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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 18:30
Lire la poésie : de A à Z... (35/50) R comme Roubaud

Un poète : Jacques Roubaud (né en 1932)

Un recueil : Mono no aware (Le sentiment des choses - 1970)

Un poème :

 

                Elégie sur l'impermanence de la vie humaine

 

nous sommes sans force contre

l’écoulement des années

les douleurs qui nous poursuivent

centuple douleur sur nous

 

les jeunes filles          en jeunes filles

bijoux chinois à leurs poignets

se saluent manches de soie blanche

trainant le rouge de leurs jupons

main dans la main avec leurs amies

mais comme floraison de l’an

que l’on ne peut freiner jamais

avant même de voir le temps

la gelée blanche sera tombée

sur les chevelures noires

comme les entrailles de l’escargot

et les rides          (d’où venues ?)

creusent le rose des joues

 

les jeunes hommes en guerriers

l’épée courbe à la taille

l’arc ferme dans les mains

sautent sur leurs chevaux bais

aux selles parées d’étoffes

 

et vont partout triomphant

mais ce monde de la joie

sera-t-il le leur toujours ?

les jeunes femmes ferment leur porte

qui glissent plus tard doucement et dans le noir

ils retrouvent leur bien aimée

les bras durs serrent les beaux bras

hélas que ce sont peu de nuits

pour eux dormir emmêlés

avant que bâton au flanc

ils vacillent sur les routes

moqués ici          haïs là

et ce sera pour nous ainsi

 

on peut pleurer sur sa vie

rien n’y fait

 

        souvent je pense

    ah si je pouvais toujours

être le roc éternel

    hélas       chose de ce monde

       je ne peux éloigner l'âge

 

                                    -------------------------------------------

 

Jacques Roubaud, mathématicien de formation, devient très vite poète et rejoint avec Georges Perec l'OULIPO fondé par Raymond Queneau et François Le Lionnais.

Il a publié de nombreux recueils de poésie et met la science mathématique au service de la poésie et de la réflexion théorique sur la poésie. Il sait allier lyrisme et formalisme, tout en distordant l'art poétique et sa métrique à l'image du poème "Elégie sur l'impermanence de la vie humaine".

Dans " Mano no aware", il restitue la pensée japonaise.

Il a également écrit de nombreux récits autobiographiques.

Un grand poète de notre époque à lire avec grand intérêt.

 

Bonne lecture,

 

Denis


 

nous sommes sans force contre

l’écoulement des années

les douleurs qui nous poursuivent

centuple douleur sur nous

 

les jeunes filles          en jeunes filles

bijoux chinois à leurs poignets

se saluent manches de soie blanche

trainant le rouge de leurs jupons

main dans la main avec leurs amies

mais comme floraison de l’an

que l’on ne peut freiner jamais

avant même de voir le temps

la gelée blanche sera tombée

sur les chevelures noires

comme les entrailles de l’escargot

et les rides          (d’où venues ?)

creusent le rose des joues

 

les jeunes hommes en guerriers

l’épée courbe à la taille

l’arc ferme dans les mains

sautent sur leurs chevaux bais

aux selles parées d’étoffes

 

et vont partout triomphant

mais ce monde de la joie

sera-t-il le leur toujours ?

les jeunes femmes ferment leur porte

qui glissent plus tard doucement et dans le noir

ils retrouvent leur bien aimée

les bras durs serrent les beaux bras

hélas que ce sont peu de nuits

pour eux dormir emmêlés

avant que bâton au flanc

ils vacillent sur les routes

moqués ici          haïs là 

et ce sera pour nous ainsi

 

on peut pleurer sur sa vie

rien ny fait

 

        souvent je pense

    ah si je pouvais toujours

être le roc éternel

    hélas       chose de ce monde

       je ne peux éloigner l'âge

- See more at: http://www.lesvoixdelapoesie.com/poemes/elegie-sur-limpermanence-de-la-vie-humaine#sthash.h5zFxDTc.dpuf

nous sommes sans force contre

l’écoulement des années

les douleurs qui nous poursuivent

centuple douleur sur nous

 

les jeunes filles          en jeunes filles

bijoux chinois à leurs poignets

se saluent manches de soie blanche

trainant le rouge de leurs jupons

main dans la main avec leurs amies

mais comme floraison de l’an

que l’on ne peut freiner jamais

avant même de voir le temps

la gelée blanche sera tombée

sur les chevelures noires

comme les entrailles de l’escargot

et les rides          (d’où venues ?)

creusent le rose des joues

 

les jeunes hommes en guerriers

l’épée courbe à la taille

l’arc ferme dans les mains

sautent sur leurs chevaux bais

aux selles parées d’étoffes

 

et vont partout triomphant

mais ce monde de la joie

sera-t-il le leur toujours ?

les jeunes femmes ferment leur porte

qui glissent plus tard doucement et dans le noir

ils retrouvent leur bien aimée

les bras durs serrent les beaux bras

hélas que ce sont peu de nuits

pour eux dormir emmêlés

avant que bâton au flanc

ils vacillent sur les routes

moqués ici          haïs là 

et ce sera pour nous ainsi

 

on peut pleurer sur sa vie

rien ny fait

 

        souvent je pense

    ah si je pouvais toujours

être le roc éternel

    hélas       chose de ce monde

       je ne peux éloigner l'âge

- See more at: http://www.lesvoixdelapoesie.com/poemes/elegie-sur-limpermanence-de-la-vie-humaine#sthash.h5zFxDTc.dpuf

nous sommes sans force contre

l’écoulement des années

les douleurs qui nous poursuivent

centuple douleur sur nous

 

les jeunes filles          en jeunes filles

bijoux chinois à leurs poignets

se saluent manches de soie blanche

trainant le rouge de leurs jupons

main dans la main avec leurs amies

mais comme floraison de l’an

que l’on ne peut freiner jamais

avant même de voir le temps

la gelée blanche sera tombée

sur les chevelures noires

comme les entrailles de l’escargot

et les rides          (d’où venues ?)

creusent le rose des joues

 

les jeunes hommes en guerriers

l’épée courbe à la taille

l’arc ferme dans les mains

sautent sur leurs chevaux bais

aux selles parées d’étoffes

 

et vont partout triomphant

mais ce monde de la joie

sera-t-il le leur toujours ?

les jeunes femmes ferment leur porte

qui glissent plus tard doucement et dans le noir

ils retrouvent leur bien aimée

les bras durs serrent les beaux bras

hélas que ce sont peu de nuits

pour eux dormir emmêlés

avant que bâton au flanc

ils vacillent sur les routes

moqués ici          haïs là 

et ce sera pour nous ainsi

 

on peut pleurer sur sa vie

rien ny fait

 

        souvent je pense

    ah si je pouvais toujours

être le roc éternel

    hélas       chose de ce monde

       je ne peux éloigner l'âge

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l’écoulement des années

les douleurs qui nous poursuivent

centuple douleur sur nous

 

les jeunes filles          en jeunes filles

bijoux chinois à leurs poignets

se saluent manches de soie blanche

trainant le rouge de leurs jupons

main dans la main avec leurs amies

mais comme floraison de l’an

que l’on ne peut freiner jamais

avant même de voir le temps

la gelée blanche sera tombée

sur les chevelures noires

comme les entrailles de l’escargot

et les rides          (d’où venues ?)

creusent le rose des joues

 

les jeunes hommes en guerriers

l’épée courbe à la taille

l’arc ferme dans les mains

sautent sur leurs chevaux bais

aux selles parées d’étoffes

 

et vont partout triomphant

mais ce monde de la joie

sera-t-il le leur toujours ?

les jeunes femmes ferment leur porte

qui glissent plus tard doucement et dans le noir

ils retrouvent leur bien aimée

les bras durs serrent les beaux bras

hélas que ce sont peu de nuits

pour eux dormir emmêlés

avant que bâton au flanc

ils vacillent sur les routes

moqués ici          haïs là 

et ce sera pour nous ainsi

 

on peut pleurer sur sa vie

rien ny fait

 

        souvent je pense

    ah si je pouvais toujours

être le roc éternel

    hélas       chose de ce monde

       je ne peux éloigner l'âge

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les douleurs qui nous poursuivent

centuple douleur sur nous

 

les jeunes filles          en jeunes filles

bijoux chinois à leurs poignets

se saluent manches de soie blanche

trainant le rouge de leurs jupons

main dans la main avec leurs amies

mais comme floraison de l’an

que l’on ne peut freiner jamais

avant même de voir le temps

la gelée blanche sera tombée

sur les chevelures noires

comme les entrailles de l’escargot

et les rides          (d’où venues ?)

creusent le rose des joues

 

les jeunes hommes en guerriers

l’épée courbe à la taille

l’arc ferme dans les mains

sautent sur leurs chevaux bais

aux selles parées d’étoffes

 

et vont partout triomphant

mais ce monde de la joie

sera-t-il le leur toujours ?

les jeunes femmes ferment leur porte

qui glissent plus tard doucement et dans le noir

ils retrouvent leur bien aimée

les bras durs serrent les beaux bras

hélas que ce sont peu de nuits

pour eux dormir emmêlés

avant que bâton au flanc

ils vacillent sur les routes

moqués ici          haïs là 

et ce sera pour nous ainsi

 

on peut pleurer sur sa vie

rien ny fait

 

        souvent je pense

    ah si je pouvais toujours

être le roc éternel

    hélas       chose de ce monde

       je ne peux éloigner l'âge

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les douleurs qui nous poursuivent

centuple douleur sur nous

 

les jeunes filles          en jeunes filles

bijoux chinois à leurs poignets

se saluent manches de soie blanche

trainant le rouge de leurs jupons

main dans la main avec leurs amies

mais comme floraison de l’an

que l’on ne peut freiner jamais

avant même de voir le temps

la gelée blanche sera tombée

sur les chevelures noires

comme les entrailles de l’escargot

et les rides          (d’où venues ?)

creusent le rose des joues

 

les jeunes hommes en guerriers

l’épée courbe à la taille

l’arc ferme dans les mains

sautent sur leurs chevaux bais

aux selles parées d’étoffes

 

et vont partout triomphant

mais ce monde de la joie

sera-t-il le leur toujours ?

les jeunes femmes ferment leur porte

qui glissent plus tard doucement et dans le noir

ils retrouvent leur bien aimée

les bras durs serrent les beaux bras

hélas que ce sont peu de nuits

pour eux dormir emmêlés

avant que bâton au flanc

ils vacillent sur les routes

moqués ici          haïs là 

et ce sera pour nous ainsi

 

on peut pleurer sur sa vie

rien ny fait

 

        souvent je pense

    ah si je pouvais toujours

être le roc éternel

    hélas       chose de ce monde

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les douleurs qui nous poursuivent

centuple douleur sur nous

 

les jeunes filles          en jeunes filles

bijoux chinois à leurs poignets

se saluent manches de soie blanche

trainant le rouge de leurs jupons

main dans la main avec leurs amies

mais comme floraison de l’an

que l’on ne peut freiner jamais

avant même de voir le temps

la gelée blanche sera tombée

sur les chevelures noires

comme les entrailles de l’escargot

et les rides          (d’où venues ?)

creusent le rose des joues

 

les jeunes hommes en guerriers

l’épée courbe à la taille

l’arc ferme dans les mains

sautent sur leurs chevaux bais

aux selles parées d’étoffes

 

et vont partout triomphant

mais ce monde de la joie

sera-t-il le leur toujours ?

les jeunes femmes ferment leur porte

qui glissent plus tard doucement et dans le noir

ils retrouvent leur bien aimée

les bras durs serrent les beaux bras

hélas que ce sont peu de nuits

pour eux dormir emmêlés

avant que bâton au flanc

ils vacillent sur les routes

moqués ici          haïs là 

et ce sera pour nous ainsi

 

on peut pleurer sur sa vie

rien ny fait

 

        souvent je pense

    ah si je pouvais toujours

être le roc éternel

    hélas       chose de ce monde

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Published by DENIS - dans POEMES
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