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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 17:08
Shoot : entretien avec Iza de Gisse

Suite à la lecture passionnante de Shoot 1 - L'autre (Editions La Bourdonnaye), j'ai proposé à Iza de Gisse de répondre à quelques-unes de mes questions et voici in extenso notre conversation via Internet :

 

 

– Qui est Iza de Gisse ?

Elle n’est rien de plus que ce qui est écrit en 4ème  de couverture. Polyvalente, elle passe son temps à se mettre en danger en explorant des horizons très éloignés de tout ce qu’elle connait. Soif d’apprendre, de comprendre, d’élargir le champ des possibles…

 

– Un premier roman ?

Oui, un premier roman abouti, pour lequel j’ai osé franchir le pas. Le pavé originel a été découpé en 4 volumes. Enfin, je n’ai pas divisé le nombre de pages par quatre ! Non, il m’a fallu restructurer chaque partie, et préserver un rythme continu. Tout est écrit et en attente d’être publié.

 

– Pourquoi avoir choisi un tel sujet  et un personnage de jeune drogué de 24 ans ? si loin semble-t-il de son auteure ?

Parce que j’aime les challenges ! J’aime les parcours difficiles où il faut se mouiller, se mettre en danger. J’aime apprendre, comprendre, réfléchir, me remettre en question. J’aime ce que la société délaisse et condamne… J’aime savoir pourquoi.

Pour moi, le pari était multiple :

. Je ne connaissais pas le monde de la drogue, à part à travers l’image que la société veut bien nous tailler.

. Mon héros est masculin, et m’a contrainte à me vêtir d’une peau et d’un cerveau d’homme. J’avais très peur de l’avis des lecteurs, peur d’être ridicule, mais paradoxalement, les lecteurs masculins préfèrent le livre, en général. Ça me surprend, et ça me touche énormément.

. Avant de plonger dans l’univers de Benjamin, par l’écriture, j’ai fait un long travail d’investigation, et ensuite, mon travail a été sans cesse supervisé, parce que je n’avais vraiment pas envie qu’on me prenne pour quelqu’un qui raconte sans savoir. Je n’avais pas envie de trahir ceux qui m’ont inspiré Benjamin.

Plonger dans ce milieu d’âmes et de cerveaux déchainés, brisés, enchainés à leur addiction n’a pas été de tout repos. Mais à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, n’est-ce pas ?

Ensuite l’écriture m’a pris cinq ans. Le mot fin a été mis quand j’ai senti qu’il n’y avait plus de fausses notes, au bout d’une bonne quinzaine de jets, et j’en oublie, sûrement ! Je peux dire que le texte est de moi, l’éditeur n’a opéré aucune correction. Je ne pense pas que je pourrais un jour remettre un premier ou même deuxième jet de mon travail, et laisser quelqu’un prendre les commandes de mon histoire. C’est toute une symphonie, un soupir en plus ou en moins, et le morceau est par terre.

 

– On ne peut qu'aimer la littérature avec un tel style enveloppé, envoûtant ! Quels sont les auteurs qui ont pu hanter l'écriture de ce roman ?

Mes lectures sont très classiques. Quand j’écris, je lis peu, ou des trucs légers. Mon écriture est plutôt visuelle et musicale, car j’ai une formation de scénario et une vie professionnelle dans la musique. Je pars du principe que tout est rythme, musique. C’est le langage du corps et de l’esprit. L’instinct s’y reconnait, et s’y colle. Naturellement, quand on s’exprime, on suit un rythme, on marche en rythme, le coeur bat en rythme (c’est préférable !)

 

– Et la poésie aussi, on la sent sous entendue comme la musique des sons ? On imagine une bande sonore autour de ce roman ? poésie, musique…

Je suis étonnée et ravie que tu aies ressenti tout ça ! Mon écriture, mon style, c’est de la musique, oui, et la poésie sauve l’âme de la noyade. Quand j’écris, je suis entièrement prise dans mon histoire ; je ne le fais pas exprès, ça vient tout seul. Tour à tour dans la peau de chaque personnage, je dois plonger au plus profond de l’être, pour ne rien manquer des sentiments et ressentiments ; c’est un voyage difficile, périlleux, la poésie est alors comme un grand oiseau qui te cueille et t’emporte vers la lumière. Tout devient beau, vu du ciel.

 

– Une histoire, un ton et un style ? Tout cela est venu comment pour construire ce livre ?

 

Le ton, le style, c’est inné, me semble-t-il, je ne fais rien pour le trouver ou l’améliorer, c’est comme une respiration.

L’histoire, c’est autre chose, c’est de la technique. D’abord, je construis mes personnages. Je dois tout savoir d’eux, depuis leur naissance, car chaque détail va être déterminant pour leurs actes. Exactement comme dans la vraie vie. Or pour que la mayonnaise prenne, il faut des personnages réalistes, vivants, humains ! Ça prend du temps, il faut qu’ils soient cohérents sinon ils vont faire n’importe quoi et mon histoire ne sera pas crédible. Ensuite, ces gens-là vont se rencontrer, se croiser, nouer ou briser leur destin.

L’histoire est construite sur le principe de la dramaturgie, on n’a pas fait mieux pour capter l’attention du lecteur, et ensuite le maintenir en haleine. Ça s’apprend. Je ne crois pas qu’on puisse écrire un livre intéressant si on ne passe pas par la case apprentissage.

Pour Shoot, je propose un voyage en grand huit, un vrai tourbillon de sentiments, d’émotions, pour que le lecteur brise sa carapace et attrape le tempo de Benjamin ! J’ai voulu le choquer, le forcer, l’épuiser, lui faire sentir la vie qui court en lui et visiter ses coins obscurs, rencontrer son « dark passenger ». Les trois prochains vont crescendo… ah ah ah !

 

Je te remercie Denis pour ton écoute et ton attention. Nous avons claqué des doigts sur le même tempo, oui, Shoot est trempé dans le blues qui est la musique de la vie.

Je suis ébahie par tout ce que tu as ressenti en lisant Shoot. C’était bien sûr le but recherché, mais je n’ai jamais cessé de douter… Je te remercie donc de la joie que tu mets dans mon coeur… À très bientôt… et vraiment merci…

 

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Merci Iza de t'être prêtée à ce "jeu" qui n'est pas facile. Poser des questions n'est pasnon plus aisé car j'avais surtout envie de savoir comment un écrivain travaille un sujet tel celui-ci avec une telle intensité littéraire.

Encore bravo pour ce magnifique texte et on se donne rendez-vous pour le tome 2...

 

Denis

Et si le blues du livre était interprêté par B.B.King !!

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