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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 21:53
La mécanique des fluides de Lidia Yuknavitch (Denoël)

La mécanique des fluides de Lidia Yuknavitch

(Denoël & D'ailleurs - 335 pages - septembre 2014)

Traduit de l'anglais (Etats Unis) par Guillaume-Jean Milan

Titre original : The chronology of water (2010)

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Deuxième roman publié en France après Dora la dingue en 2013, l'auteure écrit là un roman très fort sur sa vie et sans concessions. L'eau est le fil conducteur de ce livre, d'autant que Lidia (telle est son prénom dans le "roman") a été excellente nageuse dans sa jeunesse, remportant des compétitions. Rappelons-nous à ce propos le titre original : The Chronology of Water.

Et il convient de citer les trois phrases mises en exergue au livre :

"Dire toute la vérité, mais la dire de biais" - Emily Dickinson

"Le bonheur ? Ca fait des histoires pouries" - Ken Kesey

"Ici repose celui dont le nom était écrit dans l'eau" - John Keats

 

Le titre I est "Retenir sa respiration" et c'est bien ce qui est demandé au lecteur, car l'auteure nous propose d'aller à la rencontre de sa vie, de ses joies et de ses malheurs. Vous direz que c'est le sort de tout un chacun. Seulement, Lidia Yuknavitch est écrivaine et elle est de grand classe, avouons le tout de suite. Elle donne le ton dès le début du livre : "Le jour où ma fille est née morte, après que j'eus tenu l'avenir rose aux lèvres rosacées dans mes bras frissonnants - nacelle sans vie-, couvrant son visage de larmes et de baisers, après qu'ils eurent tendu ma petite fille morte à ma soeur qui l'embrassa, puis à mon premier mari qui l'embrassa, puis à ma mère qui ne supporta pas de la tenir, puis qu'ils l'eurent emmenée hors de la chambre d'hôpital - minuscule chose emmaillotée sans vie - l'infirmière me donna des tranquillisants, un savon et une éponge'.

Nous suivons donc les grands moments de la vie de Lidia : sa vie très difficile avec ses parents. La mère est alcoolique, le père est artiste et architecte. Mais il a abusé sexuellement de ses deux filles, la mère n'ayant jamais essayé quoi que ce soit pour défendre ses filles. Alors, heureusement, il y a la grande soeur qui a su être à ses côtés dans les moments difficiles.

Très jeune, Lidia a pris son destin en main, s'adonnant à la natation et se sentant très jeune attirée par l'écriture.

Elle découvre aussi la sexualité et même la bisexualité avec ses camarades d'université. Elle goûte à la drogue et à l'alcool. Passionnée aussi par la "Creative Writing", elle va avoir la chance de cotoyer pendant un an l'écrivain Ken Kesey dans le cadre de son atelier d'écriture. Elle va écrire ainsi un texte collectif qui ne sera pas excellent mais qui va lancer réellement dans la littérature.

Il y a ainsi de magnifiques pages sur cette expérience littéraire, car Lidia Yuknavitch a un style très imagé, parfois jouant sur la répétition de mots pour dire, reformuler ce qu'elle a à nous dire. Les larmes, les rires, les extases amoureuses sont là pour attester que son corps a un rôle essentiel dans sa vie et dans son texte.

 

Sur la composition de son livre, Lidia nous prévient (page 16-17) : "J'ai pensé commencer ce livre avec mon enfance, le début de ma vie. Mais ce n'est pas comme ça que je m'en souviens. Je me souviens des choses lors de fashs rétiniens. Sans ordre. Notre vie ne se déroule dans aucun ordre particulier.

Et sur la véracité des faits (page 212) : "... Je me dis toujours que c'est  la même question à poser à une vie - est-ce que ça m'est vraiment arrivé ? Le corps ne ment pas. Mais quand on apporte le langage au corps, n'est-ce pas déjà toujours un acte de fiction ?

On ne peut pas tout raconter en quelques mots d'une vie foisonnante, expérimentale à tous points de vue : il y a les trois maris, l'accident qui lui a valu quelques ennuis...

En résumé, un livre jubilatoire, inventif, autofictionnel... qui nous tient en haleine pendant plus de 300 pages.

 

Je ne peux que remercier Stéphanie de "Je me livre" d'avoir rendu ce livre voyageur pour que je puisse le lire.

A l'issue de cette lecture, j'ai vraiment une urgente envie de lire le livre de Ken Kesey "Et quelquefois j'ai comme une grande idée", acheté l'an dernier au salon du livre de Paris.

Bonne lecture,

Denis

 

Lecture 3/6 - challenge 1% Rentrée Littéraire 2014 animé par Hérisson

La mécanique des fluides de Lidia Yuknavitch (Denoël)
Ken Kesey

Ken Kesey

 

 

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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commentaires

Philisine Cave 19/01/2015 09:37

J'ai trouvé beaucoup de pudeur dans la crudité : ce n'est peut-être pas clair ce que je viens d'écrire mais je sais que tu me comprendras, Denis. Énormément de sensibilité, une écriture à fleur de peau. J'ai vraiment aimé ce livre et je suis ravie que tu aies ressenti la même chose. Bisous

Denis 21/01/2015 20:44

Passionnant à tous points de vue et en effet de la pudeur derrière l'impudeur apparente. Une confession sans concessions

arnous 18/01/2015 23:28

J' apprecie de bons romans mais adore réellement et ave jubilation la philosophie! Merci!

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