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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 21:08
Le quartier chinois de Oh Jung-Hi (Serge Safran)

Le quartier chinois de OH Jung-hi (Serge Safran - 216 pages - août 2014)

Traduit du coréen par Jeong Eun-Jin et Jacques Batilliot

Titre original : Chunggugin kôri

(recueil de 3 nouvelles publiées entre 1979 et 1986)

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Plonger dans la Corée de l'après deuxième guerre mondiale, entre guerre, dictature et démocratie fragile n'est pas évident pour un occidental qui connait, comme moi, bien peu ce pays divisé entre le nord communiste et le sud "sous influence américaine".

Ce livre de OH Jung-hi, composé de trois nouvelles, nous permet de nous immerger dans son pays, la Corée du Sud, à travers trois personnages principaux : deux fillettes et un jeune garçon. L'avenir de ce pays, pourrions-nous dire, en sachant qu'entre exil forcé avec la guerre qui gronde au loin ou la misère du quotidien, rien n'est radieux dans ce pays. On est dans un "combat perpétuel" pour la survie mais en même temps on sent que cette jeunesse n'entend pas se résigner et elle vit, observe la famille ou les voisins pour en tirer une "leçon de vie".

 

Trois nouvelles donc :

 

1/ Le quartier chinois

L'arrivée dans le quartier chinois n'a pas été très agréable car la famille a été déçue de l'atmosphère qui y régnait à commencer par la pollution au charbon et il y a quelques chinois que les habitants méprisent.

El il y a Ch'i-Ok la camarade de classe de la narratrice qui habite en face, là où vit Maggy "la pute à Yankee" comme dit son père. Il est vrai que le casernement des américains est tout près d'ici, tandis que les chinois sont les "ennemis".

Et il y a cet homme aussi qui la regarde toujours depuis sa fenêtre.

Et il y a la mère qui passe sa vie à être enceinte et à accoucher. Une drôle de vie que celle des femmes.

Et il y a les drames du quartier toujours plongé dans l'obscurité dès que le jour décline.

Et dans cette drôle de vie les mois passent et la fillette devient femme...

 

2/ La cour de l'enfance

Ici on est dans un village de réfugiés toujours avec une très jeune enfant, Yeux-jaunes, qui raconte son quotidien: le frère inlassablement étudie l'anglais avec le même livre et les mêmes difficultés au collège mais tous croient qu'il réussira. il a autorité sur ses deux soeurs et se montre violent très souvent. Il sort tous les soirs pour trainer dans les cafés. Ses soeurs le suivent discrètement avec la hâte d'avoir l'âge de traîner ici où les filles cherchent des fiancés.

Pu-Ne a été ramenée de force par son père le charpentier et depuis elle vit nue dans une pièce fermée par un cadenas, ce qui intrigue sérieusement Yeux-jaunes

Depuis le départ du père à la guerre c'est ce frère qui fait office de père d'autant que la mère travaille dans un restaurant découche souvent ou rentre ivre. Quant à la grand-mère elle s'occupe du bébé et ne dit pas grand chose.

Sans vraie révolte, avec les yeux de l'enfance, Yeux-jaune nous raconte cette vie difficile entre pauvreté, insalubrité, violence et besoin de survivre par tous moyens, la guerre tonnant au loin.

 

3/ Le feu d'artifice

Yôngjo est passionné par les OVNIS au point d'en rêver la nuit et aime faire du feu même avec des papiers en classe mais le maître le voit et le gifle. D' ailleurs il n'est pas bon élève, pensant à autre chose pendant les cours d' histoire notamment.

Inja, sa mère, s' occupe de l'élevage des coqs et des poules. Hélas il en meurt beaucoup. Le père Kwanhi est "antiquaire" et reçoit souvent la visite du pharmacien qui aujourd'hui se confie à lui en annonçant qu'il est atteint de leucémie.

Mais l'événement du jour c'est la fête en l'honneur de la ville qui va changer de nom et en fin de journée un grand feu d'artifice va être lancé vers où tout le monde converge.

 

J'avoue avoir été moins touché par la troisième nouvelle, la seconde étant pour moi celle qui a le plus de force.

Ce qui fait que ce livre est très beau, c'est le style et la narration de l'auteure. Elle sait nous faire entrer dans l'univers de son pays, celui des pauvres, en finesse et nous donnant l'impression d'être là, au milieu de ces familles, comme un invité.

Bonne lecture,

Denis

 

Merci à Pati Vore qui organise le "challenge coréen".

 

Et j'ai pu lire ce livre grâce au partenariat qu'elle a établi avec les éditions Serge Safran.

 

 

Le quartier chinois de Oh Jung-Hi (Serge Safran)

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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