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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 21:54
Correspondance : Alain-Fournier / Charles Péguy (Fayard)

Correspondance (1910-1914) : Alain-Fournier - Charles Péguy (1910-1914) Fayard - 1973 - 220 pages

Présentations et notes par Yves Rey- Herme

(rééditée et complétée en 1990, édition que je n'ai pas eu entre les mains)

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N'attendons pas une riche et longue correspondance entre ces deux auteurs. Tout d'abord parce qu'elle reprend une période de 4 ans. N'oublions pas non plus que les deux hommes sont morts au tout début de la Grande Guerre. J'avoue que je ne connaissais pas leur amitié avant de lire ce livre et il y a un côté "pathétique" à savoir que leur destin s'est terminé de la même manière à quelques jours d'intervalle.

 

Charles Péguy (1873 - 4 septembre 1914) et Alain-Fournier (1886 - 22 septembre 1914) : une correspondance de 64 lettres ou cartes dont plus des deux tiers sont de Péguy, sachant que Péguy envoie surtout de courts textes tandis que Alain-Fournier écrit des lettres plus longues. Près de la moitié des échanges se fait sur six mois. Beaucoup d'irrégularité pour deux auteurs qui se rencontrent souvent à Paris.

 

Péguy est déjà un auteur reconnu en 1910, directeur des influents "Cahiers de la quinzaine" (238 numéros entre 1900 et 1914), tandis que Alin-Fournier, son cadet de 13 ans est un "écrivain en formation". Son roman majeur, "Le grand Meaulnes" ayant été publié en 1913.

 

Et souvent, une correspondance d'écrivains (par exemple Zweig et Verhaeren) commence comme celle-ci : (28 septembre 1910) "Cher Monsieur, Je veux employer ma dernière heure de vacances à vous dire simplement combien j'aime vos livres. / Au milieu des "petites perplexités dont nous vivons", comme le dit quelque part Jacques Copeau, il nous faut de ces vigoureuses poussées..." (De Alain-Fournier, chroniqueur à Paris-Journal à Charles Péguy).

 

Les deux écrivains se stimulent mutuellement car au fil des mois, les différences d'âge et de création littéraire s'estompent tant leur amitié est intense et fraternelle. Ils se rejoignent sur le catholicisme et le patriotisme. Péguy publie dans ces années-là, "le mystère de la charité de Jeanne d'Arc" (1910) et "La tapisserie de Sainte Geneviève et de Jeanne d'Arc" (1913). Ils vont aimer la même femme en 1913, Simone Benda (dite Madame Simone, actrice) et malgré cette "rivalité" qui aurait pu naître entre eux, leur amitié n'en a subi aucun "dommage".

En résumé, une très belle amitié qui permet, au travers de cette correspondance, de nous faire mieux connaître ces deux auteurs dans leur rapport à leur oeuvre. Ils apprennent à être "humbles" avec leur oeuvre, ouverts au dialogue sur l'acte de créer. Alors que le centenaire du début de la Grande Guerre est à nos portes, il y aura forcément dans les jours prochains des hommages à ces deux amis morts parmi les premiers combattants. Que serait devenu leur patriotisme s'ils avaient vécu ces 4 années de guerre et de souffrances !!! Leur témoignage aurait été précieux. Le destin en a décidé autrement.

 

Bonne lecture,

 

Denis

 

Lecture qui s'inscrit dans le cadre du groupe "Histoire - littérature autour de la Grande Guerre" sur Facebook.

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Published by DENIS - dans LITTERATURE
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