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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 22:25
On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset

On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset

(Livre de Poche - Collection "Le théâtre de poche" - 190 pages)

Préface, notes et dossier par Frank Lestringant

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Ecrite en 1834, la pièce reflète le contexte de la crise politique née de la reprise en main de la Révolution par Charles X. Et plus encore, c'est l'époque de la crise profonde avec George Sand survenue au cours de leur séjour à Venise. Alfred de Musset tombe malade et rentre brusquement en France alors que George Sand qui a eu une liaison avec le médecin qui a soigné Alfred, reste à Venise. Leur amour renait à partir des lettres enflammées qu'ils s'écrivent. Il relit Rousseau et Goethe et écrit "On ne badine pas..." en 6 semaines après en avoir d'abord fait un texte tout en vers.

La pièce est sous-titrée "proverbe", le proverbe dramatique étant un genre prisé depuis le XVIIIe siècle. Le titre en lui-même a le ton d'un proverbe à l'image des titres de Calderon ou Shakespeare. Publiée le 1er juillet 1834, la pièce ne sera jouée à la Comédie Française que le 18 novembre 1861, dans une version épurée par Paul, le frère d'Alfred. Alfred de Musset (1810-1857) est mort depuis 4 ans, si bien qu'il n'a jamais vu "On ne badine pas..." de son vivant dans un théâtre. Et n'oublions pas qu'il est un jeune de 24 ans quand il écrit la pièce. Autour des trois personnages principaux on retrouve des figures de "fantoches" tels qu'on pouvait les voir au XVIIIe siècle au théâtre dans des rôles de personnages grotesques (Présentation inspirée par la préface pasisionnante de Frank Lestringant)

 

Alors, oui, un "proverbe" tel qu'on ne badine pas avec l'amour, est démontré dans la pièce car à faire souffrir quelqu'un en lui faisant croire qu'on l'aime et en lui montrant que l'on se joue de l'amour avec cette personne peut conduire à la mort... L'amour est affaire sérieuse...

 

Maître Blazius annonce au choeur des paysans le retour de Perdican, le fils du baron, après 10 ans d'études qui l'ont conduit à être docteur en plusieurs disciplines. Dame Pluche, elle, annonce l'arrivée de Camille, héritière de sa mère et cousine de Perdican. Le projet du baron est de marier les deux jeunes gens, qui ne se sont pas vus depuis 10 ans alors qu'ils ont passé les premières années de leur vie au chateau. Mais très vite, le baron s'aperçoit que Camille repousse les avances de son fils. Et pourtant, Perdican fait le maximum pour séduire sa cousine, lui reparlant de leurs souvenirs de jeunesse. Mais, cinglante, elle lui dit qu'elle n'aime pas les souvenirs et qu'elle repart dès le lendemain pour le couvent après avoir réglé ses papiers d'héritage.

Perdican rencontre alors Rosette, la soeur de lait de Camille, jeune paysanne. Il l'embrasse. Puis Camille revient vers Perdican et lui demande si elle a raison d'aller s'enfermer dans un couvent. Il ne sait plus quoi lui répondre dès lors où c'est son choix, il lui rappelle surtout que la plupart des religieuses sont au couvent suite à des amours malheureux. Perdican joue alors avec les sentiments de Camille en lui donnant un rendez-vous au moment où il déclare à Rosette qu'il l'aime. Et de fait, elle entend cette déclaration. C'est alors que le choeur, comme dans les drames antiques, reformule la situation et montre bien que l'on va vers un drame... On sort en effet de la comédie pour vivre des moments de tension qui vont conduire au drame...

 

Le baron ne peut que s'opposer à un mariage entre un noble et une paysanne. Et puis, c'est Camille cette fois qui tend un piège à Rosette. Elle lui donne rendez-vous et la jeune paysanne entend Perdican dire à Camille qu'il l'aime.S'en est trop pour Rosette qui se sent bafouée. Elle a compris qu'elle va être la risée du village d'avoir cru à un amour sans espoir. Elle se sent humiliée et n'a plus de raison de vivre...

 

Un drame romantique assurément dans le ton de l'époque pour une pièce qui se lit avec plaisir, le lecteur étant toutefois "bouleversé" par ces "tromperies" qui sont une forme de "libertinage" par deux jeunes insouciants qui ne comprennent que trop tard qu'ils ont blessé profondément une jeune crédule.

 

Bonne lecture, 

 

Denis

 

Nouvelle lecture dans le cadre de mes lectures sur le théâtre pour le challenge de Ankya "2014, je lis du théâtre !"

On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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commentaires

Anis 21/08/2014 21:04

Je ne l'ai pas lu je crois ou alors je ne m'en souviens plus. Juste une remarque qui n'a rien à voir mais ce qui me fascine toujours, c'est le pouvoir qu'avait George Sand sur les hommes.

Denis 21/08/2014 21:36

Chopin, Musset... "détruits" par leur amour pour George Sand, leur ainée devenue leur "mère" après l'amour foudroyant...Extraordinaire, en effet.

Karine:) 19/08/2014 02:30

J'avais beaucoup aimé cette pièce! Un bon souvenir de lecture.

Denis 19/08/2014 20:37

J'avais préféré Lorenzaccio, plus "écrit" mais cette pièce reste très intéressante.

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