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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 09:43
La conscience de Zeno d'Italo Svevo (Folio)

La conscience de Zeno d'Italo Svevo (Folio - 537 pages)

Traduit de l'italien par Paul-Henri Michel

Titre original : La conscienza di Zeno (1923)

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Italo Svevo (1861-1928) a publié 3 romans en 30 ans :Una Vita (1892) ; Senilita (1898) et La concienza di Zeno en 1923.

 

Zeno Cosini, sur demande de son "psychanalyste", raconte par écrit les grands moments de sa vie, ceux qui l'ont marqué et ont fait ce qu'il est aujourd'hui, vieux, névrosé et malade imaginaire. Tout doit venir de son inconscient.

 

Tout commence avec la cigarette. De médecins en cures, rien n'y fait. Zeno fume et ne parvient pas à arrêter. Il fait un séjour dans une maison de repos pour tenter d'arrêter de fumer. On lui offre une bouteille de cognac avec laquelle il saoule l'infirmière ce qui lui permet de s'évader pour rentrer chez lui. On comprend très vite qu'il n'a aucune "autorité" sur lui et sur les autres.

 

La mort de mon père est le deuxième sujet qu'il explicite. Orphelin de mère à quinze ans, il a souvent été en conflit avec son père sans s'inquiété de sa santé même quand elle s'est dégradée. Le médecin veut prolonger la vie du père mais Zeno n'y croit pas, s'opposant même aux traitements. Le père va mieux et puis soudain il gifle son fils et meurt.Remords, cas de conscience...

 

Et puis le mariage de Zeno est un moment important de sa vie. Il fréquente Giovanni Malfenti pour ses affaires et c'est ainsi qu'il va rencontrer ses quatre filles et choisir parmi elles Adeline pour devenir son épouse. Il se montre très gauche dans ses paroles et ses actes. Anna la plus jeune des quatre soeurs l'a d'ailleurs traité de fou, ce que Adeline semblait penser aussi. Il sent alors qu'elle le fuit et refusera de l'épouser. Il demande à chacune des autres soeurs si elle veut bien l'épouser et Augusta finit par accepter.

 

(p 200/201) : "une importance extrême m'était attribuée dans son petit univers. A tout propos, je devais exprimer ma volonté : pour le choix des aliments, des habits, des relations, des lectures. Je n'avais pas un moment de répit, ce qui d'ailleurs ne me déplaisait pas. Je contribuais à l'édification d' une famille patriarcale, et j'étais moi-même le patriarche, fonction que j'avais jadis en horreur et où je voyais maintenant l'image et le signe de la santé."

 

Zeno s'est décidé à l'occasion du voyage de noces pourtant ennuyeux de toujours sourire. Une nouvelle maladie vient cependant l'accabler : la peur de la vieillesse et de la mort. Nul en affaires, Augusta lui dit de rester avec elle, Olivi gérant sans failles les affaires de feu son père.

Copler un ami de Zeno, malade, vient s'installer à Trieste. Il lui présente Carla et sa mère devenues pauvres et que Zeno aide volontiers.

Ainsi marié, le problème est de savoir s'il n'aurait pas intérêt à avoir une maîtresse.

Carla lui plait et comme elle chante il lui achète un traité de chant et c'est par ce biais qu'il revient, l'embrasse et en fait sa maîtresse lui ayant par faiblesse fait croire qu'il n'aime pas sa femme.

Mais Zeno a du mal à vivre cette liaison dans le secret et va "lâcher" le terrain quand Carla va rencontrer son nouveau maître de chant Lali. Et puis il est toujours amoureux de sa femme.

 

Enfin, il y a cette histoire d' une association commerciale car il lui faut bien travailler pour ne pas s'ennuyer.

Zeno accepte de travailler avec Guido, son beau-frère, celui qui a épousé Adeline. Zeno fait la comptabilité. Il a été troublé quelque temps par Carmen la jeune et belle dactylo mais il a compris qu'elle était promise comme maitresse pour Guido.

Adeline tombe malade et part en cure. Quand elle revient son beau visage reste marqué. Zeno fait le bilan de l'entreprise et constate que la perte représente la moitié du capital. Guido semble vouloir passer outre. Zeno est décidé à l'aider dans la remontée des affaires.

Décidément, rien ne fonctionne comme il le voudrait. Seul son ménage semble invulnérable.
Et bien plus tard, au moment de la grande guerre, Zeno se dit qu'il n'a plus besoin de psychanalyse, inefficace, sans intérêt car il n'a plus de problèmes !!!

 

Torturé par ses maladies, par ses actes qu'il n'arrive pas à organiser et conduire jusqu'au bout, on aurait envie d'aider Zeno à prendre des décisions, à s'enhardir pour assumer sa vie...

 

Un roman très bien écrit, critique à l'égard de la psychanalyse, autant hésitante que la "conscience" de Zeno à adapter des améliorations à la vie au quotidien.

 

Un livre que je recommande vivement.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

 

Livre lu dans le cadre du mois italien initié par Eimelle et repris également sur facebook

La conscience de Zeno d'Italo Svevo (Folio)

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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commentaires

Florence 07/10/2015 11:53

Un grand auteur italien (que j'ai étudié en cours d'italien) qui met en avant notre incapacité à vivre. Sa critique de la psychanalyse est en effet très intéressante, son anti-héros utilise cette discipline pour prendre conscience de lui-même et donc pour définir la nature profonde de l'homme, mais il la refuse comme thérapie. J'ai davantage de souvenirs de son roman "Un vie" qui développe les mêmes thèmes. Et comme tu dis, c'est très bien écrit !

Denis 08/10/2015 20:16

Il mène sa vie finalement pas si mal que cela et pourtant il parait être toujours "en retard". Je n'ai pas lu ses autres livres. Mais je le ferai volontiers car j'ai vraiment aimlé ce livre.

Valentyne 04/10/2015 18:07

Je n'avais jamais entendu parler de cet auteur ...
Ce que tu en dit est intéressant (critique de la psychanalyse ..) je note pour un prochain passage à la bibli ... :-)
Bon dimanche Denis

Denis 05/10/2015 19:44

Zeno se prend au jeu de raconter sa vie sous l’œil d'un médecin porté sur la psychanalyse. Et il se sent moins malade voire guéri au fur et à mesure qu'il décrit sa vie..

eimelle 04/10/2015 14:29

encore un livre que je n'ai pas encore lu, il y a en tant à découvrir!

Denis 05/10/2015 19:45

C'est vrai que la littérature italienne comme tant d'autres est inépuisable.

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