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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 17:58
En l'absence de Blanca d'Antonio Muñoz Molina (Le Seuil)

En l'absence de Blanca d'Antonio Muñoz Molina

(Le Seuil - 125 pages - janvier 2004)  ​

Traduit de l'espagnol par Philippe Bataillon

Titre original : En auscencia de Blanca (1999)

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Un auteur espagnol que je découvre avec ce court roman. Né en 1956, Antonio Muñoz Molina a fait des études d'histoire de l'art, ce que l'on ressent bien dans ce roman où l'art est très présent.

On dit que ce livre est un hommage à Flaubert à travers Blanca, une Emma Bovary espagnole des temps modernes. A chacun selon sa propre interprétation. En tout cas le style est fluide avec de longues phrases à l'image de l'incipit :

"La femme qui n'était pas Blanca avança vers Mario depuis le fond du couloir, habillée du chemisier de soie verte, des jeans et des chaussures plates de Blanca, lui souriant et fermant à demi les yeux tandis qu'elle s'approchait, des yeus qui avaient la même couleur et la même forme que ceux de Blanca mais qui n'étaient pas les siens, lui souhaitant la bienvenue sur un ton de voix aussi semblable à celui de Blanca que si c'était véritablement elle qui lui parlait."

 
 

Mario López est chez lui en compagnie d'une usurpatrice d'identité !! Elle n'est pas Blanca qui l'a quitté mais elle porte les mêmes habits et bijoux. Etrange !

Dessinateur et fonctionnaire au Conseil Général de la province de Jaen, il termine sa journée peu avant 15 h et n'a qu'une hâte : rentrer retrouver Bianca qui travaille selon ses contrats de façon très irrégulière. Ils s'aiment comme au premier jour. Ils habitent à Jaén. Blanca voudrait aller à Madrid voir une exposition sur Frida Kahlo. Mario est prudent eu égard à leur finance. Il se rappelle qu'il vient d'un milieu modeste et elle d'un milieu bourgeois.

Mais ce qui l'inquiète c'est le fait qu'un artiste vient à Jaén que Blanca semble apprécier Lluis Onésimo et elle en parle souvent.

Elle avait connu  Naranjo un peintre excentrique et drogué qu'elle voulait contribuer à faire reconnaître à Madrid mais elle le perdit quand il alla s'installer dans la capitale.

Il se rappelle sa première rencontre avec Blanca dans une boîte. Il y était allé pour faire plaisir à des amis. Blanca lui avait été présentée mais il la retrouva au bar puis dehors en très mauvais état, vomissant, imbibée d'alcool et de drogue. Elle espérait y voir Naranjo. Il l'a ramenée chez elle dans un appartement d'une saleté repoussante.

A présent il se dit qu'il aurait dû épouser Juli qui aurait été moins exigeante dans ses besoins artistiques

Page 91 : "Mario (...) dont les espérances dans la vie correspondaient en réalité non pas à celles de Blanca, pour autant qu'ils eussent tous deux essayé de le croire, mais à celles d'une secrétaire d'agence, au genre de femmes qu'incarnait exactement Juli, une femme qui jamais n'aurait souffert de ne pas assister à la Biennale de Venise ou à la première de Madame Butterfly, à Covent Garden à Londres et, qui plus est, aurait tou ignoré de l'art moderne, de l'opéra, de Covent Garden, sans être pour autant une idiote, une fonctionnaire mentale, comme le disait si souvent Blanca, comme s'il y avait eu quelque chose de déshonorant dans le fait d'être fonctionnaire..."

 

Le roman débute comme il finit, avec cette question que se pose Mario :Blanca est-elle revenue ou est-elle partie vivre avec Onésimo ! Cette femme est-elle son double? Qui est-elle?

On le voit alors vivre avec Blanca, tous les deux si différents l'un de l'autre (à l'image des Bovary, pour se référer à Flaubert). Amoureux fou malgré tout.  Quand lui pense à sa vie rangée de fonctionnaire scrupuleux et sérieux au possible, Blanca se montre plutôt bohème, telle qu'il l'a connue cette fameuse nuit en boite de nuit, aimant l'art par dessus tout, rêvant d'aller dans tous les lieux où se joue l'art contemporain...

Les contraires peuvent-ils s'aimer sur le long terme? N'y a -t-il pas une distance qui se crée malgré l'amour qui devrait être au-dessus de tout !

 

Un livre de grande qualité littéraire, non dénué d'humour. Le lecteur n'arrive pas à prendre parti pour Mario ou Blanca. Distance est prise par l'auteur puisque c'est un narrateur extérieur qui raconte cette drôle d'histoire de couple. On remonte le temps pour essayer de comprendre ce que souhaite faire Blanca de sa vie.

 

Excellent livre que je recommande vivement.

Bonne lecture,

Denis

 

 

 

 

 

 

En l'absence de Blanca d'Antonio Muñoz Molina (Le Seuil)

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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