sa fille Carme bien plus jeune que lui mais ses projets ont été retardés par la guerre d'Espagne.

Le père montre un manuscrit à son fils concernant le monastère de Sant Pere de Burgal et il en raconte l'histoire. Une femme s'y est suicidée sans que fra Miquel n'ait pu la sauver. Avant de fermer pour trous cents ans le monastère il dit "confiteor, domine" (p.80).

Quand il a onze ans, son père lui dit qu'il sera humaniste. Décidément il n'aurait pas dû naître dans cette famille.

Bernat qu'il a connu très jeune est resté un grand ami jusqu'au bout.

Il lui a fait visiter le bureau de son père, montré quelques documents de valeur complètement inconnus de son nouvel ami, fils unique comme lui mais moins poussé dans les études d'où son manque d'érudition. Et summum, lui aussi bercé dans l'étude du violon il lui montre le Storioni de son père et en profite pour lui raconter l'histoire de ce génie après Stradivarius.

Et le 7 janvier un drame a lieu. Le père a pris le violon d'Adrià dans l'étui du Storioni et est mort "accidentellement"! décapité après être parti précipitamment de chez lui.

Le commissaire de police ne trouva pas de coupable et le plus grand détective privé de Barcelone renonça à l'affaire. La mère reprit de main de fer la boutique d'antiquités tout en laissant M. Berenguer et Cécilia à la gestion. Et pour Adrià elle décida qu'il devait suivre des cours de violon avec le grand maître Manlleu et abandonner l'étude des langues. Il passe d'une domination à une autre lui donnant l'envie de fuir cette maudite maison.

Retour sur les circonstances de l'achat du Storioni par le père. C'est alors qu'il apprît qu'il avait appartenu à Jean-Marie Leclerc assassiné ensuite par son neveu Vial dérobant ainsi le violon et lui donnant pour l'histoire son nom.

Arrive celle qu'il appelle " mon ange". Elle se prénomme Daniela et elle est la fille de Felix et de Carolina. Elle réclame sa part d'héritage comme l'avait fait écrire son père.

Les événements se bousculent. Sa mère a constaté avec la complicité de Cécilia que M. Berenguer fraudait depuis longtemps et elle lui impose de la rembourser par prélèvement mensuel sur son salaire. Il dit alors que Cécilia couchait avec Félix. La police annonce que Felix tenait deux lupanars à Barcelone et déflorait lui-même les jeunes filles. Enfin Adrià refuse de jouer en public ce qui lui vaut des sanctions.

 

III/ IN ARCADIA EGO

Quand il a dix sept ans on lui impose un concert dans une petite salle de Pleyel à Paris. C'est alors qu'il rencontre la future femme de sa vie Sara Voltes-Epstein, une nièce du pianiste qui l'a accompagné lors de ce concert, monsieur Castells.

Bernat se confie à une journaliste dont il tombe amoureux, Xenia, qu'il a été un écrivain et un musicien ratés.

(La soixantaine est là et son ami Adrià est malade avec des troubles de mémoire.)

Adrià a vingt ans à présent et est à l'université. Il a pu revoir Sara au concert de Heifetz. La perfection du violoniste lui a donné la détermination d'arrêter le violon. En écouter oui mais en jouer non. Et il veut étudier l'histoire des idées et de la culture.

Il part en vacances à la propriété familiale de can Ges retrouver sa tante et ses cousins. Au village il rencontre Daniela qui l'attendait pour lui dire qu'elle est sa demie-soeur et son aînée de 26 ans. Et elle lui parle des débuts d'antiquaire du père pendant la guerre et juste après à Rome où il a racheté pour presque rien le violon que détenait un ex-nazi le docteur Vogt lequel avait tué la vieille propriétaire à Auschwitz pour en faire sien.

Adrià est définitivement amoureux de Sara mais un soir il l'attend en vain et apprend qu'elle est partie à Paris sans rien lui dire et qu'elle a surtout voulu s'éloigner de lui. Il décide alors de voler de ses propres ailes et d'aller étudier la philologie avec les grands maîtres de Tübingen.

 

IV/ Palimpsestus

Bernat rend visite à Adrià à Tübingen et lui fait lire son manuscrit. Adrià lui dit que son texte est très mauvais et qu'il devrait rester musicien plutôt que de vouloir devenir écrivain, d'autant qu'il est avec une pianiste et qu'ils peuvent former un duo.

Presque à la fin de ses études à Tübingen Adrià apprend la mort de sa mère. Il part pour l'enterrement et régler quelques affaires et vire sans délai M. Berenguer avant de repartir finir ses études et rentrer ensuite à Barcelone où il obtient un poste à l'université près de chez lui. Lola Xica la fidèle employée de maison quitta les lieux. Bernat épouse Tecla la pianiste.

Adrià se passionne pour les manuscrits comme son père et son premier achat est "Le discours de la méthode". Le texte publié en 1637.

Il décide sur les conseils de sa défunte mère de vendre le magasin à Daniela et il va la voir à Rome en compagnie de Laura sa nouvelle amie.

Il revoit une dernière fois Lola Xica et elle lui dit que sa mère avait fait fuir Sara ce que lui confirme Sara quand il vient sonner chez elle à Paris. Elle avait reçu une lettre insultante signée Adrià alors qu'il ne l'avait pas écrite.

Tito le fils de sa demi-soeur vient lui proposer d'acheter le violon mais il refuse malgré l'offre prodigieuse.

Adrià retrouve une lettre codée de son père qui lui dit qu'il va mourir car c'est Vogt qui veut récupérer son violon. Et justement Adrià avait prêté le Storioni à Bernat. Il aurait sans doute été malgré tout assassiné. Adrià se sent coupable du meurtre de son père Felix.

Sara vient sonner à sa porte pour vivre avec lui chacun faisant son mea culpa.

Avant de perdre la mémoire définitivement bien plus tard Adrià a écrit son testament.

Décidément Bernat doit arrêter d'écrire car son nouveau livre n'a eu aucune portée et il est sans intérêt lui fit Adrià.

 

V/ Viva condita

Adrià publie "La volonté esthétique" suite à ses réflexions sur l'influence des arts sur l'être humain. Et on suit le docteur Budden du temps de Birkenau jusqu'à ses remords et son arrivée au monastère.

On le retrouve en Afrique où il dirige un dispensaire sous un faux nom. Mais c'est un tueur qui est face à lui. Son client veut que le tortionnaire soit tué dans l'anonymat ce qu'il fait sans résistance du vieux docteur repentant.

Adrià connaît la notoriété avec son live sur l'histoire de la pensée européenne pendant que Bernat en plein doute sur sa vie familiale est venu passer quelques jours chez ses amis.

Sara va faire une exposition de ses dessins en forme de portraits noirs et blancs. Comme il en manque un ce sera un autoportrait lui dit Adrià et elle finit par trouver l'idée excellente. Mais un jour elle rentre excédée car M. Berenguer lui a appris que le violon avait été spolié à une famille à Auschwitz et qu'il fallait le rendre à ses propriétaires.

Adrià refuse de rendre le violon et le dit à Berenguer. Mais Sara part chez son frère et refuse de lui parler tant qu'il n'a pas rendu l'instrument. Adrià part se consoler dans les draps de Laura qu'il a toujours continué de croiser à l'université.

 

VI - Stabat mater

 

VII / USQUE AD CALCEM

 

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Je pense avoir suffisamment détaillé les parties de ce somptueux roman pour laisser les deux dernières parties vides et laisser un léger suspens. Il faut avouer que ce roman se lit comme un polar, certes érudit dans certaines parties, mais les rebondissements sont fréquents.

J'espère que ce long résumé vous aura donné envie de lire ce livre exceptionnel, inventif dans la manière de raconter. Adrià est tantôt "je" et tantôt "il" car l'auteur juxtapose les deux modes narratifs de temps à autre dans une même phrase. Mais ceci reste limpide pour le plaisir du lecteur qui s'attache à cet Adrià tiraillé entre père, mère et épouse, n'ayant pas eu de grande marge de manoeuvre pour être "soi". Même son intelligence et sa mémoire vont le trahir !

 

Début du chapitre 36 : "​Tu es entrée dans ma vie avec douceur, comme la première fois, et je n'ai plus pensé à Eduard ni à Ottalie, ni à leurs mensonges, mais à ta présence silencieuse et réconfortante. Adrià lui dit prends possession de la maison ; prends possession de moi. Et il lui fit choisir entre deux pièces pour installer son atelier de dessin, ses livres, ses vêtements et ta vie, si tu veux, Sara chérie ; mais je ne savais pas que pour contenir toute la vie de Sara il fallait bien plus d'armoires que celles qu'Adrià pouvoir lui offrir".

 

Bonne lecture,

Denis

 

Cette lecture s'inscrit dans le challenge "pavé de l'été" (livre de plus de 600 pages) auquel a également participé Moka Milla. Allez lire son excellent article.

Confiteor de Jaume Cabré (Babel - Actes Sud)
Confiteor de Jaume Cabré (Babel - Actes Sud)

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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commentaires

LELOUP 18/09/2016 12:47

Un tout grand merci pour votre très belle présentation du livre de Cabré. Arrivé au terme de ma lecture, je souhaiterais, si c'était possible, obtenir la synthèse des deux dernières parties (laissées vides dans votre commentaire ci-dessus). Pourriez-vous me l'envoyer par e-mail ? Un grand merci. Pierre-Michel Leloup

Moka 08/09/2016 18:09

Un titre qui marquera assurément ses lecteurs. J'aime ces titres qui vous bousculent un peu, beaucoup...

Denis 08/09/2016 22:13

Plutôt "énigmatique" d'ailleurs ce titre "confiteor" avant de lire le livre.

Praline 06/09/2016 15:13

Certainement le livre le plus épatant de l'an dernier ! De ceux qui ne s'oublient pas

Denis 07/09/2016 16:03

Je suis tout à fait d'accord. Un livre vraiment extraordinaire et qui reste gravé en nous.

Leeloo lit tout 30/08/2016 21:02

Je ne connais pas...
A découvrir donc même si les pavés me font peur...

Denis 31/08/2016 10:19

Je l'ai lu sur un mois et demi pour avoir le temps de savourer le livre. Si tu aimes les livres très "littéraires" et innovants tels 100 ans de solitude, ce livre est un incontournable. Dans le top 5 de mes lectures de toute une vie et j'ai bientôt 60 ans ! c'est dire !

yueyin 30/08/2016 20:33

un pur bonheur de lecture ;-)

Denis 31/08/2016 10:17

Je confirme. Un des très grands livres que j'aurais lu dans ma vie de lecteur.

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