Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 20:55
Antigone de Jean Anouilh (La petite vermillon)

Antigone de Jean Anouilh (La petite vermillon - 123 pages)

                                               ----------------------

Antigone est la fille d'Oedipe et de Jocaste. Elle eut une vie douloureuse et une mort atroce, mais ne se départit jamais d'un dévouement et d'une grandeur d'âme sans pareils dans la mythologie. Ce fut elle qui servit de guide à Oedipe quand il dut mendier, les yeux crevés, chassé de Thèbes. Quand Antigone revient à thèbes, ses frères se sont entretués. Elle veut une sépulture pour Polynice alors que Créon a interdit que "le traite" ait droit aux honneurs post-mortem. Elle verse sur le corps quelques poignées de terre, mais surprise par un garde du corps de Créon, elle est condamnée à mort et enterrée vive. Mais elle préfère se pendre.

Jean Anouilh (1910-1987) s'inspire de la pièce de Sophocle et dit (repris sur la 4e de couverture) : "L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par coeur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonnace de la tragédie que nous étions alors en train de vivre".

 

La pièce est constituée d'un prologue qui permet de présenter les personnages et le moment où l'action va débuter. Les deux frères d'Antigone se sont entretués. Hémon doit épouser Antigone et Créon a ordonné qu'aucune funéraille de Polynice, le "vaurien" soit tolérée. Les personnages s'effacent et le drame peut commencer, au petit matin.

 

Un seul acte sans découpage par scène pour cette journée de tous les dangers pour Antigone. La pièce est alors fidèle à la légende. Antigone est allée pendant la nuit recouvrir le corps de son frère avec de la terre, à l'insu des gardes de Créon. De retour à la maison, sa soeur Ismène arrive et dit à Antigone qu'elle ne doit pas enterrer son frère, mais elle lui avoue avoir déjà fait le nécessaire. Antigone ne veut pas être "raisonnable" et elle sait qu'elle risque gros. D'ailleurs, elle est très vite dénoncée par les gardes. Lesquels gardes sont fébriles car ils craignent la mort pour avoir laisser Antigone approcher de son frère. D'ailleurs, c'est assez troublant de voir combien leur rôle est important dans la pièce de Anouilh. L'auteur en fait des personnages "principaux".

 

Créon, dès qu'il est informé, tente d'étouffer l'affaire et s'adresse à Antigone, lui rappelant qu'elle doit épouser Hémon, son fils, et qu'il veut qu'elle vive. Mais elle s'entête puis fait ses adieux à son fiancé. Elle ne veut pas être conventionnelle et se montre plus que jamais rebelle, préférant la mort que toute compromission...

Il faut se rappelerque la pièce a été créée le 4 février 1944, au Théâtre de l'Atelier, en pleine période d'occupation. On peut penser que le courage d'Antigone et son pouvoir de dire non ne pouvait que montrer une grandeur d'âme comme les résistants ont su en avoir...

 

Les allemands se sont identifiés à Créon qui avait été le héros tragique de Sophocle, tandis qu'Anouilh met plutôt l'accent sur Antigone...

 

J'avoue n'avoir pas été conquis par cette pièce. Comme pour Giraudoux, je préfère retourner à l'oeuvre antique plus "authentique". Le langage du 20e siècle ne me parait pas approprié à ces "transpositions" !!!

 

Denis

 

Livre lu notamment dans le cadre de "En 2014, je lis du théâtre".

 

 

 

Antigone de Jean Anouilh (La petite vermillon)

Partager cet article

Published by DENIS - dans LITTERATURE
commenter cet article

commentaires

Anis 10/10/2014 18:43

J'essaie depuis plusieurs jours de te laisser un commentaire. J'adore ce personnage bien sûr. J'ai lu l'Antigone de Buchau mais son récit manque de densité et il m'a un peu lassé.

Denis 10/10/2014 20:22

Je ne connais pas l'Antigone de Bauchau. Les grands mythes demandaient l'éloquence des pièces antiques ou classiques et je ne suis pas sûr que les "remake" modernes puissent avoir ce ton tragique !!

sophie/vicim 06/10/2014 13:24

J'aime beaucoup ce mythe et la portée historique qu'en a fait Anouilh mais je comprends qu'on préfère le mythe d'origine.

Denis 06/10/2014 20:30

Il m'a manqué le "transport"des mots sinon j'aurais pu aimer !!!

Léa Touch Book 04/10/2014 20:57

Quant à moi j'ai beaucoup aimé cette version qui a voulu mettre en avant un lien avec l'époque : la seconde guerre mondiale. C'est surtout le fait de démontrer que la littérature peut s'adapter avec le temps. Mais la version d'origine est aussi excellente :)

Denis 04/10/2014 21:25

C'est vrai que des auteurs comme Anouilh, Camus se sont inspirés de la guerre pour construire une partie de leur œuvre, mais il m'a semblé manquer de l'élan "littéraire". J'ai trouvé le style relativement "plat" alors qu'une tragédie demande de l’ampleur. Mais je suis sans doute trop sévère avec cette oeuvre.

Présentation

  • : BONHEUR DE LIRE
  •                       BONHEUR DE LIRE
  • : BLOC D'UN COUPLE PASSIONNE DE DE LIVRES, ART , HISTOIRE, LITTERATURE ET COLLECTIONNEURS DE MARQUE-PAGES.
  • Contact

     

            Envie d'évasion ???

                  Un conseil ,

évadez-vous à travers les livres !!!

 

               

  

  

   

 

 

Recherche

Texte Libre

*** Phrases diverses ***

 damouredo.com Carré